CHAPITRE IV
EXPÉRIENCES SUR LA GRAVURE GALVANIQUE, ET SUR LA GAL¬ VANOPLASTIE EN GÉNÉRAL, PAR MAXIMILIEN, DUC DE LEUCH- TENBERG.
I. J’ai consacré quelques loisirs à une série d’expériences galvanoplastiques , qui m’ont donné la conviction pratique d’un fait que M. Jacoby m’avait communiqué, savoir : que M. le professeur de Kobell avait réussi à former , sur une peinture ou dessin analogue au lavis, une précipitation de cuivre constituant une planche dont on pouvait se servir ensuite pour imprimer en taille-douce (i). Comme les essais de M. de Kobell me paraissaient présenter cela d’intéressant , qu’ils démontraient que les surfaces non conductrices peuvent se recouvrir de cuivre, même quand elles sont entourées et séparées par des surfaces qui constituent de bons conducteurs, j’ai cherché à éclaircir ce point ; et c’est le résultat de ces recherches que je communique ici sommairement.
Le tableau ou peinture a été préparé sur une planche d’ar- (l ) Yoyer la description de ce procédé au Chapitre précédent.
APPENDICE
gent ou de cuivre. Le dessin est composé d’une seule couleur mélangée à un excipient épais , résultant de l’évaporation de l’essence de térébenthine, tel qu’on en fait usage dans la peinture sur porcelaine. La couleur a été le plus généralement le rouge de fer, ou sous-sulfate calciné de ce métal. On obtient aussi une couleur très-convenable aux essais, et qui sèche promptement, au moyen d’une dissolution de résine Damara dans l’essence de térébenthine, à laquelle j’ai mélangé tantôt du rouge de fer, tantôt du noir minéral.
La première expérience que j’ai tentée m’a démontré que l’impression réussit d’autant mieux que le dessin ou l’image est préparé suivant une manière qui se rapproche davantage de là gravure sur cuivre ou acier, et que ses nuances les plus délicates se reproduisent ainsi parfaitement bien, tandis que les teintes plus prononcées et plus larges s’éloignent de la gravure sur métal , pour prendre de la ressemblance avec la gravure sur bois. Le petit nombre d’essais que j’ai faits ne me permettent pas encore d’entrevoir à quel degré de perfection il sera permis de porter ce procédé; mais ce que je puis assurer, c’est que dès à présent il donne des résultats supérieurs, par leurs effets, aux eaux-fortes des graveurs sur cuivre, qui, par la profondeur et la largeur égales de tous les traits creusés par l’acide, ne présentent ni nuances, ni ombres , ni lumière.
Ce procédé m’a paTru très-propre à produire des effets d’ombre, de lumière et décoloration, qualités qu’il possède en commun avec la gravure au burin ; mais , de plus , il m’a semblé posséder la propriété de fournir des lignes et des traits plus doux, et en outre on y trouve cet avantage que le dessin restant à la disposition de l’artiste, on peut, en peu de temps, et de la manière la plus simple, en multiplier autant qu’on veut les copies. Pôür que le dessin ou modèle préparé comme il a été dit , avec un corps résineux, prenne un développement et une épaisseur suffisants par la précipitation du cuivre, il n’est pas nécessaire, tant pour les teintes délicates que pour celles fonfcées, de lè frotter avec une poussière conductrice quelconque , telle que le graphite qu autre semblable , attendu que, dans la précipitation cristalline du cuivre, l’agrégation des molécules pour passer à l’état solide se fait aisément, et que leurs formes cubiques se prêtent à ce groupement en feuilles pu tables minces.
L’appareil de M. deKobell, dont je me suis servi, consiste en une planche de cuivre à laquelle on a soudé à angle droit