‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 77 sur 171 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

APPLICATION DE LA GALVANOPLASTIE A LA FABRICATION DES CADRES, ORNEMENTS ET DECORATIONS, PAR M. Th. SPENCER.

M. Th. Spencer, l’un des ingénieux inventeurs de la galvaloplastie , n’a pas été le dernier à comprendre tout le parti [u’on pouvait tirer de cet art nouveau dans l’industrie; et •armi les nombreux brevets qui ont été réclamés récemment tour faire des applications utiles de cet art, nous allons donier la spécification de celui qu’il vient de prendre tout récemîent comme un des plus féconds en applications importantes ans toutes les branches des arts industriels. Nous allons laisser arler M. Spencer lui-même.

i° Méthode pour fabriquer des cadres ou bordures en cuivre . oici comment on doit procéder généralement : on commence ar faire un modèle suivant un dessin donné, soit en bois, pit en argile, en cire ou toute autre substance non conductrice è l’électricité, soit en métal. Ce modèle sert d’original pour h tirer un nombre quelconque de copies d’après le procédé .ue voici. On produit, avec cet original, une série de moules Il creux parles moyens employés ordinairement pour mouler, h faisant seulement varier la méthode suivant la nature de la [distance dont l’original est formé. Par exemple, si l’original ît en bois, en métal, en plâtre ou en terre crue ou cuite, alors js empreintes sont prises avec un métal fusible, tel que celui ni sert aux caractères d’impresiion, ou mieux avec l’alliage isible de Darcet. On peut aussi les couler en cire, en stéa-

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rine, en mélange de ces substances, ou en autres matières plastiques unies ou non au plâtre. Si l’original est en cire ou autre substance fusible, à une température moindre que celle de l’eau bouillante, l’empreinte ne peut être en métal, comme dans le premier cas. Alors elle doit être prise à froid en plâtre , ou bien on rend cet original conducteur de l’électricité par les méthodes indiquées ci-après, et on obtient une empreinte par voie galvanoplastique en suivant de point en point les instructions qui seront données ci-après pour produire des cadres par la même voie.

Si on jugeait à propos de faire des moulages ou empreintes en métal ou en alliages , alors ceux-ci 11’exigent pas d’autre préparation avant d’être placés dans l’appareil électrique; tandis que s’ils se composent des substances non métalliques ou non conductrices dont il a été question ci-dessus, alors leur surface a besoin d’être préparée ainsi qu’il suit, afin de la rendre conductrice de l’électricité.

Pour atteindre ce but, j’ai inventé des rçéthodes pratiques applicables aux surfaces de toute espèce; mais aujourd’hui je donne la préférence à la suivante pour les objets dont j’indique ici la fabrication, quoique je ne prétende pas qu’on doive exclusivement en faire usage.

La substance non conductrice reçoit d’abord une couche mince d’un vernis fin qu’on y applique avec un pinceau de poil de chameau ; on la laisse en cet état jusqu'à ce qu’ellesoit presque sèche, ce dont on s’assure par l’application du doigt qui, lorsqu’on est arrivé au point convenable, y adhère légèrement. Pendant qu’elle est encore ainsi incomplètement sèche, on y applique de la poudre métallique de cuivre, appelée ordinairement poudre à bronzer, avec un pinceau sec de poil de chameau, jusqu’à ce quelle en soit complètement recouverte et rendue ainsi métallique. Dans cet état , le modèle ou le moule est prêt à être placé dans l’appareil électrique pour y déposer du cuivre à telle épaisseur qu’on désire.

20 Méthode semblable pour fabriquer les moules ou empreintes servant à mouler les ornements en composition ou en papier mâché. Afin de faire des moules pour cet objet, je me sers ordinairement du moyen suivant : je me procure un modèle exact ou une empreinte de l’ornement que je veux reproduire, ce modèle peut être en une substance quelconque métallique ou non métallique, et je l’assujettis à une surface parfaitement plane et unie. Je donne la préférence, pour cet objet, au verre

applications Électro-métallurgiques. 217 plutôt qu a une plaque de métal polie. J’assujettis donc la plaque au moyen d’un vernis blanc épais des peintres , et dans le cas où le modèle est fixé sur le verre , et s’il est lui-même non métallique, le verre et le moule ont besoin d’être métallisés, ainsi qu’il a été dit précédemment. Enfin, si la plaque était métallique et le modèle en une autre matière, le modèle seul aurait besoin d’être métallisé.

