CHAPITRE n
découverte des ballons. par les frlhes Etienne et Josepij Montgolfier.
Une amitié bien vive, une sainte union fraternelle a constamment régné entre Ktlenne et Joseph Montgolfier d'Annoy, créateurs tt tous deux pères, au même titre, de l'art aérostatique , qu'ils ont imaginé en commun , sans qu'il ;iitété jamais possible de dire quel était celui des deux en qui avait dû naître l'idée de l'application du principe physique qui a rendu l'air navigable.
Dans quelques notes biographiques publiées dans différents recueils sur l'un et l'autre d as deux frères, on a raconté, fl est vrai , que c'était l'aîné, Ftienne, qui, rêvant un jour au moyen de venir an secours de Gibraltar alors assiégé, aurait cherché la possibilité de pénétrer dans la place par la voie de l'air. Maisces renseignements donnés après coup et par des
d'en rechercher l'origine, m'ont toujours paru peu dignes de foi. L'un des Montgolfier a même, di(-on , lors .le son entrée à l'Académie , excipé d'une lettre dont la date ferait remonter au mois de juin 1780 la première idée du ballon, qui appartiendrait ainsi à Etienne : an fond, rien de tout ceci n'a
DECOUVERTS Bgs BULOMS. a (
été constaté ; et les deui frères Etienne et Joseph Montgollier ont constamment donné au contraire dans cette occasion solennelle, et tont le temps de leur vie, le spectacle louchant de deul hommes que l'amour de la gloire ni les fumées de l'ambition n'ont pu diviser.
Il faut également rejeter bien loin les ridicules histoires de doublure cChabit, de jupon de soie , ou de sac de papier que la chaleur, le feu, auraient fait monter au plafond d'un appartement, et qui auraient été la cause première de l'invention des ballons, laquelle serait ainsi due au hasard. Le hasard! mot vide de sens, qui n'exprime aucune pensée; mot que le génie ne connaît pas.
Messieurs de Montgollier frères, riches fabricants de papier à Anuonay, dans la province du Vivarais, aujourd'hui le département de l'Ardèche, étaient originaires de l'Auvergne, où l'on trouve encore un hameau portant le nom de Aloutgolfier. A cette époque de 17 83, Etienne et Joseph étaient déjà dans la force de l'âge, et passaient généralement sinon pour des savants, du moins pour des hommes éclairés, tout-àbit à la hauteur des connaissances acquises de leur temps.
Aussi l'Académie des .Sciences, de Taris, comme nous ie verrons plus tard, dans son rapport officiel sur la découverte delà machine aérostatique, a t-eOeyendu un parfait hom-
pousse les imputations de copistes et de plagiaires, que des auteurs anonymes ne craignirent point d'adresser à deux hommes qu'on doit considérer, au contraire, comme démodules de parfaite modestie, chez lesquels les qualités du cii'ur et de l'esprit étaient, comme toujours, inséparables d'un véritable génie.
11 faut se les représenter méditant longuement sur l'ascension des Tapeurs qu'ils voyaient, chaque jour, de chez eu» se générer en si (jrande abondance sur le flanc des Hautes- Alpes; pri»ci paiement sur l'élévation et la suspension des nuages. Là est la véritable origine de l'invention de la machine aérostatique. Les traies Montgollier ont voulu imiter la nature dans l'une de ses, plus, brillâmes opérations. Ils eurent recours d'abord à la vapeur d'eau, et ils virent sans étonnement , mais avec regret, que ce nuage factice' qu'ils produisaient, et qu'il s en fermaient dans une enveloppe légère, s'élevait; mais que la condensation ramenait bientôt les vapen*s à l'état liquide, l'enveloppe s* mouillait, et l'appareil regagnait promptement le sol.
^éroitaiiort. %
a g b^cocveuts bis bat.loi»sï
C'est alors qu'ils songèrent à l'électricité comme pouvant *tre l'une des causes nui suutenaient les nuages dans le vague 1 .)irs et c'est en partant de ce principe qu'ils essayèrent de former des vapeur, alcaline. , qu'ils supposaient devoir être électro-positives; à la fumée, qui pouvait, par sou ibelaii-'c avL'C lus vapeurs alcalines , constituer un ça?, nouveau, feoMW lue , facile à produire en grand , « tenant agglomérée et ne cherchant point à fuir, comme le font la plupart des pl7 , ( li'jà bien connus à cette époque , notamment le gaz hy- ,j r(l :■-»«,, alors nommé gat infiammuble, et qui d'ailleurs était très-cher et difficile à se procurer en grande quantité.
