‹ Nouveau manuel complet d'industrie laitière pour la province de Québec [microforme]Chapitre 25 sur 79 · SL · texte numérisé non relu

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cendres des aliments essayés est restée comprise entre 10 et 90 °7, ; celle de la protéine entre 10 et 90 °7, ; celle des fibres entre 25 et 100 ?7, ; celle des hydrates de carbone entre 50 et 100 °7, et celle des graisses entre 50 et 100 ©.

La digestibilité des aliments est très variable suivant les aliments considérés, et l'association de ces aliments dans les rations ; c’est ce qui fait justement que la composition des rations est une chose si importante et si difficile. Dans certaines rations bien combinées, la digestibilité d’un fourrage pourra être considérable, tandis qu’elle sera faible si ce four. age est associé à d’autres aliments mal choisis.

On admet généralement que les fibres et les aliments fibreux sont les inoïns digestibles, tandis que ceux qui contiennent beaucoup d'hydrates de carbone (sucres, amidon )sont très digestibles. Les fibres sont mieux digérées quand la quantité d’hydrate de carbone est faible dans un aliment ou une ration que si elle est forte. Les albuminoïdes et les graisses sont moyennement digestilles dans les aliments usuels. (C’est dans les racines que les différents composant des aliments sont le plus digestibles, et dans les pailles qu’ils le sont le moins en général.

Les chiffres du tableau précédent sont intéressants au point de vue théorique et donnent une

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idée générale approximative de la proportion de la matière sèche des aliments qui peut être digérée.

Pour le calcul de la digestibilité, on ne tient pas compte de l’eau de ces aliments, parce que l’eau peut être considérée d’nne façon générale comme étant toujours totalement digérée. Cependant on remarquera que les aliments les plus aqueux, comme les racines, ont une digestibilité plus forte que les aliments secs.

Pour utiliser le mieux possible les récoltes produites sur une ferme il faut donc s'arranger pour qu'elles soient aussi bien digérées que possible par

les vaches et les autres animaux qui les consomment.

Or l'expérience a démontré que pour atteindre ce bui, et pour les vaches laitières en particulier, il fallait que le poids des albuminoïdes susceptibles d’être digérés, dans une ration déterminée, et la somme de ceux des hydrates de carbonne et des graisses digestibles ; de la même ration, soient dans un certain rapport pouvant varier entre Eet1. Ce rapport estce qu'on appelle la relation nutritive de cette ration. Cette relation nutritive de + à ! est à peu près celle du bon foin (matière en partie sèche de l'herbe) et, si le sol pouvait produire économique-

ment de l’herbe et du bon foin, à haut rendement pendant de longues années sans s’épuiser et sans se salir de mauvaises herbes, la nourriture la plus naturelle des vaches, serait l'herbe ou le bon foin ; mais pour l'entretien de la richesse du sol, aussi bien que pour augmenter la sécurité et le rendement des récoltes et en diminuer le prix de revient on est obligé de les alterner et de les varier. C'est avec les fourrages divers, les racines fourragères, les grains provenant des cultures variées qu'il faut combiner les rations, de manière à ce que leur composition moyenne se rapproche de l'herbe ou du bon foin, si on ne tient pas compte de l’eau.

Quantité de nourriture nécessaire aux vaches.— Pour le calcul du poids de nourriture à donner aux vaches on ne tient pas compte de l’eau et on ne s’occupe que de la matière complètement sèche des aliments.

La théorie, de nombreuses expériences, ainsi que la pratique des meilleurs cultivateurs ont démontré que les vaches consomment en moyenne environ de 20 à 30 Ibs de matières sèches par 100 Ibs de poids vif, suivant la quantité de lait qu’elles donnent. C'est là une première base pour le calcul de la quantité de nourriture nécessaire aux vaches.

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Si nous prenons la moyenne des rations employées par 15 des meilleurs cultivateurs du Wisconsin, en 1881-92, nous trouvons que leurs vaches recevaient une ration journalière de 26 1bs de matières sèches par 1000 Ibs de poids vif dont :

Eléments azotés (albuminoïdes) . . 2.20 Ibs Hydrates de carbone (sans amidon) 13:55 “ Matières grasses . . . . . . . (076 “

soit un total de 16.51 Ibs

étaient digestibles sur les 26 Ibs. Avec cette ration ils ont obtenu cette année-là une moyenne de 5,792

1bs de lait par vache, et ce lait a donné 290 Ibs de de beurre par vache.

Ces chiffres s'accordent assez avec ceux qui sont indiqués par Kühn et Wolfe, deux savants allemands considérés comme des autorités en fait de science alimentaire pour les animaux. Nous pensons que les cultivateurs de cette province pourraient prendre ces chiffres comme base pour le pre-

mier calcul approché de la quantité de nourriture à donner à leurs vaches.

