‹ Nouveau manuel complet de l'architecte des jardins ou L'art de les composer et de les décorerChapitre 22 sur 134 · Scènes tranquilles · texte numérisé non relu

Scènes tranquilles

Il me semble que le caractère de ces tableaux, quoique paraissant difficile à saisir au premier abord, peut néanmoins se faire parfaitement comprendre. Les scènes tranquilles appartiennent à tous les genres de compositions, et peuvent se multiplier tant qu’on le veut, parce qu’on peut y attacher tous les genres de pittoresque.

Dans ces compositions, il faut quelques mouvemens de terrain, mais peu prononcés, afin que la promenade en soit toujours aisée. Un ruisseau paisible serpentera dans la prairie; l’aulne et le saule mêleront leurs feuillages pour orner scs bords de frais ombrages. Un pont pittore.sque sera jeté sur ses eaux limpides ; l’écrevisse et le barbeau trouveront un asile dans les racines caverneuses qui s’étendront dans les ondes. Le silence de la vallée solitaire sera interrompu par le chant du rossignol et de la fauvette, qui élèveront leur

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site dans !e paysage, ^ diver-

présenleiit Part cUaml^^e'' ."’alériaux que voij

tique. Vous rendrez voire L ^ >“'*igéne et exo-

metlrz du goiU et du di«ee si vous

et le choix de vos fabrioues construction

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car il ne fa,jt pg^ étonner • ^'é' a^abiteciui e et leur richesse,!

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prèle à s’eteindre Qu'un heureux d’une vie

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du Canada nue hospitalité «œn ■ sauvage

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encore resté dans son cœur une i, car il est ,

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SisTe'j’C? dtëS'l “"''«t !

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jamais dans un cœur français. Que son œil à denii fernié brille encore une fois de plaisir et d’emhousiasrne en découvrant, à travers le feuillage d’un palmier ou d’un mimosa, la tête singulière d’un spliiux de granit, ou la cime d’un minaret, ou même le buste du héros de son temps, de l’inexplicable Napoléon.

Un petit lac, un étang sur le bord duquel vous placerez la cabane d’un pêcheur, les inslrumens de la pêche et une élégante nacelle, se placent très-bien dans une scène trantinille, ainsi qu’une bibliothèque dont l’extérieur figurera un petit temple dédié au repos ou à la méditation.

g. Scènes riantes.

Elles diffèrent peu des scènes tranquilles, quoique cependant il soit fort aisé de les caractériser. Elles exigent un site découvert et des points de vue plus pittoresques et plus gais. Jetez de la variété dans le conp-d’œil, dti la grâce et du brillant dans les fabriques qui les composent. Animez-les par la Pi'eseiice et le mouvement des eaux, se précipitant eu cascades peu élevées, ou tombant sur la roue pittoresque d’un moulin. Mettez du goût et de la fraîcheur dans la décoration de vos abriques, et employez si vous le voulez les vases, les bronzes, les statues, mais toujours dans nue position motivée. Ne vous bornez pas à des sentiers fleuris, à des massifs d’arbustes, à des groupes de fleurs éclatantes; plantez un parterre émaillé, «levez des berceaux de jasmin et de clématites odorantes! balles courir le long du mur d’iine chaumière les pampres delà vigne, et palissadcz autour de sa porte les branches iiexiblcs du rosier bourseault.

Les scènes gaies et riantes sont particulièrement appre-

ees par la jeunesse. Consultez scs. goûts), ses habitudes, ils. ^eiis loumiront les meilleures indications; alors vous éléjrez un gymnase destiné aux exercices du corps, et vous y placerez des halançoiras, des casse-cou , des jeux de bagiies, et môme une petite muntagne lusse, si remplacement vous le permet.

lo. Scènes romantiques.

W serait fort curieux qu’un architecte des jardins pdt

«îonner des règles positives pour caractériser dans un paysage ce qu’on n’a pas pu caractériser en littérature, faute de règles : aussi nous n’aurons pas la prétention de le faire; mais si ce ne sont pas des règles, des principes reconnus, qui guident la plume d’un auteur lorsqu’il écrit une page de romantique, c’est au moins une sorte d’inspiration dont le cachet se sent s’il ne se voit pas.