C'est donc au moyen de la combustion delà paille mouillée, mêlée de laine hachée , ou de substances analogues, que MM de Motiigolfier opérèrent l'ascension de leurs premières machines. Cependant ils ne tardèrent pas à reconnaître euxmêmes, avec tous 1» physiciens, que l'e èvat.on des MontgoU
fi ou ballons à /«..irait owwionée parla seule rare -
icûcm de l'air contenu dans la machine, el que la fumée produite par la paille mouillée et par la laine ou autres suuïtances alcalines, ne faisaient qu'ajouter au poids de I a.r chaud, sans produire aucun des avantages sur lesqueb. Avaient compté d'abord les inventeurs.
Desaussure, entre autres, fit, à cet égard, une expérience Jii-isive En 1784, quand on discutail encore sur la valeur de
JS t S. « fir£* rot* à Manc, quil trnait à la main. La petite machine gonfla a vue d'oui, quitta , i l'nn^riteur et s'éleva au plafond de l'apparte-
MM de MontRoIfter n'eu persistèrent pas moins dans la j'idie au'ils avaient émise dans l'origine, et qui avait ETn&let de leurs plus secrètes et de leurs chères pesées; été 1 objet ^ jire ,v, p érience d'un grand ballon en
[ ''7'''n verni parfaitement isolé au moyen de tubes de 1 m. ,1e cordons de soie pendant le temps de l'opération; verre ou ^ var „ ir3 d'eau pure ou combinée avec un
S 'qu oi. d«-lt Uerl.il 1-rtement au moment du départ et tn'on hisserait flotter librement ensuite dans I atmosphère. KeCiKure »* point «* bile MM .l« M.mtgoll.er peu- «Te, t peut être avec raison que cette machine serait un fin. SbU Q ua e e factice, et qu'il se conduirait coma» ceux-tt dan.
DECOUVERTE BEI B ALLO US. a J
l'air, s'élevant jusqu'à la hauteur à laquelle il trouverait son équilibre, puis marchant au hasard , poussé par les vents et Se soutenant jusqu'à ce que la rencontre d'une masse de vapeurs, dam un état électrique différentdu sien , l'eût dépouillé lui-même de son électricité, .auquel cas les vapeurs dont il aurait été rempli sa condensant e\t convertissant en eau, il s'abaisserait, chargé du poids de utifl enveloppe, jusqu'au toi.
Cette magnifique expérimentation n'a l'amas été faite, et mériterait cependant bleu d'être tentée. En 1783 et 1784,00. était dans l'enthousiasme, dans le feu, des premières expériences. L'homme pouvait s'élever enfin dans l'air d'une manière certaine; pouriait-il s'y dirigera 500 gré? Il semblait d'abord que tout fut là. On fit à l'envi de brillantes ascensions, ou passa la mer, on songea à la conquête de l'atmosphère, et les idées qui avaient été l'objet de vingt ans d'étude et de réflexion de la part de MM. de Montgolfier furent oubliées.
Moi-même j'ai voulu depuis tenter en grand la réalisation de l'œuvre des inventeurs de la machine aérostat iq ne. Mai» faute de ressources personnelles suffisantes, ou plutôt après avoir épuisé ces ressources dans mes premières expériences, consacréesà la recherche des courants aériens, et oblige (îe faire trop souvent de mes ascensions un spectacle public, condition bien mauvaise pour un expérimentateur, je n'ai pu m'assurer encore s'il n'y avait pas dans lu pensée-mère des frères Montgolfier, une de ces idées radicalesqui valent mieux que l'ceuvra elle-même à laquelle elles ont donné naissance.
