‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 122 sur 171 · I NOTES SUR L’EMPLOI DU BROMOFORME · texte numérisé non relu

I NOTES SUR L’EMPLOI DU BROMOFORME

la plus grande réserve, et dans le seul désir de fixer l’attention des expérimentateurs.

» Réfléchissant à l’excessive minceur de la couche sensible, appréciée par M. Dumas à un millionième de millimètre , nous l’avons considérée comme étant diaphane, et par conséquent pénétrable aux rayons solaires dans toute son épaisseur; remarquant, en outre, qu’il est important que l’iodure d’argent ne soit pas converti en sous-iodure pour ] obtenir le meilleur résultat possible , nous sommes arrivés à conclure que la puissance photogénique des radiations lumineuses s’exerce dans un espace de temps pour ainsi dire in- | saisissable, peut-être même fort rapproché de l’instantanéité. L’image est donc dessinée sur la plaque dès les premiers moments de son exposition à la chambre noire, et si, à cet instant, rien ne se manifeste au mercure, cela ne peut tenir qu’à des causes particulières. En effet , il résulte de la théorie exposée dans une note précédente, que les diverses réactions | peuvent être représentées par les formules suivantes :

» Pour la réaction de la lumière sur l’iodure d’argent (AGI j étant la formule hypothétique du sous-iodure),

5 AGP = 2 AGI -f 3 AGP -f- 2 I ;

>» Pour celle de mercure sur l’iodure d’argent,

3 AGP -j- 6 HG= HG6 l6 -f 3 AG;

» Pour celle du proto-iodure de mercure sur le sous-iodure d’argent ,

2 AGI -f 6 HGI HG 4 l8 -j- 2HG 2 AG.

» Or, d’après ces formules, on voit que dans les clairs le sous-iodure devant être à l’iodure dans le rapport de 2 : 3 , il i n’est pas déraisonnable de soupçonner que cette proportion 1 est très-rapidement établie, et que la cause véritable de ralentissement se trouve dans l’iode mis en liberté par la lu- [ mière; car celui-ci devient un double obstacle à la rapidité j par sa tendance à reformer l’iodur-e, soit aux dépens du sousiodure, soit aux dépens de la plaque; et c’est précisément là que se trouve le principe de la promptitude de l’opération ; car si l’on considère le temps nécessaire à la production d’une épreuve comme formé essentiellement de deux éléments, l’un P regardant la décomposition de Tiodure, l’autre l’absorption de f l’iode; si l’on fait le premier nul, à cause de sa faible valeur,

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le deuxième représentera évidemment le temps exigé pour la formation de l’image (i).

» Pour activer le travail de la lumière, il s’agit donc de rendre le plus court possible, le temps nécessaire à l’absorption de l’iode ; or , tel est le rôle que nous semblent jouer les substances accélératrices, dont la puissance est due à trois causes: leur mélange intime avec l’iodure, leur affinité pour l’iode, enfin l’état naissant dans lequel se présente ce dernier.

» Mais comment le brome adhère-t-il à la plaque, et à quel état s’y trouve-t-il ? Nous avons vu qu’on peut regarder une plaque iodurée comme retenant toujours de l’iode libre; dès lors on comprend facilement ce qui doit se passer; ce même iode libre, en effet, est très-propre à retenir le chlore ou le brome, il se sature donc de leurs vapeurs qui peuvent ainsi demeurer sur la plaque, se mêler intimement à l’iodure, et devenir d’autant plus efficaces qu’elles constitueront un composé plus riche en brome ou en chlore.

» Or, une conséquence à tirer de cet exposé, c’est que moins il y a d’iode libre sur une plaque, moins il y a de brome absorbé, l’expérience vient confirmer cette conjecture. Telle plaque qui , dans l’état normal , peut être exposée aux vapeurs du brome pendant dix-huit secondes, s’en trouve saturée même après trois secondes, quand on la prive, autant qu’il est possible, de son iode libre.

» Une autre conséquence à déduire de ce qui précède, conséquence très-importante, puisqu’elle a son côté pratique, c’est qu’il n’est pas nécessaire qu’une substance puisse former avec l’argent un composé impressionnable pour contribuer à l’accélération de l’effet photographique; bien au contraire, il est utile, il est mieux que cette substance n’ait aucune affinité pour ce métal. On voit donc que le champ de recherche s’élargit considérablement , et que l’on n’est plus tenu à rester dans Te cercle étroit du brome et du chlore, pour aviser au moyen de rendre l’opération plus rapide.

» Néanmoins le brome remplit très-bien ce but; mais on conçoit de suite que la combinaison formée n’est pas tellement stable , que les deux corps qui la composent ne puissent encore tendre à s’unir à l’argent, ce qui doit nécessairement apporter un certain retard à la manifestation de l’image : nous

(n'.) S'il était constant que l'image fût formée presque instantanément dans la chambre noire, l'action des verres continuateurs ne serait-elle pas plutôt, dans le cas qui nous •occupe, une action protectrice, en déterminant l’élimination de l’iode, soit par l’évaporation, soit par un tout autre mode d'action analogue à cette explication.

