APPLICATIONS DIVERSES DË IA MACHINE ¥ AÉROSTATIQUE
Essai sur les moyens n'appliquer la découverte de MM. de Mitnlynlfierà [extraction des eaux dans les profondeurs des mines, tu à [Académie de Dijon, k 18 novembre 1783, par M. Guytan,Mo>veau.
Ceux qui connaissent le travail des mines, savent combien il est difficile d'extraire des souterrains les eaux qui y affluant sans cesse, et qui souvent forcent d'abandonner les veines et les filons les plus riches. Les uns creusent des réservoirs, ou font venir par des canaux, des eaux de plusieurs lieues, pour faire mouvoir leurs pompes; d'autres [es font aller par des chevaux. La pompe à feu, dont les effet! sont si puissants, ne peut être employée que dans les mines de charbon, on leur consommation devient encore un objet très -considérable et fort Onéreux. La pompe à feu de Montrelais , que j'ai eu occasion, de voir cette automne en Bretigue, consomme près de 6 quintaux par heure, ouijti bennes eu ■ i heures que dureté travail.
Ces considérai ions m'ont engagé à examiner si on ne pourrait pas tirer parti de la découverte des ballons aérostatiques pources épuisements.
J'ai reconnu d'abord qu'il n'était pas possible de loger ces ballons dans l'intérieur des puits, l'air plus pesant des souterrains serait sans doute un avantage, mais le diamètre qu'ils exigent, ne permet pas cette spéculation.
11 ne faut pas songera les placer immédiatement au-dessus; i* ils n'agiraient dans cette situation que pour élever, et on a bien plus besoin de force descendante, puisqu'il n'y a que les pompes foulantes qui puissent servir a l'épuisement des eaux, au-dessus de 3i pieds. s° Cette disposition serait très-dangereusepourceui qui se trouveraient dans les souterrains, si le globe venait à s'enflammer.
Rien n'empêche de le placera quelque distance, comme le représente le dessin que je mets sous les yeux de l'Académie, (Voyez la Pl. Ht, jfy. 1.)
A est un globe de 6o pieds de diamètre, d'environ u3ig
DE LA MACII1NF AEROSTATIQUE. 1 33
pieds de surface, que l'on peut construire même assez solidement, à la manière .le .MM. d c Mo,.. y,, 11ht, eu grosse toile, avec papier colle en dedans et en dehors, et celui du dehors ïerui, sius qu'il pèse plus de <4 à i Sou livres , cuuij.ris la carcasse intérieure.
Un pareil globe déplaçant ioSood pieds cubes d'air, lorsqu'il sera rempli d'air dilaté par la chaleur, que l'on peut supposer, d'après les estiuiatioos qui en ont été données, i environ moitié inpins de pesanteur quel'air commun , il jouira, dans ce "fluide d'une légèreté respective ou force d'ascension igd.i 3, ,„ livra.
J applique cette force à ta bascule BC, à laquelle It globe tendant à s'élever, la communique par la poulie de renvoi D.
Mais la levier C de cette Lascule étant double du levier F! , il est évident que ce dernier peut être charjé d'un poids double, c'est-à-dire 74.20.
Je réduis cette somme à 6000 à cause des frottements, et j,: place en effet un corps de celle pesanteur E sur le p«ion d'une pompe fouhmic.F, placée au fond du puits G. de manière que ce corps pesant ne puisse se déranger de 'a ligne perpendiculaire, et qu'il fasse glisser la lige dujjiston daus les collets qui l'assujettissent , dès que la ebalue de suspension se détend par le retour du bras li de la bascule
11 est évident qu'eu jetant dans le réchaud II , de la paille, des feuilles sèches, des copeaux de bois, des nlotles.de tanneur, ou autres matières capables de donner un flamme vive et prompte, mais qui ait peu de cousislauce, cette flamme • élèvera bientôt daus le globe au-dessous duquel le réchaud est suspendu ; il se remplira donc de cet air chaud dilaté, qui, gagnant le dessus, pressera par son ressort l'air plus condensé, et le forcera i descendre et à sortir par le col du ballon K. Alors le globe se trouvant une fois plus léger que l'air daus lequel il est plongé, fera baisser le levier C jusqu'à ce qu'il repose sur le madrier L; de sorte que te poids de 6000 E, ainsi que le manche du piston auquel il est attaché , monteront de M enN, et forceront ainsi l'eau à entrer dans le corps de pompe par le clapet inférieur. Mais si on cesse d'entretenir la flamme du réchaud, l'air du ballon se condense, il ne peut plus faire équilibre au poids E qui reprend toute son énergie, et l'eau foulée par une force de 6000 livres, oavre le clapet
i34 AppuoAhosi biVÉSssi
latéral , et munie successivement dans le tuyau de pompe 0
jusqu'à ce qu'eUe son» enfin eu P (*}.