Des croisées de mon appartement, je ne vois pas sans regret s'élever chaque jour . de cent usines que ma vue soi brasse d'un regard, cette immense quantité Je vapeurs et île fumée» oui s'eleve incessamment de leurs hautes cheminées ou de» efettUnârea en ébullition, ou <Us tuyaux de leurs machines a vapeur. Il en est de ces vapeur> et Je cts fumées qui ne se» coaiporleut pas à beaucoup pics comme •! -mlies .Selon leur
nues, on voit les unes retomtier pesamment sur le sol, quand d'antres s'élèvent à do granits hauteurs, et scn.bkot se perdre na se fondre, unuaic ceruius DBase» pendant l'été, dans l'azur du ciel. 6 '
l' ni, la différence de température, la hauteur ou
la situation des 1uem1ut.ro ou des luy.iui de machines à vapeurs, ne sauraieut seules expliquer ces anomalies. Il y a là
5 g DECOUVERTE DES BiLLONS.
quelque chose de ce qu'avaient annoncé et prévu les frères MonteolÊer, dès 1788, î
Cette date nous ramène à I invention des ballons et aux premières expériences publiques qui lent constatée.
MM. de Montrer, après s'être assurés -bien des fuis, p H r de petites expériences faites l'.i (KM-dcuiioi', dans le courant de 1781 et ou co mm Cil ce ment de l'année, ljB3, qu'une chaleur de cent degrés raréfie l'»fr de moitié, dans uu vaisseau fermé, et lui fait occuper ddM Ce nouvel état un espace double de celui qu'il occi'p ait précédemment, ou, eu d'autres termes, eu tHmUùte la pesanteur de moitié , supputèreut qu'elle était la forme et le volume d'une machine qui, remplie d'un air ainsi rartfié , devrait s'élever dans l'air, en eutruioant le poids de son enveloppe. Là est la découverte', elle a toufe la grandeur et la simplicité des œuvres du génie : c'est l'œuvre de Christophe Colomb.
Leur premier ballon fut un petit parai lélipipède creux, en taffetas très-mince, contenant moins, de deux guêtres cubes d'air. Ils le firent monter au plafond d'un appartement, au mois de novembre 178a, à Avignon, où l'un d'eux se trouvait alors. Rentré peu de temps après à Aunouay, les deux frères répétèrent en commun, avec succès, l'expérience en plein air.
Certain! alors du principe, ils firent une machina pins considérable, et qui contenait au-delà de 10 mètres cubes d'air ; elle s'éleva de même, rompit les cordes à l'aide desquelles on voulait la retenir, et alla tomber sur les coteaux voisins, après être montée à une hauteur de deux à trois cents mètre*.
MM. de Montgolfier firent alors une très-grande et forte machine, avec laquelle ils voulurent faire constater publiquement leur découverte.
L'expérience eut lieu le 5 juin 17S3. L'assemblés des Etats du Vi va rais se trouvant à Annonay , fut invitée à y assister ; et voici eu quels termes en a rendu compte Faujas de Saint- Fond, auteur de la Description des expérienets de la machine aérostatique, publiée la même année;
. Quelle fut la surprise des députés, quelle fut celle des spectateurs, lorsqu'on vit sur la place publique une espèce de ballon de cent dit pieds de circonférence, retenu par son pôle inférieur sur un châssis en bois de seize pieds de surface! Cette vaste euveloppe et sou châssis pesaient cinq cents livres ; elle pouvait soutenir vingt-deux mille pieds cubes de vapeur.
■ Quel fut l'étonnement général, lorsque les inventeurs d'une telle machine annoncèrent qu'aussitôt qu'elle serait pleine d'un gai qu'ils avaient le moyen de produire à volonté, par le procédé le plus simple, elle s'enlèverait d'ellemême jusqu'au! nues L 11 faut convenir alors que, malgré la confiance qu'on avait auï lumières et à la sagesse de MAL de Monigolfier, cette expérience paraissait si incroyable à ceux: qui allaient en être les témoins , que les personnes les plus instruites, celle» même qui étaient le plus favorablement prévenues, doutaient presque sans balancer de son
. Enfin, MM. de Monlgolfier mettent la main à l'œuvre, ils procèdent au développement des vapeurs qui devaient produire 1» phénomène ; la machine qui ne présentait alors qu'une enveloppe de toile doublée en papier, qu'une espèce de sac gigantesque de trente-cinq pieds de hauteur, déprimé, plein de plis et vide d'air, se gonfle, grossit à vue d'ciil , prend de In consistance, adopte une belle forme, se tend sur tons les points, fait effort pour s'enlever : des bras vigoureux la retiennent , le signal est donné , elle part , et s'élance avec rapidité dans l'air, où le mouvement accéléré la porte, en moins de dii minutes, à mille toises d'élévation.
