PROCEDE NOUVEAU1 POUR IA DORURE
travers la membrane elle-même, soit à travers les fissures du mastic qui la fixe: j’évitais l’emploi de ce mastic même, et la construction de vases spéciaux plus ou moins compliqués.
N’étant plus astreint à une forme de vase déterminée, je pouvais accroître facilement leurs diménsions , et par suite le nombre et le volume des pièces à dorer.
Par l’emploi d’une pile à courant constant, je devais obtenir beaucoup plus d’égalité dans la dorure.
Enfin, possédant dans la pile un instrument dont je pouvais, à mon gré, augmenter ou réduire l’qnergie, il me devenait facile de dorer ou un seul objet ou un grand nombre à la fois, et de réussir également sur les plus petites comme sur les plus grandes surfaces.
Il y avait de grandes difficultés à vaincre : pour pouvoir plonger les deux pôles de la pile dans le même liquide, il fallait trouver une combinaison d’or dont l’élément électro-négatif fût sans, action possible , au moins à froid, sur le métal à dôrer. Il me fut démontré que cet élément était le cyanogène, et l’expérience me conduisit aux résultats suivants :
Je dissous io parties de cyanure de potassium dans 100 parties d’eau distillée; je filtre et j’introduis dans la liqueur une partie de cyanure d’or préparé avec soin, bien lavé, séché à l’abri de la lumière et broyé avec soin dans un peu d’eau, ou je le laisse bien s’hydrater. Je renferme le tout dans un flacon bouché à l’émeri que je remue fréquemment, et que je maintiens à l’abri de la lumière à une température de -j- i5 à + 2 5°. Au bout de trois jours environ la solution est complète. Je n’ai plus qu’à filtrer pour l’employer.
Les dissolutions peuvent se préparer au fur et à mesure des besoins prévus ; nous en avons conservé trois mois sans aucune altération sensible.
L’habitude seule peut déterminer l’énergie à donner au courant , selon l’étendue de la surface que présente l’objet ou la collection d’objets à dorer. Le mieux est d’avoir à sa disposition une forte pile dont on supprime au besoin le nombre d’éléments convenable. Le vase renfermant la dissolution 0(1 plongent les objets à dorer peut être èn verre ou en terre. L’objet à dorer est attaché à un fil de cuivre très-fin, allant au pôle négatif; le pôle positif est représenté par un fil de platine. Il est avantageux que ce dernier ne soit pas placé trop près des objets à dorer, et s’étende sur toute leur longueur.
248 APPENDICE
Voici la disposition ou plan de l’appareil.
V, vase contenant la dissolution d’or; P, fil de platine venant du pôle positif, enroulé autour de la cheville de verre C, et descendant au fond du vase où il est étendu jusqu’en D, sur une longueur égale à celle de la ligne d’objets à dorer ;
N , fil de cuivre venant du pôle négatif, enroulé autour de la cheville de verre C’, et descendant au fond du vase où il est étendu jusqu’en D’. Sur ce fil repose la série des objets à dorer.
La durée de l’opération , qui ne dépasse guère la limite d’une à dix minutes, est subordonnée à la surface, aux anfractuosités de la pièce à dorer. Les surfaces polies se dorent plus rapidement que celles à l’état mat. Il est facile à l’opérateur de suivre de l’œil les progrès de la dorure, et de retirer les pièces à mesure quelles lui paraissent assez chargées. Avant la dorure elles doivent être bien dérochées par les procédés i ordinaires. Après la dorure il suffit de les laver à grande eau , de les bien essuyer et de les sécher dans le son ou la sciure de bois. Elles supportent ensuite parfaitement le polissage ou le brunissage.
L’argent , le platine , le cuivre , le laiton , le bronze , le maillechort, l’acier, préalablement dérochés, sont également bien