Bénéfices nets
Comme propriétaire, il doit toucher les intérêts de la valeur de sa ferme, du matériel, des animaux, etc. S'il est locataire de la ferme ou si tout ou partie du prix d'achat est emprunté, ces intérêts reviennent au propriétaire de la terre ou au prêteur.
Comme engagé sur sa propre ferme,il doit toucher une juste remunération de ses journées de travail. S'il ne travaille pas, il ne doit rien attendre de ce chef, et les salaires vont aux engagés.
Comme directeur de l’entreprise, il doit toucher les bénéfices qui restent lorsque tous les frais: salaires (y compris les siens), amortissements, intérêts, frais d'entretien, engrais pour maintenir intacte la fertilité du sol, etc., sont payés. Ces bénéfices s'appellent “ bénéfices nets.”
Les bénéfices nets, il faut malheureusement le reconnaître, sont souvent nuls et les cultures si pauvres que le cultivateur doit même renoncer aux intérêts de ses capitaux et qu'il lui reste à peine un maigre salaire pour son travail personnel et celui de sa famille. Trois à quatre cent piastres par année sur une ferme de 100 à 200 arpents, représentent, étant donnés les prix actuels des marchés, un revenu plutôt audessus de la moyenne pour les cultiva-
teurs qui suivent l’ancienne routine, et encore fautil ajouter que les bâtisses, les instruments, sont en mauvais état, que les mauvaises herbes envahissent les terres, que le sol s'épuise. Ce sont là des cas déplorables qui ne devraient certainement pas exister csr, comme on le verra plus loin, la majorité des cultivateurs pourrait facilement, presque sans augmentation de capital, par une meilleure direction de leur entreprise, avec de meilleures méthodes de culture, tripler ces revenus.
Dans les frais généraux ne sont pas compris les frais de ménage et, par rapport à sa ferme, au point de vue de ces frais, le cultivateur devrait se considérer comme un étranger. C’est avec son salaire et ses autres bénéfices annuels (les bénéfices nets et les intéréts des capitaux engagés), quand il y en a, qu'il doit faire vivre sa famille et pourvoir aux besoins de son ménage. Tout cultivateur devrait tenir compte du lait, du beurre, des légumes et autres denrées qu'il prend sur sa ferme, Cela lui permettrait d'établir plus exactement les prix de revient dont nous avons parlé et, en même temps, de surveiller les dépenses de ménage qui, si on n'y prend garde, dépassent souvent les revenus.
Nous venons de passer rapidement en revue les éléments qui constituent le prix de revient des ré-