‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 62 sur 171 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Quoique M. Smee soit entré dans de grands détails sur les différentes manières d’obtenir des moules galvaniques , ce sujet, si important pour l'électro-métallurgiste , est encore loiii! d’être épuisé. Il nous reste à parler de quelques matière: plastiques récemment proposées; nous ajouterons quelque mots sur le chchage et sur la manière de métalliser les moule non conducteurs.

MOULES POUR RECEVOIR LE DEPOT METALLIQUE. ï()3

g Ier. — DE QUELQUES NOUVEAUX MELANGES PLASTIQUES PROPRES A FAIRE DES MOULES CONDUCTEURS DE l’É- LECTRICITÉ.

Ou sait que les substances qui se moulent le plus facilement, comme le plâtre , la cire, etc., ont malheureusement le défaut de ne pas être conductrices du courant galvanique. On est donc obligé de leur donner cette faculté qui leur manque, par l’application d’un enduit métallique; mais, quelque soin que l’on apporte à cette opération, il est difficile de donner à cette couche métallique une ténuité assez grande pour que les délicatesses de la gravure du sujet ne soient point altérées. On a donc eu l’idée de mélanger une substance conductrice, réduite en poudre impalpable, avec la matière dont le moule doit être formé. Voici la composition recommandée par M. Lockey, et qui lui a toujours donné d’excellents résultats : cire et stéarine , parties égales ; plombagine lavée et tamisée , une demi-partie. On fait fondre la cire et la stéarine sur un feu doux; on y ajoute ensuite la plombagine, en remuant exactement le mélange pour bien incorporer ensemble les différentes substances. On le coule ensuite à une chaleur modérée sur les moules préalablement huilés.

M. E. Mayo emploie de préférence un mélange de cire I blanche et de blanc de céruse broyé très-fin. îl assure que les moules obtenus par ce procédé sont infiniment supérieurs à tous les autres.

§ II. DU CLICHAGE.

En exprimant ( Note i 35 , page 67) le regret que M. Smee n’ait pas donné de plus grands développements à la description des procédés de clichage, nous avons renvoyé le lecteur au I Manuel du Mouleur en médailles, de 1 ’Encyclopédie-Roret, où cette opération se trouve expliquée avec de grands détails. Les produits obtenus à l’aide de la machine à clicher , décrite dans cet ouvrage, l’emportent sans contredit sur tous les autres; néanmoins, comme tout le monde n’est pas à portée de lise procurer cette machine (i),nous exposerons en peu de mots l ies procédés de clichage à la main, de MM. Walker etBoettger.

S Procédés de M. Walker.

On fait fondre dans une cuiller de fer bien propre 3 parties

i ( i) Sa construction est du reste fort simple, et elle pourra être facilement exécutée par tout amateur intelligent.

Galvanoplastie. 17

APPENDICE

d’étain et 5 de plomb; lorsque la fusion est complète, on y ajoute 8 parties de bismuth. Ce dernier métal se combine aussitôt avec les précédents. On verse alors l’alliage goutte à goutte sur un morceau de bois'ou de pierre. Les fragments de métal sont x'ecueillis avec soin, et api'ès avoir bien nettoyé la cuiller, on les soumet à une deuxième et même à une troisième fusion, en mélangeant à chaque fois avec un fil de fer chauffé, afin que les métaux hétérogènes qui forment cet alliage soient intimement combinés entre eux. Ce métal, connu sous le nom d’alliage fusible de Darcet , rond à une température très-basse, environ 1 10 degrés centigrades. La flamme d’une lampe à esprit-de-vin sera donc plus que suffisante pour déterminer sa fusion. Lorsqu’on veut faire un moule, on fait fondre dans la cuiller la quantité nécessaire d’alliage ; aussitôt que la fusion est complète, on verse le métal dans une petite cavité pratiquée dans un morceau de bois, dans le couvercle d’une boîte de carton , ou tout autre ustensile analogue. Dès que le métal , devenu pâteux, est prêt à reprendre sa solidité, ce qu’on reconnaît lorsque sa couleur passe du brillant au mat, on laisse tomber dessus, de 8 à io centimètres (3 à 4 pouces) de hauteur , la médaille originale qui doit être froide. Il faut laisser bien refroidir la masse avant de séparer la médaille du moule obtenu. Si l’on ne réussissait pas du premier coup à obtenir une empreinte parfaite, il faudrait, sans se décourager, recommencer l’opération. Une précaution qu’on ne doit jamais négliger avant de faire tomber la médaille, est ; de débarrasser la superficie du métal de la couche d’oxyde qui aurait pu s’y former; on y parvient facilement en agitant et en raclant le dessus du métal en fusion avec un fragment 1 de carte à jouer.

