TENTATIVES FAITES
de l'osier, devaient lui servir de point d'appui. » C'était, on le voit l'une de ces expériences de plans inclinés que nous verrons se reproduire Lien des fois par la suite. On ne connaissait point à cette époque la pesanteur de l'air] ou ne spéculait pas positivement sur elle ; et cependant instinctivement on seutait qu'il y avait là une puissance inerte, une résistance dont on pouvait tirer parti, ffious trouvons l'indication de ce fait dans une Histoire de ConslantinopLi , publiée dans le milieu du siècle dernier, par Cousin.
Roger Baron vivait au mu' siècle. Les sciences exactes commençaient à se faire jour. Dans l'un de ses curieux ouvrages, celui'où il traite dei' admirable puissance del'art et delà nature, il estime qu'on peut innover avec avantage et aller au-delà des choses connues de son temps. On peut construire, dit-il, des bateaux allant sur l'eau sans rameurs, de grands vaisseaul conduits par un seul homme et marchant avec plus de vitesse «jfie^ceui conduits par une Foule demetelots; enfui, continue-t-il, on peut faire des machines pour voler, dans lesquelles l'homme étant assis on suspendu au centre, tournerait quelque manivelle qui mettrait en mouvement des aile» faites pour battre l'air, à l'instar de celles des oiseaux. Et un peu plus loin, pour corroborer cette idée, il donne la description d'une machine volante qui a bien quelques rapport» avec celle que, trois cent» ans plus tard, nous verrons Blanchard s'efforcer de mettre à flot dans l'océan de l'air.
Roger il a (ion a construit des miroirs ardents; on lui attribue l'invention de la lanterne magique, celle d'une tête ds fer qui prononçait distinctement uu grand nombre de paroles. N'oublions pas que le treizième siècle s'est généralement montré fort crédule : c'est le siècle d Albert-le Grand !
Cent ans après, Dante [Jean- Baptiste), de Pêrouse , a fait mieux que de décrire une machine volante, il en a exécuté une, fort bonne , si sou histoire n'est point exagérée. Il essaya ces ailes plusieurs fois fort heureusement, et il était mémo parveuuà passer un des bras du lac Trasitnèoe; mais ayant voulu eu donner encore une fois le spectacle à ses concitoyens pendant la solennité du mariage de Uartbéleiny d'AUiane, et s'étaot élevé très-haut au-dessus de la place, le fer avec lequel il dirigeait une de ses ailes se rompit et il tomba sur le toit de l'église Ste. -Marie, où il se cassa une cuisse. Cet accident lui valut la chaire de mathématiques de Venise, et il mourut dan» cette ville à l'ige de quarante ans, dit le pèra
pouh s'Élever dans les airs.
Aimé Henri Paulran, qui le cile avec une grande autorité dans son Die lion nuire de physique, dédie an roi ; neuvième édition, Kîmes, 1789.
A des époques où l'ignorance et la superstition retenaient l'Europe dans l'esclavage , et soumettaient la généralité des peuples aux idées les plus absurdes et les pins singulières, il n'est point surprenant que des croyances, tout au moins douteuses, de machines volantes, de vaisseaux volants, de saints et de sorcières, fussent très -coin m un es. Les historiens religieux, aussi bien que les autres, et eu général tous les chroniqueurs, en fout mention. La fin du moyeu-âge , ce temps qui reste dans la pénombre des âges, quand l'obscurité de la nuit intellectuelle cessait et que la clarté n'était point encore venue ; ce tem ps, disons-nous, a été malheureusement marqué par bien des catastrophes où l'esprit humain semblait privé complètement de l'esprit de bleu. Bien des bûchers se sont allumés pour de prétendus enchanteurs, pour des diabteresses qui s'élevaient par les airs, de l'enfer auciel, ou qui, plus simplement, se rendaient au sabbat à cheval sur un manche à balai, dans le grotesque équipage où nous lésa montres CatloC.
L'imprimerie est née, et la lumière s'est faite 1 an grand jour de la publicité, quand la presse a diffusé et répandu de toutes partsles connaissances, de pareilles erreurs, de pareils" crimes n'étaient plus possibles, A cet immortel creuset delà presse, tout s'est épuré, tout s'est contrôlé ; de la découverte et de la propagation de l'imprimerie, date pour le monde une ère vraiment nouvelle.
La tradition rapporte que sousLouis XIV, un nommé Allard, danseur de corde , personnage historique d'ailleurs , annonça qu'il ferait, un certain jour, devant le roi à Saint-Germain , une expérience de vol. 11 devait partir de la terrasse, au bord de la forêt, et se rendre par la voie de l'air jusque dans les hois du Yesinet.au lieu à peu près où se tronve aujourd'hui le débarcadère du chemin de ter. On ne possède aucune description de ses ailes, mais tout porte à croire qu'il s'agissait bien moins de voler, c'est-à-dire de se translater, de voyager dans l'air par le moyen d'un 3!;ent mécanique, que d'une simple expérience sur la résistance de l'air ; d'une sorte de pales on plans inclinés, à l'aide desquels l'opérateur comptait s'abaisser sans danger du haut de la terrasse et traverser la rivière. Il partit; mais les conditions d'équilibre n'étant pas remplies, il tomba au pied même de la terrasse et se blessa dangereusement.
