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Les frais qu'ils nécessitent doivent donc entrer annuellement dans les prix de revient des récoltes qui doivent toujours en rembourser le montant, Ces frais augmentent donc dans une large mesure le prix coûtant des récoltes, et il faut tendre à les diminuer le plus possible par tonne de récolte.
ÿo. Diminution des frais d'engrais.—Ce serait une mauvaise chose, pour arriver à ce but, que d'employer des engrais de seconde classe parce qu'ils sont bon marché, ou d'en employer en quantité insuffisante, C'est aussi un mauvais calcul d'employer des engrais et des amendements qui ne sont pas bien appropriés aux sols auxquels on les destine, ou d'en employer dans des sols qui ne sont pas préparés à les recevoir et à leur faire rendre tout leur effet, parce que,dans ces cas, l'augmentation des récoltes ne répond pas aux frais d'achat et d’épandage. C’est encore une mauvaise chos: de ne pas soigner ses fumiers pour en diminuer le prix coûtant parce que, dans ce cas, on perd une partie des éléments nutritifs qu'ils contiennent,
Pour diminuer les frais d'engrais, il faut en employer qui soient bien appropriés aux sols ou aux récoltes auxquels ils sont destinés. Les engrais spéciaux doivent avoir la préférence. De plus, les amendements comime la chaux et le fumier, facilit
et accélérant dans le sol les transformations des éléments non assimilables en éléments assimilables, puis augmentant les pouvoirs absorbant et rétentif du sol, sont par suite un moyen d'économiser les engrais proprement dits qui sont en général plus onéreux pour le cultivateur,
La culture de fourrages riches, que l'on enterrera comme engrais verts ou qui serviront à la nourriture des animaux, doit ensuite être recommandée, surtout s'ils sont constitués par des légumineuses comme le trèfle, les pois qui vont puiser avec leurs racines, dans les profondeurs du sol, des éléments nutritifs qu'elles transforment et ramènent à la surface et qui jouissent de la propriété importante de puiser leur azote dans l'air par l’intermédiaire de petits tubercules parasites qui se développent sur leurs racines. Or, les engrais azotés sont les plus nécessaires et généralement les plus dispendieux, ces légumineuses sont denc un moyen d'en diminuer les frais d'achat. Si on les enterre comme engrais verts, elles modificront avantageusement la texture du sol.
De plus, les racines de certaines de ces plantes, pénétrant le sol dans tous les sens jusqu’à une assez grande profondeur, celles de la récolte subséquente, en suivant leurs traces, descendront bien plus facilernent et plus profondément dans le sous-sol à la
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recherche de leur nourriture. Enfin le sol, ainsi fouillé par toutes ces racines, sera plus perméable à l'air et à l’eau, et les réactions intérieures seront plus’ actives.
Faire en sorte que le sol soit le plus longtemps possible chaque année couvert de végétation, ce qui diminue l'entrainement des engrais solubles dans le sous-sol et est, par conséquent, un bon moyen de diminuer les frais d'achat d'engrais.
. Le travail du sol par les instruments aratoires est aussi un des meilleurs inoyens de diminuer les achats d'engrais. Les labours, les binages, les sarclages, etc., exécutés en bon temps, facilitent l’action des agents atmosphériques sur le sol et y accélèrent la transformation des éléments non assimilables en éléments assimilables, augmentant ainsi “ La fertilité actuelle ” du sol aux dépens desa “richesse naturelle.” Is laissent aux forces gratuites de la nature pour ainsi dire le soin de la préparation d'une partic des engrais nécessaires pour répondre aux besoins des plantes. Par ces façons, le cultivateur supplée au moyen de son travail à une partie de ce qu'il aurait fallu acheter d'engrais à prix d'argent. Lorsqu'un cultivateur n’a pas une terre trop é.endue et qu'il peut faire son travail lui-même, ou lorsque la main d'œuvre est bon mar-
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son attention ; il doit en tenir compte dans le choix
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| de son assolement.
Un autre moyen consiste à acheter des aliments 1 | comme les tourteaux, que l’on fera tout d’abord | 1 consommer par les animaux. Ces aliments facilite- | ront la digestion des autres aliments, augmenteront la production du lait, puis donneront un fumier très riche qui améliorera la fertilité du sol dans une large mesure.
Par ce moyen, il y aura nécessairement perte” d’une partie des éléments fertilisants, mais, si ces aliments ne sont pas achetés trop cher, leur emploi sera écononomique. Ce moyen est très employé en Angleterre ; quelques praticiens distingués l’emploient aussi avec succès dans cette province et le recommandent fortement.