Calcul des rations.—-Etant almis tout ce qu'il vient d'être dit au sujet de la nature des aliments, de leur digestibilité, de la relation nutritive et de

la quantité de matière sèche à faire consommer chaque jour aux vaches, on peut arriver facilement à combiner le branes rations avec les récoltes de la ferme.

Pour cela, il faut se servir de tables de composition des fourrages et autres aliments, qui indiquent pour chacun d'eux les poids des différents éléments nutritifs qui les composent, ainsi que celui de leur matière sèche, et la digestibilité probable de ces aliments et de leurs éléments. On trouve de ces tables dans la plupart des traités d'agriculture et d’industrie laitière et ces tables sont accompagnées d’exemples de calculs de rations. Cependant, les cultivateurs auxque'< ce livre s'adresse n’ont pas toujours à leur disposit. :n de pareilles tables, ni le temps de les consulter, ni l'habitude de ce genre de calculs et le résultat des calculs que l’on peut faire avec le secours de ces tables n'est jamais qu'une première approximation, qu'une indication générale, qu’il faut ensuite modifier un peu en pratique. D'un autre côté, une foule de rations types ont été essayées et ont donné de bons résultats. C’est donc un bon moyen pour ces cultivateurs de simplifier les choses en prenant de suite, comme première approximation, des rations types qui sont”déjà sanctionnées par une pratique sérieuse, et de choisir celles qui peuvent le mieux convenir dans leur cas

particulier, puis de les modifier suivant les circonstances. C’est la méthode à conseiller de préférence

Voici quelques exemples de ces rations types :

1er exemple.—Avec beaucoup d'ensilage.

Ensilage sessossosssssss © 1bs lumes ÉGAUX . so. 10 1bs FoOiNisssss ssscsossss10 * | Tourteauxmoulus.... 2 “ Son et avoines par vo- |

2ème exemple.—Avec une moindre quantité d'ensilage et sans foin.

Blé-d'Inde ensilé ....30 Ibs| blé-d’Indeet d’avoi- Tiges de blé-d'Inde ne moulus ensemble hâchées..…...12 à 141bs] (74 en vol. de blé- Mélange, moitié en d'Inde et 73 en avolume de son de voine) avec quelblé et l’autre moitié ques pois dessus... 10 1bs d'un mélange de

3ème exemple.—kRations avec racines.

Racines fourragères Son de blé .. 6 Ibs (betteraves). .…...40o Ibs Farine de blé-d’Inde. 3 “ Foin de trèfle... 3 ‘

4ème exemple.—Rations sans aliments agueux.

Miss soso 10 1bs | Son de froment..... 6 1bs Fréfté,iéonires 0 D'IPTTANOMMO ces sssvees soc 078

sème exemple—Sans ensilage ni racines

TROUS reverse dD IDR SON rss oussescsogesces Ibs Tiges de blé-d’Inde PÉVOUE ne rsorerare vers COUPÉES essor 10 ‘* | Blé-d’Inde (grains)... 4.7

Oo Ibs

6ème exemple.

Ensilage de Blé-d’In- | Orge …....... .....134 Ibs

de. soosossoescosoees 40 Ibs | Moulée de pois... 114 Foin de trèfle... 7% ‘ |Son de blé... 3 “ Paille d'avoine... 3 ‘‘ | Moulée de coton.... 1 ‘* Avoine ous 0. «114 ue

On trouve de nombreux exemples de rations combinées dans les différents journaux et traités d'agriculture, et pour peu qu'il veuille se donner la peine de chercher, chaque cultivateur n'aura pas beaucoup de peine à trouver une ration qui convienne à ses vaches, étant donnés les aliments dont il dispose. Ces rations, comme on le voit, sont indiquées en poids d'aliments à l’état naturel, et non en poids de matière sèche de ces aliments.

Le poids total de chacune de ces rations est calculé pour 1000 Ibs de poids vif. Pour déterminer le poids de chacun des aliments à préparer pour les vaches il faut déterminer combien pèse le troupeau et multiplier chacun des poids indiqués dans la ration par le nombre de fois 1000 livres que pèse le troupeau.

