EXPÉRIENCES SUR LA GRAVURE GALVANIQUE
une lame métallique de 36 millimètres ( 1 pouce 4 lignes) tde largeur pour établir la communication. Cette lame est, à l’exception de sa partie supérieure , enduite de cire pour l’isoler. La planche a une grandeur telle quelle laisse tout autour du dessin qu’on y a peint une marge d’environ 12 millimètres (5 lignes). Sous cette plaque , on place un cadre sur lequel on a tendu un parchemin quêforme une sorte de tambourin qui repose sur des pieds en bois de 6 millimètres (3 lignes) d’épaisseur. Sur ce cadre est posée une plaque de zinc amalgamé qu’on tient à distance du parchemin en interposant deux baguettes de verre. Pour établir le courant, on se sert d’une plaque de cuivre unie à une lame de même méta^de 36 millimètres (1 pouce 4 lignes) de largeur, un peu moins étendue que la plaque de zinc et posée sur elle. La feuille est réunie par des mâchoires à vis, et la lame soudée à la planche de cuivre.
L’appareil étant ainsi établi, est déposé dans un vase en verre ou en porcelaine à fond plat, et dont les parois ont 5 à 7 centimètres (1 pouce 10 lignes à 2 pouces 7 lignes) de hauteur ; ce vase est ensuite rempli jusqu’à ce que le cadre baigne avec une solution concentrée de sulfate de cuivre; on verse en même temps sur la plaque de zinc, à une hauteur de 4 à f> millimètres (1 ligne 1/2 à 2 lignes) , de l’acide sulfurique étendu , et on dépose aussi quelques cristaux de sulfate de cuivre tout autour de la plaque de cuivre.
Je passe sous silence toutes les petites précautions à observer, et les tours de main auxquels fl faut avoir égard dans cette opération, attendu qu’il n’y a aucune différence, sous ce rapport, avec les essais gai vanoplastiques. Seulement , avant de se servir de la plaque de cuivre précipité pour l’impression, il convient d’en détacher les portions de couleurs du modèle qui pourraient y adhérer avec un peu d’éther.
IL Je me suis également occupé d’une expérience ayant pour but de reproduire des copies identiques d’une planche de cuivre gravée sans l’intervention d’une empreinte intermédiaire en stéarine; je suis parvenu à obtenir ces copies en précipitant d’abord du cuivre sur la planche originale dans l’appareil ci-dessus décrit, enlevant ensuite la plaque de cuivre préeipitée au bout de quelques jours , puis précipitant de nouveau sur cette plaque. La séparation de la planche originale , de la plaque précipitée n’a pas présenté de difficultés, du moins avec cette condition , qu’avant chaque opération on fait fondre sur la planche originale de la stéarine qu’on essuie avec un
APPENDICE
linge. J’ai observé même que la séparation des deux précipités entre eux s’opérait avec facilité, sans qu’il fût nécessaire d’avoir recours à la stéarine. L’utilité pratique de ce procédé est évidente ; l’identité des précipités avec la planche originale permet d’en tirer des épreuves qui ressemblent en tout point à celles que fournit cette dernière : on peut donc ainsi multiplier par impression les épreuves, sans avoir à redouter que la planche originale éprouve de détérioration. De cette manière disparaît un des plus grands désavantages qu’on rencontrait dans la gravure sur acier.
III. Quoique l’exactitude de ces copies soit poussée jusqu a l’identité, j’ai essayé, pour cette opération, une autre méthode que je vais indiquer, et qui , peut-être, pourra recevoir d’autres applications. Au lieu de charger d’encre d’impression en taille-douce la plaque gravée originale, comme on le fait quand on veut tirer épreuve, je l’ai enduite avec la composition indiquée plus haut ( résine Damara , rouge de fer et essence de térébenthine); j’en ai tiré aussitôt une épreuve sur du papier très-fin , puis j’ai étendu mon épreuve sur une plaque d’argent ou de cuivre, de telle façon que la couleur fût appliquée sur le métal; puis, après que cette couleur a été bien séchée, j’ai enlevé le papier au moyen de l’eau, et enfin le dessin ou tableau resté ainsi sur la plaque a été traité comme il a été dit dans le N° I de cet article.
