‹ Nouveau manuel complet d'industrie laitière pour la province de Québec [microforme]Chapitre 40 sur 79 · POUR CENT | D · texte numérisé non relu

POUR CENT | D

| GRAS SOLIDES EAU ! A, SN A fl , | | Premier lait.....….... 1.32 1183 88.17 | Egouts............... 9.63 19.18 80.82 ll Il montre que les égouts sont au moins sept | fois plus riches en gras et plus de deux fois { plus riches en solides que le premier lait tiré. Il Î fait ressortir l'importance d'opérer la traite à fond. Î Cette opération ne devrait pas, autant que possible,

il Le lait du soir est généralement plus riche que tp) celui du matin. Le nombre d'heures qui sépare les

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traites a une gran le influence sur la richesse du lait. Les faits porteraient à croire que la qualité ‘du lait dépend surtout de la nourriture donnée aux vaches cinq ou six heures avant la traite, Ainsi, quand les vaches reçoivent à l’étable une excellente nourriture de six heures du matin à huit heures du soir, le lait du soir est produit dans d'excellentes conditions, tandis que pendant la nuit, les vaches restant sans nourriture, la quantité fournie peut être plus considérable, à cause de la longue période de temps pendant laquelle la secrétion du lait n’est pas troublée, mais la qualité en est rarement aussi bonne.

La qualité du lait dépend aussi beaucoup de l’état ‘le santé, ainsi que de l’âge des vaches et du traitement qu'elles reçoivent. Avec l’âge, le laït a une tendance à devenir plus riche. Lorsque la santé de la vache s’altère d’une manière ou d’une autre, la qualité de son lait s’en ressent, ainsi que la quantité. Si les vaches sont brutalisées, énervées, le lait peut devenir impropre à tout usage et aussitôt que l'animal retrouve sa tranquillité le lait reprend ses qualités ordinaires. Un lait normal n’est fourni que par des vaches en bonne santé, bien nourries et bien traitées. Nous avons parlé de la variation et de la richesse du lait pendant la durée de la période de lactation, pages 128, 129, 130, 131

On trouvera de nombreux renseignements très intéressants sur la constitution du pis et la traite dans le Bulletin No 62, vol. VII, octobre 1896, publié par la ferme expérimentale de l'Université des Pursue, aux Etats-Unis, ainsi que dans le Dairymans Manual, de Henry Stuart, que nous avons déjà recommandé, page 200,

Etables.—La principale chose à assurer dans une étable c’est une bonne température moyenne de 60° environ, un air pur, exempt de mauvaises odeurs, une propreté scrupuleuse, la tranquilité des vaches et la commodité du service. Cette dernière chose est importante assurément et on lui donne déjà beaucoup d'attention dans la province, mais certainement les premières le sont beaucoup plus.

Température. —Pour pouvoir maintenir la température, la première chose est de construire de bons murs avec du papier entre les doubles de planches. Des murs construits grossièrement ne sont pas sufhsants pour maintenir la température pendant les temps froids de l'hiver; ou bien on est obligé de diminuer la hauteur de la salle, puis de resserrer les vaches, ce qui nuit à la pureté de l’air qui, dans ces étables resserrées, est facilement empesté, humide et malsain. On conseille d'employer pour les colombages des 2 x 6, de mettre à l’intérieur deux doubles

de planches, dont au moins un embouveté, séparés par du papier et de faire la même chose à l'extérieur. Les plafonds doivent être soignés pour éviter les pertes de chaleur et les poussières qui peuvent tomber du grenier. Plus une étable est bien construite, mieux on peut la ventiler sans en abaisser la température : c’est une chose importante à retenir dans cette province où les hivers sont longs et rigou- 1eUX.

Dimensions et disposition des étubles.—La hauteur des étables devrait être de 10 à 12 pieds. Le nombre de pieds cubes à donner à l’étable, par vache, dépend du nombre et de la quantité des ventilateurs. Il vaut mieux une grande étable qu'une petite parceque, si les ventilateurs ne fonctionnent pas régulièrement l’air y devient impur moins rapidement. On compte qu'il faut, par vache, environ 500 à 800 pieds cubes de chambre. Dans les pays où la température est moins froide l'hiver et où on construit les étables avec de bons murs en pierres ou en briques on va jusqu’à 1000 pieds cubes.

La surface de plancher par vache ne doit pas être moindre du dixième de l’espace cubique. Si la hauteur de l’étable est moins forte, il faut une surface de plancher relativement plus considérable.