Il sera aisé, si on le désire, de rendre l'alternative de condensation plus rapide, comme on le fait par l'injection dans la pompe à feu; il suffira pour cela d'avoir un fort soufflet qui puussera de l'air frais dans l'intérieur , ou encore niieul ■une larpe soupape ou Q, qui s'ouvrira d'elle-même au point donné paria tension du cordon H (,).
Il me semble que la première construction d'une pareille machine coûterait moins que la plupart de celles qui sont eu usage pour le même objet; qu'elle exigerait bien inoins Je réparations, d'entretien , et , ce qui est le point capital, que la .dépense journalière serait fort au-dessous de la dépense des pompes à feu, que l'on regarde comme les plus avantageuses ; eu un mot , que la consommation du combustible serait , à très-peu près, Jars le rapport de la facilité avec laquelle l'air et l'eau se raréfient , puisque l'une et l'autre de ces forces dépendent uniquement des différents états dans lesquels ces fluides sont mis par la chaleur actuelle.
On objectera peut-être que les vents contrarieront le jeu de cette machine, et poussant le ballon d'un ou d'autre côté, diminueront sa force d'ascension , en l'éloignant de la perpendiculaire, ou même en arrêteront entièrement l'effet, lorsqu'ils seront plus violents. Je réponds d'abord que cet obstacle ne serait qu'accidentel , et qu'ici le produit de la puissance est tel, qu'il pourrait suffire avec une perte considérable, et eu profitant des temps calmes. Mais je ne vois pas l'impossibilité de remédier à cet inconvénient, soit en plaçant le ballon entre quatre poteaux qui le dirigent, soit en construisant à côté des puits une cage pour l'abriter : comme d'une part iljiefaut quedouie pieds d'ascension, que d'autre côté on peut enfoncer en terre toute la partie de la machine qui est au-dessous du réchaud , des murs de cinquante pieds suffiraient pour porter le comble qui en logerait une partie ; ce serait sans doute une dépense considérable, mais ce serait une dépense une fois frile, et on est bientôt dédommagé de la plus forte dépense de ce genre , par la plus petite diminution sur les cousonuna-
DE Là MiCniMS AÉROSTATIQUE.' »35 DIRECTION DES AÉROSTATS.
La question la plus intéressante relative aux applications de la machine aérostatique, est bien certainement celle des transports par air. Sous ce rapport, la direction dts ballorts et le» moyens d'y parvenir ne sauraient être entièrement passés sou* silence.
Comme nous ne pouvons pas traiter ici ce chapitre, qui demanderait des développements que ne comporte pas ce Manuel , nous nous bornerons à des indications générales et à quelques faits relatifs à divers essais proposés ou tentés.
