‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 109 sur 171 · I. Procédé de MM. Belfied et Foucault pour le polissage des · texte numérisé non relu

I. Procédé de MM. Belfied et Foucault pour le polissage des

plaques daguerriennes , au moyen de l’essence de térébenthine.

21. La plaque étant fixée sur la planchette à polir, on j verse deux ou trois gouttes d’essence de térébenthine ordinaire (i). On ajoute un peu de ponce ou de tripoli, et, avec ! un tampon de coton qui n’a pas besoin d’être neuf, on frotte en arrondissant, et en décrivant une multitude de petits cercles très-rapprochés , mais tous excentriques les uns aux autres. On aura soin de parcourir également tous les points de la superficie de la plaque. Au bout d’une minute environ , il se formera sur l’argent un cambouis noir, dont on enlèvera la plus grande partie, en continuant de frotter en rond avec le même coton. On mettra alors sur la plaque un peu de ponce ou de tripoli sec, et, avec un tampon neuf, on frottera, toujours en arrondissant, jusqu’à ce que la surface de la plaque prenne un éclat vif et un bruni parfait. Voilà pour le premier temps de l’opération.

Arrivé à ce point, on versera sur la plaque 3 ou 4 gouttes d’un mélange d’essence de térébenthine et d’alcool absolu, dans la proportion de î partie d’alcool pour i ip. de térébenthine. On ajoutera un peu de ponce ou de tripoli que l’on étendra légèrement sur toute la surface de la plaque avec le même tampon qui a servi à l’opération précédente. Lorsque

(i) Pour verser goutte à goutte les liquides employés dans le polissage, nous les renfermons dans un petit flacon bouché avec un bouchon de liège, et au centre duquel bous fixons un très-petit tube dë verre, ou tout simplement un tuyau de pipe.

IDU CHOIX DES PLAQUES ET DE LEUR POLISSAGE. 4 U e tripoli sera étendu régulièrement sur la couche d’argent, ’on l’y laissera sécher; il formera alors sur la plaque une 'croûte épaisse d’un blanc mat. En moins d’une minute, la : dessiccation est complète, et, pour terminer le poli, il ne res- ' fera plus qu’à enlever la couche de tripoli. On prendra , à cet 1 effet, un tampon neuf, et on frottera cette fois la plaque dans une direction transversale à l’image qu’on veut obtenir. En l très-peu de temps le bruni sera parfait, et la plaque sera prête à être soumise à l’iodage.

j Le poli que nous venons de décrire n’accélère en rien la formation des images photographiques; mais nous devons, en terminant, faire ressortir les autres avantages qui en résultent.

D’abord , la seule description que nous avons donnée du procédé indique assez qu’il doit présenter une grande écono- ! mie de temps.

En second lieu, ce genre de poli est applicable à toutes les plaques, dans quelque état qu’elles se trouvent, neuves, avec lépreuve fixée ou non fixée.

Nous avons remarqué, en outre, depuis que nous employons [i l’essence de térébenthine, que jamais aucune trace d’an- Iciennes épreuves ne reparaissait sur la plaque. Cet effet re- |marquable doit être attribué, selon nous, à une action méca- ! nique d’une nature particulière, que l’essence exercerait sur la couche d’argent. Cette propriété de l’essence de térébenthine a été utilisée depuis longtemps, avec succès, pour le perçage du verre et le forage des métaux (i). Nous sommes donc très-disposé à attribuer la supériorité incontestable du procédé de MM. Belfied et Foucault à une action mécanique exercée sur le métal par l’essence de térébenthine et les autres huiles essentielles ; l’essence aurait pour effet la destruction et l’enlèvement complets de la couche d’argent combiné à l’iode. On opérerait donc sur une surface entièrement neuve ; mais, par uue suite nécessaire, les plaques ainsi traitées seraient plus promptement usées. C’est aussi ce que nous avons remarqué. Cette théorie nous paraît plus vraisemblable que 1 efficacité de la couche de vernis , ou de matière organique à laquelle MM. Belfied et Foucault ont attribué une influence photogénique.

Un autre effet très-remarquable de l’essence de térébeni (i) Voir, à cet égard, un article inséré dans le Technologiste , t. Il, p. 42 1,

thine est que les plaques ainsi polies peuvent absorber une bien plus grande quantité de substance accélératrice, sans qu’il en résulte l’inconvénient que l’on a désigné sous le nom de voile de brome, N° bg. On sait que, sur une plaque polie par les moyens ordinaires , le moindre excès de brome se trahit par un nuage plus ou moins épais, qui obscurcit tout ou partie de l’image. Avec l’essence, au contraire, il faudrait que l’excès de brome fût plus considérable pour donner naissance à un voile sur l’épreuve; on pourra donc désormais brôtner les plaques juqu’au maximum de sensibilité.

Enfin, M. Daguerre reconnaît lui-même que la présence d’une couche légère d’huile essentielle sur la plaque est trèspropre à s’emparer de l’iode mis en liberté pendant l’exposition à la chambre noire, et à prévenir ainsi le fâcheux effet signalé récemment par MM. Choiselat et S. Ratel. Cet avantage, lors même qu’il serait le seul , suffirait pour mériter la préférence au procédé de MM. Belfied et Foucault.

II. Polissage des plaques à l'essence de lavande , d’après les indications de MM. Daguerre et Foucault.

22. M. Daguerre, tout en proscrivant le système du polissage des plaques proposé par MM. Belfied et Foucault, a indiqué néanmoins l’essence de lavande comme pouvant être substituée avantageusement à celle de térébenthine; cette modification, adoptée par M. Foucault, lui a permis de supprimer dans le poli l’emploi de l’alcool absolu, qu’il n’est pas facile de se procurer dans toutes les localités. Nous avons adopté nous-même le procédé ainsi simplifié, et toutes nos plaques sont polies exclusivement avec l’essence de lavande (i) et la ponce ou le tripoli. Rien de plus prompt et de plus facile que cette opération. On se conformera exactement à tout ce qui a été dit précédemment pour le premier temps du poli à l’essence de térébenthine; mais, arrivé au point où il faudrait étendre sur la plaque un mélange d’essence et d’alcool absolu, on se contentera d’y saupoudrer un peu de ponce ou de tripoli, et, avec un tampon de coton neuf, on frottera vivement, mais légèrement, en arrondissant; enfin, pour rétablir le poli transversal, on donnera un dernier coup en travers de la plaque, avec le même coton et un peu d’amidon en poudre très-fine.

(1) Depuis quelque temps nous avons adopté l’e6sen ce de bergamote. Nous évitons ainsi les inconvénients inhérents à l'odeur désagréable et très-persistante de l’essence de lavande» On pourrait également employer l’essence de citron, etc., etc.

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