Ainsi, une étable de 50° x 25”, par exemple, et de 10 pieds de haut donne un volume de 50° x 250 = 12500 pieds cubes. Si nous camptons 500 pieds cubes par vache, cet étable pourrait contenir 25 vaches. La surface du plancher étant de 50 x 25 = 1250 pieds carrés, chaque vache pourrait disposer de 1250 — 25 = 50 pieds carrés de plancher, c’est-à-dire du dixième du volume, et la règle serait observée.

On recommande généralement un passage de 4 pieds de large à la tête des vaches ; une crèche de 18 pouces de large ; des stalles de 5 à 54 pieds de profondeur et de 7 pieds de large pour deux vaches, soit 34 pieds par vache; un dallot pour le purin; derrière les vaches, de 15 à 18 pouces de large et de 6 à S pouces de profondeur ; et enfin, derrière ce dallot, un passage de 5 à 6 pieds de large. Ce passage doit être suftisamiment large pour permettre un enlèvement facile du fumier, et aux vaches de circuler sans danger, lorsqu'elles entrent ou qu'elles sortent. La hauteur de la crèche doit être comprise entre 9 et 15 pouces, suivant la grosseur des vaches. L'inclinaison du plancher sur lequel reposent les vaches, vers la gouttière, doit être de 2 pouces par 44 ou 6 pieds. Ce sont là les dimensions généralement admises par les bons praticiens.

Ventilation.—La ventilation a pour but le renouvellement de l'air. Dans une étable où sont renfermés des animaux, l'oxygène de l'air, par la respiration, est absorbé puis remplacé par de l'acide carbonique, de la vapeur d’eau, de l'ammoniaque et des matières organiques très toxiques ; or tous ces gaz expirés sont aussi nuisibles à la santé des animaux que l'oxygène est nécessaire à leur vie. La transpiration cutanée et les excrétions vicient l'air dans une large mesure. L'air d’une étable devient donc rapidement impur si on ne prend le moyen de le renouveler constamment. Généralement, pour cela, on se fie sur les fentes des portes et des fenêtres ; maïs c’est là une faute grave et des moyens spéciaux doivent toujours être pris pour assurer un renouvellement constant et suffisant de l'air des étables L'hiver ce renouvellement continu de l'air peut les refroidir, mais il vaut souvent mieux une température un peu plus froide qu'un air malsain. Les conditions à réaliser sont 10. Un renouvellement constant d'air pur ; 20. Ce renouvellement doit se faire sans courant d'air nuisible aux vaches ; 30. 1l doit pouvoir être reglé à volonté.

Les dimensions de l’étable n'ont rien à faire avec la quantité d’air frais à fournir à un nombre déterminé de vaches par la ventilation. L'avantage d’une

grande étable est que, si la ventilation, s'arrête l’air se corrompra moins vite que dans une étable resserrée, mais la quantité d'air a fournir par la ventilation pour un même nombre de vaches reste la même, que l’étable soit grande ou petite. C'est un principe important qu’il ne faut pas oublier.

On compte, en Angleterre, qu'il faut 20,000 pieds cubes d’air frais par vache et par heure. Pour laisser rentrer cette quantité d'air frais avec une vitesse de deux mille à l'heure, vitesse à peine sensible aux animaux, il faut compter une ouverture de 300 pouces carrés par vache. Il faut une autre ouverture d'égale dimension pour la sortie de l'air vicié, soit environ en tout 4 pieds carrés par vache. Le succès de la ventilation dépend de la distribution et de la diffusion de l'air entrant ; la forme ainsi que la situation des ouvertures d'entrée et de sortie jouent un grand rôle dans ce cas. La force qui pousse l'air pour la faire entrer ou sortir dépend un peu du vent, maïs surtout de la différence de température entre l'air intérieur et l'air extérieur, et il suffit souvent d'enlever les obstacles qui en empêchent le mouvement pour que la ventilation se fasse.

L'air que l’on introduit dans l’étable doit être pur ; les ouvertures d'entrée ne doivent donc pas

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donner sur des fumiers ou des cours malpropres, ou sur d’autres étables, ou sur des endroits où l’air est contaminé.

L'air frais doit, autant que possible, arriver en tète des animaux pour qu'ils puissent en profiter avant qu'il ne se mêle à l’air vicié, et les étables dans lesquelles les vaches sont tête à tête, avec un passage entre les deux rangs qu’elles forment, est une bien mauvaise disposition, parceque l’air qu’elles expirent séjourne dans ce passage où il est fort difficile d'envoyer régulièrement de l’air frais. La disposition précédemment indiquée, adoptée avec un ou deux rangs de vaches, est préférable.