Le drainage et l'égouttement du sol y facilitent l’action des agents atmosphériques et celle des engrais qui y sont apportés, et procurent aussi une économie d'engrais.
Les moyens économiques d'entretenir la fertilité | du sol et de diminuer les frais d'achat d'engrais 1 sont donc nombreux et l'attention des cultivateurs | doit être attirée ici sur eux. De plus, la règle géné-
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rale actuellement, lorsqu'on se sert d'engrais, est de les employer de manière à en retrouver la valeur aussi rapidement que possible et d'employer des engrais rapidement assimilables; enfin, on recommande les doses moyennes mais souvent répétées.
Intérêts des capitaux.—On appelle capital la somme d'argent qu’il a fallu débourser pour se procurer la terre, les bâtisses, les clôtures, les instruments aratoires, les animaux de travail, etc.; en un mot, c'est la valeur de la terre et de la partie du matériel qui sert aux récoltes. Si cette somme était placée en banque, elle rapporterait chaque année à son propriétaire, et sans travail, un intérêt déterminé. Il faut donc, qu’en dehors des sommes que le cultivateur peut retirer comme salaire de son travail, il retire encore l'intérêt de sa terre. Lorsque le cultivateur est fermier, ou lorsqu'il emprunte les sommes nécessaires à son entreprise, l'obligation de compter chaque année les intérêts des capitaux et d’en gréver les récoltes s'impose absolument. Pour diminuer le prix de revient des récoltes, il faut chercher à diminuer ces intérêts autant que possible. Ceci ne veut pas dire que le cultivateur, au lieu de retirer 4 à 5°7, de son capital, doive se contenter de 1°70o, mais signifie uniquement qu'il doit toujours tendre à employer le plus petit capital possible pour obtenir un résultat déterminé.
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Voici les fautes à éviter relativement aux capitaux :
Prix d'achat de la terre trop élevé.
Bâtisses trop luxueuses, mal comprises, ou trop considérables pour les récoltes qu'il est possible d'espérer sur cette terre, et le nombre d'animaux que ces récoltes permettent d’y intretenir.
Animaux et voitures de luxe représentant une mise de fonds qui ne rapporte rien, tout en grévant d'intérêts les revenus de la ferme.
Trop d'animaux de travail pour les travaux à exécuter.
Achat d'instruments coûteux, simplement commodes et souvent inutiles, dont on pourrait se passer, la ferme n'étant pas trop considérable, par un peu de travail supplémentaire ou, si l’on engage des ouvriers, en organisant mieux leur travail, ainsi que par une meilleure surveillance.
Avoir recours à la main d'œuvre étrangère pour tous les travaux d'amélioration permanente sur la ferme, lorsqu'on peut les faire soi-même à temps
perdu.
D'une façon générale, capitaux empruntés à un taux plus élevé que celui qu'ils peuvent rapporter
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de la manière dont ils doivent être employés sur la ferme.
D'un autre côté, des améliorations permanentes, comme le drainage, le dérochage et les amendements qui modifient d’une façon durable la nature du sol, comme l'apport de sable dans les terrains argileux, d'argile dans les terrains sablonneux, sont des travaux où il y a souvent avantage à engager des capitaux.
Cette question de capitaux et d'intérêts est de la plus haute importance et mérite toute l'attention du cultivateur. Il n’y a souvent aucun moyen de remettre sur un bon pied une affaire mal organisée dès le début au point de vue des capitaux ; des pertes en résultent fatalement. La plus grande partie des insuccès en agriculture provient, on peut le dire, de l'ignorance des faits que nous venons de signaler ou de la négligence des cultivateurs à leur égard, et l'augmentation du rendement des récoltes ne peut souvent rien contre la mauvaise organisation générale d’une entreprise.
Frais d’entretien.—Les frais d'entretien sont représentés par la somme d'argent et le travail nécessaires pour entretenir chaque année les écuries, les instruments aratoires, les clôtures,chemins, fossés, drains, etc. en bon état. Ce sont des dépenses néces-
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saires et inévitables qui grèvent forcément le prix de revient des récoltes, mais que l’on peut atténuer.