Supposons qu'un troupeau de 10 vaches, pesant 700 Ibs chacune, soit nourri avec la ration indiquée au 3ème exemple. Le poids total des vaches étant

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de 7000 1bs il faudra peser ou mesurer chaque jour 7 x 40=280 Ibs de racines : 7 x 3=21 lbs de foin de trèfle ; 6 x 7—42 Ibs de son de blé et 3 x 7= 21 1bs de farine de blé d'Inde. On donne ensuite à chaque vache tout ce qu’elle peut manger de ce mmélange à chaque repas sans en laisser ; moitié de sa part, environ, le matin, et l’autre moitié le soir. Si le premier jour on s'aperçoit qu'on n'en a pas préparé tout à fait assez, ou un peu trop, le jour suivant on en préparera un peu plus ou un peu moins, de façon à ce que chaque vache en ait son compte sans en laisser.

Mais, comme nous l'avons vu ; la composition des différents fourrages varie beaucoup avec les terrains où ils ont poussé, la manière dont ils ont été récoltés, le degré de maturité auquel ils ont été fauchés. Les rations types calculées en se servant de tables donnant la composition moyenne des difs férents aliments qui y entrent, peuvent parfaitement ne pas donner les résultats qu'on était en droit d'attendre si la composition des fourrages dont on se sert s'écarte de la composition moyenne indiquée dans ces tables. Si, par exemple, on se sert de foin de trèfle mal fait, dont une bonne partie des feuilles sont restées sur le champ pendant la récolte, ou qni a subi l’action de la pluie et du

soleil pendant la fenaison, ou qui a été coupé trop vieux, ou qui a poussé dans un terrain trop pauvre, dans ce cas, il faut savoir modifier les rations ; et la chose est facile en se reportant à ce qui a été dit plus haut. Si on examine les rations précédentes, on reconnaîtra bien vite qu'elles se composent 1° d’une certaine quantité d'aliments normaux comme le foin ; 2° d'aliments aqueux, comme les racines, l’ensilage ; 3° d’aliments semi-concentrés ou concentrés, comme les wrains, les moulées, les tourteaux ; 4° d'aliments fibreux, comme les pailles, et que ces différentes rations ont été obtenues en substituant simplement aux aliments d’une catécorie d’autres aliments de la même catégorie, à pen près dans la même proportion. Dans un des paragraphes précédents, (pages 150 et 151) nous avons classé les différents aliments au point de vue de leur composition et nous renvoyons le lecteur ici à cette classification qui lui fera connaître quels sont les aliments que l’on peut, sans trop modifier les rations ou pour les modifier dans un sens ou dans l’autre, substituer les uns aux autres.

Les foins, par exemple, peuvent se substituer entre eux ; les racines, l’ensilage, l'herbe, les choux, les pommes de terre sont de la même catégorie.

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Le blé, l'orge, l’avoine, le blé-d'Inde et leurs moulées, le son de blé, peuvent se substituer les uns aux autres,

Les divers tourteaux oléagineux et les gerines de malt sont analogues.

Entre les céréales et les tourteaux, nous avons les pois et les fèves,

Les pailles ont des propriétés semblables.

Quand les animaux sont au pâturage, il faut compléter leur nourriture par des grains et des tourteaux, parce que l'herbe n'est pas toujours assez riche en albuminoïdes.

Quand un foin est très riche en fibres, on peut supprimer la paille ; au contraire, quand on n’emploie que peu de foin et beaucoup de graines, on peut en augmenter la quantité pour maintenir la quantité voulue de fibres dans la ration.

Quand on emploiera une grande quantité de racines contenant beaucoup d’hydrates de carbone, on pourra diminuer la quantité de grains qui en contiennent eux aussi beaucoup, et rattraper la quantité d'albuminoïdes qu'auraient apporté les grains supprimés, en employant une plus grande

quantité de tourteaux oléagineux ; puis pour introduire dans la ration des fibres nécessaires que ne peuvent apporter les racines, il faudra augmenter la quantité de paille.

Quand on emploie un foin riche en albuminoïdes, comme le bon foin de trètle, on peut diminuer la quantité d’aliments concentrés, comme les grains, les tourteaux.

Si, au lieu de racines, on emploie de l’ensilage de blé-d'Inde, qui contient beaucoup plus de fibres qu'elles, il faut diminuer ou même supprimer la paille.

Si, dans une ration adoptée, on s'aperçoit que le foin est pauvre et fibreux, on augmentera la quantité de grains ou de tourteaux et on diminuera celle de paille.

Pour augmenter la quantité d’eau dans une ration, il faut augmenter la proportion des aliments aqueux, En un mot, il faut toujours s'arranger pour que, dans la ration, les rapports des albuminoïdes, des graisses, des sucres et des fibres entre eux et par suite, la relation-nutritive, soient à peu près constante, cette dernière devant être dans le voisinage de ! comme nous l’avons déjà dit. Les tabieaux des pages précédentes peuvent beaucoup servir dans ces substitutions.

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