Depuis l'invention des aérostats, il faut l'avouer, on n'a fait aucun essai dont on ait [pu raisonnablement déduire que la direction était impossible. A cause des frais toujours énormes qne causent les essais aéro statiques, on n'a pu jusqu'ici en tenter que de partiels, et ils ont tous échoué. Ce n'est pas avec d'aussi faibles machines que celles dont on a fait usage jusqu'à ce jour, qu'on pouvait faire des tentatives utiles i Les ballons dont on s'est servi ne sont que de frêles canots, quand il faudrait de gros et bons vaisseaux capables d'enlever douze ou quinze rameurs, et dont l'enveloppe pût être assez compliquée pour ne laisser craindre ni rupture ni déperdition sensible. Un tel aérostat, eo permettant de prolonger les expériences et les essais pendant plusieurs mois de suite, serait bien propre à éclairer enfin sur une question aussi intéressante , aussi importante. On essaierait tour à tour les rames, les ailes, les voiles; les différentes manières de monter et de descendre seraient également mises en expérience; on étudierait l'atmosphère, on îTcoiiu.ïi irait la direction, la constance et la force des larges vents alisés qui existent dans leï hauteurs de l'air. Tous ces moyens variés de mille manières diversement combinés et mus par des forces imposant**, procureraient très-certainement de grandes lumières sur l'aéronautique. Ce ne serait pas d'un coup une navigation aérienne; mais une fois les premiers pas faits dans la carrière, nul doute que les étonnants avantages de toutes espèces que celte machine présente aux spéculations de l'homme, ne la fassent servir, dès les commencements, à des expéditions qui la rendraient plus parfaite et plus sûre; et bientôt il ne lui manquerait plus que ce degré de perfection que le temps donne seul à tous les arts, perfection dont la navigation maritime nous offre bien la trace longue et pénible, puisque, après des milliers de siècles et des expériences continuelles, elle bisse
l36 iPPLICATIOSS DIVERSES
encore tant à désirer. Si un homme seul, montant une barque légère, à laquelle il aurait adapté dos voiles, eût tenté de se diriger sur les mers avec leur aide, aurait-il réussi? Son sans doute : la fragilité de son esquif, le trouble inséparables d'une telle tentative eussent agi sur sou esprit, et l'ombre jnémo du dan;;fr, en paralysant Sun courage, eut rendu impuissantes toutes les comlihini'-iins de sou génie. Ce ne lu^ qu'en s'babituant peu à peu au spectacle effrayant qu'oiLrit à l'imagination des premiers navigateurs la vaste étendue des mers , en accoutumant p;ir degrés leurs yeux aux mer-, veilles nouvelles qui se présentaient à eus chaque fois qu ils osaient s'aventurer plus loin, que l'homme est enfin parvenu à se rendre maître de ses sensations, et à réprimer l'effroi dont durent être saisis les premiers qui se trouvèrent isolés au milieu des eaux, et perdirent de vue le rivage qu'ils venaient de quitter. , ,;. b
L'aérostat perfectionné deviendra, entre les mains de l'homme, le mobile du plus haut période de ses connaissances : les corps n'ont plus de poids; la distance s'anéantit : poiu| d'obstacles invincibles dès-lors; ses mouvements, aussi libre* que son imagination, lui permettent de tout tenter; il s'e lancé? d'un pôle à l'autre avec la rapidité de l'éclair , et ne trouvant, plus d'entraves à son génie, il se livre à des conceptions si vastes que l'esprit se refuserait aujourd'hui aies croire.— L'homme aura ses vaisseaux flottants au seia des airs, comme déjà il les a sur les eaux ; l'aérostation alors trouvera ses Christophe-Colomb, ses Buugaiuville, ses Coofc. Montant une machine aussi brillante que sûre , embrassant un immense horizon , bravant tous les dangers et les ennnis de la navigation maritime , ce ne seront plus des voyages longs et périlleux , ce ne sera plus au hasard qu'il osera s/ avancer, ses pas ne se^ ront plus incertains. Plus léger que l'air qui le porte , il devance les vents, se transportant, avec une vitesse infinie, de (Outrées en contrées, d'une partie du monde dans une autre, il relie et unit ainsi les peuples nombreux répandus sur la surface de la terre.
La navigation maritime, en rendant les transports prompts et les comirmm, niions faciles, en établissant le lien réciproque des échanges entre des hommes qui, salis elle, ne se seraient jamais connus, est, api os l'imprimerie, la découverte qui a le plus contribué à étendre et à propager les connu issan ces. Sous ce rapport, nous devons attendre de la navigation aérienne d'immenses bienfaits et une foule d'avantages inespérés.
DK LA MACHIHE iÉnOSTATIQCB. l3/
On a considéré avec raison la direction aérostatique comme le but auquel devaient tendre les travaux de tous ceux qui voulaient s'occuper des aérostats , dont l'utilité serait toujours très-bornée si on ne trouvait le moyen de les diriger.
Trompé par des expériences annoncées avec emphase, on êtayées même de calculs qui n'en auraient point imposé si on eût pris le soin de les vérifier avant d'asseoir un jugement, on a relégué la direction des aérostats dans le chapitre des sciences imaginaires , avec la pierre philosphale, la quadrature du cercle, le mouvement perpétuel , etc. etc. ; et au lieu de se livrer à des recherches, ditficultiienses il est vrai, maïs nécessaires pour prononcer avec quelque certitude . on a trouvé plus facile de s'en rapporter aux autres, et de répéter après eux qu'il était impossihle dediriger les baltnns.
