PROCÈDE NOUVEAU POUR LA DORURE
dorés parce procédé ; pour l’étain, nous trouvons avantageux de le recouvrir d’abord d’une légère pellicule de cuivre, à l’aide d’une solution de cyanure de cuivre dans le cyanure de potassium.
Le cyanure d’argent, dissous dans le cyanure de potassium (mêmes proportions que celles données pour l’or), offre pour l’argenture de tous les métaux que nous venons de citer et du fer, des résultats également avantageux. Cette argenture offre une solidité égale à celle du plaqué sur des objets dont la forme compliquée ne permet pas le placage, et elle a sur le fer l’avantage de n’être pas repoussée par la rouille, ainsi que cela a lieu pour le fer argenté par les procédés connus. Ces deux derniers points sont d’une haute importance pour l’art de la sellerie.
Jusqu’ici nous avons employé une pile de cinquante éléments, les plaques ayant environ 1 3 5 millim. (5 pouces) de hauteur sur 108 millim. (4 pouces) de largeur.
Les frottements énergiques auxquels résistent cette dorure et cette argenture ne laissent aucun doute sur leur solidité. Il est à remarquer que nous pouvons augmenter à volonté l’épaisseur de la couche d’or et d’argent.
Quant à l’économie, nous pouvons déjà offrir au commerce une forte réduction sur les prix les plus inférieurs de la dorure au mercure ; or , nul doute que l’on ne puisse diminuer le prix en raison de l’importance des travaux, puisque les frais généraux ét de main-d’œuvre deviendront de plus en plus faibles relativement à la dépense totale, un seul homme pouvant, en quelques minutes, dorer ou argenter un grand nombre de pièces à la fois.
Nous pouvons aisément , en combinant l’énergie du courant ‘et la couleur de la surface à dorer , obtenir les diverses teintes que le commerce emploie. Il est facile aussi de les entremêler sur la même pièce , qui peut offrir des parties dorées de dii verses teintes, d’autres bronzées ou argentées. i Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces détails purement pratiques, mais nous demandons la permission d’établir les points qui nous paraissent caractériser ici l’invention.
1 1 i° L’eniploi'de la pile. Le seul savant qui se soit occupé de l’application de l’électricité à la dorure, M. A. De la Rive, s’exprime1 ainsi dans son mémoire:
, j1 » J’essayai, il a environ quinze ans, de faire passer le courant d’une forte pile à travers une solution d’or , en mettant
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au pôle positif un fil de platine, et au fil négatif l’objet à dorer; mes essais ne furent pas heureux : je ne pus, par ce moyen, dorer que du platine , etc. Quant au laiton et à l’argent, je ne réussis pas à les dorer ; l’action chimique qu’exerçait sur ces métaux la solution d'or, toujours très-acide, les dissolvait euxmêmes et empêchait l’or d’adhérer à leur surface. »
2° L’emploi, pour la première fois, des solutions de cyanures d’or et d’argent, qui, n’attaquant pas le métal à dorer, détruisent l’obstacle qui avait arrêté le physicien que nous venons de citer et empêché jusqu’ici l’action de la pile.
Dans le cours de toutes nos opérations, il se forme au pôle positif divers produits dont l’étude nous a paru mériter un examen particulier qui fera l’objet d’un travail ultérieur.
Nous terminerons en émettant le vœu que ces essais, qui nous ont coûté de longs travaux et des frais considérables , puissent être utiles à la science, d’une part, en portant l’attention des chimistessur une classe de produits, les cyanures, peu étudiés jusqu’ici à cause de leur peu d’application ; de l’autre, en popularisant l’usage de cet admirable instrument, la pile, que nous appliquons pour la première fois à l’industrie, et dont la construction, jusqu’ici arriérée, fera dès lors, nous n’eu doutons pas, des progrès rapides. Qui peut prévoir les découvertes que le hasard même pourra faire naître de la pile répandue dans un grand nombre de mains, de la pile devenue un outil ?
Résumé . Ce procédé repose sur la décomposition , à l’aide d’une forte pile à courant constant, des cyanures d’or ou d’argent dissous daus une proportion donnée de cyanure de potassium.
Le seul savant qui se soit occupé de l’application de l’électricité à la dorure, M. De la Rive, déclare lui-même dans son mémoire n’avoir pu réussir avec la pile et y avoir renoncé.
Quant aux cyanures d’or et d’argent, ils n’ont encore été employés par personne, et rendent praticable et facile l’usage jusqu’ici impossible de la pile.
Enfin, considérant que la suppression du mercure, pour pouvoir s’effectuer dans les ateliers, doit pouvoir être complète, le but ne peut être atteint qu’en remplissant les conditions suivantes :
i° Dorer sur tous les métaux qu’il est d’usage de dorer ;
2° Dorer les objets du plus grand volume , comme ceux les plus délicats ;
RAPPORT SUR DE NOUVEAUX PROCEDES DE DORURE. 25i
3° Donner à volonté les teintes diverses que le commerce désire ;
4° Réussir sur le mat comme sur le poli ;
5° Pouvoir faire sur la même pièce des mélanges de mat et de poli , de diverses teintes , et , au besoin , de bronze , d’or et d’argent ;
6° Offrir une suffisante rapidité d’exécution ;
7° Pouvoir augmenter à volonté l 'épaisseur de la couche d’or, et faire ou des dorures très-légères et de bas prix , ou des dorures très-fortes et d’un prix plus élevé ; en un mot pouvoir déposer à la surface d’un objet un poids d’or donné;
8° Enfin , offrir dans toutes les circonstances une économie notable sur les prix les plus inférieurs de la dorure au mercure.
Notre procédé est 1 eseul qui remplisse toutes ces conditions, et il s’applique de plus avec le plus grand succès à l’argenture.