‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 39 sur 171 · DE LA GRAVURE GALVANIQUE · texte numérisé non relu

DE LA GRAVURE GALVANIQUE

Action sur le pôle positif, 275. — Gravure à l’eau-forte , 276. — Défauts du mordant, S 277. — Gravure par le galvanisme, 278. — Conditions propres à activer l'opération, j 279. — Avantages que présente la reproduction des gravures à l’eau-forte par le gai- J vanîsme, 280. — Gradation des teintes , 281. — Remarques générales, 282. — Con- j clusion de l’ouvrage.

275. Toutes les opérations dont nous nous sommes entretenus jusqu’ici sont produites au pôle négatif de la batterie , j mais certains effets peuvent avoir également lieu au pôle | positif, et l’on peut encore tirer parti de ces effets dans les arts. On se souvient que l’argent et tous les métaux qui ont plus d’affinité que lui pour l’oxygène sont dissous, quand ils : servent de pôle positif, dans une cçllule qui contient une dis- > solution du même métal. Dans ce cas, la distance maintenue entre les pôles positif et négatif influe sur le degré de force de ! la dissolution qui se forme. On peut démontrer facilement ce fait, en fixant un fil métallique, par une de s«s extrémités, à

la plaque d’argent d’une batterie, et en plongeant l’autre extrémité dans une dissolution de sulfate de cuivre , au fond de laquelle on met un fragment de cuivre qu’on fait communiquer avec le zinc de la batterie; au bout d’un court espace de temps, le fil commencera à se dissoudre, à partir de sa portion la plus rapprochée du métal négatif; ce phénomène se continuera jusqu’à ce que le fil soit entièrement dissous , de telle sorte que la partie la plus rapprochée du pôle négatif s’effilera en pointe, et prendra la forme d’un cône sous l’in- ! fluence des différents degrés de l’action qui se produit.

276. Quoique cette propriété neprésente aucune application | utile, cependant je l’ai signalée afin de montrer la facilité avec laquelle le cuivre est dissous, exactement en proportion j du courant électrique qui passe , particularité d’une grande j importance pour les graveurs à l’eau-forte. Le mot gravure à

GRAVURE GALVANIQUE. l\i

l’eau-forte s’applique aux gravures où les traits ne sont pas produits par le burin, mais sont obtenus par l’action d’un acide. Pour graver à l’eau-forte, on revêt une plaque de cuivre d’une substance qui la protège en certains endroits contre l’action de l’acide où elle est plongée : cette substance se compose d’une couche d’asphalte et de cire , en proportions égales, qu’on mêle avec le quart de poix noire et de poix de Bourgogne ; ce mélange est mis dans un morceau de soie qu’on frotte sur la plaque de cuivre maintenue à une douce chaleur en la présentant au-dessus de la flamme d’une lampe ou sur un réchaud ; c’est ce qu’on nomme mettre la couche. Cette couche est d’abord incolore, mais on la noircit en la tenant au-dessus de la flamme d’une chandelle, et on la chauffe jusqu’à ce quelle présente une quantité suffisante de fumée. Alors, le graveur, à l’aide d’un instrument en forme d’aiguille, exécute un dessin dont les traits entament la couche et laissent le métal à nu. Il met ensuite la plaque dans un vaisseau plat, et verse dessus de l’acide nitrique étendu, afin que cet acide attaque le métal jusqu’à une suffisante profondeur , dans les endroits où les traits du dessin ont été pratiqués. On ne doit pas laisser la plaque dans l’acide assez longtemps pour que ce dernier attaque trop profondément les traits, ce qui donnerait à la gravure une couleur noire uniforme; mais après l’avoir laissée séjourner quelque temps dans l’acide, on recouvre les parties qui doivent être légèrement ombrées, avec du noir de Brunswick, ou avec un vernis capable de résister à l’action de l’acide ; on replace alors la plaque dans l’acide étendu, et quelque temps après on l’en retire de nouveau pour recouvrir d’autres traits avec la même préparation ; on répète cette manœuvre aussi souvent que l’exige la différence d’ombres qu’on veut obtenir. Le degré d’habileté qu’un graveur peut atteindre par la pratique est vraiment extraordinaire , si l’on considère l’incertitude qui accompagne son travail; car l’action de l’acide nitrique n’est point soumise à des lois régulières, et en outre n’est jamais identique sur tous les points de la même plaque ; ce qui est dû à ce que la plaque de cuivre n’est jamais pure, mais contient toujours un peu d’étain, dont les particules sont dispersées çà et là, et qui résistent à l’action de l’acide, en sorte qu’après avoir préparé une planche de prix, il reste souvent quelques-unes de ses parties sur lesquelles l’acide n’a pas mordu et qu’on est obligé de terminer avec le burin.

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