Une partie de l'air entrant doit être prise près du sol, en tète des animaux, pour balayer les couches inférieures d'air vicié de l’étable; les ouvertures doivent être nombreuses et petites plutôt que grandes et peu nombreuses, afin de répartir plus uriformément l'air entrant. Une autre série d'ouvertures pour l'entrée de l'air sera percée dans le haut du mur.

L'air vicié, chargé de vapeurs, étant plus chaud que l'air frais, tend à monter à la partie supérieure de l’étable. On pourra donc l'enlever soit par de bonnes ouvertures dans les murs immédiatement

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sous le plafond, c'est là le meilleur système, soit par de bonnes cheminées. Toutes ces ouvertures devront être grillées et recouvertes d’une planche à coulisse ou à charnières, avec laquelle on pourra les ouvrir et les fermer à volonté.

Supposons une étable comprenant deux rangées de vaches, la tête tournée contre les murs, avec un passage de quatre pieds de large à la tête, le long des murs, et un passage de 5 à 6 pieds à la queue entre les deux rangées, ce qui est la meilleure disposition ; supposons que les stalles aient sept pieds de largeur pour deux vaches, et qu'ils faille des ouvertures de 300 pouces carrés par vache pour l’entrée de l’air. Pour deux vaches il faudra 600 pouces carrés. Supposons que l'entrée de l'air se fasse par deux rangées d'ouvertures, l’une près du sol et l’autre à six ou sept pieds du sol. Si on donne à ces ouvertures six pouces de hauteur, elles devront avoir 300 : 6= 50 pouces de longeur, soit près de six pieds pour deux vaches ; c’est-à-dire que ces ouvertures occuperaient presqu'entièrement la longeur de l’étable.

Pour la sortie de l’air, il faudrait employer de bonnes cheminées d’aérage situées au-dessus du passage central. Comme dans les cheminées l'air circule beaucoup plus vite, leur section devra né-

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cessairement'iêtre beaucoup plus faible que celle des ouvertures d'entrée, Pour une hauteur de cheminée de 18 pieds, il faudrait compter une section d'au moins 16 à 36 pouces carrés par vache. Il faudrait donc pour 25 vaches au moins 3 cheminées carrées de 12 à 18 pouces de côté. Si l’étable n’est qu'à un rang de vaches, il serait mieux de remplacer les chéminées par des ouvertures de 8 à 12 pouces de haut percées dans le haut du mur situé à l'arrière des vaches, le long du couloir de six pieds.

Tous ces chitfres sont admis dans les pays où les hivers ne sont pas très rigoureux. [ls sont loin de ce qui se pratique ordinairement dans cette province où ils peuvent paraître exagérés, parce que la grande quantité d'air froid admise pourrait refroidir un peu trop les étables certains jours. Cependant si l'étable est construite avec de bons murs imperméables à la chaleur et si ces ouvertures sont mnnies de bonnes portes permettant de régler à volonté la rentrée de l'air, nous ne voyons pas pourquoi ils ne seraient pas admis, même dans cette province ; car pour la santé des vaches l'air pur est une chose essentielle. Nous attirons donc fortement l'attention des cultivateurs sur ce point.

Les étables à deux rangs de vaches sont préférables dans les parties froides de la province à

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celles à un seul rang qui exigent une bâtisse plus longue ; parce qu’une bâtisse longue se refroidit plus facilement qu’une bâtisse large.

Ecluirage.—La lumière est un facteur important pour la salubrité des étables. La lumière directe, et à un moindre degré, la lumière diffuse, réchauffent et sèchent l'air ; elles le mettent en mouvement dans les endroits où il est en repos et rendent ainsi la ventilation plus parfaite. La lumière tue en outre une foule de mauvais germes, comme le germ: de l’anthrax. Elle ne tue pas, il est vrai, le bacille de la tuberculose, mais cependant son action combinée avec le renouvellement de l'air peut en atténuer beaucoup la virulence.

