‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 35 sur 171 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DE la REPRODUCTION DES PLANCHES DE CUIVRE GRAVEES. j

Planches de cuivre gravées, 261. — Dessins faits sur les planches, 262. — Des diffé- I rentes espèces de gravures, 263. — Usages des planches gravées, 264. — Leur utilité t pour l’art du potier en faïence, 265. — Leur utilité pour les imprimeurs sur étoffes, !

261. Les planches de cuivre gravées ne sont pas plus difficiles à. reproduire que celles qui sont tout unies. En effet, une; planche où se trouve tracé le sujet le plus compliqué, la conception la plus belle, le travail le plus délicat et le plus fin, peut être copiée avec autant de promptitude , d’exactitude et de facilité qu’une plaque tout unie, puisque le dépôt métallique, dans les deux cas , s’effectue de manière à reproduire fi— j dèlement l’original.

262. Les dessins gravés sur des plaques en cuivre sont eu creux, c’est-à-dire que les traits du dessin sont creusés dans' l’épaisseur du métal et situés au-dessous de sa surface. Or, le! problème à résoudre consiste à obtenir une copie en creux , c’est-à-dire semblable à l’original: il faut, pour cela, tirer cette, copie en relief, ce qu’on peut faire de différentes manières. On'j peut obtenir une copie de .cuivre en relief en procédant de la même manière que pour confectionner une plaque unie (249-1! 257); ce procédé est le plus parfait et doit toujours être préféré quand il s’agit de dessins délicats. On peut également obtenir la copie d’une planche gravée en se servant d’une plaque ! de plomb propre et bien décapée : dans ce cas , on place cette dernière dans une presse à imprimer en taille-douce, au-dessous d’elle on met une plaque de fer, et par-dessus on place la plaque gravée ; on les soumet alors à l’action de la presse. Dans cette opération, si le plomb est placé dessous, on obtient une impression parfaite, mais la plaque gravée qui est au-dessus se recourbe,ce qui est un inconvénient, et vice versâ. En étudiant ! ces faits, il me vint à l’esprit que si une troisième plaque était superposée aux deux autres, cette forme curviligne n’aurait i; point lieu. L’expérience confirma les données de la théorie. J’employai une plaque de plomb unie, par-dessus laquelle je mis une autre plaque en cuivre , et par-dessus celle-ci j’appliquai une autre planche métallique, et c’est cette dernière qui devint courbée. On peutprendre une copie parfaite d’une

REPRODUCTION DES PLANCHES DE CUIVRE GRAVEES. l33 plaque gravée, avec de la cire vierge; mais, pour copier une large plaque , il faut quelqu’habitude. La cire vierge doit être recouverte de mine de plomb et plongée ensuite dans la dissolution ; on peut aussi employer le plâtre de Paris, pour obtenir une impression en relief. Les ouvriers stéréotypeurs sont très-habiles dans l’emploi de cette substance; mais, quoique j’aie réussi à reproduire les plaques en cuivre en faisant usage de plâtre, je crains qu’on ne trouve pas ce procédé assez parfait pour être employé dans les travaux électrotypiques. Le plâtre doit être soigneusement préparé ensuivant les règles déjà tracées, et on ne le plongera dans la dissolution qu’après l’avoir huilé et recouvert de mine de plomb. Après avoir obtenu une impression en relief par l’une de ces méthodes, ilfaut en tirer une copie en creux en suivant les règles établies pour copier les plaques unies. Il est nécessaire que l’objet soit recouvert d’une couche d’air avant de le placer dans la dissolution, pour éviter toute adhérence ( 249*257, 125, 1 26 et note 1 26).

263. La face postérieure de la plaque obtenue est toujours plus ou moins rude, on devra donc la limer avant de s’en servir ; quelquefois, lorsque la plaque est mince, on soude sur sa face postérieure une seconde plaque en étain ou en fer pour la rendre plus solide; mais cette précaution n’est pas sans inconvénients à cause de la dilatation inégale de ces métaux lorsque leur température s’élève. Cependant, par l’emploi de cette plaque additionnelle, on peut faire usage de cuivre à texture cristalline. Ce métal présente tant de dureté à cet état, qu’il doit probablement avoir plus de durée. La face anté-

I rieure de cette plaque, quelque polie qu’elle soit, est sujette à i présenter un aspect un peu terne ; on peut faire disparaître cette imperfection à l’instant, en frottant légèrement le métal avec du charbon. Pour expliquer la formation de cette couleur terne, j il suffira de dire, que, si l’opérateur place un doigt sur une plaque j polie, le cuivre qui se déposera sur elle présentera une copie i de l’impression du doigt. J’ai vu, chose étonnante, une plaque j montrer un dessin de chacune des lignes qui se trouvent àl’extrémité des doigts, et même les orifices des canaux perspirateurs.