Le romantique nous reporte le plus ordinairement aux mœurs du moyen âp, parce que là il s’élance à son aise dans le vague des suppositions morales, et s’il trébuche dans sa course irrégulière et vagabonde, il est trop loin de notre époque pour que nous puissions nous en apercevoir. Néanmoins le romantique a du charme pour les jeunes imaginations.

Dans un site très-pittoresque, montagneux, où les pointes grisâtres des hautes roches se confondent avec le feuillage noirâtre des sapins et des autres arbres résineux, à l’ouverture d’une sauvage colline, vous montrerez un château féodal avec ses créneaux, ses meurtrières, son pont-levis, ses fossés marécageux, sa chapelle gothique et ses hauts donjons. Si vous n’avez à construire qu’une habitation plus modeste, faites-en une maison gothique dans le genre de celles que nous avons figurées planches 46, fig. 1, a. — pl. 47, fig. a , 4. Plaoiz pour fabriques un ermitage rustique (pl. 108, fig. I, 6), une fontaine dédiée à une madone (pl. 107, fig. 3 ), un ex-voto marquant la place où un chevalier est tombé sous le fer d’un assassin (pl. 107, fig. i, a) , une ruine (pl. 109), une vieille tour (pl. a6, fig. 2) ou l’entrée d’une sombre caverne (pl. 26, fig. r, 2,3).

Dans ces scènes, il faut que tout soit pittoresque jusqu’au bizarre, grand jusqu’au gigantesque. Il faut que les cascades > tombent du haut des montagnes (pl. 26, fig. 4, 5 , G), que les torrens coulent au fond de sombres précipices (pl. 34»' fig. 5 , 6 ), que les sentiers raides et escarpés tournent autour du flanc des rochers (pl. 34 , fig. 2 ) , il faut enfin quo toute la composition soit empreinte d’un cachet majestueux.

Point de plantations régulières, à moins que vous ne placiez à la porte de l’antique manoir, le quinconce de tilleuls , sous lesquels le châtelain venait passer la revue de sou armée de six homntes, et rendre la justice à ses douze ou quinze

vassaux. Il faut respecter les convenances de temps, nonseulement dans les décorations de vos fabriques, mais encore dans vos plantations. Eloignez-en le maronnier d’Inde, les robiniers, les vernis du Japon, et autres arbres exotiques inconnus en Europe dans les temps reculés; que le chêne, l’orme, le hêtre , le tilleul, et tous les autres enfans de nos ■forêts, se montrent seuls sur le penchant des collines et dans les vallées des rochers.

Enfin parlez à l’imagination le langage de l’enthousiasme, et même de l’exagération, et vous marcherez sur les traces de nos romantiques écrivains.

ri. Scènes fantastiques.

Sous ce titre, qui n’est pas trop convenable mais qui a été adopté par le plus grand nombre des auteurs, nous décrirons le genre de composition qu’ils entendent sans doute par les épithètes de surprenant, merveilleux , etc.

Les scènes fantastiques seront donc ces sortes de tableaux surprenans, qui agissent sur l’imagination et trompent les yeux au moyen d’ingénieuses mécaniques, mises en mouvement par des ressorts cachés. Le mérite de ces tableaux est d’autant plus grand que leurs effets surprennent davantage.

Nous allons donner quelques exemples de ces jeux bizarres, ou si l’on aime mieux de ces jeux d’enfans, et nous les prendrons dans un jardin des environs de Stuttgard, qui existait en 1791 , et qui pxiste peut-être encore.

Ce jardin était dans le genre paysager, et renfermait dans sa vaste étendue, un grand nombre de scènes de différeus caractères. Le promeneur suivait un large sentier à travers des massifs de bois pittoresques. Mais à mesure qu’il avançait dans sa promenade, les massifs se rapprochaient, devenaient plus épineux, le sentier se rétrécissait, et finissait par se perdre tout-à-fait dans l’épaisseur du taillis. Il fallait revenir sur ses pas ou traverser une petite partie de bois; le promeneur prend cette dernière détermination, mais à peine est-il entré dans le fourré qu’il se trouve à trois pas. d’un énorme sanglier couché et endormi sur un lit de fougère. Il recule effrayé, mais le monstre de marbre arlisle-

ment sculpté et peint à l’huile, ne le poursuivra probablement pas.

