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Le sol étant peu travaillé, pas draïiné et les mêmes récoltes revenant fréquemment sur elles-mêmes, la partie non assimilable des engrais du sol ne devient assimilable que très lentement et pas assez pour faire face aux exigences répétées, toujours les mêmes, des récoltes ; la fertilité finit par disparaître petit à petit.
Tous les travaux tombent en même temps, par trois fois dans l’année : semailles, foins, labours d'autornne ; et, conme la terre est très étendue, pour éviter les mauvais temps, il faut les exécuter à la hàte, avec de nombreux chevaux ct en engageant des bras supplémentaires. La nourriture de ces chevaux pendant toute l'année, ainsi que ces frais de main-d'œuvre forcée, doivent être pris sur les bénéfices déjà maigres du cultivateur. Ce système est donc déplorable au point de vue de l'entretien de la fertilité du sol, du rendement et du choix des récoltes, de la destruction des mauvaises herbes et de Ja répartition de la main-d'œuvre.
Quand on le voit suivi, surtout sur certains terrains trop légers, où trop argileux et non drainés, il ne faut pas s'étonner qu'un cultivateur arrive difficilement, sur une terre de 200 à 250 arpents, ne gagner dans son année que 2 à 300 piastres, c'est-àdire à peine de quoi suffire à la nourriture de sa Mmille, en entretenant misérablement sur sa ferme 10 à 15 vaches, quelques cochons, quelques poules et plusieurs chevaux. Un nouveau système d’assolement s'impose donc.
Un cultivateur, dont les ressources pécuniaires sont limitées, doit demander plutôt à ses bras qu’à sa bourse, l'amélioration de sa terre; aussi tout as-
solement qui laissera une large place à un travail rémunérateur et bien réparti dans le cours de l'année, devra être préféré. Cela implique, il va sans dire, une terre dont l'étendue soit bien proportionnée aux moyens du cultivateur, une ferme qui soit bien ‘en main”.
Règles à suivre dans le choix d'un assolement.— Voici tout d'abord un résumé de faits que nous avons déjà signalés en partie et qu'il ne faut jamais perdre de vue, lorsque se présente le problème du choix d’un assolement pour la production économique du lait.
lo. S'arranger pour utiliser le mieux possible les ressources dormantes du sol en donnant de l'extension aux récoltes qui y favorisent la transformation des éléments non assimilables en éléments assimilables. Ces récoltes sont les plantes sarclées, qui dernandent des binages, des sarclages et, d'une façon générale, un travail énergique du sol. Ce sont aussi certaines plantes qui, en envoyant profondément leurs racines dans tous les sens dans le sous-s0l, y facilitent l'accès de l'air, de l'humidité, puis aussi la pénétration des racines des récoltes qui les suivent
20. Prévoir l'entraînement possible de certains engrais hors du sol, par les eaux de pluie, de sources
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et surtout de drainage, et faire en sorte que le sol soit le plus longtemps possible couvert de végétation dans le cours de l’année, ce qui est le meilleur moyen pour diminuer ces genres de pertes. Les cultures dérobées servent beaucoup dans ce cas. Ceci est surtout important pour les terrains drainés ou à sous-s0l perméable.
30. Pourvoir à la destruction des mauvaises herbes par des récoltes nettoyantes, des récoltes dérobées et la culture des plantes sarclées qui, tout en contribuant à l'amélioration du sol et à l’entretien de sa fertilité, facilitent cette destruction.
40. Etablir la succession des récoltes de manière que la demande d’un ou de plusieurs des éléments fertilisants ne soit pas exagérée au point de nuire à la fertilité du sol. La culture du blé, plusieurs années de suite sur une même pièce de terre, serait, par exemple, une faute contre cette règle.
50. Quant à la nature des récoltes, choisir celles qui conviennent le mieux à la production du lait, et les associer en quantité dans les proportions les plus favorables à la composition des rations, pour qu'elles soient utilisées le mieux possible. Pour composer des rations, il faut du bon foin, des aliments aqueux, comme le blé-d’Inde fourrage ou ensilé, des racines fourragères, des fourrages verts; puis des
aliments riches en azote (aliments concentrés) comme les grains, les pois, la graine de lin; enfin” des aliments fibreux, comme les pailles. Il faut donc s'arranger pour en récolter autant que possible dans les proportions suivant lesquelles elles entrent dans les rations, et pour ne jamais en manquer jusqu'à fin mai.
6. Au point de vue de la main-d'œuvre, faire des cultures variées qui ne demandent pas toutes à être travaillées en même temps. Donner une certaine extension aux pâturages qui fournissent pendant une bonne partie de l’année aux animaux une nourriture très saine, celle qui demande le moins de main-d'œuvre. Se souvenir cependant que le rendement des pâturages, au point de vue du poids de matière sèche récolté à l’arpent, est moins considérable que celui d'autres récoltes demandant plus de main-d'œuvre, comme les fourrages verts, les racines fourragères. Il ie faut de pâturages que pour noürrir, avec l’aide de fourrages verts, le nombre d'animaux pour lesquels le reste de la terre est capable de fournir de bonnes rations d'octobre à juin.
7. Penser aux fourrages verts nécessaires pour compléter les pâturages, lorsque ceux-ci faiblissent pendant les chaleurs de l'été.