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Le blé, l'orge, l’'avoine viennent admirableraient à la suite des plantes sarclées qui ont nettoyé et ameubli le sol. Les labours pour céréales se feront l'automne.
Le trèfle sur les céréales est à sa place. On doit le plâtrer si cela est nécessaire. Le trèfle, comme les pois, puise son azote dans l’air et donne un fourrage riche qui enrichit les fumiers en azote ; il enrichit en même temps le sol et le prépare bien pour la récolte de mil et de graminées qui va suivre. C’est du reste une récolte qui retardera l’envahissement des prairies par les mauvaises herbes.
La récolte de mil sur trèfle se fera dans les meilleures conditions, et, pour augmenter le rendement de la récolte suivante, on pourra aussitôt après son enlèvement y mettre du fumier en couverture, si cela est nécessaire.
Les pâturages pourront durer en moyenne deux ans. Siils s'épuisent ou se salissent trop vite, ii faudra les relever la première année; s'ils se tiennent bien, on pourra les laisser trois ans et plus. Cela dépend des localités et de la nature du sol.
Si on examine cet assolement au point de vue de la quantité et de l’assortiment des récoltes, on trouve 256 arpents de pâturages qui, avec l’aide de
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fourrages verts, pris sur la sole des plantes sarclées ou sur celle du trèfle, seront capables de bien nourrir au moins 20 à 25 vaches de mai au commencement d'octobre.
Pour la nourriture d'hiver, si on compte par vache une ration de 10 à 15 Ibs de bon foin de trèfle ou de graminées, 25 à 50 Ibs de racines ou d’'ensilage, 4 à 8 Ibs d'un mélange de grains et de graine de lin moulue, 1 à 3 Ibs de paille, plus 8 Ibs de litière, on voit que la sole de trèfle et celle de mil sont capables de fournir le foin, si on suppose une récolte de 14 tonne à l’arpent ; que, pour les plantes sarclées, en supposant une récolte moyenne de 10 à 20 tonnes de l’arpent, 124 arpents seront plus que suffisants et qu'il y restera de la place pour les fourrages verts à donner dans le cours de l'été en supplément aux animaux en pâäture. Quant aux grains et à la paille 25 arpents sont suffisants.
On pourra, sur une terre de 100 arpents ainsi assolée, compter pouvoir entretenir dans les meilleures conditions, de 20 à 25 vaches, 3 chevaux, une dizaine de porcs, une centaine de volailles, sans être obligé d'acheter aucun aliment au dehors. c’està-dire l'équivalent de 27 à 28 têtes de gros bétail, soit une tête par 34 arpents ce qui n’est pas exagéré. Dans les bonnes fermes en Angleterre, on
compte de 3 à 34 arpents par tête, avec achat de
tourteaux au dehors, et nous avons, dans notre province, des fermes où on entretient une tête et plus par trois arpents. Etant donnés les prix actuels du beurre et du fromage et supposant les animaux bien choisis et bien soignés, ces récoltes pourront rapporter au cultivateur 600 à 1000 piastres et plus, en supposant qu'il n'engage pas de bras étrangers, et que la terre lui appartienne. Car, dans ce cas, les intérêts des capitaux et les salaires lui reviennent, ainsi que le bénéfice net. Il ne lui reste comme frais que les frais d'entretien, les amortissements, les assurances et quelqu'autres frais généraux qu'il lui sera facile de diminuer par une bonne administration. Ces $600 a $1000 représenteront son revenu sur lequel lui et sa famille devront vivre, les frais de ménage, d’après nos conventions, n'étant pas comptés parmi les frais généraux de la ferme.
Exemples d’assolements.—L'assolement précédent ne peut pas convenir à tous les terrains ni dans toutes les circonstances, et il sera souvent nécessaire d'y apporter des modifications; nous ne le donnons là que comme exemple.
Supposons que dans les céréales nous ne sémions que du trèfle et que l’année suivante nous relevions ce trèfle, pour le faire suivre par du blé dans lequel
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nous sèmerons des graines fourragères mêlées ; puis que nous fassions du foin quatre années de suite sur cette sole que nous ferons ensuite pâturer trois années de suite, nous obtiendrons l’assolement suivant fort recommandé et déjà bien suivi dans certaines parties de la province:
1ère année :
2ème année
3ème année
4ème année :
5, 6e année :
7ème année
8ème année :
Fumier enfoui par labour l'automne précédent et récolte, soit de racines, soit de tubercules, en culture sarclée, soit de fourrages verts soit de maïs fourrage pour silo...........
: Récolte d'orge et semis de
graines de trèfles mêlés…
: Récolte de trèfle et labour
d'automne..................
Récolte de blé, semis de graines de prairies mêlées Récolte de foin sur prairie
: Récolte de foin, sur fumure
encouverture puis la prairie, aussitôt le foin enlevé Récolte de foin sur prairie.
H PATUFAGE ses cssosetss sie 12Me année :
Récolte d'avoine ou de pois et avoine sur pâturage labouré l’automme précéets siiseerséineuses
814 arpents 814 arpents 814 arpents 814 arpents
814 arpents 814 arpents 25 arpents
814 arpents
100 arpents
En comparant les deux assolements précédents nous obtenons le tableau suivant :
Plantes sarclées et four-
rages verts...
Foin et fourrages verts Pâturages..... oo GTA cirssorecusssse
Total...
Etendue des labours..….
Etendue des sarclages
100 arpents
1214 arpents
3772 arpents 1212 arpents
1er assolement 2me assolement
814 arpents 4124 arpents 25 arpents 25 arpents
100 arpents
33 arpents 814 arpents
Ce tableau montre que le ler assolement fait reposer l’alimentation des vaches, l'été, sur les pâturages et les fourrages verts, et l'hiver, plutôt sur les racines fourragères et l’ensilage,tandis que le second l'été, fait reposer l’alimentation des vaches sur les fourrages verts et, l'hiver, plutôt sur le foin. Nous trouvons en effet, dans le ler assolement, 25 arpents de pâturages, 374 de foin et fourrages verts et 124 arpents de plantes sarclées, tandis que dans le second nous trouvons 25 arpents de pâturages, mais seulement 84 de plantes sarclées, puis 41% de foin et fourrages verts. Avec le second assolement, les terres restent en foin et pâturages 8 années de suite avec les premières 4 années. Le premier assolement convient à des terrains moins avancés en culture
que le second qui convient à des terrains qui sont en meilleur état. On comprend en effet que, si une te:re est sale ct appauvrie, comme elle sera moins travaillée avec le second assolement, dans lequel l'année des plantes sarclées ne revient que tous les 12 ans, et comme elle restera plus longtemps en pâturages, les mauvaises herbes auront plus de chances de s’y développer et les transformations intérieures des engrais non assimilables en engrais assimilables seront moins rapides.
