S III
PRKPARAXrON DU TERRAIN.
Nous avons dit dans le paragraphe précédent comment on donnait une première préparation au sol en le nettoyant et le défonçant. Il nous reste à donner quelques autres détails utiles à connaître.
Il ne suffit pas d’avoir fait un défoncement général pour faire une bonne plantation , il faut encore donner une préparation particulière aux plates-bandes et autres places destinées à recevoir telle ou telle autre espèce de végétal.
Pour les arbres indigènes, si le sol est de bonne qualité, sa préparation est fort simple, il suffit de faire des trous aux places marquées, et de les proportionner au volume présumable des racines des sujets à planter. Si ces trous peuvent être faits long-temps à l’avance, la plantation n’en sera que meilleure, parce que les eaux de pluies entraîneront dans le fond une couche de détritus végétaux et autres, formant un excellent terreau. Dans le cas où il faudrait planter de suite, ou se bornerait à jeter dans le fond du trou la terre qui aurait été levée à la superficie du sol.
Mais ceci appartient aux principes généraux de culture, et nous ne grossirons pas notre volume de détails que l’on trouve longuement développés dans tous les ouvrages d’horticulture. Nous allons revenir aux opérations qui appar-
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Cependant on peut sans de très-grands frais si l’on onère sur un espace de peu d’étendue, creuser une petite valS parce qu ou la fera paraître plus profonde au Loven dïii
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pourrait peut-être encore les motiver en les faisant servir de borne et de gare à im tir d’arc ou de pistolet.
Il est de règle que jamais, dans une scène qui n’exigerait pas impérieusement le contraire pour mieux caractériser son genre, il est de règle, dis-je, de ne jamais rendre trop brusque une inflexion de terrain. Il làut au contraire que la transition en soit presque insensible, et que la surface creuse ou bombée vienne pour ainsi dire se fondre dans les surfaces voisines.
On marque aux ouvriers la profondeur de terre à enlever, ou la hauteur de celle à rapporter, au moyen de piquets que l’on enfonce dans le sol, et dont les têtes se trouvent juste à la hauteur ou à la profondeur voulues. On conçoit que lorsqu’il s’agit de creuser, les piquets doivent être enfoncés dans des trous pratiqués pour les recevoir. Dans ce dernier cas, on peut agir différemment. Je suppose qu’il faille enlever un pied de terre, on prend un piquet de dix-huit pouces de longueur, on fait un cran profond à six pouces au-dessus de sa pointe, ou, pour m’expliquer plus clairement, à un pied au-dessous de sa tête, et on l’enfonce dans le sol jusqu’à rase terre.
Il est bien de donner aux platc-bandes et aux corbeilles la forme de dos d’âne, c’est-à-dire d’en élever le milieu de manière à ce que les eaux, suivant une légère pente, ne puissent pas y séjourner pendant les saisons pluvieuses. On agit de même pour les massifs destinés à recevoir des arbustes ou arbrisseaux délicats.
Pour ces arbrisseaux, comme pour les fleurs, il est néccs- ^>re d’amender convenablement la terre avant la plantation.
our cela, on emploie différentes .sortes d’engrais appropries aux habitudes de diverses espèces ; mais en général les erreaux consommés conviennent à la plus grande partie des 'ogetaux.
Il en est cependant qui exigent impérieusement la terre de Jruyeres, et qui pourtant sont d’uu effet si agréable qn’il serait véritablement très-fàcheux de ne pouvoir les faire •gurer dans une composition pittoresque : tels .sont les rosfges, les andromèdes, les pivoines en arbres, les magnoleis etc., etc. Pour ces espèces il faut, pour ainsi dire, créer on sol factice. On défonce les plates-bandes ou les massifs à eux pieds de profondeur, plus ou moins, selon que l’on est
plus ou moins riche en terre de bruyères ; on en enlève le terrain, et, après avoir étendu.au fond une couche épaisse de gros sable de rivière, ou de débris de bruyères retirés du terreau quaud ou le passe, on remplit avec ce terreau.
Si on manquait de terre de bruyères, on pourrait y remédier au moyen d’un compôt fait avec un tiers de sable végétal très-fin, ou, à défaut, de sable de rivière également très-fin, un tiers de terreau de feuilles très-consommé, et un tiers de mottes de gazon ramassé sur le bord des chemins, et mis en fermentation , en las, |)endant un an au moins.
Les allées étant exactement tracées, on les bal avec une latle, instrument composé d’un plateau compacte et lourd, muni d’un manche long et oblique. Si le jardin est d’une vaste étendue, on remplace la balte par un rouleau de fonte traîné par un cheval. Si on est à proximité d’une rivière, on se procure du gravier ou galet, et l’on en recouvre les allées d’un pouce ou deux d’épaisseur, on passe le rouleau une seconde fois, on jette sur le tout un lit de gros sable, et on repasse une troisième fois le rouleau. Par cette méthode, on forme des allées fermes, jamais boueuses, et résistant bien aux pluies et au dégel.
Si l’on manquait de galet ou de gravier de rivière, on le remplacerait par une couche plus épaisse de sable , et trois pouces ne seraient pas trop ; on n’en passerait pas moins trois fois le rouleau pour le consolider.
On est assez dans l’usage de tenir les allées un peu plus basses que la surface des plates-bandes, mais ceci n’est pas d’une nécessité rigoureuse, surtout dans le jardin paysager.
Avant de terminer ce chapitre, nous donnerons quelques conseils sur la manière de faire la plantation, afin de ne pas être obligé de revenir sur des détails généraux de culture.