‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 84 sur 171 · DE LA DORURE ET DE LARGENTUEE ELECTRO-CHIMIQUES · texte numérisé non relu

DE LA DORURE ET DE LARGENTUEE ELECTRO-CHIMIQUES

Les inconvénients de la dorure au mercure, procédé si nuisible aux ouvriers par ses émanations délétères, ont fixé depuis longtemps l’attention des savants et des industriels de tous les pays; et de nombreuses recherches' furent faites, à différentes époques , pour arriver à la découverte d’un agent de dorure qui pût être substitué au mercure. Malheureusement les premières tentatives, dirigées dans un but si louable, demeurèrent toutes sans résultats. Mais, dès les premiers temps de la découverte de la galvanoplastie , on comptait que ce nouvel agent d’application des métaux les uns sur les autres pourrait être utilisé comme moyen de dorure, et plusieurs savants distingués se mirent à l’œuvre concurremment pour atteindre ce résultat. Déjà les travaux de MM. De la Rive. Elsner , Boettger et Smeë avaient fait faire un pas immense à la question, lorsque les découvertes simultanées de MM. Elkington et de Ruolz vinrent résoudre complètement

dissout d’abord

DE LA DORURE ET DE l’aRGENTÜRE. 24i

le problème, en dotant l’industrie d’un procédé de dorure supérieur à tous ceux qu’on avait employés jusqu’ici.

Mais , avant de décrire les procédés de MM. Elkington et de Ruolz, il ne sera pas sans intérêt d’analyser en peu de mots ceux de leurs devanciers. Ils ont le mérite d’avoir paru les )| premiers dans la carrière, et la description des moyens qu’ils ont employés peut être utile à tous ceux qui voudraient se livrer à de nouvelles recherches sur la dorure galvanique.

§ Ier. EXAMEN DES PROCEDES DE DORURE DE MM. BECQUEREL ,

De la Rive, Elsner, Boettger, Smee.

j Nous avons dit que les premiers essais de dorure galvanique sembleraient être contemporains de la découverte de la galvanoplastie. On trouve toutefois, dans lè Vhitosophical Magazine (i8o5, tome XXI) , l’extrait d’une lettre de Brugnatelli à Van Mons (i), qui paraîtrait de nature à assigner à la dorure électrique et à la galvanoplastie elle-même une date déjà assez reculée. Nous citerons particulièrement le passage 5 suivant :

« J'ai dernièrement doré d'une manière parfaite deux grandes médailles en argent , en les faisant communiquer à l’aide d’un i fil d’acier, avec le pôle négatif d’une pile de Volta, et en les tenant , l’une après l’autre , plongées dans de l’ammoniure ! d’or nouvellement fait et bien saturé. »

Plus tard, le savant et trop modeste M. Becquerel, dont les 1 consciencieux travaux ont si bien préparé la découverte de la galvanoplastie, eut souvent l’occasion de constater, en traitant par la pile les minerais de divers métaux, que ces métaux venaient constamment se déposer, sous diverses formes, j'sur les corps servant d’électrodes négatifs. Ces précipitations, tantôt à l’état d’oxyde pulvérulent, tantôt en cristaux, tantôt en lamelles plus ou moins épaisses, avaient une telle adhérence, qu’il fallait souvent employer le grattoir pour les séparer des corps sur lesquels elles étaient déposées. Les essais deM. Becquerel remontent à l’année i834.

J Nous ne parlerons ici que pour mémoire des procédés de dorure au trempé, usités dès cette époque en Allemagne et en Angleterre, et qui ne permettent le dépôt que d’une couche d’or excessivement mince.

S Quelques années plus tard, et guidé, comme il le dit luijmême , par les découvertes de M. Becquerel, M. De la Rive ,

: (i) Voir aussi le Journal de Chimie et de Physique de Van Mons.

I Galvanoplastie . a i

2^2 AÊPEîflîICiË.

professeur de physique à Genève, parvint à trouver ün moyen de dorure électrique déjà fort remarquable par ses résultats. Voici comment il opérait pour dorer l’argent , le cuivre et le laiton: après avoir été décapé par les moyens ordinaires, l objet à dorer est placé dans une dissolution de chlorure d’or, aussi neutre que possible, très- étendue, et contenue dans un cylindre de baudruche, plongeant dàns un vase de verre ou de faïence rempli d’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique, dans laquelle on plonge un cylindre de zinc entourant la baudruche. Le zinc est mis en communication avec l’objet à dorer au moyen d’un fil métallique. M. De la Rive recommande de n’employer qu’un très-faible courant, si l’on veut obtenir un dépôt régulier. On juge de l’intensité de ce courant par la quantité de gaz qui se dégage sur l’objet à dorer ; ce dégagement doit être à peine sensible : il devient alors très-facile de régler ce courant en enfonçant plus ou moins le cylindre de zinc dans l’eau acidulée , et en ajoutant à cette dernière de l’acide ou de l’eau. Enfin , il est très-essentiel de ne plonger l’objet à dorer qu’en dernier lieu , et lorsque le courant est déjà établi par le contact du zinc avec l’eau acidulée.

Quant à la couleur de la dorure, elle est déterminée, suivant M. De la Rive, soit par le titre de l’or dissous, soit par la nature du métal qu’on dore , soit enfin par le degré de concentration de la dissolution. Il attribue aussi une influence au poli préalable de la surface à recouvrir (i).

Le procédé de M, De la Rive est sujet à plusieurs inconvénients. D’abord, il est insuffisant pour dorer le fer et l’acier; sur les autres métaux, la couche d’or déposée ne présente ni l’adhérence, ni la solidité, ni l’épaisseur nécessaires pour constituer une bonne dorure. En outre, par suite des effets d’endosmose inhérents à l’appareil adopté par M. De la Rive, une partie de l’or se réduit soit sur le zinc , soit sur la baudruche, et il en résulte uiïe déperdition assez notable d’un métal précieux.

Toutefois, en signalant ces imperfections, nous sommes bien éloigné de vouloir rabaisser la découverte de M. De la Rive, nous nous plaisons , au contraire , à la regarder comme le point de départ de tous les procédés qui ont été imaginés depuis. En un mot, s’il n’a pas été donné à M. Delà Rive de

(i) M. Becquerel a démontré, depuis, que cette dernière cause est la plus influente sur ia couleur de la dorure.

Page 1