Le manque de lumière est une des causes de mauvaise santé et de maladies pour les vaches, aussi bien que pour l’homme du reste. C'est surtout pour les jeunes animaux que l'air et la lumière sont nécessaires, |

La meilleure exposition pour les étables est celle de l’est et de l’ouest pour les grandes faces. La surface des fenêtres doit être le dixième de la surface du plancher de l’étable. Pour une étable de 25 + 50° = 1250 pieds carrés, par exemple, la surface des fenêtres devra être d'au moins 125 pieds

carrés. Si les fenêtres avaient 4 + 2’ on voit qu'il en faudrait environ une vingtaine. Ces conditions prraîtront peut-être aussi très exagérées à beaucoup de cultivateurs, cependant elles sont recommandées par d'excellents praticiens. Il faut munir les fenêtres de doubles chassis pour l'hiver, et de rideaux économiques pour l'été. Il faut construire les fenêtres de façon à ce qu'elles puissent servir à ventiler l'étable pendant l'été.

Drainage. —Le drainage extérieur consiste à évacuer au loin toutes les eaux de pluie qui, en séjournant dans le voisinage de l’étable, pourraient y jeter de l'humidité et y répandre de mauvais air.

Le drainage intérieur consiste à conduire au dehors tous les excréments liquides des vaches. Pour cela, la première condition est que le plancher, ou le pavé, soit parfaitement étanche, pour que le purin ne séjourne pas en dessous et ne répande pas de mauvaises odeurs dans l’étable. S'il y a une cave à fumier sous l’étable l'étanchéité du plancher doit aussi être assurée pour empêcher les émanations du fumier de remonter, et cette cave doit être munie de bons ventilateurs.

Lorsqu'on emploie un plancher, il doit être fait de deux rangs de planches bien embouvetées et à joints

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croisés. Le premier rang de planches doit être recouvert d’une bonne couche de goudron chaud au fur et à mesure qu’on pose le second rang, pour que le goudron pénètre bien dans tous les joints. Un plancher ainsi fait peut durer 20 ans, ou trois fois autant qu’un plancher ordinaire. Il faut le blanchir à la chaux en dessus et, si possible, en dessous, deux fois par an ; cela en prolonge la durée.

Comme pavé, c’est la terre qui fera le meilleur et le plus économique des pavés, si elle est suffisamment dure comme l'argile ferme ou le gravier. Un pavé en terre devient rapidement assez solide pour ne plus avoir besoin de réparation.

Mais le sol n’est pas souvent convenable pour un

bon pavé, il faut alors le recouvrir d’un aggloméré ou de ciment.

Un bon aggloméré consiste en un mélange de sable et de gravier avec de la chaux éteinte commune, le tout mis en tas et bien mélangé, puis travaillé à la hove, une fois par jour, pendant quelques jours. Ce mélange est étendu sur le sol qui a été bien uni d'avance ; il durcit rapidement et devient très résistant. Je la cendre de charbon de terre, humectée d’eau et ajoutée au mélange, le rend encore plus durable. De la sciure de bois ou de la paille hachée

produisent le même etfet. Ce mélange doit être bien battu.

Du ciment hydraulique, dans la proportion de un quart pour trois quaits de sable fin et cinq ou six quarts de gravier grossier, est ce qu'il y a de mieux, surtout si on sature ce mélange de goudron chaud. Un pavé faconné avec ces matériaux dure très longtemps et est à l'abri de l'eau et de ia vermine. Pour cela on mêle le ciment sec avec trois fois son volume de sable sec et propre ; on l’humecte ensuite, pour en faire un mortier clair auquel on mélange le gravier. On n'en mélange à la fois que ce qu'on peut étendre enun quart d'heure environ, car il durcit très vite. Il faut tasser fortement le pavé, au fur et à mesure qu'il se fait avec un pilon en bois qu'on manie à la main.

En employant des pierresrondes, en les enfonçant solidement dans le sol et en les recouvrant d’une bonne couche d’un des mortiers dont nous venons de parler on peut obtenir un pavé très résistant.

Les dallots doivent avoir une bonne pente vers l'extrémité, 1 à 2 pouces par 4 ou 5 pieds, pour que le purin puisse s’écouler facilement au dehors dans une fosse bien étanche. Jamais il ne doit se répandre dans la cour de la ferme. Pour absorber le

purin, on peut employer de la terre sèche ou de la tourbe dont on remplit la dalle située derrière les vaches chaque fois qu'on enlève le fumier. Dans ce cas, le dallot n’a pas besoin d’être plus large que 15 pouces ni plus profond que 3 pouces, pour les vaches. Une vache donne chaque année en moyenne 1280 gallons d'urine, soit 34 gallons par jour, et il faut, pour absorber cette urine, environ 20 Ibs de terre sèche ou de tourbe. Il en faudrait donc d’après cela 7280 Ibs par année et par vache. On peut toujours trouver suffisamment de terre sèche ou de tourbe sur une ferme.