Au point de vue de l'enrichissement du sol, le premier est plus énergique, parceque les plantes sarclées ainsi que les légumineuses y ont un plus grand développement.
Au point de vue de la sécurité des récoltes, lorsqu'il y aura beaucoup d'insectes s’attaquant aux raeines, elle sera moins grande avec le premier qu'avec le second, mais lorsqu'il y aura de fortes gelées et peu de neige, la sécurité sera moins grande avec le second qu'avec le premier.
Là où les prairies réussissent bien, il faudra préférer le second. Sur un terrain favorable aux racines fourragères etaux mauvaises herbes il faudra préférer le premier.
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Le premier assolement demande plusde main d'œuvre que le second puisque l'étendue des labours est avec le premier de 374 arpents contre 33 avec le second, et l'étendue des sarclages de 124 contre 84. Mais, comme nous l’avons vu, cette main d'œuvre sera bien rémunérée par l'amélioration du sol.
Voici un troisième exemple d’assolement indiqué par monsieur Jenner Fust.
rère année : Plantes sarclées : racines,
blé d'Inde, pois avec avoi-
ne, lentilles et navette... 10 arpents 2ème année : Grain (7 d'orge et 3 de lin),
avec des graines pour prai-
TS serssccsesveseacrcsérsesse 10 GIDONES gème année : Foi... sessossosss sosorses 10 arDents 4ème année : FOIN.......ssses soso sosessose : LO ATpeRtS 5ème année : Pâturage.........,...........…… 10 arpents 6ème année : Pâturage retourné le rer juil-
let pour jachère d’autom-
NOsossossoscsorosese os cosooovoe 10 arpents 7ème année : Grain (avoine avec 14 Ibs.
de trèfle)... ......,,.... 10 arpents 8ème année : Trèfle que l'on coupera pour
foin, pour ensilage ou pour
donner en vert... 10 arpents gème année : AVOINE see sessesees o vessose 10 arpents 1oème année : Légumineuses (pois)... 10 arpents
100 arpents
Cet assolement comporte 40 arpents en prairies et pâturages, 10 arpents en pois, 10 en trèfle, 10 en
D'INDUSTRI£ LAITIÈRE 51
plantes sarclées, 27 en grain et 3 en lin. Il exige beaucoup plus de labours que les précélents et est, par conséquent, moins économique au point de vue de la main d'œuvre. Il comporte beaucoup plus de grains et moins de pâturages. Avec cet assolement, les rations seront, pendant l'hiver, plus fortes en foin et en grain. C’est un assolement qui demande une terre en très bon état de culture pour donner des récoltes capables de payer toute la main d'œuvre qu'il exige.
Ces trois exemples montrent combien l'en peut, tout en suivant les principes énoncés précédemment, varier la nature des assolements et comme il faut se laisser guider en cela par la nature du terrain, sa richesse, son état de culture, par le climat et aussi par les questions de main d'œuvre et d'enrichissement du sol, puis par la composition des rations que l’on veut donner aux vaches pendant l'hiver.
On peut presque dire que chaque terre demande un assolement différent. On en trouvera de très bons et très nombreux exemples dans les rapports des juges du mérite Agricole pour toutes les années précédentes, depuis 1872. La lecture doit en être fortement recommandée aux cultivateurs et ils y rencontreront là des exemples de terres où sont nourries un grand nombre de têtes de bétail par
arpent ; ils se rendront compte aussi que tout ce qui vient d'être dit n’est pas de la pure théorie, mais qu’au contraire ces choses sont déjà bien entrées dans le domaine de la pratique, dans cette province. Dans le rapport de 1893, au paragraphe relatif à la ferme de M. Bourassa de Montebello Co. Ottawa, ils tro"1veront l’état des recettes et des dépenses de cette ferme pour 1893. Les bénéfices nets se montent à sept piastres quatre-vingt-trois cents; mais il y a $1136,84 de salaire, dont le propriétaire aurait pu avoir une bonne part s'il avait cultivé sa terre luimême avec sa famille, ce qui confirme ce que nous avons dit précédemment au sujet du revenu des terres. Dans le rapport pour 1895, nous signalons spécialement ce qui se rapporte à la ferme de M. James Drummond qui, sur 290 arpents, entretient 86 têtes de gros bétail, c’est-à-dire une tête par 34 arpents ; dans le même rapport nous signalons encore le système de M. Nichols, de St. Philippe d’Argenteuil, qui entretient 1 tête de gros bétail par 24 arpents.
Prairies et pâturages temporaires. — L'étude de ces prairies et celle de ces pâturages vont ensemble, parceque, généralement, ces pâturages sont des prairies qui ont déjà été fauchées pour foin pendant trois ou quatre ans. On les appelle temporaires
ude emdes ant ires
parcequ'’ils ne restent sur le même sol qu'un nombre limité d'années.
Sur une terre cultivée en vue de la production du Jait, les prairies et les pâturages jouent un rôle très important, car le foin, pendant l'hiver, et les pâturages avec les fourrages verts, pendant l'été, sont la base de l'alimentation des vaches.
Il est en général avantageux de donner de l’extension aux prairies à foin en les faisant durer 3 et 4 ans, parceque, restant plusieurs années consécutives sur le même sol, elles diminuent l'étendue des labours et les frais de main-d'œuvre.