Plus une bâtisse est construite solidement, moins elle demaude d'entretien annuel: Lorsqu'on dispose de la somme nécessaire, il vaut mieux construire solidement, en augmentant un peu le capital et par suite les frais d'intérêts, mais diminuant ceux d’entretien. Lorsqu'on ne dispose pas entièrement, sans avoir recours à l'emprunt, des fonds nécessaires, on peut conseiller de construire plus économiquement, diminuant le capital engagé, mais augmentant les frais d'entretien auxquels le cultivateur est le plus en état, de subvenir avec ses propres ressources et par son travail personnel. En règle générale, meilleure est la qualité d’une bâtisse, d’une clôture, d’un chemin, d'un drainage, d’un instrument, etc, plus la fraction de capital et, par suite, les intérêts qui s’y rapportent, sont considérables, mais moins les frais d'entretien le sont et réciproquement.
On diminue les frais d'entretien d’une façon considérable en maintenant l'ordre et la propreté dans la ferme, soignant bien les instruments, ne les laissant pas exposés aux influences atmosphériques, ne forçant pas les animaux de travail, n’attendant pas, pour les soigner, que leurs indispositions dégénèrent en maladies, et par une foule d’autres moyens que
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tout cultivateur intelligent ne manque pas de trouver, s’il est persuadé que la négligence sous ce rapport est toujours onéreuse.
Les réparations doivent toujours être faites à temps ; si on les remet de jour en jour, les dégradations augmentent rapidement et il devient coû teux d'y porter remède. Elles ne doivent jamais être faites à moitié, mais complétement et avec le plus grand soin, sans cela elles ne durent pas.
Le cultivateur doit éviter toute négligence sous le rapport des frais d'entretien que demande son entreprise : le supplément de bénéfices qu'il peut obtenir en améliorant sa culture par ailleurs est souvent mangé par ces frais qu’un peu de soin lui aurait fait éviter. Il doit toujours en tenir compte dans le calcul du prix de revient des récoltes.
Amortissements.— Dépréciation.— Usure. — On appelle dépréciation la perte de valeur que subit, par exemple, un instrument d'agriculture quand il passe des mains du marchand dans celles du cuitivateur ou lorsqu'il subit une avarie.
On appelle usure la dépréciation que subit un instrument,un cheval etc. par suite d’un usage prolongé.
On appelle amortissement, la somme d’argent qu'il faut prélever annuellement sur les bénéfices
bruts de l’entreprise pour parer à cette dépréciation et à cette usure, de manière à avoir en main la valeur nécessaire pour se procurer l'objet auquel il se rapporte lorsqu'il deviendra nécessaire de remplacer cet
objet par un neuf, au bout d'un certain nombre d’années.
Pour les animaux de travail, comme les chevaux, on peut compter 8 à 10°70 par an dès qu'ils ont 4 ou 5 ans. Pour les instruments aratoires de 10 à 207. C'est-à-dire qu'il faudra avoir en main de quoi pouvoir les remplacer au bout de 6 à 10 ans, suivant les cas. Pour les instruments aratoires, l’amortissement varie beaucoup suivant leur nature, leur qualité moyenne et les soins que l’on en prend.
On diminue les frais d'amortissement par les mêmes moyens que les frais d'entretien: par des soins plus grands, en n’achetant que des instruments et des animaux de première classe, qui durent plus longtemps et subissent une moindre dépréciation au moment de l'achat.
Les frais d'amortissement ne doivent pas être ignorés. Bien des cultivateurs se trouvent obligés d’avoir recours au crédit pour remplacer des instruments hors d'usage, faute d’avoir prévu cette éventualité et d'y avoir paré par des amortissements an-
nuels; et le crédit est une chose souvent ruineuse, dont il faut user avec la plus grande circonspcction.
La question des amortissements ne saurait être trop signalée à l'attention des cultivateurs. Elle est toujours l’origine d'une sage habitude de prévoyance.
Ces amortissements doivent aussi être prélevés sur les récoltes dont il faut calculer le prix de revient en conséquence.
Assurances et autres frais généraux. — Les frais généraux sont, en dehors des frais de ménage, les nombreuses dépenses continuellement nécessaires dans toute entreprise, et que l’on ne peut classer dans aucune des catégories dont nous venons de parler. Ce sont les assurances, les transports, les voyages, les taxes, etc.
Dans toute entreprise agricole,sérieusement administrée, des assurances sont toujours prises. On ne saurait trop encourager cette mesure. Quant aux autres frais généraux, il est souveni facile de les diminuer, et il ne faut jamais y manquer chaque fois que l'occasion s’en présente. Ils augmentent dans
une mesure assez importante le prix de revient des récoltes.
Se souvenir que le premisr argent gagné est celui qui n’est point dépensé.
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