264. Ceux qui ignorent l’art du graveur seraient étonnés de la foule de moyens employés par les artistes pour exécuter une gravure. Cependant, ces moyens peuvent être divisés en trois classes : dans la première viennent se ranger les dessins obtenus à l’aide d’instruments de différentes espèces, tel que le. burin, etc. ; dans la seconde, le dessin est produit en agissant

Galvanoplastie. 1 2

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sur la plaque à l’aide d’acides capables d’attaquer le métal sur ! le trajet des lignes qui constituent la gravure; et d’après le j troisième procédé , une plaque est uniformément préparée j par un instrument qui la revêt d’une couleur parfaitement j noire ; dans cet état elle est livrée au graveur. En brunissant la i plaque, on enlève toutes ses aspérités, et la partie ainsi trai- j tée acquiert une teinte plus claire, en sorte qu’en réglant le degré du brunissage on obtient les différents effets du clair et de l’obscur : c’est ce qu’on nomme le mezzo-tinto ou manière noire. Ce procédé est moins coûteux que la gravure au burin, et est maintenant très en vogue. M. Palmer est parvenu i à copier avec la plus grande fidélité chacune de ces trois sor- i tes de gravures, en sorte que l’électrotypie, comme on le voit, peut s’appliquer à tous les cas où on juge convenable de l’employer.

265. Ce n’est qu’au xive siècle qu’on a commencé à se ser j vir de planches gravées, dont l’usage est si répandu de no jours. Par elles, on peut transmettre à la postérité et répan- , dre dans le public des copies des chefs-d’œuvre de l’art, per-' pétuer les traits et multiplier l’image des hommes illustres et vertueux. Le vulgaire ne connaît guère que ces applications de la gravure, mais elles ne constituent pas la dixième partie j des usages des planches gravées. Les fabriques de poteries eni consomment une énorme quantité , car presque tous les services de table, en faïence, et les autres ustensiles en terre, re- /çoivent les dessins qui les décorent, à l’aide de planches en cuivre. Voici comment on s’y prend : le dessin est profondément gravé dans le cuivre, et celui-ci est appliqué sur une feuille de papier mince , après l’avoir préalablement enduil d’une composition où entre l’arseniate de cobalt , au lieu d’encre ordinaire. Avant de vernir la pièce de faïence, une assiette, par exemple, on y applique la feuille de papier pour faire adhérer le dessin ; l’opération achevée, on enlève le papier avec soin, puis l’assiette est vernie et livrée au commerce.

Les dessins les plus insignifiants sont gravés sur les planches ; les saules et autres échantillons semblables sont fort mal exé-; cutés. Cependant notre faïence commune est un sujet d’envie; pour les étrangers, car, nulle part , si ce n’est en Angleterre,; on n’a réussi à donner quelque perfection à la poterie de cette: espèce. L’électrotypie promet d’améliorer encore nos faïences.; qui, aujourd’hui, sont sans rivales, car les dépenses que nécessite j la gravure des planches de prix, sont telles que leur applica-'

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tion est fort restreinte, d’autant plus qu’une de ces planches ne peut fournir qu’un petit nombre de tirages. Aujourd’hui , une planche qui coûterait mille guinées, pourrait fournir, par le moyen de l’électrotypie , un grand nombre de copies, eu sorte qu’il n’en coûterait pas plus d’avoir un service de table orné de grossières peintures bleues, ou décoré de copies des chefs-d’œuvre de l’art, et représentant les plus belles scènes de la nature , exécutées avec la plus grande perfection. Avant peu, j’aime à le croire, les ridicules ornements qui décorent nos faïences , seront remplacés par des peintures plus élégantes, mieux exécutées et de meilleur goût.

266. Les planches en cuivre gravées sont aussi employées dans les manufactures d’indiennes : ces planches, après avoir été gravées, sont roulées en cylindre, et leurs bords soudés ensemble par un moyen particulier; d’autres cylindres font pénétrer la teinture dans les traits de la gravure, quand l’étoffe qu’on veut imprimer passe'sous le cylindre, qui est mu par une machine à vapeur ; de cette manière on peut imprimer 20 à 3o mètres (Go à 90 pieds) de calicot en quelques minutes.

On pourrait copier ces planches en cuivre avant ou après les avoir courbées, en suivant les règles prescrites pour reproduire les plaques unies, et si le manufacturier le désirait, rien ne serait plus facile que de construire un cylindre sans soudure.

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