Voici maintenant un autre procédé que nous trouvons également dans l’ouvrage de Walker, et qui nous paraît bien préférable au précédent.

Formez un alliage, ainsi qu’il a été dit précédemment, avec les métaux ci-après :

Bismu th Etain .

Plomb.

Antimoine,

Tournez alors un mandrin cylindrique de bois et creusez, ;1 l’une de ses extrémités, une cavité du diamètre exact de h médaille et un peu moins profonde que son épaisseur. Voyez 1,

fig. 'ii ci-contre (i). Faites-y entrer cette médaille en l’assujettissant , s’il le faut, avec un peu de papier. Prenez ensuite l’empreinte de la manière suivante :

Placez sur une table une petite capsule de fort papier ayant des bords de 6 à B millimètres (3 à 4 lignes) de hauteur. Huilez légèrement le fond de cette capsule, et versezy une certaine quantité d’alliage en fusion. Remuez le métal avec deux cartes jusqu’à ce qu’il prenne une consistance pâteuse, et qu’il paraisse sur le point de se cristalliser. Ayez alors une gaine cylindrique de carton de 7 à 8 centimètres (de 3o à 4° lignes) de hauteur et d’un diamètre plus grand que le mandrin, p!acez-la vivement au-dessus de la capsule, et prenant rapidement le mandrin d’une main, frappez un coup léger et bien d’aplomb sur le métal contenu dans la capsule. La gaine de carton a pour but d’empêcher le métal de s’éparpiller au moment de la percussion , ce qui pourrait brûler l’opérateur.

On peut se faire aider dans cette opération par une personne qui se chargera de remuer le métal, tandis qu’on tiendra le mandrin; le succès est alors plus certain.

Le moule ne doit être séparé de la médaille qu’après son entier refroidissement.

Méthode de ciichage de M. Boettger.

L alliage employé par M. Boettger se compose de: plomb, 8 parties; bismuth, 8 parties; étain, 3 parties; il fond à environ 108 degrés centigrades. Lorsque la combinaison des métaux a été bien opérée au moyen de plusieurs fontes répétées, on S/erse une partie de l’alliage dans une petite capsule de carifon, on 1 agite avec un fd de fer chauffé au rouge jusqu’à ce qu il soit prêt à se solidifier; puis, au moment précis où le inétal forme une pâte homogène, on y applique la médaille préalablement chauffée au point de pouvoir encore la tenir dans la main; on l’appuie alors fortement au moyen d’un ampon de bois garni d’un disque de liège , et on maintient fa pression jusqu’à ce que le métal soit presqu’entièrement

I ( i) L’ingénieux mandrin décrit dans le Manuel du Mouleur en médailles , donnerait [je bien meilleurs résultats.

Jÿ32.

APPENDICE

refroidi. Il faut attendre le refroidissement complet pour enlever le moule.

De ces trois procédés, nous donnons la préférence à celui qui a été indiqué en second lieu par M. Walker.

g 111. DIVERS MOYENS DE METALL1SER LES MOULES NON CONDUCTEURS.