Quant aux pâturages, on peut dire que si, dans les pays qui leur sont le plus favorable, ils représentent la manière la plus économique, surtout au point de vue de la main-d'œuvre, et la plus salutaire, de nourrir les vaches pendant une partie de l’année, dans la province de Québec, en général, les conditions climatériques ne leur sont pas bien prospices ; les sécheresses de l'été, dans les terrains secs surtout, les gels et dégels de l'hiver, dans les terrains humides, quand ils sont dégarnis de neige, leur font souvent beaucoup de tort ; d'un autre côté, la saison pendant laquelle les vaches peuvent être mises à l’herbe, d’une façon profitable, est relativement courte. On ne sau-
rait donc conseiller d'une manière générale aux cultivateurs de cette province de donner une grande extension aux pâturages ; ils doivent avoir plus d'avantage à cultiver le sol pour récoltes à haut rendement, comme le blé d'Inde, les racines fourragères, les fourrages verts.
Les prairies se sèment généralement dans le grain qui suit les plantes sarclées qui ont ameubli, nettoyé et enrichi le sol. Elles réussissent bien sur tous les sols qui ne sont pas trop humides. La terre franche est ce qui leur convient le mieux. Un bon sous-sol perméable et drainé leur est favorable. Ce qu’il y a de plus mauvais pour elles, ce sont les sols légers, certains terrains graveleux et certains sols compacts argileux. Il est quelquefois difficile de les faire prendre sur ces derniers.
Les principales espèces de plantes qui entrent dans la composition des prairies sont le trèfle rouge commun, le grand trèfle rouge, le trèfle alsike, le mil, le dactyle pelotonné et diverses autres graminées comme les fétuques, les agrostis, les avoines, les brome, le foin bleu (Herbe .. liens). Avec les graines de ces dernières plantes, on forme des mélanges appropriés aux terrains.
Lorsqu'on a en vue une prairie, on choisit, pour le mélange, des plantes qui fleurissent à peu près à
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la même époque, afin qu'au moment de la fenaison elles atteignent toutes en même temps leur plein développement. S'il s'agit de pâturages, au contraire, on choisit des plantes qui mûrissent successivement, afin d'assurer aux animaux de l'herbe tendre pendant la plus grande partie de l'été. Certains praticiens recommandent cette dernière manière de procéder, même pour les prairies, dans certains districts.
Voici trois exemples de mélanges de semences, pour prairies temporaires. Les poids sont donnés pour un arpent.
1er mélange : 8 à 10 Ibs de trèfle rouge.
2 gallons de mil.
2ème mélange : Trèfle rouge commun... 3 à 414 Ibs Trèfle alsike.........., + Ÿ Te Grand trèfle rouge... 1 à 114 Miss isnnenns OR 0 4
3ème mélange : Dactyle pelotonné..…........ 8 J]bs Été OUR: sséesrsversocses FO Trétie alsikes.ssscssscssscss 4 * Frêne DAME is sscsscssosss
Le sol doit être bien ameubli, bien pulvérisé et nettoyé. Ces mélanges, bien que se semant ordinairement avec du grain (blé, orge ou avoine), peuvent cependant se semer sans grain.
Lorsque la grosseur et le poids des diverses semences d’un mélange sont différents, il ne faut pas semer le tout ensemble, On commence par le grain que l’on herse fortement, puis on sème les graines les plus lourdes du mélange que l'on herse légèrement avec une herse de broussailles ou une herse légère, et enfin on sème les graines les moins lourdes ; pour terminer, on peut rouler. Les prairies peuvent donnor de 14 à 2} et même 3 tonnes de foin à l’arpent.
Après avoir récolté du foin dans ces prairies pendant 3 et 4 ans, on les fera généralement pâturer pendant 1, 2 ou 3 ans suivant leur état.
Trèfle.—Le trèfle est une plante bis-annuelle, par conséquent dès la troisième année il cédera la place aux autres plantes du mélange. On peut faire des prairies composées exclusivement de trèfle que l'on coupera soit pour foin, soit comme fourrage vert, soit pour être ensilé. Le trèfle, pris en prrticulier, demande un sous-sol profond et bien drainé. Il peut donner, dans cette province, deux récoltes par an. Son rendement varie de 14 à 2Let 3 tonnes à l’arpent de foin sec. Comme fourrage vert, il peut donner de 7 à 15 tonnes à l’arpent. C’est la récolte améliorante par excellence, comme nous l’avons déjà expliqué précédemment, et on nesaurait trop la recommander.
Des variétés que nous avons citées dans les mélanges précédents, seul le trèfle blanc est vivace ; on l’ajoute dans ces mélanges parce que, lorsque les prairies seront mises en pâture, plus tard, il fournira aux vaches une herbe excellente. Te foin de trèfle est l’un des foins les plus riches.
Mil.—Le mil est suffisamment connu dans la province pour que nous n'insistions pas sur lui. Cependant, nous devons faire remarquer qu'il convient moins aux vaches laitières que le trèfle, que sôn rendement à l'arpent est moins élevé (1 à 2 tonnes) et enfin que sa valeur nutritive n'est pas aussi forte. Au point de vue de l’industrie laitière, il est préférable de le semer en même temps que le trèfle et d’autres graminées. En mélange, il formera un excellent foin pour les vaches laitières ; donné seul, il ne convient qu'aux chevaux.
Dactyle pelotonné.—Croît partout dans notre province et s’accommode de toutes espèces de sols secs ou humides, pourvu qu'ils ne soient pas trempés; c’est un bon terrain sablo-argileux qui lui convient le mieux. Il résiste bien à la sécheresse ; il vient bien à l'ombre. Son rendement est élevé, surtout si on le fait paitre souvent, car il repousse vite. Si on le sème en même temps que le trèfle rouge, il mürit en même temps, mais semé en
même temps que le mil, il est déjà dur quand le mil fleurit. C'est une plante vivace par excellence, qui convient admirablement aux pâturages permanents dont nous allons parler. Lorsqu'on le sème seul, il faut employer 25 Ibs ou 3 minots de semence à l'arpent.
Prairies et pâturages permanents.—Il existe et on peut créer des prairies et des pâturages qui restent un grand nombre d'années sur le même sol et qu’on appelle, pour ceite raison, prairies ou pâturages permanents. Ces prairies ou pâtrrages sont en général plusfacilement détériorées que ies prairies et pâturages temporaires par les séchcresses excessives de l'été ct les fortes gelées de l’hiver, dont l'action finit souvent par les ruiner complètement. On ne saurait les conseiller d’une façon générale dans cette province. On en connait cependant de bons exemples.
