DU DÈROCHAGE ET DU DECAPAGE DES OBJETS
Presque tous les objets métalliques qui sont destinés à recevoir le bronzage, la dorure, l’argenture, etc., se trouvent recouverts à leur superficie d’une pellicule d’oxyde par le seul effet de leur exposition, même pendant quelques instants, à l’influence de l’air atmosphérique. Il importe avant tout de les débarrasser de cette couche d’oxyde, dont l’interposition s’opposerait à l’adhérence du métal que l’on veut y déposer. On y parvient en les soumettant, avant leur immersion dans la solution métallique, à diverses opérations de dérochage et de décapage qui varient suivant la nature du métal que l’on, a à traiter, et suivant le but qu’on se propose.
On a souvent confondu mal à propos, dans les ouvrages techniques, le dérochage et le décapage. Quoique ces deux opérations tendent au même but, elles sont cependant distinctes l’une de l’autre. Le dérochage suppose toujours le
aoo
APPENDICE
chauffage ou recuit préalable de l’objet métallique dont on veut aviver la surface, ou son immersion dans un liquide bouillant ; dans le décapage , au contraire , cet effet est obtenu soit au moyen de poudres à polir , on l'appelle alors décapage par la voie sèche, soit en immergeant l’objet à froid dans un liquide renfermant des acides ou d’autres réactifs propres à exercer une légère corrosion sur sa surface ; il prend alors le nom de décapage par la voie humide.
Nous décrirons succinctement chacune de ces opérations, et nous indiquerons dans quels cas il convient de les employer soit séparément, soit réunies.
§ Ier. DU DEROCHAGE.
On chauffe fortement la pièce à dérocher au moyen d’une lampe à esprit-de-vin ou sur un feu clair. Lorsqu’elle a atteint la couleur rouge sombre, on la retire et on la plonge dans l’acide sulfurique étendu de 8 à io fois son volume d’eau. On l’y laisse séjourner jusqu’à ce quelle prenne une belle coulem métallique bien brillante.
Lorsque les pièces ne sont pas de nature à être chauffées, par exemple lorsqu’elles sont soudées à l’étain, on les fera bouillir pendant quelques instants dans l’acide sulfurique étendu.
Si la pièce à dérocher doit être ensuite argentée ou dorée au mat , après l’avoir fait chauffer comme il a été dit précédemment, on la plonge un peu refroidie dans un bain d’acide sulfurique bouillant, étendu de 9 fois son volume d’eau, ou on l’y laisse bouillir quelque temps.
Toute piècesoumise au dérochage doit, après son immersion dans l’acide, être lavée à grande eau et séchée à la sciure de bois dans une étuve.
La force et la température de la solution acidulée doivent être proportionnées à l’effet qu’on veut obtenir. M. Becquerel a parfaitement démontré que : telle est la surface de l’objet dj dorer , telle est la dorure. Lors donc qu’on veut obtenir le mat, il faut, pour présenter cet aspect, que la surface de l’objet soi légèrement rugueuse, et on doit employer une solution plu: énergique et d’une température plus élevée que si l’on voulai dorer au brillant.
Les pièces dérochées doivent toujours être soumises ensuite à un décapage avant leur immersion dans l’auge à décomposition.
DÉROCHAGI RT DÉCAPAGE DES OBJETS