Toute terre légère et absorbante convient pour cela, si on la rentre pendant l'été. Une shed de 30° + 15’ remplie à une hauteur de six pieds, peut contenir 75 tonnes de terre sèche. Mais, si on tient compte que les vaches sont en pature une partie de l’année, et si on a de la paille qui peut remplace. une partie de cette terre, on voit que la quantité à rentrer pendant l'été peut être beaucoup moindre:

Le système de la terre sèche est fort à recommander, parce que la terre ainsi employée absorbe toutes les mauvaises odeurs de l’étable et donne un fuunier beaucoup plus riche et plus facile à emplo-

yer.

On pourra semer du bran-de-scie ou de la terre mélangée de chaux derrière les vaches. L'été on pourra arroser le pavé pour maintenir la fraîcheur.

Approvisionnoment d'eau.—Les étables doivent toujours être Lien approvisionnées d’eau aussi pure que possible. C’est une chose essentielle pour la qualité du lait et la santé des vaches. Le mieux c'est de prendre, autant que possible, l’eau à des sources éloignées et plus élevées que les bâtisses de la ferme, puis de l’amener dans les étables par des tuyaux en fer de 1E à 1h} pes Les puits doivent toujours être éloignés des tas de fumier et des fosses d’aisances, par lesquels ils sont plus facilement contaminés qu'on ne le pense. Il faut, autant que possible, s'arranger pour amener l’eau dans l’étable, à la disposition des vaches.

Emplacement.—Les étables doivent toujours être placées, de préférence dans des endroits élevés et bien aérés ; il faut éviter les endroits humides. Le sous-sol des étables doit être drainé avec soin, s’il ne l’est pas naturellement.

Le sol est toujours imprégné d'air, et cet air, souvent malsain, surtout dans les endriots humides, peut monter dans les étables.

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Service —La commodité du service peut s'assurer de bien des'manières différentes ; c’est un peu une affaire de goût, d'habitude et de circonstances ; aussi est-il impossible de donner ici des règles générales, ou d'indiquer des dispositions convenant dans tous les cas.

Désinfection des étubles.—En cas d'épidémie, les étables ont besoin d'être désinfectées. Voici les règles principales de désinfection indiquées par Frumbower :

1 Enlevez le foin, la paille, les balayures, et brûlez-les,

2° Enlevez le fumier et enterrez-le dans un champ où les animaux ne peuvent avoir accès.

3° Nettoyez les crèches, les racks, les stalles et toutes les boiseries avec soin, lavez-les avec de l’eau chaude dans laquelle vous aurez fait dissoudre deux onces d’acide carbolique par gallon. Vous pourrez aussi employer pour cela, et de préférence, la formaline à raison de 2 à 3 onces par gallon d’eau.

4° Vous blanchirez tout l’intérieur de l’étable, les planchers, les plafonds, les murs avec du lait de chaux dans lequel vous aurez fait dissoudre une livre de chlorure de chaux par quatre gallons d’eau employée. Il faut employer assez de chaux éteinte

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pour que les murs deviennent blancs par le badigeonnage.

Cette règle doit surtout s'appliquer aux stalles, etaux crèches.

5° Toutes les boiseries pourries doivent être enlevées, brulées et remplacées par des neuves.

6° Tous les vases, les fourches, les pelles, les balais et autres instruments doivent être lavés et passés au lait de chaux.

7° Tous les dallots, les drains doivent être soigneusement lavés et désinfectés avec une dissolution de chlorure de chaux ; 1 Ib par 4 gallons d’eau.

8$ Pour désinfecter l’air on peut bruler du soufre dans l'étable ou y vaporiser de la formaline.

On recommande aussi d'employer en place d'acide carbolique, surtout en cas de typhus de l'acide dechorhydrique dissout dans vingt fois son poids d’eau.

Les étables devraient toujours être blanchies à la chaux deux fois par année, même en dehors des épidémies,.