Ils réussissent mal sur les terrains secs, sablonneux, et sur ceux qui sont trop compacts ; ils préfèrent les terrains bas, bien drainés et la bonne terre franche riche en humus.
Lorsqu'on créée un pâturage permanent, le terrain doit être bien labouré, bien fumé, bien ameubli et surtout bien pulvérisé,
On emploie des mélanges de graines analogues à ceux qui conviennent aux prairies temporaires et on les sème de la même manière.
Voici l'exemple d’un excellent mélange indiqué par Monsieur J. C. Chapais dans un article des mieux compris sur la création des prairies et pâturages permanents, publié dans le journal d’agriculture du 15 décembre 1896.
Dactyle pelotonné (Orchard ŒTASB) ss se coocsseso sovossoe 4 1DS Fétuque des prés... TT 5 Paturin commun............, 4 Paturin des prés... 4 Fléole des prés (mil)... 4 Trèfle alsike....…. cross er. 2 Trèfle blanc... sos os «soso 1 Trèfle rouge (Grand)... 4 Vulpin des prés... … 4
Voici un autre mélange assez connu :
Dactyle pelotonné.........… 8 1bs Trèfle rouge. secs o seosses 10. * Trèfle alsike........, + seoooosos 4 “ Trèfle blanc... 5 E9
Les prairies permanentes ne rentrent pas dans les assolements. Dans le cas où on a une terre trop étendue, on pourrait en mettre certaines parties en prairies permanentes, ce qui apporterait un bon appoint de foin ou de pâturages à la ferme.
Foin.—Il faut couper le trèfle quand il est en fleur, et le mil et les autres graminées quand elles commencent à fleurir. Le dacty'e pelotonné, en particulier, doit se couper quand l’épillet commence à se montrer. Jamais plus tard. Quand les herbages se composent de différentes espèces de plantes, il faut choisir le moment de la fenaison qui convient le mieux aux plantes les plus importantes du mé- Jange.
Pour faire un foin de première classe il ne faut pas l’exposer aux actions réitérées du soleil de la pluic et de la rosée. On coupe l'herbe, on la laisse sécher un peu au soleil, puis on la met de suite en veillottes, où on la laisse fermenter et se faire avant de la rentrer. Cette fermentation améliore la qualité du foin. La pluie dissout et lave une partie des éléments nutritifs solubles du foin, diminuant ainsi sa qualité, aussi faut-il éviter son action avec le plus grand soin.
Il y a un procédé rapide pour faire le foin, qui ne doit cependant pas s'appliquer au trèfle. Il consiste à faner l’herbe en la retournant plusieurs fois au soleil, à râteler le foin puis à le rentrer de suite dans la grange. Une bonne brise et un peu de soleil sont ce qu'il y a de mieux pour cela. Cette méthode, tout en étant rapide, est économique. Si le
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foin est encore un peu humide lorsqu'on le rentre, on pourra prévenir la fermentation en tas ainsi que la moisissure, en le salant.
Fourrages verts.—Les fourrages verts sont les récoltes que l’on cultive dans des pièces de terre spéciales, pour être coupées et servies en vert aux vaches, soit à l’étable, soit dans la cour de la ferme, soit dans un pare, soit enfin au pâturage. [Lorsque les vaches restent à l’étable ou dans un parc, les fourrages verts constituent presqu’entièrement leur nourriture en été ; mais lorsqu'elles vont au pâtur. ze, ils ne sont donnés que pour compléter ceux-ci lorsque l'herbe y devient rare ou dure.
Les fourrages verts économisent du terrain”: une récolte d’un arpent de fourrages verts fournit autant de nourriture aux vaches que trois à cinq arpents de pâturages.
Ils économisent de la nourriture parce que les animaux les consomment entièrement, tandis que, dans le cas des pâturages, une partie de l’herbe est piétinée par eux et salie par leurs déjections.
Dans les endroits où le sol est en parfait état de culture et a une valeur élevée, surtout si la maind'œuvre est à bon marché, il vaut mieux supprimer les pâturages, tenir les vaches à l’étable ou dans un
parc tout l'été, et les y nourrir avec des fourrages verts; mais lorsque le prix de la terre est bas, que le sol est moyennement riche, il vaut mieux conserver plusieurs arpents le pâturages que l’on complète par des fourrages verts cultivés sur d’autres parties de la ferme. C’est le cas général de la province. Moins le terrain a de valeur, plus il est avanta geux, en général, de donner de l'extension aux pâturages.
Les fourrages verts s'imposent si on veut maintenir la production du lait pendant l'été, à cause du rendement relativement faible des pâturages dans ce pays.
Les principales récoltes que l’on peut couper en vert pour les vaches sont le trèfle, les mélanges de mil et de trèfle, le dactyle pelotonné avec d’autres graminées, des mélanges en diverses proportions de pois, d'avoine ou de seigle et de lentilles, le blé d'Inde, le millet.
Nous avons déjà parlé du trèfle et du mélange de mil et de trèfle ainsi que du dactyle pelotonné, et nous n’y reviendrons pas ici. Lorsqu'on sème un mélange de pois, de lentilles ou de vesces et d’avoine, il faut compter 1? minot d'avoine ou de
seigle, ? minot de pois et ? minot de lentilles ou de vesces par arpent.
Lorsqu'on sème un mélange de pois et d'avoine ou de seigle, on compte 24 minots de puis et 1 minot d'avoine ou le seigle.
Les mélanges se sèment aussitôt que possible au printemps, sur labour d'automne.
Ce sont les labours de terres franches, profondes, qui conviennent le mieux à ces récoltes. Herser avec soin avant et après avoir semé. La semence doit être enterrée à 24 où 3 pouces de profondeur. Il faut rouler la pièce une fois la semence en terre et faucher au moment de la floraison. Certains praticiens recommandent d'attendre jusqu'au moment où les graines sont formées et laiteuses. Comme les graines ne restent pas longtemps laiteuses il faut commencer à couper aussitôt que les fleurs sont bien développées.