Lorsque ces préliminaires sont terminés, le modèle est prêt à être mis dans l’appareil. En cet état, il doit y rester quatre, cinq ou six jours , le temps variant avec l’épaisseur du métal dont on veut former le moule. Généralement je laisse marcher l’opération du dépôt voltaïque, jusqu’à ce que j’aie précipité une épaisseur d’environ 3 à 4 millimètres (1 à 2 lignes). Alors j’enlève le moule de l’appareil, et je dépouille la surface sur laquelle il s’est déposé. Si le dépôt s’est fait sur le verre , rien n’est plus facile que de le détacher en appliquant le tranchant d’un couteau entre le dépôt et la plaque ; mais s’il s’est formé sur une plaque métallique, alors les bords ont besoin d’être mis à découvert, en enlevant le cuivre déposé au moyen d’une lime ; après quoi on le sépare de la même manière qu’il a été dit ci-dessus.

Lorsque le moule de l’ornement ainsi formé est enlevé , on doit l’étamer par derrière par une des méthodes en usage, ou bien on peut l’étamer, avant de le détacher, par un procédé voltaïque qui sera décrit ci-après. On a généralement recours à l’étamage par les raisons suivantes. Lorsque le dépôt de cuivre a l’épaisseur suffisante, sa face extérieure ou envers présente un fac simile grossier de l’ornement sur lequel il s’est déposé ; par conséquent cette face est inégale ; mais dans la plupart des cas pour lesquels on a besoin de ces moules, il est absolument nécessaire que cette surface soit égale et de niveau, puisque, lorsqu’on s’en sert, ils sont soumis à l’action d’une presse pour en obtenir l’objet nécessaire; cette face est donc d’abord étamée, puis on verse sur l’étamage du métal fondu propre à résister à la pression de la presse, au moment où l’étain est encore à l’état de fusion, de façon que cet étain interposé procure une adhérence complète entre les substances mises ainsi en contact. Dans la plupart des cas , le plomb remplira bien le but ; mais dans quelques autres, où la pression est trèslégère , il suffira de doubler la plaque avec un ciment ou même du plâtre, et de renfermer le tout dans une boîte en bois, en laissant exposée seulement la face travaillée du moule.

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2 1 8 âppënüice.

Toutefois, dans le cas où on se proposerait de couler du > verre fondu dans les moules, il deviendrait nécessaire d’employer une doublure d’un métal qui ne fût pas aisément fusible, tel que le laiton ou le fer; dans ce cas les doublures métalliques sont unies au moule en cuivre déposé par le procédé^ qu’on nomme brazer. Les modèles à couler en verre peuvent être un objet en verre taillé et poli à la roue, tel, par exemple, qu’un verre à boire. Dans ce cas on le recouvre d’une couche mixte de vernis métallisé par le moyen indiqué ci-dessus ; on place dans le vase, et on y forme un dépôt de cuivre métallique, comme il a été indiqué. Lés moules pour couler en verre peuvent être formés d’une ou plusieurs pièces, suivant le but qu’on se propose.

3° Méthode pour produire des modèles en cuivre pour couler i des ornements en fer. Jusqu’à présent les modèles pour cet objet ont été sculptés en bois ou modelés en cire ou en terre. Après avoir été ainsi modelés , on en tirait , par le moulage en sable des fac-similé en laiton ou en autre métal, et ayant soin que la partie postérieure restât creuse, dans le double but de rendre plus légers les moulages et de donner une épaisseur plus uniforme au métal. Mes procédés perfectionnés consistent dans les méthodes suivantes :

On prépare un modèle par une des méthodes actuellement en usage ; on en prend Une empreinte qui est la contre-épreuve de l’original. Cette empreinte peut très-bien être en alliage ou métal fusible, en cire, stéarine ou plâtre; je donné la préférence à la stéarine. Quand on a obtenu cette empreinte, on la métallisé, comme il a été dit, et on la place dans l’appareil galvanique.

Néanmoins, dans l’intention d’atteindre la condition indispensable, c’est-à-dire que la partie postérieure du moule ou dépôt de cuivre présente une surface d’épaisseur égale et qui soit en quelque sorte le contre-moule delà face antérieure, au lieu de placer la surface sur laquelle il s’agit d’opérer le dépôt, perpendiculairement dans le vase, on l’y pose horizontalement, la surface sur laquelle doit être fait le dépôt étant en regard du fond du vase sur lequel repose la plaque de cuivre , qui doit être corrodée et qui fournit le cuivre du dépôt. Cette disposition est maintenue jusqu’à ce que le dépôt ait l’épaisseur requise, ce qui arrive ordinairement au bout de cinq à six jours, temps qui varie, au reste, avecda dimension de la pièce, parce que plus les dimensions sont grandes, et plus ce

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' dépôt a besoin d’être épais pour donner une rigidité et une ’ (forcé suffisantes au moulage définitif.

