PROCÉDÉ NOUVEAU POUR LA DORURE
trop peu de solidité. Il paraît que c’est à l’aide de procédés particuliers de dérochage qu’on parvient à donner à-une trèsfaible couche d’or l’apparence d’une belle dorure, et que l’on ne peut donner à cette couche une épaisseur suffisante. Au reste, ce procédé ne s’applique qu’à la bijouterie de cuivre; il ne donne aucun avantage ni sur Je mercure, ni comme économie sur les objets fondus, et ne peut s’appliquer aux grosses ] pièces . Il est donc sans résultat pour le commerce de bronze doré, qui occupe leplus grand nombre des ouvriers doreurs. Il ne s’applique pas non plus à l’orfèvrerie, et par conséquent ne peut remplacer le mercure que dans une spécialité trèsrestreinte, et qu’un caprice de la mode peut annuler.
2° Procédé de M. De la Rive. En avril i84o, dans un mémoire remarquable, M. A. De la Rive a annoncé être parvenu à dorer le laiton et l’argent en se basant sur deux belles découvertes de M. Becquerel, savoir l’action chimique des faibles courants électriques, d’où résulte l’arrivée de l’or, molécule à molécule, sur tous les points de la surface à dorer, et l’emploi de sacs de baudruche ou de vessie pour séparer les dissolutions traversées successivement par le même courant, le courant pouvant ainsi passer sans que les dissolutions se mêlent.
Lorsque parut le beau travail de M. De la Rive, croyant le problème résolu, j’avais abandonné mes recherches depuis longtemps entreprises, mais des informations prises dans le commerce m’apprirent que les industriels qui avaient fait l’essai de ce procédé, y avaient renoncé , principalement à cause de l’impossibilité d’arriver à une couleur franche jaune d’or, et aussi par quelques motifs que nous allons chercher à exposer brièvement.
Il est difficile et coûteux d’obtenir à l’état complètement neutre la dissolution de chlorure d’or dans laquelle plonge l’objet à dorer, et d’ailleurs il est évident qu’à chaque molécule d’or qui se dépose , la partie de chlore qui tenait cet or en dissolution, devenant libre, attaque les points non encore dorés et les noircit. On me répondra que le chlore est porté parle courant, ainsi que l’oxygène, hors de l’enceinte à laquelle la vessie sert d’enveloppe; mais il n’en est ainsi, au moins complètement, qu’en théorie, car il est certain que les pièces se recouvrent d’une couche noire qui nécessite, d’après le mémoire même de M. De la Rive, des lavages à l’eau acidulée et des frictions assez fortes avec un linge à la suite des immersions plus ou moins nombreuses, nécessaires pour dorer la
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pièce. Il en résulte l’impossibilité de dorer les objets très-délicats, ni ceux qui présentent des. anfractuosités ou un linge ou une brosse ne peut pénétrer, ni les objets mats que les frottements brillantent, ni le bronze, mais seulement des surfaces qui peuvent se polir. De plus, la couleur (mémoire cité ) n’est pas celle que le commerce exige; elle a toujours un œil noirâtre. L’emploi des sacs de vessie exclut d’ailleurs les pièces d’une grande dimension.
Etat réel de la question. Il est une base à établir, c’est que, pour atteindre le but cherché, la suppression du mercure dans les ateliers, il faut réaliser les conditions suivantes :
i° Dorer tous les métaux employés ;
2° Dorer des pièces de toute forme, de toute dimension;
3° Dorer le mat comme le poli;
4° Donner les différentes teintes que le commerce demande.
Les chefs d’établissement ne pouvant -avoir des ouvriers différents, et un outillage distinct pour chaque classe d’objets à dorer , n’abandonneront le mercure que quand ils pourront le faire complètement. De plus, il faut, comme condition sme quâ non , pour déterminer un tel changement d’habitudes, arriver, sur tous les genres d'objets, à une économie notable, avec une beauté et une solidité égales.
Considéré ainsi sous son véritable point dé vue , le but ne nous semble jusqu’ici atteint par aucun des procédés connus.
Nous espérons que le procédé que nous avons l’honneur d’exposer paraîtra remplir toutes ces conditions.
3° Procédé Ruolz. Après de longues recherches etTemploi de divers moyens plus ou moins imparfaits, que je ne décrirai pas ici, je suis arrivé à m’imposer à moi-même les conditions suivantes :
Agir sur tous les métaux à froid et en employant le courant produit par une forte pile à courant constant.
En effet, en réalisant ce programme, j’obtenais les avantages suivants :
i° N’opérant qu’à froid, j’obtenais une économie notable ; l’impossibilité de gauchir ou déformer les objets délicats; une plus grande rapidité d’exécution; plus de facilité à trouver une réserve propre à tracer des dessins ; faire sur les pièces des mélanges d’or et d’argent, etc., etc.
2° Par l’emploi d’une forte pile, j’étais dispensé de l’usage des sacs ou cloisons en vessie, qui durent peu, sont délicates à établir et plus ou moins sujettes à des infiltrations, soit à