Veaux.—Les veaux sont, au point de vue économiqué, un des produits secondaires indispensables de l’étable, dont il faut tirer le meilleur parti pour

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diminuer le prix de revient du lait, qui est le principal produit,

On les élève, soit pour remplacer les vaches hors

de service, soit pour la boucherie. C'est en remplacant les mauvaises ou les moins bonnes vaches du

troupeau qu'ils peuvent le plus contribuer à son amélioration et à la diminution äu prix de revient du lait. Les veaux de boucherie ne donneraient qu'un faible bénéfice s'ils ne servaient pas à utiliser le lait écrémé, un des sous-produits importants de la laiterie, avec lequel il est ainsi toujours préferable de les nourrir. C'est un des meilleurs moyens de tirer bon profit du lait écrémé, ce fait ne doit pas être méconnu. Les engraisser avec d’autres aliments achetés au dehors, ou même pris sur la ferme, ne serait pas Souvent la meilleure règle à suivre.

Veaux d élevage.—Les veaux d'élevage sont la base de l'amélioration des troupeaux et le cultivateur doit employer toute son adresse à les choisir surtout, puis à les bien nourrir, à développer les formes et les qualités que ces animaux tiennent de leurs parents et que l’on recherche surtout. Une génisse bien choisie, bien nourrie, doit toujours faire une meilleuae vache que sa mère, tant qu'on n’a pas atteint la perfection. C’est de cette manière que les troupeaux les plus en renom ont été formés.

La sélection et l’élevage sont la clef de l’amélioration des troupeaux. Nous supposons nécessairement que le cultivateur peut avoir les services d’un taureau pur sang de première classe.

La base de la nourriture des veaux d'élevage, pendant les premiers cinq ou six mois, est le lait écrémé frais. Le bon lait écrémé frais suffit pour donner à un veau un bon squelette et de bons muscles. Point n’est nécessaire pour cela de trop de graisse dans le lait. Le lait doit être donné chaud à une température d'environ 80° Farenheit, celle du sang.

__ Aussitôt sa naissance, le veau est conduit dans une stalle spéciale, loin de sa mère, dont on lui donne le lait entier et chaud, pendant quatre jours environ, deux fois par jour. On introduit la main dans le lait qu’on désire lui faire boire, on relève les doigts vers le haut, endessous de la surface du lait, puis on les lui fait téter. Le veau s’accoutume ainsi rapidement à boire seul.

Le neuvième repas se compose de moitié lait écrémé et moitié lait frais, le tout chauffé à 80 Farenheit. Trois pintes sont suffisantes par repas pour un veau de cet àge, si l'animal ne boit que deux fois par jour ; s’il boit trois fois par jour deux

pintes suffisent. Il ne faut pas trop leur donner à boire dans le début, car leurs organes ne sont pas encore propres à digérer une grande quantité de lait. On augmente graduellement la quantité, suivant l'appétit qu’ils manifestent.

À la fin du premier mois, ils peuvent faire par Jour deux repas de quatre ou cinq pintes chaque, ou trois repas de trois pintes. Le lait doit toujours être donné doux et chaud.

Si la diarrhée se montre, on ne donnera plus qu’une pinte de lait frais, non écrémé de la mère ou d’une autre vache et cela suffira pour la faire disparaître si on ne donne aucun autre aliment, Ce lait sera chauffé à 90° Farenheit.

La diarrhée provient d’un excès de nourriture ou de t'emploi de lait plus ou moins sur. On apprend au veau à lécher un mélange, par parties égales, de blé-d’Inde finement moulu, de son de blé et de moulée de graine de lin. Au commencement une pleine cuillerée à thé de ce mélange suffit et on en augmente progressivement la quantité. A deux mois on peut donner une cuillerée à table du même mélange; à trois mois, quatre onces chaque jour; à cinq mois, huit onces et une livre à six mois. A partir de trois mois on peut donner chaque jour six pintes de lait deux fois par jour. |

À partir de un mois, on peut mettre les veaux dans un pâturage d’un quart d’arpent environ, fermé par une clôture mobile que l’on déplace de temps à autre pour leur procurer une pâture plus fraîche. À deux mois, les veaux commencent à boire un peu d’eau, il faut donc en mettre à leur disposition. En hiver, on ne peut pas les envoyer au pâturage, il faut leur donner, à partir de l’âge d’un mois. du bon foin nouveau, de trèfle coupé jeune; on en augmente graduellement la quantité, au fur et à mesure qu'ils apprennent à le manger.

Il faut veiller avec soin à la quantité de nourriture qu'on leur fournit; il n’y a pas de danger à leur donner un excès de foin; ce sont surtout les grains qui, mangés en trop forte quantité, peuvent leur faire du mal. Quels que bons que soient la santé et l'appétit d’un jeune veau, il ne faut jamais essayer de lui donner de nourriture plus qu'il n'en peut digérer, sous prétexte de le faire grandir et grossir plus vite.