S'il est une chose impossible dans cette question, c'est de prou-f Ter qu'on ne pourra jamais diriger les aérostats. Bien loin -I* là, un grand nombre de savants . lisiiu^ncs , qui ont examiné ce projet avec soin et impartialité, l'ont trouvé sinon facile^ du. moins essentiellement possible , et pouvant être soumis ai* calcul. C'est ainsi que l'ont également pensé toutes les Aca« démies qui ont propose des prix pour ohteuir cet important résultat.
ta plupart des expérimentateurs qui ont tenté des essais sur la direction, et qui, à cet effet, se sont servis d'ailes , de ramesou de surfaces planes on inclinées, ont presque toujours
moyens. Ils ont, pour la plus grande partie, considéré la question sons uu faux point de vue , et se sont dit : L'aérostat p longé dans l'air y est dans une équilibre parfait, et, par un temps calme, ta moindre petite force le fera avancer vers le point de t horizon sur lequel [impulsion donnée le dirigera ; en-
à mes machines^» mouvement dont ta vitesse Excède ceUe du vent de tant de degrés; donc je me dirigerai, même contre le
d'air déplacé par le ballon, et qui, le pressant de toutes paris, t'oppose à sa marche, 11 est bien des choses à considérer avant de parvenir à diriger un aérostat. Si l'on adapte un bon moyeu à un ballon , dont la forme ne soit pas propre à fendre l'air, on ne réus-ira pus ; il s'ensuivra que le mécanicien, qui n'aura considéré la direction que sous le simple rapport de ton art, se hâtera de publier lui-méiue que les ballons sont
indirioeables. Si, au contraire, le physicien , connaissant les lois de la résistance de l'air contre les surfaces, change la forme du ballon et lui en donne une propre à le faire royal ger , à cingler dans l'air, mais que les machines qu'il y adaptera soient iusuf lisantes ou mal conçues, il ne réussira encore point. Que de détails à examiner, quel ensemble à saisir avant de parvenir à diriger une machine aérostatique! llfautconsidérèrà la fois, et sous les rapports possibles, les rames, ailes^ ou tous autres moyens employés comme ageutl de vitesse; connaître la quantité d'ait qu ils peuvent déplacer, et établir un rapport entre celle quantité et la niasse d'air que déplace 1e ballon; il. faut lutter avec avantage contre la vitesse du vent, faire état des moments d'inertie , des frottements , etc ; il faut changer la forme du ballon et en adopter une convenable; il faut surtout diriger le ballon et non la nacelle, comme presque toujouts, et très-plaisamment, ou a prétendu le faire ; il faut organiser l'aérostat de manière à pouvoir ae fixer, à prendre, à une hauteur donnée, ce point if appui sur lequel ou s'entend si peu; il faut , enfin, échapper à ce5,dila- Jations et condensations si [riqueutes qu'on éorouve dans les airs, et qui empêcheront toujours la réussite des moyens incomplets qu'on pourra essayer. Que l'on remplisse ces conditions, qui toutes sont possibles, et nous aurons un aérostat
flexion ; car c'est ici surtout , plus que dans tout autre cas t que le moindre |)ii-itt demande à être mûri longtemps el
qu'où ne saurait trop y réllecuir; et encore l'exécution prouvera-t-elle qu'on n'avait pas tout prévu. La moindre expérience offre des difficulté sans nombre; et l'aùronaule, qui veut ëlrfi de quelque milite à I art , doit faire des recherches étendues qui lui fassent connaître ce qu'on a dit, fait ou écrit sur les aérostats : c'fst la Seule manière de ne point s'exposer à travailler inutilement sur des idées rebattues. Ce défaut de connaissance du point où er. est l'aérostation aujourd'hui -, a rendu inutiles et même nuisibles à l'art, la plupart des expériences et di s prétendus essais de direction qu'indiscrèteineut, pour ne pas dire plus, ou a offerts au public
NAVIiŒ AfRIEli ï/AlGLE.
L'une des expériences qui ont eu le plus de retentissement à
DE Li MACHINE iÉ^OSTÀTIOui. t3f
Pari*, est uns contredit celle tentée par M. de tennoi; au Champ. de-Mars, le 17 août 1 834- L'insuccès de celle expériences été un mystère pour le public; mais les amis dé M. de Lan» ont pu s'eiplii|iier facilement le problème, en voyant qu'on avait éloigné de lui les hommes capables dont il avait eu lu désir de s'entourer, et dont l'aide lui était si nécessaire dans la carrière épineuse qu'il avait entreprise. Il ■y perdit sa santé, sa fortune et une grande part de la considération que lui méritaient cependant sa naissance et ses qualités personnelles.