En semer des pièces de 8 en $ jours ou de 15 en 15 jours pour en avoir jusqu'au moment où le blé d'Inde peut se couper en vert.
On peut encore recommander un mélange d'avoine hâtive, de seigle et de lentilles que l’on eènmera de 8 en 8 jours, à raison de 1 de minot de chaque et que l’on pourra commencer à couper à la fin de juin.
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Il faut couper ces fourrages le matin, les laisser fermenter en tas 5 ou 6 heures avant de les donner. Les fourrages verts, servis sans cette précaution, peuvent météoriser les animaux.
Ces récoltes ont un rendement de 6 à 15 tonnes en vert à l'arpent. Si les vaches étaient exclusivement nourries de fourrages verts à l'étable pendant l'été, il faudrait en compter de 100 à 125 Ibs par tête; mais lorsqu'elles sont en pâture, il faut nécessairement en compter beaucoup moins de 1 arpent à 2 arpents de fourrages verts par 10 vaches pour la saison d'été, suivant la nature de ces fourrages.
Millet.—Il réussit bien sur la terre franche, riche, sèche et bien ameublie. C’est une plante riche, à croissance rapide, qui porte beaucoup de feuilles et est très nutritive. On peut en semer de mai jusqu’en juillet. Le couper quand il commence à fleurir.
Blé d’Inde.—Le blé d'Inde peut se donner en vert. On peut conmencer à le couper pour fourrage vert à partir du milieu d'août ; il pourra former la nourriture en vert des animaux jusqu’au inoment où les vaches seront mises aux rations d'hiver. Si on fait une première coupe à environ un pied du sol,
c'est-à-dire au-dessus du premiernœæud, le blé d'Inde continuera à pousser et donnera une seconde coupe que l’on pourra ensiler. Nous en verrons la culture à propos de l’ensilage.
Choux.—Comme fourrages verts on peut encore compter les choux. Bien qu'ils ne soient encore que très peu cultivés pour ies animaux dans cette province, ils pourraient cependant y bien réussir dans certains districts et y être employés avantageusement pour les vaches. Il y en a de nombreuses espèces, depuis les choux pommés jusqu'aux choux branchus et aux choux moelliers. Les choux réussissent en général très bien sur les terres riches. Ils se sèment ‘n pépinière avant d’être transplantés ; on a donc tout le loisir de préparer le sol qui doit les recevoir, puis de les repiquer lorsque toutes les autres récoltes sont semées. Ils se cultivent sur la sole des plantes sarclées comme les autres.
Choux pommés.—Pour en avoir des plants, on choisit un sol riche et plutôt léger, non loin du champ où ils seront transplantés; on le laboure l'automne en le fumant avec une forte dose de fumier bien fait; au printemps, quand la neige sera fondue et que le sol sera bon à être travaillé, herser vigoureusement et semer les choux en rangs espacés
de neuf pouces. Les choux de Savoie réussissent très bien dans ce pays. Pour avoir des plants pour un arpent on emploiera & à ? de livre de semence.
Pour transplanter, on commence par arroser la pépinière où se trouvent les plants, une heure avant de les arracher, et si, précédemment, les plants ont été bien houés, ils s’arracheront facilement, la terre restant après les racines. On les tirera avec soin, sans secouer la terre. On creusera dans le champ qui doit les recevoir des trous plutôt larges que profonds. La terre pour transplanter devra avoir été bien fumée en billons après avoir été travaillée au cultivateur, puis hersée et roulée. Le roulage est important.
Il faut au planteur un aïde pour lui tendre les plants. Le planteur creuse les trous, y place le plant et serre fortement la terre avec les mains ; puis, lorsqu'il à planté un rang ou une partie d’un rang, il tasse la terre avec les pieds de chaque côté des plants ; du tassage dépend le succès. 100 Ibs de nitrate de soude à l'arpent, semées autour des plants donneront un résultat avantageux.
On repique en juin. En terre forte, il vaut mieux repiquer par un temps chaud et sec, pour que la terre ne se prenne pas en motte autour des racines lorsqu'on presse. Inutile d’arroser après avoir re-
piqué si on a bien tassé le sol autour des plants. Une fois les choux repiqués, il faut les travailler à Ja houe comme les autres plantes sarclées. Les rangs doivent être espacés de 24 pouces et les choux de 12 pouces dans les rungs. Cela donne 18000 pieds à l'arpent. Chaque chou peut peser de 4 à 8 ou 10 1bs. Un champ bien préparé peut donc donner de 30 à 60 tonnes à l’arpent. Un demi acre en produit assez pour en fournir 30 1bs par jour à 10 vaches pendant 3 mois à 3 mois et demi.
Pour conserver les choux on étend sur le sol une couche de paille, puis on y place les choux côte à côte, les racines, que l’on a le soin de ne pas couper, en l'air. On place ainsi six rangs de choux, puis on les recouvre d'un peu de paille ou de feuilles, et de terre, puis on apporte quelques broussailles pour arrêter la neige sur les choux. Les choux se conserveront parfaitemert ainsi jusqu'au printemps. On peut parfois conserver les choux en cave.
Pour les choux moelliers, semer en pépinière, dans le courant de mai, sur une terre grasse et bien préparée, ratisser et couvrir de cendres. La quantité de semence à employer est la même que pour les choux pommés.
Repiquer vers le 20 juin, comme pour les choux pommés, en espaçant un peu plus; biner deux fois ;
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arracher les mauvaises herbes; renchausser lorsqu'ils ont bien pris racine,
Faire une première coupe de feuilles, pour les vaches, à la base des pieds, vers le ler septembre, (4 feuilles à chaque chou), puis une seconde coupe plus tard. Couper les choux à la fin d'octobre Les conserver en tas à l'abri de la gelée, pour les vaches.
Ensilage.— Les fourrages ensilés ne sont pas tout-à-fait aussi riches que verts. Pendant la fermentation qui a lieu dans le silo, il y a une perte d’albuminoïdes et d’hydrates de carbone. Cette porte varie avec la nature et la condition des fourrages ensilés et la chaleur de la fermentation en silo.
