DU LAVAGE ET DU FIXAGE DES ÉPREUVES
ARTICLE Ier. — du lavage A l’hyposulfite.
Formule de M. de Brébisson , 86. — Lavage sans eau distillée , 87. — Manière de laver, 88. — Moyens de séchage, 89. — Préparation de l’hyposulfiie de soude, 90.
86. On sait que le lavage a pour but de débarrasser l’épreuve de la couche soluble d’iode qui se trouve à sa superficie. Ce lavage avait lieu autrefois au moyen d’une solution de sel marin (hydrochlorate de soude) ou d’hyposulfite de soude. Le premier moyen est aujourd’hui à peu près abandonné.
M. de Brébisson a indiqué une nouvelle formule de solution d’hyposulfite de soude qui l’emporte de beaucoup sur l’ancienne. On prend :
Hyposulfite de soude. . tl!\. gram. (6 gros).
Eau distillée . il\o gram. (7 onces 6 gros).
Alcool à 36° . 90 gram. (3 onces).
L’hyposulfke de soude est d’abord dissous dans l’eau, on ; ajoute ensuite l’alcool en agitant le flacon pour faciliter le mélange, qui sera ensuite filtré au papier.
Cette dissolution a en outre l’avantage de servir à nettoyer les plaques iodées et noircies par une longue exposition à la lumière. Elle est très-économique, en ce qu’il n’est pas nécessaire d’y plonger la plaque; il suffit d’en verser dessus jusqu’à ce quelle en soit entièrement recouverte. La dissolution peut, en outre, servir un grand nombre de fois , pourvu qu’on ait soin de la filtrer après chaque opération.
87. Le lavage des petites plaques à portrait pe,ut être fait à froid , et sans eau distillée. On la remplacera sans inconvénient par de l’eau ordinaire filtrée, ou mieux encore par de l’eau de pluie recueillie proprement et filtrée avec soin.
Quant aux grandes plaques, on se conformera à l’instruction de M. Daguerre, et l’eau distillée devra nécessairement être employée.
88. Voici maintenant la manière de procéder au lavage: la plaque sera d’abord immergée d’un seul coup dans une assiette contenant de l’eau pure. Au bout de quelques instants on la plongera dans une autre assiette où l’on aura mis la solution d’hyposulfite ; enfin, on agitera légèrement cette assiette pour faciliter la dissolution de l’iode. Ensuite la plaque sera de nouveau lavée à grande eau, et l’on pourra procéder au séchage en se conformant à ce qui est prescrit au numéro suivant.
Ceci s’applique toujours aux plaques de petite dimension ; les grandes plaques seront lavées au moyen de bassines et d’un égouttoir (PL I ,fig. 10), et toujours à chaud.
89. C’est surtout lorsque le lavage est opéré à froid, qu’on a besoin d’un moyen rapide de sécher la plaque. Voici celui que recommande M. de Brébisson : la plaque est d’abord fixée sur une espèce de fourchette à deux branches, formée de deux fils de laiton étamés et fixés dans un manche de bois, s’écartant en forme de V, et terminés par un crochet très-court pour retenir la plaque dans une position inclinée. On la promène ainsi sous un angle de 3o à 45° au-dessus de la flamme d’une lampe à esprit-de-vin, en commençant par chauffer l’angle supérieur et en descendant successivement jusqu’au bas. Une portion de l’eau s’évapore tandis que l’autre s’écoule par la partie la plus déclive. La fourchette de de Brébisson est yeprésentée fig. 8 et S bis, PL ï.
S’il arrivait que, par l’effet de la dessiccation, la plaque pré-
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sentât quelques taches, on y remédierait quelquefois en la plongeant de nouveau dans l’eau filtrée, ou mieux distillée. On procéderait ensuite à un nouveau séchage. Lorsque la plaque doit être fixée au chlorure d’or, on ne la sèche qu’après cette dernière opération.
go. Préparation de V hyposulfite de soude. — En faveur des personnes qui ne seraient pas à portée de se procurer facilement ce produit, nous donnons ici un moyeu simple de le préparer.
L’hyposulfite de soude, qu’on emploie aujourd’hui en assez grande quantité dans la photographie, peut être préparé eu grande masse et en peu de temps par le moyen bien simple que voici :
On fait sécher du carbonate de soude pur cristallisé aussi complètement qu’il est possible, puis après l’avoir pulvérisé finement, on en mélange 5oogr. (1 livre) avec i5ogr. (5 onces) de fleur de soufre : on chauffe le mélange dans une capsule de verre ou de porcelaine jusqu a ce que le soufre entre en fusion. La masse compacte qu’on obtient ainsi est, toujours en lui conservant sa chaleur, concassée, retournée et remuée, afin de la mettre dans tous ses points en contact avec l’atmosphère. Le sulfure de sodium qui s’est formé ainsi est, dans ces circonstances, en s’emparant de l’oxygène de l’air et sous l’influence d’une faible calcination , transformé en sulfite de sodium. On dissout ce dernier dans l’eau, on enlève par filtration le fer qui s’est séparé, et on fait bouillir de nouveau la liqueur avec des fleurs de soufre; après la filtration on obtient une liqueur presque incolore, fortement concentrée, qui donne de l’hyposulfite de soude très-pur en beaux cristaux et en grande quantité.
Si on chauffait trop rapidement le mélange, il pourrait aisément se brûler un peu de soufre , et par conséquent il resterait du carbonate de soude qui, n’ayant pas été décomposé, souillerait l’hyposulfite lors de la première cristallisation du sel; mais le mal n’est pas grand, et une nouvelle cristallisation suffit pour l’obtenir aussi pur qu’il est nécessaire pour le besoin de la photographie.