M. de Lennox était nn homme d'honneur. Son expérience, .tes projets étaient sérieux. It avait rencontré, au début de ses travaux, vers i83o, un vérilalile artiste, une Sme élevée, sincère, le docteur Leberrier. Ils avaient fait ensemble, à Paris, les 17-18 août 18Î1 , une ascension aéro statique des plus remarquables. Malheureusement , M. de Lennox, rjui était ricbe alors, et d'un caractère [-onéreux et facile, se laissa circonvenir; il eut le tort d'éloigner, ou plutôt de laisser s'éloigner de lui le docteur Leberrier, puur s'entourer d'hommes inexpérimentés, de parasites inr^ijvilih's ; ci nnl;;rc tout l'argent employé, il a complètement échoue dans une expérience dont le principe était bon. Les fautes commises alors sont incalculables.
Le navire aérien t'Jiyk avait, selon le programme officiel , cent cinquante pieiis du l»ii;;uenr sur quarante-cinq de hauteur ; il était muni d'une vessie natatoire, de rames tournantes, d'un gouvernail , etc. Sa description est formidable 1 Sa nacelle , de soixante-six pieds de longueur, devait enlever dix-sept personnes. « Le ballon est construit, dit toujours le programme, au moyen d'une toile préparée de manière à contenir le gaz pendant p;vj de quinze jours.... « Bien loin de pouvoir enlever ses vojageurs, le ballon ne se soutenait pas lui-même ; on eut de la peine à le faire péniblement flotter des ateliers de construction jusqu'au Champ-de- Mars , où il arriva haletant. On ne put parvenir A le faire monter; la mul-
Vingl jours avant cette expérience malheureuse, et qui
ballon, le 59 juillet 1 ] jour anniversaire des Journées de Juillet
i83o. J'étais parti du pont de la Concorde, et mon expérience, toute simple d'ailleurs, eut le plus grand, succès. Porté
• 4" 'applicatiows oivensM
parlèrent sur 1rs Champs-Elysées, je fusliêlé, au moyen d'un
porte-voix, par M. de Lennoi, qui m'attendait au passage. Je
I.a relation que j'adressai le lendemain même ilii jour de la fêle, aui journaux, et qui contient le récit de mon voyage, renferme des paroles en quelque sorte prophétiques :
« J'ai quelque temps plant: au-dessus du grand ballon île M. de Lennox ; je l'ai salué de innn drapeau , et j'ai cru entendre qu'on me répondait.... Salut, trf-je dit, vous dont les travain tendent au même bat que les nôtres-, niais que In succès couronne votre entreprise ! Tn effort malheureux donnerait plus de poids encore a cette opinion déjà trop répandue de l'impossibilité de se diriger dan» l'air. -
Je cite jusqu'au bout la relation île mon expérience du an juillet |SS|| elle renferme quelques faits intéressants, et motive les observations précédentes, sur les difficultés cru» présente , pratiquement parlant , cette question si importante de la Direction aérostatique :
■ Elevé d'environ cinq cents toises ; au-dessus de l'horizon de Paris, j'ai vu se former au loin l'orage qui est venu couronner la fête d'éclairs et de pluie; en précipitant ma descente , dans la crainte d'être surpris par cet orage, j'ai fait, je dois l'avouer, une erreur que je n'aurais pas faite a terre, et dont ma différence de position a été cause. En considérant le cercle de vapeurs épaisses qui m'entourai! , j'ai cru l'orage très-prochain, alors qu'il était encore fort éloigné. Dans mon sentiment, vingt minutes ne devaient point se passer sans que les nuages ne se rësolvassent en eau ou en grêle (je croyais à ce dernier résultat , à cause de l'élévation des nuages) , et ce n'est que deux heures après, que l'éclair a déchiré le voile de sapeurs qui obscurcissait l'air.
^ ■ Ce n'est pas d'ailleurs le seul ni le premier exemple des
»eau j™* '«quel jl perçoit les objetsj Cest^ ainsi que ,
sïon, que je revenais sur nies pas et me trouvais sur Paris, quand je continuais, nu contraire, à m'avancer vers la Charapugne; je me trouvai encore un instant dupe de la même erreur , mardi dernier , au moment où je m'élevai du pont Louis XVI, et crus c-ueje m'avançais vers les fnvaliiie», quand.
