‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 133 sur 171 · ARTICLE II. — DU FIXAGE AU CHLORURE D OR · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — DU FIXAGE AU CHLORURE D OR

Avantages du fixage au chlorure d'or, 91. — Procédé de M. Fizeau, 92. — Modifica-» tion de M. Gaudin , 93. — Remarques générales , 94, — Sel d’or de MM. Fordos et Gélis, 95. — Préparation du chlorure d’or, 96. — Autres moyens de fixer les épreuves, 97. — Support à cblorurer de M. Ch. Chevalier, 9S.

91. Il nous reste à parler d’une des plus belles découvertes qui aient été faites en photographie : le fixage des épreuves au chlorure d’or, inventé par M. Fizeau, que nous avons déjà eu occasion de citer. Grâce à cette merveilleuse préparation , les épreuves daguerriennes, débarrassées de ce miroitage fatigant qui les déparait, ont acquis une vigueur, une netteté et une solidité jusqu’alors inconnues. Cesavantages ressortiront d’une manière surprenante, si l’on compare ensemble deux épreuves obtenues l’une par l’ancien et l’autre par le nouveau procédé; la première, d’un ton gris bleuâtre, paraîtra exécutée sous un1 ciel brumeux et glacial, tandis que l’autre, par 1 l'ichesse et la chaleur de ses teintes, semblera appartenir à la chaude atmosphère et au beau ciel des contrées méridionales.

Mais un autre avantage du fixage au chlorure d’or est de rendre les plaques qui ont subi cette préparation bien plus inaltérables par le frottement, au point qu’elles peuvent être conservées dans un portefeuille.

92. Voici d’abord le procédé deJVl. Fizeau, tel qu’il l’a présenté à l’Institut.

« Depuis la publication des procédés photogéniques, tout le monde, et M. Daguerre le premier, a reconnu que quelques pas restaient encore à faire pour donner à ces merveilleuses images toute la perfection possible; je veux parler de fixer les épreuves et de donner aux lumières du tableau plus d’intensité.

» Le procédé que je soumets à l’Académie me paraît destiné à résoudre en grande partie ce double problème ; il consiste à traiter à chaud les épreuves par un sel d’or préparé de la manière suivante :

» On dissout t gramme (18 grains) de chlorure d’or dans un demi-litre d’eau pure , 3 grammes (56 grains) d’hyposulfite de soude dans un demi-litre d’eau pure (i). On verse alors la

(1) 92. Ces proportions ne réussissent qu’avec des produits très-purs, M. Fizeau a indiqué les proportions suivantes, qui réussissent plus constamment avec les produits du commerce : 1 gramme j( 18 grains) de chlorure d’or dans 800 grammes ( 1 livre 10 onces) d’eau, et 4 grammes (l gros) d’byposultite de soude dans 200 grammes (6 onces 4 gros) d’eau.

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dissolution d’or dans celle de soude, peu à peu et en agitant; la liqueur mixte , d’abord légèrement jaunâtre , ne tarde pas jià devenir parfaitement limpide. Elle paraît consister alors en un hyposulfite double de soude et d’or, plus du sel marin qui ne paraît jouer aucun rôle dans l’opération.

» Pour traiter une épreuve par ce sel d’or, il faut que la surface du plaqué soit parfaitement exempte de corps étrangers, et surtout de corps gras; il faut, par conséquent, qu'elle ait été lavée avec quelques précautions que l’on néglige lorsque l’on veut s’arrêter au lavage ordinaire.

j » La manière suivante réussit le plus constamment. L’épreuve étant encore toute iodée, mais exempte de poussière et Jde corps gras sur les deux surfaces et les épaisseurs , on verse quelques gouttes d’alcool sur la surface iodée : quand l’alcool la humecté toute la surface, on plonge la plaque dans la basisine d’eau, puis de là dans la solution d’hyposulfite. Cette solution doit être renouvelée à chaque épreuve, et contenir environ une partie de sel pour quinze d’eau ; le reste du lavage s’effectue comme d’ordinaire, seulement l’eau de lavage doit, autant que possible , être exempte de poussière.

» L’emploi de l’alcool a eu simplement pour but de faire adhérer parfaitement l’eau à toute la surface de la plaque, et d’empêcher qu’elle ne se retirât sur les bords au moment des diverses immersions, ce qui produirait infailliblement des taches.

« Quand une épreuve a été lavée avec ces précautions , fûtelle fort ancienne, le traitement par le sel d’or est de la plus grande simplicité : il suffit de placer la plaque sur le châssis en fil de fer qui se trouve dans tous les appareils ( fig . 9 , P/. I), de verser dessus une couche de sel d’or suffisante pour que la plaque en soit entièrement couverte, et de chauffer avec une forte lampe; on voit alors l’épreuve s’éclaircir et prendre, en une minute ou deux, une grande vigueur. Quand l’effet est produit, il faut verser le liquide, laver la plaque et faire sécher.

» Dans cette opération , de l’argent s’est dissous, et de l’or s’est précipité sur l’argent et sur le mercure, mais avec des résultats bien différents. En effet, l’argent, qui, par son miroitage forme les noirs du tableau, est en quelque sorte bruni par la mince couche d’or qui le couvre , d’ou résulte un renforcement dans les noirs; le mercure, au contraire, qui, à l’état de globules infiniment petits, forme les blancs, aug-

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mente de solidité et d’éclat par son amalgame avec l'or : de là une fixité plus grande et un remarquable accroissement dans les lumières de l’image. » '

93. M. Gaudin a modifié ainsi qu’il suit la méthode de M. Fizeau.

Quand la couche d’iodure d’argent a été complètement en- 1 levée par l’hyposulfite de soude , ce que l’on reconnaît lorsque I la plaque paraît blanche au reflet d’un corps blanc, on lave j cette plaque à grande eau des deux côtés en la tenant à la main par un de ses angles. La plaque, encore couverte d’eau, sauf le revers et les bords qu’on a soigneusement essuyés, est placée sur le support horizontal en fil métallique, représenté firj. 16, PI. I (1), on verse alors à sa surface la dissolution! de chlorure d’or. On chauffe ensuite modérément avec une lampe, jusqu’à ce que l’épreuve se soit obscurcie sur toute sa surface ; à ce moment on suspend , ou du moins on modèi l’action du feu. Mais, dès que l’image commence à s’éclaircir, 1 011 chauffe de nouveau, jusqu’à ce que l’épreuve paraisse sa- j tisfaisante , ou que la naissance des taches ou des bulles de vapeur force l’opérateur à arrêter le feu. O11 lave alors l’épreuve à grande eau des deux côtés, puis, la saisissant par un des coins inférieurs , on sèche à la lampe un des coins supérieurs qu’on saisit à son tour. On lave de nouveau l’épreuve à grande eau, évitant que cette eau touche aux doigts qui tiennent la plaque. Enfin, on sèche peu à peu l’épreuve à la lampe, en commençant par le haut et en soufflant légèrement pour activer l’évaporation du liquide. Par ce moyen , on réussit à fixer des épreuves en les lavant à l’eau ordinaire filtrée et froide, sans qu’il en résulte aucune tache.

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