Les nombreux systèmes proposés jusqu’à ce jour pour métalliser les moules composés de substances non conductrices peuvent tous se réduire à deux : appliquer sur les moules une feuille mince de métal ou une poudre métallique assez fine pour ne point empâter la gravure, ou bien enduire la surface de ces moules d’une solution d'un sel métallique que l’on revivifie au moyen d’une réaction chimique.

Procédé de M. W. Fraser.

On fait fondre de la cire à cacheter sur un morceau de carton ( voyez M. Smee, N° i36), onia recouvre d’une feuille d’or battu, puis on y applique le cachet ou la médaille don* on veut prendre l’empreinte, et on comprime fortement jusqu’à ce que la cire soit refroidie.

Si la cire ne se trouvait plus assez molle au moment de prendre l’empreinte , il suffirait de promener légèrement le morceau de carton au-dessus de la flamme d’une bougie.

Application des poudres métalliques.

Occupons-nous d’abord des moyens d’obtenir les poudres de bronze et d’argent nécessaires pour métalliser la surface! des moules.

Les différentes poudres de bronze se trouvent facilement dans le commerce; mais comme elles sont encore d’un prix assez élevé, voici un moyen simple de les obtenir soi-même :

Précipitez le cuivre d’une solution bouillante de son sulfate en y ajoutant du zinc distillé; séparez ensuite le cuivre dv zinc par l’action de l’acide sulfurique étendu; séchez enfii à une douce chaleur la poudre métallique que vous avez ob* tenue.

Quant à la poudre d’argent, on l’obtient en faisant bouil lir du chlorure d’argent récemment préparé (1), avec de l’ea acidulée par l’acide sulfurique et du zinc bien pur.

Voici un autre moyen, indiqué par M . Oechsle, pour ob tenir l’argent en poudre à l’aide de la pile galvanique :

(1) Voyez, ci-après, au Chapitre des Bains métalliques , la manière de préparer Ii chlorure d’argent, page 211.

Après avoir lavé du chlorure d’argent jusqu’à ce qu’il ne renferme plus de traces d’acide, on le fait sécher jusqu’à consistance d’une bouillie épaisse , et on le mélange en cet état avec un solution saturée de sel marin ; on le verse alors dans une capsule ou autre vase en terre poreuse. Dans un second vase en porcelaine et assez grand pour contenir le premier, on place sur deux tasseaux en verre une plaque de zinc amalgamé, puis on y verse de l’acide sulfurique étendu de 20 à s5 fois son poids d’eau. On met alors sur la plaque de zinc deux autres tasseaux de verre sur lesquels on place le tube poreux contenant le chlorure d’argent. La lame de zinc est mise en communicationavec le liquide du tube poreux, au moyen d’un fil d’argent ou de platine qui plonge dans ce dernier. Il se manifeste aussitôt une action galvanique. Au bout d’une demiheure on remarque que le chlorure d’argent a pris une teinte j grisâtre ; bientôt après il se réduit à l’état métallique. On ! laisse fonctionner l’appareil jusqu’à ce que tout le chlorure soit réduit, ce que l’on reconnaît lorsqu’en l’agitant, la liqueur ne prend plus une apparence laiteuse et reste parfaitement limpide; on décante alors la solution de sel commun, et l’on fait sécher la poudre d’argent.

Ces poudres métalliques s’appliquent , avec la plus grande I facilité, particulièrement sur les moules en cire, stéarine, et sur ceux en plâtre lorsqu’ils ont été imprégnés d’une des substances indiquées Nos 1 3q et 1 4 1 • Il suffit de saupoudrer légè- I rement le métal en poudre sur la surface des moules , on l’étend ensuite à l’aide d’un pinceau très-doux en blaireau, j Avec un peu d’habitude, on parvient en très-peu de temps à f, répartir la couche métallique d’une manière bien égale, et

Isans altérer en rien la délicatesse des sujets. On pourra, du reste, consulter à cet égard ce que M. Smee a dit N° 1 44 * pour l’emploi de la plombagine.

| Emploi des solutions métalliques pour métalliser les moules.

