FONDEUR
Procédé que suit le fondeur pour obtenir un sujet en métal, 238. — Moyens employés par l’électro-métallurgiste dans le même but, 289. — Texture du cuivre, 240. — Remarques générales, 241. — Application de l’électro-raétallurgie à l’orfèvrerie, 242; — A l’art du dentiste, à la chirurgie, à la minéralogie, 243.
2 38. Notre siècle a malheureusement, pendant longtemps, cessé d’encourager la sculpture; cependant, depuis quelques années, une recrudescence favorable à cet art semble s’être opérée, et l’on en peut juger par ce luxe d’innombrables statuettes qui aujourd’hui envahissent nos maisons. Si ce retour à la sculpture s’étend au-delà de la durée passagère d’une mode, l’électro-métallurgie est appelée à lui prêter un grand secours.
Pour obtenir une statue en fonte, le sculpteur livre au fondeur son modèle en terre, on en tire ensuite une épreuve en plâtre ou en cire , et c’est sur cette dernière qu’est fait le moule en terre ou en sable qui doit recevoir le métal fondu. Ces diverses opérations nécessitent un très-grand travail, et ne sont pas sans danger, à cause des explosions qui peuvent avoir lieu en coulant le métal; en outre, la copie métallique est loin d’être parfaite; elle exige de nombreuses retouches et un nouveau travail pour être terminée.
L’électro-métallurgiste pourrait obtenir un résultat plus parfait en préparant simplement son sujet en plâtre, en le revêtant de mine de plomb, et en le plaçant dans une dissolution de sulfate de cuivre. Un fil métallique, mis en contact avec la mine de plomb, doit communiquer avec le zinc de la batterie, tandis que le fragment de cuivre qui doit être dissous, doit être en rapport avec l’argent de la même batterie.
23g. Quand l’original présente de grandes dimensions, il est nécessaire que le vase dont on se sert offre une énorme capacité : pour obvier à cette difficulté , on doit, si le moule est creux, joindre ses différentes pièces ensemble par de la cire ou de la graisse, de manière à ce qu’il devienne lui-même
Ces moules seront donc complètement inutiles toutes les fois qu’il s’agira de reproduire un sujet en ronde bosse, et on ne pourra les appliquer que pour des objets plats, comme des feuilles , etc.
Galvanoplastie. 1 1
le vaisseau propre à contenir le liquide. On doit se servir de ! fortes batteries et d’une dissolution légèrement étendue, parce ! que, d’après les probabilités, le volume de la batterie ne sera | pas proportionné à l’immense surface que présentera l’original, j même lorsque ses dimensions seront peu considérables. Le [ morceau de cuivre qui forme le pôle positif doit être aussi grand que possible. Il doit être placé très-près du moule en plâtre, afin qu’il y ait peu d’obstacles au passage du cou- : rant. Enfin il sera bon de lui faire suivre , autant que l’on 1 pourra, tous les contours de l’objet à cuivrer; une virole de cuivre assez grande pour environner cet objet , sera le meilleur anode qu’on puisse employer dans ce cas (i).
240. On peut donner au cuivre n’importe quelle épaisseur; sa force et son épaisseur peuvent aussi être réglées suivant que l’exige telle ou telle partie du travail, en augmentant ou en diminuant la distance entre le plâtre et la plaque positive de cuivre. Le prix d’une statuette de bronze, obtenue par cette méthode, comparé à celui qu’elle coûterait par la méthode généralement en usage, est difficile à déterminer exactement. Dans l’ancien système, on doit tenir compte de la valeur du cuivre , du charbon employé pour le fondre , et en outre de la main-d’œuvre nécessaire pour terminer ensuite le travail. Dans le procédé à l’aide du galvanisme , les dépenses sont : la valeur du cuivre, plus la valeur d’un poids égal de zinc, plus le travail nécessaire pour mettre les batteries en œuvre; il faut déduire de tout cela la valeur du sulfate de zinc qui s’est formé pendant l’opération. D’après les évaluations précédentes, on voit qu’on ne peut se former qu’une idée approximative des frais nécessités par les deux méthodes ; et ce problème ne pourra être résolu qu’en faisant des opérations sur une large échelle.
241 . Avant de terminer, je dois dire que ï’électro-métaïlurgie ne se borne point aux applications que nous avons signalées dans le cours de cet ouvrage ; car, tout objet dont on peut faire une copie en cuivre par l’ancien système de la fonte, peut être également reproduit à l’aide du fluide galvanique. Quant aux autres métaux, on peut, à la vérité , les employer
(1) 239. Nous savons qu’en France des essais ont été faits pour revêtir d’une couche de cuivre de grandes statues de plâtre, mais nous doutons qu’on soit parvenu, en grand, à un résultat satisfaisant. Quant aux statuettes et autres objets de moindre dimension, il sera facile de les recouvrir de cuivre, et cette couche, quelque mince qu’elle soit, favorisera merveillrusemeut l’application de ces bronzages si usités depuis quelque temps, en remplaçant les couches épaisses de peinture qui empâtaient toute la délicatesse des sculptures.
APPLICATION DE l’ÉLECTRO-MÉtALLURGIE , ETC. ia3
dans quelques cas; cependant l’application du fluide galvanique à leur préparation doit être limitée, à cause du prix élevé de plusieurs d’entre eux, et c’est là ce qui mettra un obstacle à leur emploi général ; tandis que la valeur de quelques autres 1 est assez peu considérable pour que leur usage soit peu dispendieux.
I/éleetro-métallurgie promet de rendre de grands services | à ceux qui travaillent l’or, car, après s’être procuré un modèle, ils peuvent s’en servir pour obtenir les copies les plus [compliquées ; il est vrai que l’achat des articles en or est si [ dispendieux, que la main-d’œuvre n’y entre que pour une fai- | ble part; sans cette circonstance, l’électro-métallurgie serait de la plus grande importance pour les orfèvres.
Le dentiste a besoin, pour la fabrication des râteliers, d’une empreinte exacte de la bouche, faite en platine, en or, ou en palladium. Le prix de fabrication de ces appareils est si considérable, que beaucoup de personnes se privent de leur usage. Il est nécessaire qu’ils puissent s’adapter*parfaitement aux gencives, et, sous ce rapport, l’électro-métallurgie peut venir en aide au fabricant ; mais on doit se souvenir que, nonobstant les règles prescrites dans ce livre, ces sortes d’ouvrages exigent de la dextérité et de l’habitude.
243. L’électro-métallurgie peut, dans certains cas, être très-utile aux chirurgiens et aux orthopédistes, car, quand ils veulent exercer une pression continue sur une partie, ou placer une région du corps dans une position particulière, ils peuvent construire un instrument en cuivre approprié aux différents cas qui se présentent, résultats qui peuvent être obtenus en prenant d’abord une empreinte en plâtre, ou en étoffe amidonnée, de la partie malade.
L’électro-métallurgie n’est pas sans intérêt pour le géologue , car non-seulement elle peut reproduire la forme des veines métalliques renfermées dans le sein de la terre, mais encore elle fournit le moyen d’obtenir des copies en cuivre des fossiles sur lesquels les dissolutions métalliques n’exercent aucune action. Si la dissolution est acide, elle ne pourra pas être employée pour les stratifications qui contiennent du carbonate de chaux; mais alors on peut obtenir d’abord une copie en plâtre, dont on pourra tirer une autre copie qui sera aussi parfaite que l’original. Ces empreintes métalliques doivent être préférées à toute autre espèce de copie, car elles sont plus légères, occupent moins de place, sont moins fragiles, et par conséquent plus durables que les autres.