Les veaüx prennent facilement la mauvaise habitude de se téter mutuellement les oreilles, lorsqu'ils sont plusieurs ensemble dans la même stalle; pour éviter cette mauvaise habitude, certains praticiens conseillent de les tenir continuellement attachés,

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d'autres prétendent qu'il suffit de les attacher pendant les repas et vingt minutes après,

Lorsque les génisses ont six mois et qu’elles sont sevrées, on les réunit aux autres vaches et on les soigne comme elles. Leur élevage se termine entre 9 et 12 mois. Les génisses doivent être nourries libéralement pour bien développer leurs facultés digestives. Une génisse qui a trop de dispositions à prendre la graisse doit être mise de côté en général.

Veaux de boucherie. —Les veaux élevés pour la boucherie peuvent se soigner comme les autres, mais on peut substituer au lait écremé des bouillies formées d’un mélange en diverses proportions d'orge, d'avoine, de graine de lin moulue et de son, le tout dilué dans du thé de foin bouilli, à la consistance du lait; mais comme l’engraissement des veaux de boucherie est un bon un moyen d'utiliser le lait écrémé, il ne faut, en général, avoir recours aux bouillies que si le lait écrémé fait défaut et si la viande de veau se vend assez cher.

Fumier.—Le fumier peut être considéré, et est en réalité, un résidu de la production du lait. Le fumier a une valeur importante qu'il ne faut pas négliger. Nous avons vu qu’une partie des aliments

traversaient le tube digestif des animaux sans être digérée et se retrouvait à peu près intacte dans les déjections. Mais la partie des aliments qui est digérée n'est pas entièrement assimilée pour former de la graisse, de la viande, du lait, des poils, etc. Tout ce qui sert à entretenir la chaleur animale, ainsi qu’à la production des mouvements des organes, par exemple, se retrouve en partie dans l'air expiré, en partie dans la ranspiration et en grande partie dans les urines. Si on considère d’un côté la quantité de nourriture absorbée chaque jour par un animal et de l’autre son augmentation de poids et la quantité de lait qu’il donne, on peut se rendre facilement compte qu’une forte proportion de son alimentation se retrouve dans ses déjections qui, mélangées à la litière, doivent constituer un produit important et, qu’au point de vue de l'entretien de la fertilité du sol d’où proviennent les aliments consommés, ce fumier doit nécessairement jouer un grand rôle.

Si le fumier est un sous-produit de la laiterie c'est un sous-produit essentiel qui, retournant au sol, diminuera d'autant plus le prix de revient du lait qu’il s’en perdra moins pendant toutes les manipulations successives auquel il sera soumis.

Nous ne pouvons traiter ici à fond la question des fumiers, cela sortirait du cadre de cet ouvrage ; cette

question est du reste traitée très sérieusement dans la plupart des ouvrages d'agriculture ; nous voulions seulement attirer une fois de plus l'attention du cultivateur sur l’importance de ce sous-produit, au point de vue de la diminution du prix de revient du lait et l’engager à lui donner tous les soins possibles.

Voici cependant un résumé des faits généraux acquis à la science et qu'il ne faut pas oublier.

La richesse du fumier varie avec la richesse de l'alimentation donnée aux vaches, avec celle de la litière employée, avec le tempérament et l’état des vaches et augmente en raison des soins qu'on lui donne pour empêcher la déperdition des éléments fertilisants qu'il contient.

Il joue dans le sol deux rôles : 19 le rôle d’amendement en rendant plus lévères les terres fortes, et plus fortes les terres légères, en facilitant l'accès de l’air et le développement d'acides légers dans le sol et, par suite, la transformation en éléments assimilables de ceux qui ne le sont pas déjà ; 2° le rôle d'engrais proprement dit, par l'introduction dans le sol d'éléments fertilisants qu'il rend ainsi aux récoltes subséquentes sous une forme plus rapidement assimilable que celle sous laquelle les récoltes précédentes, d'où il provient, les avaient trouvés.

Les cultivateurs doivent s'arranger pour ne rien laisser perdre des excréments liquides et solides des vaches et pour empêcher une trop forte fermentation du fumier.

