COPIE DES GRAVURES ET DESSINS
suffit de faire mouvoir un seul pied pour obtenir toutes les inclinaisons désirables. Le mouvement à pivot de la tablette permet de braquer l’instrument dans toutes les directions, et de le fixer invariablement au moyen de l’écrou à oreilles placé en dessous.
Lorsqu’on a terminé les opérations photographiques, on enlève les vis qui maintiennent la chambre noire; et, après avoir desserré les vis de pression qui servent de pivots aux jcylindres^ on réunit les pieds en un seul faisceau qui est maintenu par une petite courroie. Quant à la planchette, elle se renferme dans le sac en cuir et pourrait au besoin se placer dans la poche.
«Tel est le pied qui, au premier abord, peut paraître compliqué, mais qui est réellement d’une simplicité remarquable. Aucun autre instrument de ce genre n’est plus solide ni plus léger.
Nous pensons qu’il sera bientôt généralement employé pour j;le plus grand nombre des instruments d’optique et surtout jpour toutes les opérations que l’on exécute en pleine campagne. Le capitaine Bazill-Hall en fait constamment usage pour dessiner à la chambre claire.
Notre petit appareil pour quart ou demi-plaque n’exige pas une description spéciale. Sa construction diffère peu de celle du daguerréotype de M. Séguier. Nous y avons seulement appliqué le mouvement à crémaillère et notre objectif modifié, de manière à reproduire le portrait ou le paysage, sans pièces de rechauge et avec la même netteté.
§ III. COPIE DES GRAVURES ET DESSINS PAR LE SIMPLE CONTACT ET SANS LE SECOURS DE LA CHAMBRE NOIRE.
Ce procédé, qui n’offre aucune difficulté, est infiniment commode dans une foule de circonstances, par exemple, lorsqu’on veut reproduire un dessin ou une gravure, exactement dans les mêmes proportions que l’original. Il peut être assimilé au procédé que les graveurs appellent décalcage , et, sous ce rapport, il pourra leur être d’une grande utilité, puisque, sans altérer le modèle, ils auront la facilité de transporter un dessin , une gravure, etc. , sur une planche métallique, autant de fois qu’ils le voudront.
Pour arriver à ce résultat, il suffit de se procurer une plajque de doublé d’argent de mêmes dimensions que la gravure à reproduire. Cette plaque sera polie , iodée, brômée , comme
à l’ordinaire. Lorsqu’elle aura reçu la couche sensible, on y appliquera, dans l’obscurité, la gravure que l’on veut copier, de manière à ce que la surface de cette gravure soit en contact avec la couche iodée et brômée de la plaque. On placera alors par-dessus la gravure une feuille de verre bien plane, de dimensions convenables , et destinée à assurer le contact parfait de la gravure avec la plaque, sans néanmoins intercepter l’action lumineuse à laquelle on va soumettre le tout. Ces dispositions prises, on enlèvera en même temps avec les deux mains la plaque, la gravure et la feuille de verre que l’on maintiendra serrées l’une contre l’autre; on les présentera alors à la lumière diffuse, pendant 5 à i5 secondes, suivant l’intensité de l’éclairage. Au soleil, 2 à 5 secondes seraient suffisantes. On reportera alors le tout dans l’obscurité , on enlèvera avec précaution le verre et la gravure , la plaque sera soumise aux vapeurs mercurielles , et si l’on a opéré avec èoit f l'image ne tardera pas à paraître. Lorsqu’elle aura pris tout son effet , on pourra la laver et la fixer par les moyens ordinaires.
§ IV. REPRODUCTION GALVANIQUE DES EPREUVES DAGUERRIENNES, PAR M. CH. CHEVALIER.
La reproduction galvanique des épreuves daguerriennes est vraiment une des expériences les plus curieuses que l’on puisse faire. Mouler, au moyen du fluide galvanique, un dessin tracé par la lumière, voilà un problème qu’il n’eut pas été prudent de proposer jadis; il est vraiment heureux que MM. Niepce , Daguerre , Spencer et Jacoby n’aient pas fait leurs découvertes quelques siècles plus tôtj, heureux du moins pour ces messieurs, car on a trop souvent fait périr dans les flammes des infortunés qui , certes, avaient bien moins de droits au martyre scientifique.
Je ne saurais rendre la surprise que j’éprouvai la première fois que je réussis à reproduire une épreuve photogénée, au moyen du galvanisme ! L’idée de cette expérience me vint en cherchant un objet propre à être placé dans l’appareil représenté fig . 17, PL II; ne trouvant ni médaille, ni empreinte, j’imaginai de souder une petite épreuve daguerrienne au conducteur de l’appareil; je croyais vraiment sacrifier l’épreuve et n’obtenir tout au plus qu’une feuille de cuivre bien plane. Le lendemain, en présence de MM. Richoux et de Kramer, je détachai les deux plaques, et nous trouvâmes sur le cuivre une contre-épreuve parfaite de l’original. Ces