NOUVELLE APPLICATION DE LA GALVANOPLASTIE
continue, deviennent trop épais, et qu’il s’y forme, dans les angles surtout, de gros bourrelets. Il ne donne pas non plus une épaisseur uniforme , si on n’a pas soin de retourner fréquemment la plaque, et il faut une certaine habitude pour éviter qu’il ne s’y forme des côtes ou des végétations.
Une auge en cuivre est plus commode,' mais, quand on en a fait usage pendant quelque temps, elle se charge d’une si grande quantité de cuivre précipité, qu’il devient indispensable, à cause des inégalités quelle présente alors, d’en renouveler le fond. D’ailleurs, on voit que, dans ce cas, on précipite en pure perte plus de cuivre que cela n’est nécessaire.
Un appareil dont je me suis servi avec avantage , consiste en un vase de verre ou de porcelaine , à fond plat et dont les parois ont de 54 à g5 millimètres (2 pouc. à 3 pouc. 1/2) de hauteur. Sur le fond de ce vase, on dépose une planche de cuivre destinée à servir de support, et à laquelle on soude à angle droit une lame de même métal, de 4o millimètres (1 pouce 1/2) de largeur. Cette lame est, sa partie supérieure exceptée, isolée avec de la cire.
Cette plaque-support doit présenter assez d’étendue pour dépasser tout autour celle qui est peinte et qu’on dépose dessus, de 12 à i4 millimètres (3 à 6 lignes). J’avais, dans l’origine, soudé la lame conductrice à la plaque peinte elle-même ; mais les bords se sont ainsi trouvés bulleux et boursoufflés , inconvénient qu’on évite par la disposition dont il vient d’être question.
Au-dessus des plaques superposées se trouve placé, sur des pieds de 7 millimètres ( 3 lignes) de hauteur, un cadre sur lequel est tendu un parchemin, c’est-à-dire un tambour, où l’on pose une plaque de zinc amalgamé, qu’on tient à distance du parchemin par quelques petits disques ou tubes de verre qu’on interpose. Pour établir la communication , je me sers d’une plaque de cuivre soudée à une lame de même métal, de 4o millimètres (1 pouce 1/2) de largeur, et qui est un peu plus petite que la plaque de zinc et repose sur elle. La lame plonge, soit dans une gouttière remplie de mercure, pratiquée dans celle soudée à la plaque-support du fond, ou bien elle ae trouve en communication avec celle-ci, au moyen d’un crampon à vis. Quand on emploie le mercure pour établir la communication, il faut prendre certaines précautions, attendu que , lorsqu’il en tombe quelques particules sur la
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plaque-support, ce qui peut aisément arriver quand on soulève l’appareil et qu’on replonge la plaque , il se forme un amalgame de cuivre qui met cette plaque hors de service.
On peut, au lieu de ces. lames de communication, se servir de fils métalliques; mais cette substitution présente peu d’avantages, attendu que la précipitation marche bien plus lentement.
On remplit le vase en verre jusqu’à ce que le cadre se trouve immergé avec une dissolution concentrée de 'vitriol bleu , et on verse sur une épaisseur de quelques millimètres de l’acide sulfurique étendu sur la plaque de zinc. Pour alimenter la faculté de précipitation de la liqueur, on place tout autour de la plaque-support des cristaux de sulfate de cuivre. On change aussi la liqueur de temps à autre, et on remplace la plaque de zinc qui a été fortement attaquée, par une nouvelle. 11 faut également avoir soin de gratter et enlever les pe-4 tits dépôts de cuivre qui peuvent s’être formés sur le parchemin, et, s’ils se multipliaient, remplacer le cadre par un nouveau. Au reste, au lieu d’un tambour, on peut très-bien employer une auge en argile à moitié cuite qui laisse infiltrer les liquides; mais, par ce moyen, la précipitation n’est pas aussi rapide.
En observant les règles prescrites, je suis parvenu à obtenir, dans un espace de quatre à six jours, des plaques de i décimètre quarré ( 1 3 pouces 9 3 lignes quarrés) de surface, sur une épaisseur de plus de 3 millimètres (1 ligne 172), et ne présentant pas d’inégalité bien marquée. Lorsque ces plaques ont été obtenues, je les ai enlevées de l’appareil, je les ai séchées au papier brouillard, j’en ai uni le dos à la lime, puis je les ai remises dans l’appareil pour en augmenter l’épaisseur.
Parfois j’en ai enduit quelques points avec de la cire, afin d’amener à la même hauteur que les autres les endroits qui présentaient des dépressions ; puis j’ai uni la plaque à la limes Dans tous les cas, il est toujours utile d’examiner de temps à autre la formation de la plaque, surtout relativement à ses bords, et d’amener, par le changement de place, le bord le plus mince dans les endroits où se manifeste une précipitation plus rapide. Une solution qu’on tient dans un état constant de saturation est une condition indispensable pour obtenir une prompte et belle précipitation. Les bulles d’air qui peuvent, par suite de cette précipitation, adhérer à la surface
EXPÉRIENCES SUR LA GRAVURE GALVANIQUE? 22 5 de la planche, doivent être enlevées avec un pinceau trèsdoux. Le procédé, au reste, n’exige un peu d’attention qu’au commencement et jusqu’à ce que la gravure soit formée. , Lorsque le cuivre précipité a l’épaisseur suffisante, on lime les bords des plaques avec précaution, et on les sépare aisément l’une de l’autre. On enlève avec de l’éther toutes les portions de vernis qui peuvent adhérer à la planche gravée qu’on a obtenue, et qui est prête alors pour l’impression. Les épreuves ressemblent à des dessins au lavis, et présentent toutes les demi-teintes qu’on a ménagées lors de la peinture.
Je crois que cette méthode mérite d’autant plus l’attention des artistes, que chacun d’eux, sans avoir de connaissances dans l’art de la gravure, pourra multiplier ainsi par impression un dessin ou une image quelconque. On conçoit, du reste, qu’on peut, sur une semblable planche, employer encore le grattoir ou le burin, pour donner plus de vigueur aux traits ou produire des effets mieux déterminés.
Les frais de l’opération sont très-minimes , surtout si on a égard aux résultats qu’on obtient.