> Elle décrit alors une ligne horizontale de sept mille deux cents pieds, et comme elle perdait considérablement de son gai, elle descendit lentement à cette distance , et elle se serait tans doute soutenue bien plus longtemps en l'air, si l'on avait eu la facilité de porter dans son exécution la solidité et l'exactitude qu'elle exigeait; mais le but était rempli, et cette première tentative, couronnée d'nn aussi heureux succès, mérite à jamais à MM. de Montgolfier la gloire d'une des plus étonnantes découvertes. ■
ïanjasde St. Fond ajoute : - Pour peu qu'on veuille réfléchir aur les difficultés sans nombre que présentait une expérience aussi hardie, sur la critique amère à laquelle elle exposait ses auteurs si elle eut manqué par quelqu'accident , sur les dépenses qu'elle a entraînées, l'uu ne peut s'empêcher d'avoir la plus grande admiration pour les auteurs de la machine aérostatique. -
Cette expérience est fondamentale. De cejour, 5 juin 1783, date l'invention des ballons. Vu procès-verbal fut dressé el envoyé à Paris. Des lettres particulières, venues d'Annonay, faisaient égatemeut mention de cette singulière expérience
dont tout le monde se préoccupa dès ce moment. M. d'Ormesson, contrfdeur-fiénéral, envoya le procès-verbal de l'expérience d'Aunouay à l'Académie des Sciences de Paris , et lui demanda son jugement sur l'espèce de machine uni avait servi à la Taire.
Ce procès -verbal ne nous est point parvenu; il sera demeuré enfoui dans les archives de l'ancienne Académie de* Sciences, ou entre les mains de quelqu'un des commissaires. Voici tout au moins la note officielle remise par M. de Montgolfier sur- l'expérience d'Anuonay :
. La machine aérostatique, dont l'expérience fut faite devant Messieurs des Etats particuliers de Vivarais, le jeudi 5 juin 1783, était construite eu toile doublée de papier, cousue sur un réseau de ficelle fixé aux toiles. Elle était à peu pris de forme sphérique, et sa circonférence était de nopieds; un châssis en bois de 16 pieds en carré la tenait fixée par le has. Sa capacité était d'environ 21000 pieds cubes ; elle déplaçait donc, en supposonl la pesanteur moyenne de l'ait comme 17800 de la pesanteur de l'eau, une masse d'air d« igBo livres.
La pesanteur du gaz était à peu près moitié de celle de l'air, car il pesait 990 livres; et la machine pesait avec le châssis Soo livres. Il restait donc A90 livres de rupture d'équilibre , ce qui s'est trouvé conforme à l'expériunce. Les différentes pièces de la machine étaient assemblées par de simples boutonnières arrêtées par des boutons; deux hommes suffi, rent pour la monter et pour la remplir de gaz, mais il en fallut huit pour la retenir, et qui ne l'abandonnèrent qu'au signal donné ; elle s'éleva par un mouvement accéléré, mais moins rapide sur la fin de son ascension, jusqu'à la hauteur d'environ 1 000 toises. Un vent à peine sensible vers la surface de la terre la porta à 1 100 toises de distance du point de sua départ. Elle resta dix minutes en l'air; la déperdition du gaz par les boutonnières, par les trous d'aignilles et autres imperfections de la machine, ne lui permit pas d'y rester davantage Le vent, au moment de l'expérience, était au midi , et il pleuvait; la machine descendit si légèrement qu'elle ne brisa ni les ceps, ni les échalas de la vigue sur lesquels elle se rpposa. -
Pour satisfaire è la demande de M. le comte de Rreteuil, alors ministre, l'Académie îles Sciences nomma une commission, mie se composait de MM. Le Roy , Tillet, Srisson.Ca-
det, Lavoisier, Bossut, de Condorcet et Desmarets. M. de Montgolfier tut mandé à Paris et fut prévenu que l'expérience serait répétée soit aux trait de l'Académie, toit au* frais du Gouvernement. Il devait dune s'écouler uu certain temps avant
Sue des expériences fussent faites, et l'extrême sensation prouite par la nouvelle découverte ne permettait pas d'attendre. Un ignorait à Paris quelle était la vapeur ou le gai dont MM- de Montgolfier s étaient servis; ou savait seulement que ce gaz, moitié plut léger que l'air, se produisait rapidement à peu de frais ; — Ce n'était donc pas l'hydrogène, alors appelé gai inflammable et bien connu, mais qu'on savait être douze à quinze t'ois plus léger que l'air. Il coûtait d'ailleurs fort cher; ou s était borné jusque-làà en produire dans les laboratoires de très-petites quantités, et on ignorait, ou à peu prés, comment on pourrait se le procurer en grand : n'importe! l'élan était donné, il fallait à Paris uu ballou quelconque. Les physiciens , les chimistes , les grands seigneurs s'y mirent. Une souscription fut proposée et spontanément remplie. 11 existait dès ce moment dans le commerce du taffetas verni à la gomme élastique; les frères Robert , constructeurs d'instruments de physique et habiles praticiens, furent c barges do l'exécution de l'appareil; et en moins de ringt-cinq jours, un globe spbérique en soie vernie , de quatre mètres de diamètre, fut établi, rempli d'air atmosphérique et offert à l'admiration des souscripteurs, dans la cour da la maison habitée par les frères Robert , sur la place des Vieil s'agissait de le remplir de gaz hydrogène; et c'était une grande affaire. Pour la première fois on allait produire et recueillir près de quarante mètres cubes de cet air inflammable, de cette matière fugace demeurée jusqu'alors sa us application et qu'où ne manipulait pas sans quelque crainte, marne dans les laboratoires de chimie.