' Le dépôt ainsi obtenu /lorsqu’on l’enlève de dessus la manière où il a été formé, est prêt à servir de modèle qu’on (peut battre'sur le sable ou autre matière pour couler en fer.

4° Etamage des surfaces métalliques. La surface métallique qu’on se propose d’étamer est d’abord décapée par les moyens usités par les chaudronniers. On la place ensuite dans l’appajreil : cela fait , on verse dans le premier vase , sur la pièce à éta- |mer, une solution d’acétate d’ammoniaque ou muriate de la même base, ou du sulfate de soude (je préfère le premier sel en solution concentrée étendue de son volume d’eau). La bat- Iterie étant mise en activité , l’étain se dissout et est transporté sur l’autre surface, où il se dépose à l’état solide. L’épaisseur Ide l’étamage se règle suivant le désir de l’opérateur.

5° Production d' ornements riches sur les cadres , corniches et

I. décorations intérieures. Toutes ces surfaces ont généralement, jusqu’à présent, été décorées en y appliquant à plusieurs reprises des enduits de blanc d’Espagne et d’une matière gluti- Ifneuse et adhésive qu’on nomme assiette. Ces enduits, après (avoir été rebouchés, poncés, doucis, sont refondus et réparés avec des instruments aigus pour y former ou rétablir la pureté des dessins ou ornements. Une autre méthode pour produire ce genre de décors , consiste à fixer sur la surface polie ; et poncée, du tulle bobin ou tout autre tissu réticulé formant i divers dessins. Les perfectionnements que je propose ont pour but de produire tous ces genres de décoration sur les objets ! indiqués, au moyen de calicot ou autre tissu semblable qu’on a gaufrés. Les ornements sont d'abord produits sur ce tissu en les gaufrant entre des cylindres ou en les comprimant dans des matrices ou gaufroirs qui ont les formes du modèle de la surface. Ce tissu est alors découpé suivant ces formes et appliqué sur la surface qu’il s’agit de décorer. Maintenant je décrirai le moyen de fabriquer ainsi un cadre de tableau , parce qu’on | pourra ensuite faire l’application du même moyen à tout autre genre de décorations.

Généralement les grands cadres pour les tableaux et les gravures sont en bois. Dans cet état, leur surface a besoin d’abord d’être recouverte d’une couche que les doreurs appellent couche claire de blanc. Lorsque cette couche est sèche, on en donne au pinceau une seconde, mais rendue plus épaisse en la saturant davantage avec du blanc. Pendant que cet enduit est

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encore humide, on y pose avec soin et propreté le tissu gaufré, on presse légèrement dessus , de façon à permettre à la matière épaissie, encore fluide, de pénétrer intérieurement dans les anfractuosités ou les traits en creux que le tissu présente par-dessous , afin que , quand le tout sera sec , on ait une surface solide offrant des ornements en creux ou en relief. Cette surface est alors propre à recevoir les autres apprêts qui la rendent apte à être dorée.

On conçoit qu’on peut produire ainsi des ornements et des décorations de toute espèce; mais lorsque le tissu gaufré est devenu sec , on peut l’enlever avec adresse et de manière à ce qu’il laisse sur le cadre l’empreinte de ses formes qu’on dore ensuite comme à l’ordinaire.

Il existe un grand nombre de compositions propres à fixer le tissu sur le cadre ; mais celle que j’ai indiquée me paraît être la meilleure, parce quelle réussit surtout quand on veut ensuite enlever le tissu et ne laisser que son empreinte.

6° Méthode pour améliorer la composition qui sert à mouler les ornements et décorations. La composition dont on fait usage pour cet objet consiste généralement en proportions définies de colle animale , d’eau, de blanc, de résine ou de goudron à l’état fondu. Le perfectionnement que je veux introduire, consiste à ajouter aux ingrédients ci-dessus décrits du caoutchouc dissous dans l’essence de térébenthine ou bien dans l’asphalte, l’esprit de bois, ou l’huile de gaz. Cette addition aux matériaux communément employés se fait dans la proportion, pour 6 kilog. ( 12 livres) de colle employée, de i kilog. (2 livres) de caoutchouc , qu’on dissout dans telle quantité de térébenthine qu’on le juge convenable : ce qui réussit le mieux, ce sont deux kilog. (4 livres) de ce dernier liquide pour 1 kilog. (2 livres) de caoutchouc, quoique les proportions puissent varier suivant la qualité de la colle, une bonne matière exigeant une moindre quantité de caoutchouc. Cette addition a pour but de donner à cette composition plus d’élasticité et de finesse, et d’empêcher qu’elle ne se crevasse.

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