Ne faire subir au fumier que le moins de manipulations possible parce que, étant donné son poids et sa masse, elles sont toujours onéreuses et que les frais qu'elles nécessitent ne sont pas toujours couverts par la valeur de l'amélioration de sa qualité Dans le livre intitulé Le Sol, par John Scott et J. C. Morton, on trouvera, à ce sujet tous les renseignements désirables les plus nouveaux. Voici, d’après McConnell, la plus petite quantité de bon fumier de ferme nécessaire, par arpent, pour restituer au sol les éléments fertilisants enlevés par les différentes récoltes suivantes :

Blé 5 tonnes Carottes 10 Orge 5 Navets 15 Avoine 5 Choux de Siam 10 Foin deprairie8 Betteraves fourragères 20 Trèfle rouge 12 Pommes de terre 10 Fèves 10 Choux 25

Une vache de poids moyen, en stabulation permanente, produit environ 20,000 Ibs de fumier par an et 8,000 Ibs de purin d’après F. W. Wool. D'après

Wilckens, une vache donne de 15 à 20 1bs d'urine par jour, d’autres indiquent envirou 20 à 85 lbs; cela dépend de la taille des vaches, de leur genre d'alimentation et de leur état de santé.

Nécessairement, lorsque les vaches vont au pâturage, une partie de leurs déjections retournent directement au sol et la quantité de fumier récoltée à l'étable est diminuée en raison de la durée de la saison du pâturage.

Remarques générales, —Dans ce chapitre nous avons étudié la manière de transformer économiquement les récoltes en lait et nous avons vu avec quelle attention le cultivateur doit organiser et suivre cette branche de l’industrie laitière s’il veut obtenir un résultac satisfaisant.

Le prix de revient du lait se compose :

1° Du prix de revient sur la ferme des récoltes nécessaires à sa production. Nous avons étudié ce prix de. revient au chapitre précédent.

2° Des frais de manipulation de ces récoltes pour en préparer la nourriture aux vaches.

3° Des frais de main-d'œuvre, pour traire et soigner les vaches.

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4° Des frais d'intérêts, d’amortissements et d’assurances du capital représenté par la valeur des vaches, celle de l’étable et des instruments et machines qui servent à l’étable.

5° Des frais généraux relatifs à l'étable.

6° Déduire de la somme de tous ces frais la valeur du fumier et des veaux.

Tout ce que nous avons dit précédemment fait suffisamment ressortir combien ce prix de revient peut être affecté par la négligence du cultivateur. Voici un résumé des principales fautes le plus souvent commises sous ce rapport.

1° Nombre de vaches trop grand par rapport aux récoltes que l’on peut espérer sur la ferme et, par suite, pas assez nourries.

2° Troupeau consommant beaucoup de nourriture par 100 livres de lait ou, si l’on veut, donnant une faible quantité de lait par tonne de récoltes par suite de la mauvaise qualité des vaches.

8° Troupeau ne produisant du lait, qu’une partie de l’année.

4° Récoltes mal choisies pour la production du lait, et rations mal combinées et n'atteignant par le

degré de digestibilité qu’elles devraient avoir si elles étaient mieux composées.

5° Traite des vaches mal et imparfaitement faite.

6° Vaches mal soignées, exposées pendant l'été à la chaleur et aux mouches dans de mauvais pâturages; au froid pendant l'hiver, dans une étable

‘alsaine, mal ventilée, mal éclairée, humide, mal-

propre.

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7° Fumier mal récolté, mal soigné, lavé par les Ë eaux de pluie, et manipulé d’une manière trop coui | teuse.

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D'après des expériences faites par Sir John B. Lawes à Rothamsted, en Angleterre, une tonne de lait, (environ 220 gallons) peut être produite à l’arpent sur une terre de première classe avec de très bonnes vaches. D'après cela on pourrait tenir sur une pareille terre, par 34 arpents, une vache donnant annuellement 800 gallons de lait.

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Tous les cultivateurs ne peuvent pas prétendre arriver immédiatement à pareil résultat parce qu'il faut, pour cela, améliorer et le sol et le troupeau, deux choses qui ne peuvent se faire que progressivement ; nous signalons cependant cette production comme pratiquement possible dans bien des cas ; et

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les cultivateurs se livrant à l’industrie laitière devraient avoir ces chiffres devant les yeux et chercher à les atteindre là où la chose est économiquement possible. Il faut toujours viser plus haut que le but.

Si nous rapprochons de ce fait celui que bien des fermes de cette province, cultivées en vue de l’industrie laitière ne produisent pas plus de 150 à 200 Ibs de lait par arpent avec des vaches donnant 1500 à . 2000 1bs de lait, ce qui est un très faible salaire pour le cultivateur, on voit quel progrès il reste à faire.

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