Pour la production du lait, l’ensilage doit être doux, aussi parfumé que le foin de trèfle. Comme le lait absorbe facilement les mauvaises odeurs, l’ensilage sur, dont l'odeur désagréable s’y r:trouve souvent, ne doit jamais être employé pour sa production. Toutes les mesures doivent être prises pour que son odeur ne pénètre pas dans les étables, soit en en éloignant le silo, soit en ayant une forte cheminée d’aérage dans le voisinage de ce dernier.
La valeur nutritive de l’ensilage dépend de la qualité des fourrages qui le composent.
L’ensilage est un moyen économique de conserver les fourrages verts et, malgré la perte de matières nutritives dont nous avons parlé plus haut, il est encore un des moyens les plus avantageux de procurer aux vaches, pendant l'hiver, une alimentation agréable, succulente, supérieure à celle que precurent les fourrages secs d’égale qualité; sans doute à cause de la combinaison naturelle avec l’eau des constituants solides des plantes ensilées. Malheureusement, il surit facilement et l'odeur qu’il émet alors est fort nuisible au lait. C'est là son principal inconvénient.
On peut ensiler toutes sortes de fourrages verts: les herbes de prairies, les mélanges divers de pois, d'avoine, et de lentilles, et de fèves, le millet le trèfle ; etc. ; mais la récolte la plus économique pour être ensilée est celle de blé d'Inde, sans doute à cause du fort rendement à l’arpent de cette plante. L’ensilage de trèfle ou d’autres fourrages plus riches que le blé d'Inde est aussi plus riche.
Blé d’Inde d’ensilage.—Pour l’ensilage plusieurs variétés peuvent être recommandées. Ce sont des variétés de blé d'Inde sucré qu'il fart choisir. Les principales sont le Mammouth sucré ronge, le Prolifique géant, le Blé d'Inde sucré à ensilage, le
Blé d'Inde d’ensilage à rafles rouges, le Mammouth sucré à ensilage, etc.
Choisissez une bonne pièce de terre, autant que possible à sous-sol perméable. Toute terre portant bien les racines conviendra parfaitement au bléd'Inde. Il se cultive sur la sole des plantes sarclées. Le terrain doit avoir été engraissé et labouré l’automne. Ne pas craindre de mettre une forte fumumure, Au printemps, passez le cultivateur, hersez, roulez, tracez les sillons à la charrue double ou simple, si vous n’en avez pas d'autre. Les rayons doivent être tracés à 34 pieds d’écartement pour les grandes espèces et à 24 pieds pour les petites espèces. Semez un quart de minot à l’arpent, en mettant dans les rangs de 3 à 5 graines environ au pied courant ; recouvrez à 4 pouces de profondeur, à ia charrue double ou par un hersage en travers et rou-
‘lez. Vous pouvez employer avec avantage pour cela le semoir à maïs ; il y en a de très bons maintenant dans le commerce. Quelques jours après, selon la rapidité de la végétation, hersez avec une herse à dents couchées (smoothing harrow) ou à dents grosses et courtes. Hersez en long et en large jusqu'à ce que le blé-d’'Inde ait atteint 6 pouces environ ; après cela faites usage de la houe à cheval et tenez la récolte nette jusqu’à ce qu’elle ombrage le sol.
Pour l’ensilage, de bons praticiens recommandent de récolter le blé-d'Inde lorsque le grain se lustre ; pour les variétés à dents, ils recommandent d’attendre qu'il soit bien denté ; d’autres praticiens conseillent de couper plus tôt. S'il est bien mûr et pas trop couvert d'humidité, on peut le rentrer de suite ; sinon il est préférable de le laisser en bottes pendant quelque temps sur le champ. Il vant mieux ne pas e rentrer couvert de l’humidité de la pluie ou de la rosée.
Le couper en morceaux de 4 pouce avant de l’ensiler ; le bien tasser dans le silo pour en exclure l'air, surtout dans les coins et le long des murs.
La chose la plus importante à atteindre pour réussir l’ensilage est l'exclusion de l'air, et toutes les précautions doivent être prises pour cela. Quand l'air pénètre, il y a danger de fermentation trop forte ou de moisissure, l’ensilage sûrit.
Une tonne d’ensilage de blé-d’'Inde occupe 50 pieds cubes. Un silo de 18 x 20 et de 1$ de haut peut en contenir 100 tonnes. Lorsque l’ensilage s'y sera tassé, il n’occupera plus ‘ue 14 pieds de haut environ. Une ferme de 100 arpents devrait avoir un silo d'au moins cette capacité. On peut compter sur au moins 12 tonnes d’ensilage de blé
blé-d’'Inde par arpent. Deux tonnes d’ensilage de blé-d'Inde, au point de vue de la production du lait, vaut autant qu'une tonne de foin ordinaire. Une tonne d'ensilage de blé-d’Inde peut coûter au cultivateur, de $1.25 à 82.50 y compris toute la maind'œuvre.
Racines.—Les racines, comme nous l’avons vu, jouent un grand rôle dans l'amélioration économique du sol, et la culture ne doit pas en être omise sous prétexte qu’elles demandent beaucoup de maind'œuvre. C'est justement le travail énergique du sol qu’elles exigent qui est pour le cultivateur une des principales sources de progrès Si la culture du blé-d’Inde demande un peu moins de main-d’œuvre, en revanche les racines fournissent une alimentation nlus riche, comme nous le verrons. De plus, c'est une bonne chose de pouvoir varier les récoltes, car si les unes ne réussissent pas, pour une raison ou pour une autre, les autres peuvent parfaitement réussir, et on n'est pas exposé à une perte totale certa..es années. De plus, des cultures variées donnent plus d’aise au cultivateur pour les différents travaux qui, ainsi, ne tombent pas tous à la fois ; enfin, c'est une bonne chose d'avoir pour l'hiver des aliments variés qui &eviennent bons à être consommés les ans après les autres: les navets, par exemple, ne sont bons
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qu'au commencement de l'hiver et les betteraves à la fin. La culture des racines s'impose donc.
