‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 151 sur 171 · REPRODUCTION DES ÉPREUVES DAGUERRIENNES · texte numérisé non relu

REPRODUCTION DES ÉPREUVES DAGUERRIENNES

détails paraîtront peut-être inutiles, mais j’ai cru devoir les donner, parce qu’on a cherché à me contester la priorité de cette idée, et que tout en l’estimant à sa juste valeur, je ne me trouve pas assez riche en pareille matière , pour me laisser dépouiller sans réclamer justice au tribunal de la publicité.

Dans ma brochure sur le daguerréotype, j’ai décrit l’appareil dont je faisais usage d’après les conseils de M. de Kramer ; c’est une pile simple dans laquelle l’objet à reproduire est substitué à la plaque de cuivre ou négative ; en un mot, c’est l’appareil de Spencer, simplifié et disposé d’une manière plus commode à l’opération. Aujourd’hui je me sers de préférence L de la pile de Daniell et de l’auge à décomposition; cet appajl reil composé permet de suivre plus commodément les progrès de l’opération et de régler à volonté l’action du fluide ; le cuivre que l’on obtient étant plus fin, plus homogène, les épreui ves ont plus d’éclat et une finesse de tons remarquable ; je |! décrirai donc ce dernier procédé; les personnes qui voudraient [ii faire usage de l’appareil simple, auront recours à l’ouvrage | précité (1).

ILa pile de Daniell est composée : i° d’un vase de verre ou de porcelaine; 20 d’un cylindre de cuivre que l’on place dans Je vase précédent; 3° d’un tube poreux fermé à une de ses extrémités, et que l’on nomme diaphragme ; 4° d’un bâton de zinc amalgamé, placé dans le diaphragme, Deux tiges de cuivre, portant des vis de pression, sont fixées, l’une au cylindre de cuivre, l’autre au bâton de zinc, et servent à assujettir les | conducteurs dont je parlerai bientôt. [Voyez la description de | cette pile, pages 23, 24, 17 1, 172.)

La cuve à décomposition est tout simplement un vase assez I grand pour contenir facilement l’objet à reproduire et un j anode de cuivre de mêmes dimensions que cet objet. Elle 1 peut être formée de verre , de porcelaine ou de bois revêtu intérieurement d’un mastic imperméable [pages 53 et 190).

* Lorsqu’on veut reproduire une épreuve , on commence par préparer une solution concentrée de sulfate de cuivre, en versant de l’eau chaude sur une assez grande quantité de cristaux de ce sel , et en agitant le liquide avec une baguette de ! verre , jusqu’à ce que l’eau ne dissolve plus de sulfate. Il faut environ 2 kilogrammes (4 livres) d’eau chaude pour dissoudre 5 00 grammes (1 livre) de sei.

il (1) Nouvelles Instructions sur l’usage du Daguerréotype , etc. Voir aussi M. Sasee , ji Nos 247 à 261.

Quand la solution est préparée, on en remplit le vase extérieur P [page 173), de la pile, et l’on verse dans le diaphragme T une solution également saturée de sel commun (r).

Il faut maintenant disposer les conducteurs et l’objet qu’on veut reproduire. Après avoir fixé un fil de cuivre d’environ 1 millimètre (1/2 ligne) de diamètre, à la face postérieure de l’épreuve, on revêt exactement de cire fondue toute cette face et la moitié du fil conducteur; on soude un second fil métallique de longueur et de diamètre égaux à ceux du précédent , à une plaque de cuivre qui doit avoir les mêmes dimensions que l’épreuve photogénée. Au moyen des deux vis de pression vv de la figure page 173,011 fixe le conducteur de l’épreuve au bâton de zinc, et celui de l’anode au cylindre de cuivre ; mais il faut surtout disposer les fils métalliques de manière que les deux plaques soient exactement en regard l’une de l’autre et bien parallèles. Les nouveaux conducteurs à vis de pression que j’ai fait construire , permettent de placer convenablement les plaques, sans qu’il soit nécessaireMe tordre les conducteurs, dont l’élasticité est souvent un obstacle assez difficile à surmonter.

Lorsque les plaques sont fixées dans la position qu’elles doivent occuper, on retire du diaphragme le bâton de zinc, et après avoir rempli l’auge à décomposition O, page 173, de solution de sulfate de cuivre, on y plonge la plaque de cuivre, puis on replace le bâton de zinc dans le diaphragme , et l’épreuve daguerrienne dans l’auge, absolument dans la position qu elle occupait vis-à-vis de l’autre plaque.

Le courant électrique s’établit aussitôt; en un instant, toute la surface de l’épreuve est couverte d’un voile de cuivre d’un rose orangé brillant.

Après vingt-quatre heures de séjour dans l’appareil, l’épreuve est ordinairement revêtue d’une feuille de cuivre assez épaisse pour qu’on puisse la détacher sans crainte; néanmoins cette opération exige certaines précautions. <

Quand on juge que le cuivre est assez épais, on retire l’épreuve de l’appareil, on la lave à grande eau sous le robinet d’une fontaine, et on la sèche exactement dans un linge fin ou dans plusieurs doubles de papier brouillard. Il faut ensuite couper, avec de bons ciseaux, les quatre bords du métal, puis

(1) On peut employer l’eau acidulée par l’acide sulfurique, mais je préfère l’eau salée, dont l’action moins énergique donne de meilleurs résultats; les commençants surtout doivent éviter l’emploi de l'acide.