C’est encore à M. Th. Spencer que l’on doit la découverte ; d’un procédé qui a l’avantage de métalliser les substances non | conductrices, en conservant toute la finesse et toute la pureté de l’original. Nous entrerons dans quelques détails sur ce procédé j et sur les perfectionnements qu’y a apportés M. Meillet.

Dans un flacon contenant un peu d’essence de térébenthine, ou d’alcool absolu (1), on met un petit morceau de phos-

(1) On peut également se servir d'éther sulfurique.

APPENDICE

phore; on plonge ensuite ce flacon à diverses reprises dans l’eau très-cliaucle ; une portion de phosphore se dissoudra et se mélangera au liquide. Le flacon sera exactement bouché.

D’un autre côté, on prépare une solution étendue de nitrate d’argent cristallisé, ou bien encore de chlorure d’or ou de platine, que l’on conservera également dans un flacon.

Lorsqu’on veut métalliser un moule, on y applique, au moyen d’un pinceau très-doux, une couche d’une des solutions métalliques précitées. On verse alors dans une capsule, ou simplement dans un verre de montre, quelques gouttes de la préparation phosphorée; on chauffe doucement sur un bain de sable, et dès qu’il commence à se dégager des vapeurs, on expose à leur action le moule enduit de la solution métallique. Il change aussitôt dérouleur et passe du brun au gris et au noir plus ou moins foncé; le métal est mis à nu sur toute la surface, çt le moule peut être immédiatement employé.

Pour préparer ainsi de petits objets, tels que des médailles, on peut les fixer soit au fond d’un verre, d’un entonnoir, d’unt cloche de verre ou autre vase, suivant leurs dimensions; on place au-dessous de ce vase la capsule qui contient la préparation phosphorée, de manière à ce que toutes les vapeurs se trouvent recueillies sous cette espèce de récipient.

On peut même se dispenser de l’action des vapeurs de phosphore, il suffit d’exposer les moules à l’influence de la chaleur ou des rayons solaires pour déterminer la revivification du métal à leur superficie. Ce moyen n’est pas applicable aux moules en cire.

Pour réussir plus sûrement dans cette préparation , M. Meillet recommande les précautions suivantes :

Lorsque la solution métallique doit être appliquée sur des matières grasses ou résineuses, il est utile d’y ajouter un peu de gomme arabique.

On peut employer des sels de plomb, de mercure, etc., en dissolution.

On peut aussi remplacer la préparation de phosphore pai un courant de gaz hydrogène qu’on fait arriver sous le réci-i pient où est placé l’objet à métalliser.

Enfin la solution métallique peut être revivifiée en plongeant l’objet qui en est humecté, dans une solution étendue) de sulfure de potasse.

DEROCHAGE ET DECAPAGE DES OBJETS.

Moyen de métalliser les objets en verre que ton veut recouvrir de métal.

Pour recouvrir de cuivre les objets en verre , on s’était contenté jusqu’ici de les rendre conducteurs, en y appliquant une couche de plombagine que l’on faisait adhérer par l’intermédiaire d’un enduit de cire, d’essence de térébenthine, de baume de Canada, etc. On comprend facilement que parce moyen il était impossible d’obtenir une adhérence parfaite entre le verre et le cuivre déposé, puisque l’interposition d’une couche intermédiaire, quelque mince quelle fut, s’opposait toujours à un parfait contact entre les deux substances. M. Siinson vient de publier un procédé fort simple qui fait presqu’entièrement disparaître cet inconvénient.

L’objet en verre que l’on veut recouvrir de métal est soumis à la vapeur de l’acide fluorhydrique, jusqu’à ce que sa surface prenne un aspect mat et dépoli. Il est alors facile d’y appliquer, au moyen d’une estompe de liège ou de peau, une couche excessivement mince de graphite qui y adhérera avec la plus grande force, grâce aux aspérités du verre.

Cette manière d’appliquer la plombagine peut, en outre, être employée dans une foule d’autres circonstances.

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