DE La MACHINE ÀÉeoSTlTiQUE. ifa
au contraire je traversais 1b Seine , et étais porté par le vent dans la direction de Pontoïse.
» C'est qu'au moment où la machine s'élève, l'angle sous lequel ou voit les objets , change considérablement et d'une façon inaccoutumée; ou monte, et le; objets terrestres se serrent et semblent se rapprocher à mesure qu'ils diminuent de grandeur. Ce qui ferait croire tout d'abord, si le raisonnement n'était là pour réformer l'erreur de la vue, qu'on marche Vers le point qu'on voit comme s'avancer lui-même et se rauger dans l'maiiieiiae rayon que le voyageur aérien embrasse d'un coup-d'ceil-
• Quel nier veillent spectacle! Non, cela est indescriptible. Vingt (bis peut- être, j'ai essayé de rendre mes sensations, de peindre la situation d'un homme si miraculeusement porté dans Us nues, et vingt fois j'ai quitté la plume et rejeté l'es-
^ • Ce que je puis dire, c'est ma foi, ma confiance haute en la possibilité d'une navigation aérienne. Chaque ascension nouvelle m'a confirmé dans l'idée d'établir, à l'aide du principe aérostatique, un transport régulier par air des hommes et des marchandises, comme déjà il eilste parterre et par eau. J'ai eu l'honneur de le dire à monsieur le Ministre de l'Intérieur, qui m'a honoré, en cette circonstance, d'un tërnoignagfe de bienveillance et d'intérêt. La nautique aérienne n'est plus une question d art ni de science, c'est purement une question
géant dans les airs, peut se traduire par ces mois : en million.
> C'est qu'il ne faut rien moins que celte somme, en effet, pour construire et armer un aérostat dirigeable. Il s'agit d'une marine a créer, d'un Océan nouveau à conquérir, et l'on a l'injustice de vouloir qu'un homme seul , avec ses seules ressources, y parvienne. — Dirigei.vous , dit-on à l'aéronaute, dirigez-vous , puisque cela est possible. — Et comment?
- Les préparatifs d'une ascension, il faut le dire, ne sont pastoajours flatteurs, ni de nature à inspirer de la confinnee. On pourrait douter en effet do la possibilité d'une nautique aérienne en voyant le frêle édifice que l'aéronaute fait éclore à grand'peine, à l'aide d'appareils compliqués. Le ballon, retenu par des coules, ballu par le veut, lui offre nne voile qui se déchire souvent avant d'avoir quitté le sol. — Mais voyez l'aérostat au sein de l'air, libre de ses mouvements, débarrassé de toute entrave : comme son allure est franche,
'l4l *PPI.TC.<T11SS DIVERSES
comme il porte avec hardiesse sa tête dans les unes. Les aérostiers militaires obligés de traîner comme à la remorque leurs ballons à la queue des armées, éprouvant la force d'ua vent debout et contraire sur la voile immense qui les a souvent entraînés et terrassés dans les plaines de Maubeuge, ont pu douter de la possibilité de diriger les ballons. — L'aéronaute majestueusement porté dans sa nacelle jusqu'au plus haut de l'air, et poussé par un ventqui lui a sauvent fait faire M lieue» à l'heure, a dû. comprendre, lui, la création d'une marine
• Avec son ballon en soie, couvert d'un réseau de fil, avec ta nacelle d'osier et son drapeau dans les mains, l'aéronaute, livré i ses propres forces, part et témoigne de sa confiance en le laissa 11 t.bal lotte r par les vents des heures ou des journée* entières ; en parcourant des espaces souvent considérables ; en l'élevant à de grandes hauteurs : mais là s'arrête sa puissance; c'est tout ce qu'il peut avec les faibles machines qui sont à sa disposi tion.
• C'est à cela que va se borner M. de Lemmox dans la nouvelle ascension qu'il médite, et qu'il est, dit-on, sur le point d'exécuter. Ce qu'on appelle le grand ballon des Champs- Elysées n'est encore qu'une bulle d'air, que les vents vont entraîner et char ier dans l'atmosphère pendant un temps plus ou moins long.