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avons donc pensé que la vitesse s’accroîtrait si l’on pouvait donner à ce composé une plus grande fixité, et fournir à la plaque, d’une manière indirecte, une plus forte dose de brome ou de chlore.

» Les moyens dont nous nous servons consistent à faire arriver sur la plaque certaines substances que nous allons désigner; seules, elles n’agissent pour la plupart que faiblement, elles n’atteignent le maximum de puissance que lorsqu’elles sont mélangées au brome ou au chlore, et ceci se conçoit, car nous avons vu qu’il faut un corps déjà préexistant sur la plaque pour retenir les substances accélératrices; or, les composés que nous employons , n’ayant pas assez d’affinité pour l’iode, ne peuvent s’y unir directement: il faut donc se servir du brome ou du chlore comme de véhicules : jils se trouvent, dès-lors, entraînés avec eux, et restent sur la plaque où ils agiront plus tard, comme nous l’avons dit, et sans doute encore par voie de double décomposition.

» Les substances qui nous ont paru offrir le plus d’accroissement de rapidité, sont: l’hydrogène, le phosphore, et parti- (culièrement le carbone.

j) L’action de l’hydrogène peut se vérifier au moyen d’un simple mélange de brome et d’acide brômhydrique; celle idu carbone, en ajoutant par portions à io grammes (2 gros I1/2 ) de brome, environ 3 grammes (1 gros) de bromure d’hydrogène bi-carboné, ou d’éther brômhydrique: il est évident que ces deux corps peuvent être remplacés par une nombreuse série de substances organiques ; tous les carbures d’hydrogène remplissent le même but : les résines, la plupart des huiles essentielles, l’eupion et presque tous les produits de la distillation des matières végétales, l’huile de naphte , etc. , peuvent être ajoutés au brome avec le plus grand avanage ; mais on voit que , dans ce cas , il y a formation d’acide jrômhydrique qui n’est pas nuisible, à la vérité , mais dont les iapeurs blanches très-abondantes peuvent être désagréables. 3n peut éviter cet inconvénient en se servant de bromure de carbone pur ajouté au brome, ou simplement en projetant dans pgrainmes(i gros 22 grains) de brome, 2 grammes (1/2 gros) ffiodoforme ; il se forme du bromure de carbone et du perprômure d’iode en proportions convenables. Un autre moyen Consiste dans l’emploi du brome dissous dans du brômal ; sans [chercher à se procurer du brômal pur, on atteint le même Résultat en versant dans 5 grammes (1 gros 2 2 grains) de brome ,

quelques gouttes d’alcool anhydrique; il y a formation debrô ' mal et d’huile brômalcoolique, avec un excès de brome néces-j saire. L’alcool peut encore ici être remplacé par nombre dd substances qu’il est mutile d’énumérer ; nous citerons seule- ! ment les huiles grasses et siccatives, la plupart des graisses, j l’esprit de bois et sans doute les nombreuses combinaisons dui méthylène, l’esprit pyroacétique et pyroligneux , etc. Enfin! le cyanogène donne quelque accroissement de vitesse.

» Des résultats satisfaisants sont aussi obtenus par le mélange de plusieurs de ces substances, et la présence de l’oxy-i gène, dans la composition de quelques-unes d’entre elles, pa-i raît favoriser la réaction plutôt que la ralentir. Plusieurs personnes semblent avoir remarqué parfois des variations irrégulières dans l’emploi du brome : ne pourrait-on pas expliquer ceci par la production accidentelle d’acide brômhydrique ou de brômal?

» On arrive, par ces moyens, à prendre une vue en moins de deux secondes; toutefois, il faut remarquer que cette ra-| pidité est calculée d’après un appareil pour grande plaque e, à long foyer, de M. Charles Chevalier : il va sans dire qu’elle serait toute autre, si l’on faisait usage d’appareils àcourtfoy ; ou d’ouverture de diaphragme exagérée.

» Quant au mode d’emploi de ces composés, il paraît probable qu’ils- peuvent être mis en usage par les moyens ordinaires, c’est-à-dire en les prenant à l’état de dissolution dans; l’eau ou l’alcool; nous ne l’avons pas essayé, mais nous don- i nons ici la manière suivant laquelle nous avons toujours em-ii ployé le brome, et que nous avons préférée à cause des avan-i tages quelle offre sous le rapport de la célérité et de l’extrême simplicité; elle consiste à prendre les substances accéléra-; trices à l’état gazeux; pour cela, il suffit d’avoir à sa disposition une petite pompe graduée de la capacité de 0*01, terminée i par un tube capillaire , et un flacon de o1 02 dans lequel on a introduit, une fois pour toutes, 20 à 2 5 gram. (5 à 6 gros] de la substance dont on a fait choix. Quand on veut prendre ; une vue, il suffit d’introduire dans le flacon le tube capillaire] de la pipette, et de pomper environ un demi-centilitre de la vapeur répandue dans le flacon, puis d’injecter cette vapeur] dans la boîte à brome, au moyen d’une petite ouverture qu’on j ferme ensuite. La boîte que M. Foucault a imaginée, pour l’emploi de l’eau brômée, convient parfaitement pour cel.il usage. Le temps d’ioder la plaque est ensuite suffisant pour

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