LIVRE ilî
quel on veut appliquer la dorure, doit être bien nettoyée et dépouillée d’air, soit en le plaçant dans de l’acide nitrique, ou dans une dissolution de potasse, soit enfin en le plongeant dans un acide , après l’avoir soumis à l’action du calorique. Le dépôt métallique s’effectuera d’autant mieux que la surface du corps sera plus unie; car une surface rugueuse n’est pas propre à faire réussir cette sorte d’opération , attendu que l’hydrogène a une grande tendance à se dégager pendant qu’on la pratique. Lorsque le métal qu’on veut dorer n’est pas de nature à décomposer la dissolution d’or, on peut donner à celle-ci plus de force; lorsqu’au contraire le métal (comme l’argent et le cuivre) agit sur cette dissolution, il faut qu’elle soit plus faible. La force du courant électrique doit varier suivant ces circonstances, mais en général son intensité doit être peu considérable.
ig4. Pour obtenir la dorure , De la Rive emploie une seule batterie, c’est-à-dire un tube poreux qui fait l’office de cellule intérieure, et il met une dissolution de chlorure d’or dans une cellule extérieure. La cellule intérieure, dans ce cas , doit être remplie d’eau, à laquelle on ajoute environ une goutte d’acide sulfurique, ainsi qu’un petit fragment de zinc (1).
Dans ce genre d’opération on doit employer de préférence un diaphragme qui ne permette le passage que d’un faible courant électrique; une épaisse membrane de vessie ou du plâtre épais rempliront parfaitement ce but ; un tube de verre semblable à celui qui a été déjà décrit, et dont une extrémité sera munie d’un orifice capillaire, pourra servir au même usage.
La cellule extérieure doit contenir une faible dissolution de chlorure d’or avec addition de quelques gouttes d’acide ; dans ces cas, on peut employer avec avantage un métal négatif d’un grand volume, circonstance qui diminue la quantité proportionnelle d’electricité dans chaque partie de ce métal. Le métal négatif (surtout si c’est de l’argent, du cuivre ou leur alliage) ne doit pas être plongé dans le bain avant qu’on n’ait établi la communication avec le zinc, attendu que dans ce cas l’argent , en vertu de son affinité pour l’or , réduirait celui-ci, ou bien serait lui-même dissous, ce qui alors empêcherait l’adhérence réciproque.
(i) 194. Oa trouvera également à l’Appendice l’indication du procédé de M. De la Rive.
DE LA DORURE, DE L ARGENTURE, ETC. gj
ig5. Tous ces procédés me paraissent imparfaits; il en est un que je crois préférable : il consiste à prendre trois, quatre et même un plus grand nombre de mes batteries, et à les charger avec de l’acide sulfurique très-étendu. On attache aux deux pôles des fils de platine, l’un fera communiquer le zinc de la batterie avec le métal qui doit être doré, l’autre fil formera le pôle positif de la cellule à décomposition (fig. 7, PL. II). Le chlorure d’or doit être dissous et légèrement acidulé. On doit placer dans la dissolution le fil de platine qui communique avec l’argent des batteries, mais ce fil ne doit être plongé qu’à une très-petite profondeur. Tous ces préparatifs étant faits, l’objet qui doit être doré est mis en communication avec le zinc de la batterie ; et à peine l’a-t-on placé dans la dissolution , que l’or commence à se précipiter.
Toutes les parties de l’objet sur lesquelles on ne veut pas appliquer de couche d’or, doivent être couvertes de suif , de cire ou de quelqu’autre substance non conductrice, pour empêcher qu’aucun dépôt ne s’y forme ; en sorte que la surface d’un objet peut être dorée dans une étendue plus ou moins grande et sur des points déterminés, ce qui permet de dorer les traits d’un dessin ou les caractères de l’écriture. On peut régler la rapidité de ce procédé avec la plus grande délicatesse, en i plongeant une longueur plus ou moins étendue du fil positif dans la dissolution. Par ce moyen, la quantité d’électricité qu’on fait passer peut être fixée avec une extrême précision.
Pour employer ce procédé avec une grande économie de temps, le développement de l’électricité doit avoir lieu de telle sorte que l’hydrogène soit seulement sur le point de se dégager du métal négatif, car il ne faut pas oublier que le dégagement de ce gaz est nuisible, attendu que dans ce cas le précipité obtenu se trouve dans un grand état de division , c’est-à-dire en poudre noire.
Pendant que cette opération a lieu (surtout lorsque l’objet présente une surface rugueuse) , il est bon de le retirer une ou deux fois de la dissolution, de le frotter avec une petite quantité de craie et de le bien laver ; par ce moyen les particules pulvérulentes seront enlevées , et l’or sera précipité ej^ présentant un aspect parfaitement uni. Quand la couche d’or précipitée est très-mince, elle présente une couleur jaune verdâtre; quand au contraire elle est épaisse, le métal conserve sa couleur naturelle. Si on ajoute un peu de sel de cuivre à la ; dissolution d’or, le métal précipité offrira une couleur très- Galvanoplastie. 9
1IVRE m.