IV. Enfin, je me suis occupé de la précipitation du cuivre dans des formes creuses, et non plus sur des surfaces planes , et je vais faire connaître le résultat auquel je suis parvenu. Un cône massif de stéarine a été enduit avec soin de graphite, et on l’a recouvert d’un cylindre creux , de cuivre , de diamètre tel qu’il n’y eût entre eux aucun contact : on a mis alors en communication le cône avec le pôle zinc, et le cône en cuivre avec le pôle cuivre de l’appareil de M. Jacoby. On a obtenu ainsi au bout d’environ douze heures un précipité mince, un peu raboteux à l’extérieur, et rayonné. La stéarine a été alors retirée du cône en la faisant fondre, afin de pouvoir précipiter un second cône, à surface convexe unie, dans l’intérieur du premier. Cette opération a complètement réussi. Ce cône en cuivre a été alors suspendu avec des lames de plomb dans une solution concentrée de sulfate de cuivre, le sommet en bas et l’ouverture en haut. Dans ce cône on a suspendu un autre cône plus petit eu zinc, tourné et enveloppé dans une vessie ou du parchemin. Cette suspension a eu lieu de telle façon.
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qu'il n’y eût que les lames de plomb partant de ce petit côue qui touchassent les lames de même métal du grand cône. Dans la vessie, on a versé de l’acide sulfurique étendu, en même temps que cette vessie plongeait à l’extérieur dans la solution cuivreuse. ÀYi bout de quelques jours il s’est formé dans le premier un deuxième cône de cuivre, qu’on a retiré en bon état après avoir enlevé le cône extérieur. De cette manière, je pense qu’avec quelque soin on obtiendra des bustes en cuivre et des statues , non pas par enduit métallique , comme on l’a fait jusqu’ici,, mais par une précipitation dans des formes creuses ou des moules, qui réussit très-bien.
Y. Il ne parait même pas nécessaire, en parèil cas, de produire préalablement un précipité cuivreux extérieur, afin de pouvoir ensuite travailler le dedans : il suffit de prendre le moule en creux en cire de l’objet, de l’enduire à l’intérieur d’une couche de graphite, puis d’y suspendre du zinc huilé, enveloppé d’une vessie ou de parchemin, ainsi qu’il a été expliqué ci-dessus.
Comme, dans un procédé d’une importance aussi majeure que l’est. la galvanoplastie deM. Jacoby, les moindres faits ont souvent de l’intérêt, j’ai cru qu’il était de mon devoir de communiquer à l’Académie ceux que j’ai constatés, et je me propose de même de lui faire connaître tout ce que la continuation des expériences pourra me présenter de nouveau; en attendant j’ajouterai encore un mot.
L’appareil que j’ai décrit ne m’a guère servi qu’à précipiter de petites surfaces planes, et tout intense et régulière que son action m’ait paru dans ce cas , je l’ai trouvée insuffisante dans des essais plus en grand, principalement avec les formes cubiques, qui déjà ne trouvent plus à se loger dans le petit espace de 6 millimètres (3 lignes) qui existe entre le tambourin et la planche de cuivre, indépendamment de la couche peu épaisse de la liqueur, et plusieurs autres inconvénients qui contribuent encore è cette insuffisance.
Cependant , comme tous les specimen que j’ai préparés ont été destinés à donner des épreuves pat l’impression, tout se réduit à obtenir un précipité qui soit le moins cassant possible. Le précipité s’est montré éminemment cassant dans deux jj circonstances :
i° Quand je soumettais les électrodes à une action galvanique trop énergique, de manière à hâter la précipitation.
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Dans ce cas, les plus beaux précipités rouges grenus ou ma* melonnés étaient aigres, et ceux feuilletés , fragiles.
2° Quand je faisais varier à plusieurs reprises la distance du tambourin , en mettantsous ses pieds des morceaux de bois plus ou moins épais. Dans ces circonstances, le précipité se composait d’une suite de couches ou feuillets superposés les uns aux autres, correspondant aux changements alternatifs de la distance, et qui rendaient la masse entièrement cassanté.
Ce que je dis ici est pour éviter les erreurs , car dans mes autres essais je me sers actuellement avec le plus grand succès du grand appareil de M. Jacoby.