Le rendement moyen des racines, dans la province, de Québec, pour des terres en bon état, varie de 15 à 25 tonnes à l’arpent. On a vu dans certains pays des bettsraves donnant jusqu’à 60 tonnes à l'arpent. C’est là, il est vrai, un rendement extraordinaire, mais il montre combien le rendement des racines est élastique et jusqu’à quel point l’habileté de celui qui les cultive convenablement peut être récompensée.
Les principales espèces de racines à cultiver sont : les betteraves ; les navets (turnips) ; les choua de Siam, appelés en France rutabagas et en Angleterre swedes ; les eurottes; les panais. On doit y ajouter les pommes de terre, bien qu’elles ne soient que des tubercules, parce que leur culture se fait d’une façon analogue. Pour toutes ces plantes sarclées, le sol se prépare à peu près de la même manière : labour et fumure d'automne, culture. hersage et semailles au printemps, binages et hersages dans le cours de l'été. Elles se cultivent tôutes sur la même sole appelée sole des plantes sarclées.
Nous avons déjà vu le rôle important qu'elles jouent dans l'amélioration du sol et sa préparation pour les autres récoltes, et on peut dire de plus que,
comme le blé-d'Inde, elles sont le meilleur moyen de diminuer le prix de revient du lait à cause de leur fort rendement à l’arpent. Les règles suivantes sur la culture des racines fourragères doivent être modifiées suivant les circonstances.
Betteraves fourragères. —Les betteraves fourragères sont les plus importantes des racines fourragères pour la nourriture des vaches laitières. Presque tous les sols, excepté les sols trop légers, et ceux qui sont trop compacts, leur conviennent. Les sols de texture moyenne, riches et bien drainés, sont ceux qui leur conviennent le mieux.
Aussitôt la récolte de grain qui précède enlevée procéder à un premier déchaumage pour détruire toutes les mauvaises herbes, herser quelques jours après pour faire germer les mauvaises graines qui ont pu se ressemer pendant la moisson. Conduire à peu près 15 à 20 charges à l’arpent de fumier suffisamment pourri pour qu'il n’y reste pas de mauvaises graines vivantes; l'enterrer en donnant un fort labour à l'automne ; on prépare en même temps les billons si on a affaire à un sol lourd, ce qui qui permet de gagner, dans ce cas, du temps pour le printemps. En sol moyen ou léger, c’est au printemps, immédiatement avant les semailles, qu'il faut préparer les billons ; maïs après avoir bien ameubli
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le sol, soit par un labour en travers, soit au moyen du scarificateur; et après avoir passé la herse et, suivant le cas, le rouleau. L'une des conditions de réussite est que le sol soit bien ameubli et pulvérisé.
Les billons doivent avoir au moins 24 pouces de large, on les roule et on place la semence à leur sommet. Il faut au moins 6 1bs de graine à l’arpent. La semence germe plus vite et plus sûrement si on la fait tremper auparavant 18 à 24 heures dans de l’eau et si on la sèche dans des cendres lavées et séchées ou dans du sable. On peut encore semer les betteraves avec un semoir à drilles.
Aussitôt qu’elles sont bien levées, il faut les sarcler, soit à la main, soit avec un cultivateur à main: On passe ensuite la houe à cheval aussi souvent que possible. Aussitôt que la récolte est assez forte pour être démariée, on exécute le démariage, ne laissant qu’une plante tous les 10 à 12 pouces dans les rangs. Dix jours plus tard on exécute un autre sarclage, puis on passe la houe à cheval entre les rangs tant que les feuilles ne les couvrent pas complètement, et on n’a plu qu’à attendre la récolte.
On récolte les betteraves avant les gelées. On en arrache les queues avec les mains. Si on les laisse quelques jours sur le champ, en tas que l'on recouvre avec leurs fouilles, elles ne fermentent pas à la cave
où elles s’améliorent généralement. Récolte moyenne 20 à 25 tonnes à l’arpent.
Navets. (Turnips) et Choux de Siam (Rutabagas ou Swedes.)—La bonne terre franche, plutôt un peu légère, pas trop riche en humas, bien drainée, qui se travaille et se pulvérise bien est ce qui leur convient le mieux.
Le travail du sol à l’autoinne, pour ces racines, se fait de la même manière que pour les betteraves. Au printemps, il faut donner un labour en travers ; on travaille le sol au cultivateur avant de tracer les sillons. On ne les sème pas d'aussi bonne heure que les betteraves à cause des mouches. En les semant du 10 au 15 juin, ils seront rapidement à l'abri des attaques de ces mouches parce que leur croissance est rapide. On emploie pour tracer les sillons une charrue spéciale. Les rangs doivent être distants de 28 à 40 pouces. Semer de 3 à 6 Ibs à l’arpent. Dix jours après les semailles, commencer à passer entre les rangs une charrue sous-soleuse et la houe. L’éclaircissement peut se faire presqu’entièrement à la houe. Un homine habile peut éclaicir un quart d’arpent par jour. Il faut laisser 12 à 15 pouces entre les plants dans les rangs. Bien détruire les mauvaises herbes. Les navets s’arrachent à la main ou à la houe. On en coupe les queues. Il faut,
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en les emmagasinant à la cave, prendre la précaution de les rentrer bien secs et sans terre. La cave doit être bien ventilée. Récolte moyenne: navets 17 tonnes à l’arpent, choux de Siam 14 tonnes à l’arpent.
Carottes.—l.e sol qui convient le mieux aux carottes est une terre franche, légère et profonde. Les variétés à racines courtes viennent bien aussi sur des sols moins profonds et plus lourds.
Le sol se prépare comme pour les navets et les choux de Siam. Il doit être travaillé plus profondément. Les autres travaux se font aussi d'une manière semblable.
Elles germent lentement et il convient de les semer de bonne heure en général. Les rangs doivent en être espacés de 18 à 24 pouces. Il faut compter de 3 à 6 1bs de semence à l’arpent. On les éclaircit dans les rangs à une distance de 5 à 7 pouces. On les arrache à la main. Pour faciliter l’arrachage, on peut passer la charrue entre les rangs.
Certains praticiens recommandent de ne pas les semer trop tôt et prétendent que les travaux de culture seront beaucoup moindres et la récolte probablement aussi forte en ne les semant que le premier juin. Une récolte de carottes semée à cette date
peut en rattraper une autre semée environ un mois plus tôt. Rendement 12 à 20 tonnes à l’arpent.