9 les observations précédentes s’appliquent également
r/cas là l in veut dorer le platine, le palladtum , 1 argent
Ct [ °Je ' ll'est "plus difficile de dorer le cuivre que l’argent, 196. H est P quantité de cuivre peut se dissoudre , ce
ParCrendUl’or extrêmement rouge -, néanmoins, cette dorure qui rend 1 id dissolution d or tres-etendue,
peut être obtenue a l aide eu cr que l’extrémité du fil po-
dYfS On^eut faire avec avantage de légers changements dans ' ee“ d°poPsUions, suivant la nature de lobjet quon veut
d0"f,’.on aèsire dorer l’intérieur des cuillers d’argent, on doit Si 1 on desire ^ édés précédemment indiques,
les nettoyer a v LèremPent leurs faces et leurs bords. Le
apres quoi on g 8 à établir la communication avec le
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et le dépôt c°t"“1ies"écoule entre 1 introduction de la dissoluvalle de temp q ^ rétablissement complet du circuit
t;oU ^ fil qui va communiquer avec l’argent de a pile ,
forme par le ni q possible , afin d empecher 1 action
doit être aussi cou q j: P|ution d’or de se produire, accilocale de 1 argent sur hérenœ de por sur l’argent. La disdent qui diminu forte au commencement d<
solution ne dmt^re P ^ ^
1 °Peratrr: Ss dïï qu’on a Obtenu une légère couche d’or de signaler, indéfiniment la force de la dissolution,
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L’interieur des vas S caPité. [[ faut avoir soin, s
manière , quelle qu ^ pion{,er une plus grande longueu
platine dans la wluSon d’or {fig. 7 , PL «)• peu du fil de Pîatine 7 érieur de tous les vases, en plaçant ceux
d°rr X d“ssolution précédemment décrite ; mais nous no»
•97- L? PrSnXnique e« bien différent, dans ses ef de la précipita. io . g l . obtenu un brevet, <
fets, de celu. pour lequel ^ h|Unide. Par ce démit
procédé 'Te^métal qu'on Xt dorer est dissous dans une pr,
DE LA DORURE, DE L ARGENTURE , ETC. gg
portion égale à la quantité d’or déposée; aussi , dès qu’une légère couche d’or est précipitée, aucun dépôt ultérieur ne peut plus avoir lieu ; mais lorsque la dorure est obtenue par la pile galvanique, l’objet peut être recouvert d’une couche d’or d’une épaisseur indéfinie, circonstance fort importante, puisque de l’épaisseur de la couche métallique dépend la durée de la dorure.
Ce n’est point la dissolution de chlorure d’or qui est employée dans la dorure au trempé, mais une dissolution d’oxyde de ce métal et de potasse. Cette dissolution peut encore être faite en ajoutant de la potasse caustique ou du carbonate de potasse à la dissolution ordinaire d’or, en proportion suffisante pour que le précipité qui se forme d’abord soit dissous de nouveau et devienne ainsi propre à l’usage. Quand on veut dorer un objet, après l’avoir préalablement bien nettoyé, on le plonge dans cette dissolution chaude , et l’on obtient une légère couche d’or à peu de frais (1).
198. Il y a, outre ces procédés, d’autres moyens de dorer usités dans les arts; telle est la dorure par le mercure. Ici, on frotte sur l’objet un amalgame d’or finement divisé et de mercure ; après quoi, on fait évaporer ce dernier par l’action de la chaleur. Ce procédé est très - dangereux pour la santé des ouvriers, les émanations du mercure étant extrêmement toxiques. Il faut donc espérer qu’avant peu la dorure électrochimique remplacera tout-à-fait cette manipulation dangereuse (2).
On ne pourra établir un parallèle entre la durée de la galvano-dorure et celle de la dorure par les autres moyens connus, qu’après un long espace de temps; pour ma part j’ai remarqué que des cuillers et d’autres objets que j’ai dorés à l’aide du courant galvanique se conservent parfaitement bien. L’épaisseur de la couche de métal qu’on obtient peut être réglée à volonté depuis une extrême ténuité jusqu’à un centimètre (5 lignes) d’épaisseur et plus.
La galvano-dorure ne paraît pas être généralement appli-
! (0 197. Le procédé de dorure par voie humide n'a jamais donné que des résultat#
très-imparfaits; la couche d’or obtenue ainsi est infiniment mince et peu adhérente. Ce procédé n’a pas le moindre rapport avec la méthode de dorure galvanique inventée depuis par M. Elkiugton.
(2) 198. L’espoir exprimé ici par M. Smee s’est tout-h-fait réalisé, grâce aux travaux de MM. de Ruolz et Elkiugton. Nous avons en notre possession des objets en acier, dores parleur procédé, et la beauté, l’adhérence et la solidité de cette dorure l’emportent d® beaucoup sur tous les moyens de dorure connus.