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Introduire entre les deux plaques une lame de couteau , et } xercer en différents points de légères pesées, de manière à i étacher la copie de l’original. Quand cette opération est ! xécntée avec soin et que la séparation a lieu sans accident , u obtient non-seulement une copie parfaite, mais encore l’oliginal peut être reproduit de nouveau et donner une épreuve jout aussi belle que la première.

I Si l’on craignait d’endommager l’épreuve en la coupant , pn pourrait l’éviter de la manière suivante: j’ai recommandé le revêtir la face postérieure de la plaque daguerrienne, d’une touche de cire fondue ; il est facile de former, sur le bord de fa face opposée, un petit filet ou cordon de matière grasse, qui s’opposera au dépôt du cuivre , de manière qu’il suffira le détruire ce filet et de glisser la lame de couteau sous la ;opie pour la détacher de l’original avec la plus grande facilité.

I II ne faut pas tarder à mettre la copie galvanique sous verre, sans quoi le cuivre s’oxyderait, et l’épreuve perdrait tout son éclat.

I Je vais maintenant indiquer quelques précautions qu’il faut prendre pour réussir; je signalerai en même temps les causes d’insuccès et les moyens d’y obvier.

i° La solution de sulfate de cuivre doit être employée à [l’état de pureté dans l’auge à décomposition ; quand on aura [lacquis l’habitude des expériences galvaniques , on pourra ajouter au liquide des substances qui augmenteront sa conductibilité ; mais, en commençant, je le répète , il faut employer la solution pure. Il n’en est pas de même de celle que contient la pile de Daniell , parce qu’on n’y plonge pas les objets à reproduire, et que , par conséquent , on ne craint pas de les voir attaqués par des acides. Ce liquide est d’ailleurs destiné à exciter l’action électrique et à servir de conducteur au fluide; donc, comme il est nécessaire , dans certains cas, d’excjter la batterie avec énergie, et que toujours il faut faciliter la transmission du fluide galvanique, on peut ajouter, à la solution de sulfate , environ un tiers de son volume d’acide sulfurique étendu d’eau suivant une proportion de huit parties d’eau pour une partie d’acide.

On filtrera avec soin la solution de sulfate avant de la verser dans l’auge à décomposition , car les parcelles de matière étrangère qui flottent dans le liquide, pourraient se déposer sur l’épreuve et altérer la pureté de la copie.

On n’a pas besoin de prendre les mêmes précautions pour s eau salee. La solution de la pile doit être maintenue à l’état de saturation ; il faut donc jeter de temps en temps quelques cristaux dans le fond du vase et en placer sur une petite tablette circulaire disposée dans ce but à la partie interne et supérieure du cylindre de cuivre.

2 Chaque fois qu on a terminé une épreuve, il ne faut pas oublier de vider le diaphragme et de le plonger dans l’eau , où on le laissera séjourner jusqu’à ce que tous les sels qui ont pu le penetrer so.ent complètement dissous. Si quelques végétations de cuivre s étaient formées à la partie inférieure du tube poreux, on les en détacherait avec soin. 1

i 3i° ,V°lcj k lïlanière d’amalgamer le zinc. Mettez quelque I globules de mercure dans un petit vase, ajoutez-y un peu i deau et d acide sulfurique , et après avoir agité ce mélange avec une baguette de verre, trempez-y une brosse avec laquelle vous frotterez fortement le bâton de zinc. Quelques parcelles de mercure enlevées par la brosse s’amalgameront bientôt avec le zinc qu’il suffirade frotterjusqu’à ce que toute sa superficie soit bien brillante. On le lavera exactement dès que 1 expérience sera terminée, et souvent il ne sera pas nécessaire de 1 amalgamer de nouveau pour une autre opération 4 Quelquefois on remplace la cire fondue par un vernis compose de cire à cacheter ou de gomme laque dissoute dans «te I alcool ; il faut alors avoir soin que le vernis soit bien épais et en revêtir exactement toutes Iesparties que i’on veut mettre a 1 abri du dépôt de cuivre.

5° On ne saurait veiller avec trop d’attention à ce que les conducteurs et les vis de pression soient toujours parfaitement propres; la moindre oxydation, ou la présence d’une couche de corps gras, suffirait pour entraver l’opération. Je recommande également de serrer avec force les vis de pression, parce que plus le contact métallique est intime, mieux s’opère la transmission du fluide.

6° Quelques lecteurs pourraient peut-être se rappeler difficilement la disposition respective de la plaque de cuivre et de l epreuve; 1 incertitude à cet égard sera impossible lorsqu ils sauront que toujours l’objet à reproduire doit être fixé au zinc, et la plaque de cuivre au cuivre de la batterie. Cette plaque est destmee a remplacer le cuivre de la solution contmuellement appauvrie par suite du dépôt métallique qui s’efiectue sur 1 epreuve daguerrienne ; elle s’usera donc, et il faudra la remplacer aussitôt.

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