Il y a un autre moyen de précipiter les métaux à peu
(1) 119. La transsudation des solutions métalliques à travers les poteries les mieux vernies, est un fait tellement inévitable, que nous engageons l'électro-métallurgiste à rejeter ces sortes de vases pour adopter généralement ceux en verre.
Il est bien entendu que cette observation ne s’applique en aucune façon aux tubes et cloisons en terre poreuse, qui sont employés pour contenir la solution acidulée et le zinc, précisément à cause de leur porosité.
de frais, quoique dans ce cas il faille y consacrer beaucoup de temps. Je veux parler de l’appareil de Daniell; mais au lieu de faire communiquer immédiatement le zinc et le métal négatif, j’en forme une batterie qui doit communiquer avec une autre cellule à décomposition, dans laquelle je mets un second morceau de métal qui joue le rôle de pôle négatif, et j’emploie comme pôle positif un morceau de cuivre. Le métal communique avec le zinc de la première cellule, et le cuivre communique à son tour avec le métal. De cette manière , avec 5oo grammes ( 1 livre) de zinc, j’obtiens i kilog. (2 livres) de cuivre. Cependant l’emploi de la seconde cellule présente des obstacles qu’on peut vaincre en se servant , dans la première cellule, d’un tube poreux d’un fort petit diamètre. Cet appareil extrêmement ingénieux a été imaginé par M. Mason, mais son usage s’est peu répandu, parce qu’il n’est p*as suffisamment connu.
122. Les dispositions nécessaires pour obtenir la précipitation des métaux doivent être réglées non-seulement sur la connaissance approfondie des moyens propres à produire la quantité et l'intensité du courant, mais encore sur leur application intelligente. L’intensité, comme nous le verrons plus loin, n’exerce pas une aussi grande influence sur les résultats, que celle qui provient de la quantité du fluide électrique; mais, daus la plupart des cas, l’intensité doit être plutôt grande que petite. En ce qui concerne l’électrotypie , cette intensité peut être augmentée de trois manières : i° en multipliant le nombre des séries ; 20 en employant des liquides suffisamment acidulés; 3° et enfin, ce qui est beaucoup plus convenable, en mettant le liquide de la cellule à décomposition dans les conditions les plus favorables au passage du courant. La quantité de ce dernier peut être accrue en augmentant le volume des plaques négatives de la pile; en augmentant la concentration de la dissolution acide; en employant un pôle positif plus grand dans la cuve à décomposition ; ou enfin en diminuant la distance qui existe entre cette dernière et la plaque négative. Chacun de ces moyens, séparément, suffit pour régler la quantité du courant électrique. Le moyen que j’emploie généralement pour précipiter la plupart des métaux, est l’augmentation ou la diminution de l’étendue du pôle positif; quelquefois je me sers, pour former ce dernier, d’un fil métallique très-fin, que je plonge de 2 à 3 millimètres ( 1 ligne à 1 ligne 1/2) dans le liquide.
153. Pour mesurer la quantilé exacte du courant électrique, on doit employer un galvanomètre , surtout pour les faibles courants; mais si on emploie l’appareil qui m’est propre, l’opérateur peut juger assez exactement de la quantité du courant électrique, d’après le dégagement d’hydrogène qui a lieu au pôle négatif.
Tous les instruments sont des causes d’embarras et d’ennuis pour le praticien ; cependant celui qui emploie ma batterie n’a besoin d’autres témoignages que ceux que l’hydrogène fournit à sa vue et à son oreille.
x 2 4 • La position dans laquelle on place la substance sur laquelle le dépôt métallique doit avoir lieu, produit dans certains cas , sur ce dépôt , un phénomène singulier ; en effet, si on place cette substance verticalement dans l’appareil, et surtout si sa partie supérieure est suspendue sur la partie inférieure de la plaque, il se formera une série de lignes qui présenteront, dans quelques cas, des cavités de plusieurs millimètres de profondeur. La cause de ceci peut être facilement expliquée : en effet, si on surveille l’opération pendant que la batterie fonctionne avec activité, on verra alors qu’à mesure que l’hydrogène réduit le métal de la dissolution, cette dernière devient incolore et pins légère que les parties du liquide environnantes. Cette partie incolore s’élève alors et produit un courant qui change de direction à chaque ascension ou à chaque obstacle. Ce courant s’étant ainsi formé une sorte de canal, augmente jusqu’à ce que les lignes aient acquis la profondeur indiquée. Cette circonstance nuit à l’épaisseur uniforme du dépôt, et ôte à la plaque sa valeur. On peut, jusqu’à un certain point, obvier à cet inconvénient en inclinant légèrement la plaque, ou , ce qui vaut mieux , en lui donnant une position horizontale. Ces lignes ne- se montrent pas quand le dépôt se fait très-lentement ( i ).
125. Le nouveau dépôt métallique peut quelquefois être enlevé avec la plus grande facilité; dans d’autres cas, il adhère si fortement à l’original, qu’il ne forme plus qu’un seul corps avec lui, et qu’on ne peut.parvenir à les séparer;
(i) 121. On n'a pas encore donné une explication satisfaisante du phénomène des stries ou raies qui se forment sur le métal pendant sa réduction; et quoiqu’il semble que ces raies soient plus disposées à se former sous l’influence d’un comnt énergique , ou n’en est pas pour cela exempt lorsqu’on emploie un courant faible. devons donc dire que, dans l’état actuel de la science, les causes qui donnent lieu à ces inégalités, sont encore inconnues, et, par une conséquence nécessaire, il n’est pas possible d’indiquer las moyens qui s’opposent à leur formation. Si. Gerlach est, jusqu’à présent, celui qui a essayé la meilleure explication du phégomène des raies. Nous renvoyons donc le lecteur à l'article publié par ce savant.
appareils pour la réduction DES MÉTAUX.
dans quelques cas il est nécessaire d’obtenir l’adhérence ou la non-adhérence de la copie à l’original, et quoique jusqu’ici ces résultats n’aient été que trop souvent l’effet du hasard, cependant il est de la plus haute importance de pouvoir produire l’une ou l’autre à volonté.