» Le ballon de M. de Lenhox a 100 pieds; il le faudrait de 100 toises.
• 11 est en étoffe de soie ou de coton ; il le faudrait d'nne constitution plus forte; il le faudrait doublé et chevillé en suivre.
. Ce n'est encore qn'un ballon de fête , avec sa nacelle eo osier, ses voiles et ses drapeaux déployés. Ses moyens de traction sont insuffisants; ils ne procurent à la machine qu'une vitesse insensible.
. J'ai bien , il est vrai , proposé moi-même, il y a 5 ans, 1 l'Académie des Sciences et au gouvernement, la construction I d'un aérostat d'environ 300 pieds de longueur, comme celui que vient de faire établir M. de Lensox, tuais alors il s'agissait d'un essai, etM.de Lehnox annonce gravement un voyage de long cours
• Cinq ou huit personnes vont s'élever dans l'air. — Que le génie des arts leur soit en aide; qu'il les protège au seiu des airs et les ramène à terre comme des enfants chéris qui se
HK Ll MACHINE AÉROSTATIQUE. *i$ dévouent à sa gloire, à celle lie leur patrie! Courage ; que la prudence, le sang- t'n.iii tienne lieu JVxjicrieoce ! — Espérons que malgré l'enthousiasme dont on dit les nouveautajrWMMM saisis, ils sauront éviter les péril» d*W> art encore à son enfance et qui devient dangereux dès qu'on s'écarte des sentier*
Au nombre des projets de machines aérostatiqnes, propres
sonnés, sinon raisonuables, celui Ue M. Charles Géuet, de Hew-ïorct,
PROJE1
M. Edmond Charles Gé madame Campan, ancien i et en Russie, avait quitté
des Etats-Unis d'Amé^ue'.
frère de
éeijbuk,, après s'être muni d'une patente du gouvernement des Etats-Unis pour diverses applications de ce principe, et
Montgolfier, il [.ni^ii an-i ,1 . iLij.l,. ' n la Force ascendante des ballons à divers procéda rml^tnek, principalement à l'élévation et au transport des fardeaux les plus pesants, pour Jes cas encore si nombreux où le; agents mécaniques d'une autre nature ne peuvent être appliqués que difficilement et à grands frais.
Nous empruntons à son ouvrage la représentation de son aérostat iliri'/cabd-. Celte, hi;u;Iilih>, inférieure peut-être comme combinaison à celles de Meusnier, du baron Scott, à celle de Parlridge et autres, offre néanmoins dans son ensemble quelque chose de satisfaisant C'est, on le voit (ri. VII), un ballon deini-sphérique, d'une forme ovoïde et allongée dans le sens horizontal, venant se rattacher, s'appuyer pour ainsi dire sur □ne plate-forme résistante et solide.
Les figures 18, 19 et 20 représentent la vue decûtéet le plan de l'a éro slafMe M- Ch. Génet. Sa longueur est de i5o pieds {anglais) de long, sur 46 de large, et 54 de hauteur. L'auteur
(44 ÏPPLlCtTIOÏlS DE Li MACHINE *Ér.0ST*ÎIQOE.
a calculé que, rempli de j;aï hydrogène, il devait flotter dan* l'air avec une puissance de 73,000 livres environ.
A, enveloppe aérostatique.
B, plate-forme.
C, pont.
I), roue horizontale.
E, roue dentée de biais.
F, petite roue déniée de biais (3 pieds de diamètre).
G, seconde roue de bbis ((> pLuds de diamètre).
H, troisième roue de biais (G pieds de diamètre).
K, aubes ou palettes.
L, ressort.
M, frein.
K, 5 roue-pilote (5 pieds de diamètre).
O, tranche-air.
P, ailes fermées.
Q, laboratoire.
It, robinets.
S, vue de l'aérostat à vol d'oiseau, avec »iles déployées. T, queue ou gouvernail.
U, Soupape.
M. Charles Génet, 011 le voit à la seule inspection de la gravure représentant son appareil, embarque les matières
liste, on le voit également, en un manège mu pardes chevaux i et cependant M. Lhailes l^euel annonce dans son Mémoire que, dès 1 784, il avait proposé l'emploi de la vapeur comme puissance fractionnelle pouvant élre appliquée «» véhicule ascendant que Montgolfier venait alors de découvrir.
S*ppo«t sdh l'art ÀÉKOSTATIQUI. -|^5