Panais.—Les panais se cultivent comme les carottes, produisent bien et donnent environ 12 tonnes à l'arpent.
Pommes de terre.—Pour la culture en grand, il faut préférer les variétés hâtives que l'on peut arracher de bonne heure en automne et qui, pour cette raison, sont moins sujettes à pourrir. Ne pas cultiver trop longtemps la même variété sur le même terrain. On cultive les pommes de terre sur la sole des plantes sarclées. Elles réussissent bien sur presque tous les sols que l'on peut ameublir convenable. ment. Ce sont les sols naturellement riches, profonds, secs et poreux qui leur conviennent le mieux. Un sous-sol perméable leur est très favorable.
Le terrain doit être préparé dès l'automne par un déchaumage et un bon labour. Employer 12 à 15 tonnes de fumier à l’arpent. On trace les sillons à la charrue à une profondeur de 4 ou 5 pouces et distants de 2} à trois pieds. On plante la semence avec des intervalles d'environ un pied dans les rangs et on la recouvre soit à la charrue soit à la houe. Deux jours avant son emploi, il est bon de la souspoudrer avec de la chaux éteinte ; après ce traitement elle lève plus vite.
Avant que les plantes ne sortent de terre, il est bon de herser fortement le sol avec une herse à courtes dents pour entraver le développement des mauvaises herbes et hâter la croissance des plantes. Une fois que les plantes sont levées, il faut passer la houe à cheval entre les rangs une ou deux fois dans le courant de l'été. On renchausse avec la charrue. Dans un bon terrain, bien sec et bien meuble, on peut se dispenser du renchaussage en enterrant la semence un peu plus profondément,
Contre la “mouche à patates ” on se sert du vert de Paris que l’on emploie, soit en poudre, dans un mélange de 1 Ib de vert et 100 Ibs de plâtre, soit sous forme liquide, en mélangeant une grande cuillerée de vert par trois gallons d'eau et répandant ce mélange au moyen d'un pulvérisateur ou d’un tonneau sur roue muni d’une pompe foulante et de deux ou plusieurs becs spéciaux. On peut en faire deux ou trois applications dans le courant de l’été suivant la quantité des mouches.
Contre la pourriture et l’échaudage, on empioie la bouillie bordelaise qui est un mélange de 4 1bs de chaux vive éteinte, 4 1bs de vitriol bleu en poudre, dans 30 gallons d’eau. On en fait deux applications, la première quand les plantes ont six pouces de haut et la seconde quinze jours plus tard. Si le
temps est humide il faut en faire d’autres applica- {ions à l'automne.
On arrache les pommes de terre, soit à la charrue, soit avec un arrache-pommes de terre. Il faut les rentrer à la cave bien sèches, sans les exposer directement aux rayons du soleil. La cave doit être obscure, sèche et sa température ne doit pas s'élever au-dessus de 459 ni descendre en dessous de 32.
On peut compter, si le sol est favorable et la culture bien faite, sur une récolte de 200 à 400 minots à l'arpent.
Grains.—Les grains jouent un rôle important dans la production du lait et l’utilisation des résidus de la laiterie par les pores. Toute terre cultivée en vue de l'industrie laitière doit done comprendre un certain nombre d’arpents de grains Les grains sont à si bon marché dans le commerce, qu'on pourrait, il est vrai, cultiver des fourrages en quantité et acheter, avec le surplus que l’on en pourrait avoir, les grains nécessaires. Mais comme cette opération n'est pas toujours facile dans les pays éloignés des villes, et comme le transport des fourrages au marché est souvent coûteux, il est en général plus avantageux de les récolter soi-même, si le sol est bon et en bon état de culture.
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Les principaux grains employés à la production du lait, sont le blé, l'orge, l’avoine, le blé-d’Inde, les pois, les fèves, la graine de lin.
Le blé, l'orge et la graine de lin se cultivent ordinairement à la suite des plantes sarclées ; l'avoine se cultive avantageusement sur un relevé de prairie ; le blé-d’Inde est à sa place sur la sole des plantes sarclées ainsi que des fèves qui réussissent dans certaines parties de la province et doivent être recommandées quand la culture en est possible. Les pois, pour grain, se placent de préférence à la suite de l’avoine et souvent sur un relevé de prairie et sur la sole qui précède celle des plantes sarclées.
La culture des principales céréales, blé, orge, avoine ainsi que celle des pois et du blé-d’'Inde pour grain est généralement bien connue des cultivateurs. Cet ouvrage étant avant tout un traité d'industrie laitière, ne peut entrer dans le détail de ces cultures pour lesquelles le cultivateur devra, en cas de besoin, consulter un traité d'agriculture générale. Il n'est cependant pas inutile ici de parler brièvement des cultures moins connues du lin et des fèves.
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Lin.—Le lin se cultive, soit pour la graine, soit pour la fibre. C'est la graine qui intéresse l'industrie laitière. Lorsqu'on le cultive pour la graine, on doit semer plus clair que si l'on a en vue la production de la fibre. De bons praticiens prétendent, quoique ce ne soit pas là l'avis général, qu'il est possible, lorsque le sol est bon et bien préparé, d'obtenir à la fois une bonne récolte de fibres et de graines. ,
Le Jin réussit bien sur tous les sols qui produisent de bonnes récoltes de céréales ; certains sols qui ne conviennent pas aux céréales peuvent quelquefois donner une abondante récolte de lin. Le lin aime bien les sols profonds, fertiles et la terre franche bien meuble. Ilne réussit pas dans les terrains humides et non aérés.
Cette récolte demande du fumier bien fait. Le lit de semence doit être bien pulvérisé et bien homogène pour qu'il soit possible d’y répartir la semence bien uniformément, condition principale du succès. Si la surface du sol est irrégulière, la chose est impossible. Si le sol est pris en mottes, il faut passer le rouleau. Si le sol est déjà bien émietté, on emploiera une herse légère à dents courtes et rapprochées. Il faudra choisir la meilleure semence qui est toujours la plus grosse et la plus brillante.