On sa mit à l'œuvre; on employa un tonneau debout sur l'un de ses fonds, et percé de deux ouvertures, l'une pont l'introduction de l'acide , du fer et de l'eau ; l'autre pour la sortie du gaz, qui s'introduirait dans le ballon au moyen d'un robinet. De zélés «.opérateurs se relayèrent ; et après deux jours de travail incessant, semé d'accidents et d'épisodes sans nombre , le ballon aux deux tiers rempli de gaz flottait dans l'air, et ne demandait qu'à s'élever ; le succès de l'expérience fiait certain : l'ivresse fui grande.'
3l DÉCOUVERTE DBS lULlORS.
On avait connaissance dans le public de l'opération qui se faisait à la place des Victoires; on parlait déjà du Ballon , et il y avait à la porte de la maison , sur la place et dans toutes les rues voisines, une telle affluence de monde qu'il fallut requérir l'assistance du yuclà pied et à cheval pour ma hi le ni r ]e bon ordre, Enfin, le ij août , jour choisi pour l'expérience, le ballon et ses accessoires lurent transportés avant le jour au CLamp-de-Mars.
, Il faut ici laisser parler M. Faujas île St.-Fond , témoin oculaire de l'eipérience , et qui eu avait été l'un des promoteurs tes plus ardents. Homme juste, équitable, il défendit constamment MM. de Montgolfier contre les envieul et la critique; et à propos de cette même eipérience du Champ-de- Mars, dont les frères ltobert voulaient s'attribuer le mérite, il lit remarquer que la découverte de l'art aérostatique consistait dans le principe, et non dans les moyens divers qu'on pouvait employer pour faire monter un ballon dans les airs.
" Le Cliamp-de-Mars , dit Faujas de St. -Fond, était garni de troupes, les avenues étaient gardées de tous côtés; les ordres étaient donnés pour faciliter la marche des voitures, et prévenir les accidents, A trois heures, l'on vit le Champde-Mars se couvrir de monde; les carrosses arrivaient de toutes paris, et bientôt ils ne purent aller qu'à la file. Les bords de la rivière, le chemin de Versai II os, l'amphithéâtre de l'assy étaient garnis d'une foule immense de speclateurs. I.'hotel de l'Ecole Militaireet le Champ-de-Mars renfermaient h plus superbe et la plus nombreuse assemblée. A cinq heures, un coup de canon fut le signal qui annonça que l'expérience allait commencer; il
sur la terrasse du Garde-Meuble de la Couronne, sur les' tours de Notre-Dame et à l'Ecole Militaire, et qui devaient appliquer les instruments et les calculs à leur observation. Le globe,
prise des spectateurs, avec une telle vitesse, qu'il fut porté en deux minutes à 488 toises de hauteur ; là , il trouva un nuage obscur dans lequel il se perdit; un second coup de canon annonça sa disparition, mats on le vit bientôt percer la uue , reparaître un instant à uue très-grande élévation, ets'éclipser dans d'autres nuages.
» la pluie violente qui survint au moment où le globe s'élevait , ne l'empêcha pas de mouler avec une eitréme rapidité; «t l'expérience eut le plus grand succès, elle étonu» tout le