126. L’adhérenee et la non-adhérence dépendent de deux choses, savoir : i° de la couche d’air qui s’attache à la surface des métaux; 20 de la possibilité où se trouve cette couche d’air de se transformer en pôle et d’en remplir le rôle (35). Ces propriétés ont été examinées avec soin dans le 1er Livre, mais ici je dois indiquer leur application pratique.
Si un fragment de métal poli est plongé dans l’eau, il ne sera point mouillé, et c’est précisément dans cet état qu’on doit l’employer quand on ne veut pas que le dépôt y adhère.
Pour tirer parti de cette propriété, il faut plonger la plaque dans la dissolution et Compléter immédiatement le circuit. L’air paraît jouer, dans ce cas, le rôle de pôle et établir une séparation entre l’original et la copie. Il est inutile d’ajouter que la plaque ne doit être ni chauffée, ni frottée avec de la potasse ou de l’acide nitrique avant son immersion ; surtout elle ne doit pas rester un seul instant dans la dissolution acide avant que le circuit ne soit établi (1).
Quelquefois une ou plusieurs de ces précautions ayant été négligées, on voit survenir une adhérence partielle. S’il arrivait que cette adhérence eût lieu, on pourrait laisser la copie pendant 24 heures dans un lieu frais, jusqu’à ce qu’elle ait repris la température de l’air.
Les observations précédentes concernant la couche d’air qui revêt les métaux lorsqu’ils ont été exposés pendant un court espace de temps à l’air atmosphérique , se rapportent non-seulement à l’électrotypie, mais encore à beaucoup d’autres cas. L’application du calorique à une plaque du daguerréotype, avant qu’on ne la soumette à la vapeur de l’iode, est fondée sur le même principe, et tout autre moyen, parmi ceux que j’ai indiqués comme propres à nettoyer et décaper les plaques, sera aussi efficace.
127. Quand on veut tirer parti de la propriété opposée, en d’autres termes, quand ou veut faire adhérer le dépôt sur
(1) 126. Les causes de l’adhérence de la copie au modèle ont été étudiées dès l’origine de la galvanoplastie, et quoique les moyens proposés par SI. Smee, pour prévenir cette adhérence, soient en général suffisants, nous croyons qu on doit encore leur préférer les procédés usités par 51. Jacobi, et qui consistent à passer sur l’original une couche trèslégère d’une substance grasse, telle que l'huile, la cire, la stéarine, le suif, etc., que l’oa •nlève ensuite le plus possible en essuyant avec un linge fin. {Voyei note 225.)
58 LIVRE II. CHAFITRE 1.
l’original, on suit une marche contraire : ainsi, on chauffe le métal et on le plonge clans l’eau , ou bien on le frotte avec une dissolution de potasse caustique ou avec de l’acide nitrique étendu, puis on l’immerge dans la dissolution ; car alors, la surface étant parfaitement nettoyée, le dépôt se fait sur le mctal lui-même , et non point sur une couche d’air ou d’oxyde intermédiaire. Ce dépôt, dans ce cas, adhère si fortement à l'original, qu’on ne peut pas les séparer l’un de l’autre, comme ont pu le constater ceux qui, ignorant ces faits , ont plongé des plaques de cuivre d’une grande valeur dans des dissolutions acides, et les ont, en quelque sorte, ensevelies dans une masse de cuivre dont ils n’ont pas pu les détacher. Celui qui s’adonne à l’électro-métallurgie ne peut réussir dans ses opérations qu’à la condition non-seulement de connaître ces règles, mais encore de les mettre en pratique.
128. L’adhérence d’une plaque métallique à une autre plaque également en métal, ne doit pas être confondue avec les adhérences apparentes de la copie à l’original, provenaut d. ce que le cuivre s’étale au-delà des bords de ce dernier, et l'embrasse fortement. On peut remédier à ce petit inconvénient en enduisant les bords du modèle qui doit recevoir le dépôt métallique, avec de la laque ou de la graisse, ce qui empêche le dépôt d’y adhérer; il faut alors un temps considérable pour que les côtés soient recouverts par l’accroissement latéral.
129. L’accroissement latéral de la plaque est une propriété d’une grande importance , car si une particule de substance non conductrice est placée sur un métal, elle sera couverte par le dépôt ; de cette manière les dessins faits sur cuivre avec des vernis peuvent être reproduits. Si 011 veut copier une substance non conductrice à l’aide d’une légère couche de substance conductrice, une solution de continuité dans cette dernière n’empêchera pas d’obtenir une plaque parfaite; pour les mêmes raisons, il faut avoir soin qu’il n’adhère pas de bul- | les de gaz ou d’air à la plaque, car ces bulles se couvriraient d’une couche métallique et produiraient des inégalités sur la copie. On croira difficilement, au premier abord, qu’une bulle d’air puisse se recouvrir d’une couche de métal, tant la chose j semble extraordinaire : c’est pourtant là un fait avéré, et il est î même plus difficile d’éviter ce résultat que de l’obtenir (1).
(1) 129. L’enveloppement cl’unc bulle d’air sons une couche de métal n’a rien qui doive surprendre ; c’est un fait très-coipmun dans les arts, et les évents ou soufflures qui se rencontrent dans presque toutes les pièces de fonte , de fer ou de cuivre , ne sont pa* j dus à une antre cause.