Le. promeneur aperçoit au milieu des rochers d’un sauvage coteau, le petit clocher d’un ermitage. Il s’y reud et en trouve la porte entr’ouverte, il la pousse et entre, mais il craint d’avoir commis une indiscrétion, car un saint anachorète, à genou sur un petit prie-dieu, les coudes appuyés I sur son pupitre, est attentivement occupé à une ])ieuse lecture. Il se lève cependant à demi et fait un léger salut de la tète à l’étranger qui vient le visiter, mais il ne s’interrompt pas dans sa religieuse occupation et continue sa lecture. Le promeneur respecte sa méditation, il attend avant de lui adresser des questions. Mais le temps s’écoule, et le saint homme continue sa lecture. L’impatience, après une longue attente, s’empare du promeneur, mais il fait une remarque ; le livre est toujours ouvert à la même page, et l’ermite est j dans une immobilité extraordinaire. Son capuchon lui couvre i la figure; l’étranger s’en approche en hésitant, et reconnaît i enfin que depuis une heure il attend discrètement le bon 1 plaisir d’un automate qiiç lui-même a mis en mouvement en ouvrant la porte de l’ermitage.

Honteux de sa méprise, il quitte la cellule et dirige ses | pas .sur les bords romantiques d’uii petit lac. Au milieu est ^ une île charmante, couverte'de fleurs et de verdure entre laquelle ou distingue les colonnes et le dôme élégant d’un ' temple de l’amour. Sur le rivage de l’île est un écusson portant une inscription mystérieuse : Celui qui trouvera la barque enchantée, pourra seul visiter le temple de l’amour. » Mais ses yeux ont beau se promener sur la surface du lac, il n’aperçoit aucune embarcation. Enfin, dans une petite anse cachée par le feuillage épais de l’aulue et i du saule de Bahylone, il découvre uue nacelle, sans voile et sans rames, et fixée au rivage par une forte chaîne de i fer. N’importe, il s’élance dedans, ne fût-ce que pour en ' considérer les ornemens de près.

A peine i est-il, que par un eiichantemeut merveilleux, la chaîne se rompt, et la barque, comme un cygne gra- i cieux, fend les ondes avec rapidité, et comme si elle eût été poussée par uii génie invisible, elle se dirige au milieu des célupabo, des macres et des nénuphars, et arrive seule aii

petit port où le peu d’escarpement de la rive permettait d’aborder.

Le promeneur entre dans le temple mystérieux et eu admire les élégantes décorations. Un rideau de soie voile le sanctuaire; il s’approcbe poùrtréçarter, mais au moment où il étend sa main juofane, le voile se sépare de lui-même, une douce mélodie se fait entendre, et le dieu enfant, debout sur l’autel, semble lui sourire en lui jetant un malicieux regard.

Un pont léger et tournant, placé sur un pivot (j)!. 3 r, fig. 34) donne au promeneur la facilité de sortir de l’île. 11 passe devant une petite grotte rocailleuse, dont l’entrée est fermée par une niince porté d’écorce dé tilleul. Il nè sait s’il entrera, car une inscription gravée sur la roche lui annonce qu’en ce lieu la curiosité trouvé sa punition. Cependant pénètre dans la grotte et contemple àVéc admiration le;, brillaus échantillons de cristaux, de coquillages et de madrépores fossiles dont on a sî artistement tapissé les parois hnmides du rocher. Il oublie la menace trompeuse de l’inscription et va, pour se reposer un moment, s’asseoir sur un fauteuil gothique placé dans le fond de cette fraîche retraite. Mais en se plaçant, il fait appuyer les pieds de ce siège perfide sur vingt pistons à la fois, et vingt jets d’eau partent de lotis côtés, sé dirigent sur lui, l’inondent, s’il he s'élaricé rapidement hors de la grotte.

Si jé 'Voulais raéoriter toutes les scènés de ce genre que l’amusement du prinée avait réunies dans le jardin de Sluttgard , je ne finirais plus. Je crois en avoir assez dit pour mettre sur la voie Un artiste qui aura de l’imagination, du goût, et des connaissances en mécanique.

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