IS TENTATtTBS FAltËS
téonard-de- Vinci, le célèbre peintre, aurait contra l'art de voler dans les airs, et l'aurait pratiqué. Cuper, dans son Truite de l'exceilence de L'iiomme, l'alfinne. Quelques historiens l'ont écrit, d'autres l'ont répété; mais nous n'avons a ncune garantie, aucune certitude de la sincérité de leur affirmation. Nous manquons d'ailleurs entièrement de détails sur la manière dont ce fait se serait produit.
Eu 1670, le jésuite Pierre François Laos, de Brescia, fait publier eu langue italienne son livre qui a pour titre : Prodrome dM'arle maestro. Brescia, 1670; nella stamperia dei HUuiidi; in-folio, avec des gravures. L'une des planches représente une barque soutenue dans l'air par quatre boules en cuivre, daos lesquelles l'auteur indique le moyen de faire le vide, au moyen de l'eau. Al' époque de l'invention desballon*, cette figure, reproduite notamment par Faujas de Saint-Fond dans son livre sur les expériences de la machine aérostatique, a donné beaucoup à penser et à dire. On a bleu injustement prétendu alors que les frères Montgoifier avaient eu connaissance de ce livre, et qu'ils n'étaient que les copistes du projet deLaua.
Il suflit de lire l'ouvrage du révérend pire, ouvrage trèsrare d'ailleurs en 178$ comme aujourd'hui, et que MM.de Moutgolher ont déclaré n'avoir pas connu, pour comprendre immédiatement l'injustice de cette prétention. L'expérience de Laoa, fort curieuse, exacte même jusqu'à un certain point sous le rapport théorique, était eu définitive impraticable, inexécutable, ainsi qu'il l'avait conçue et qu'il la proposait. Il était absolument impossible de se procurer le cuivre à l'état de mîuceur auquel il le supposait dans le calcul pour la construction de ses globes, et le vide absolu qu'il supposait établi dansses sphèresde métal, moyen très -rationnel de se procurer de la légèreté dans l'atmosphère, n'était pas réalisable, même partiellement, pat le moyen qu'il indiquait, et qui consistait à les remplit d'eau d'abord et de la laisser écouler en ayant soin de fermer bien hermétiquement ensuite les robinets.
La barque de Lana est en complète disproportion avec ses moyens d ascension. Il a placé au centre de sou appareil 1111 mât el une voile, et cette double circonstance nous révèle qu'il avait bien plutôt émis une idée, que coordonné une expérience, à la possibilité de laquelle, sans l'avouer toutefois, il ne croyaitsons doute pas lui-même. Pl. Wf,fif. M.
Dans le siècle suivant, un autre religieux, le père Galien,
poch s'élbveu dans les airs. i3 d'Avignon, a bieo mieux compris et bien mieux établi que Lana, les conditions de la navigation atmosphérique. Son livre
3u'il fit paraître à Avignon, en 1755 , est un in- [6 fort 100este , d un très-petit nombre de pages , mais qui contient de bien grandes idées et un bien vaste projet. 11 intitule son œuvre, l'Art de naviguer dans les airs ; puis l'auteur, respectable dominicain engagé dans les ordres, et qui sentait les bûchers de l'inquisition brûler de l'autre côté des Pyrénées, se hâte d'ajouter, comme un correctif nécessaire : Amusement iiinsiquc et géométrique. Il fait précéder le tout d'un mémoire sur la nature et la formation de la grêle, travail qui renferme d ingénieuses pensées, mais qu'on trouve avec surprise empreint des erreurs de la singulière physique du temps. Son idée de navigation aérienne est une création -, c'est l'œuvre du génie : dans son explication de la grêle, Calien rentre dans son emploi ordinaire. Il n'est plus (pie l'ancien professeur de philosophie et de théologie de l'université d'Avignon.
fort difficile aujourd'hui de se procurer ce petit livre; et mes lecteurs me sauront gré, j'en suis convaincu, de leur en donner
ment de la construction de uotre vaisseau pour naviguer dans les airs et transporter, si nous le voulons , une nombreuse armée avec tous ses attirails de guerre et ses provisions de Louche, jusqu'au milieu de l'Afrique, ou dans d'auttes pays «on moins inconnus. l'our cela, il faut lui donner une vaste capacité.
p. Plus il sera grand, plus sa pesanteur en sera absolument plus grande, mais aussi elle eu sera moindre respectivement à son énorme grandeur, comme peuvent le comprendre ceux qui ont quelque teinture de géométrie, et qui savent que plus "n corps est grand , muins il a à proportion de superficie, quoiqu'il en ait absolument davantage.
» Sous construirons ce vaisseau de b«nrie et forte toile doublée, bien cirée ou goudronnée, couverte de peau, et fortifiée de distance en distance de. bonnes cordes, ou même de cables dans les endroits qui en auront besoin, soit en dedans, soit en dehors, en telle sorle qu'à évaluer la pesanteur de tout le corps de ce vaisseau, indépendamment de lu charge, ce soit environ deux quintaux par toise carrée.
jié mita liait, 3