‹ Nouveau manuel complet de l'architecte des jardins ou L'art de les composer et de les décorerChapitre 29 sur 134 · ÉCOLE DE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE BOTANIQUE

Le jardin des Plantes ou jardin du roi, à Paris, en offre Je plus beau modèle qui soit en France; (pl. 4 ). Sa principale entrée,/*, remarquable par une élégante grille, se trouve sur le bord de la Seine, en face du magnifique pont d’Austerlitz. Les deux grands carrés qui font face à l’entrée, b, sont consacrés à la culture des plantes médicinales. Les deux à côté, c, renferment une collection d’arbres fruitiers, et différens modèles de clôture en haies vives, de- taille, de greffes, etc.

Tous les autres carrés e, e, faisant face au cabinet d’histoire naturelle/, sont destinés à la culture des végétaux ligneux et herbacés de pleine terre. Dans un bassin /', l’on ar réuni quelques genres de plantes aquatiques. Les végétaux exotiques, craignant la rudesse de nos hivers, sont réunis dans une vaste orangerie et dans diverses autres serres chaudes ou tempérées, o, o. En //, A, est une vaste plantation qui, dans l’origine, devait être consacrée aux grands arbres d’avenues et des forêts , mais où le tilleul et le marronnier d’Inde ont usurpé une grande partie de terrain. Aujourd’hui on bâtit un cabinet de minéralogie à cette place, et en face do nouvelles serres.

/, est le vaste cabinet d’histoire naturelle, renfermant de riches collections appartenant aux trois règnes de la nature. Le bâtiment i, renferme une belle bibliothèque où l’on a réuni une grande quantité d’ouvrages sur l’histoire naturelle.

La partie méridionale du jardin, qui est séparée des carrés de botanique par l’allée de marouniers A, A , forme une vaste ménagerie dans laquelle on a rassemblé les animau.x

les plus remarquables parmi les oiseaux et les mammifères. Les animaux dangereux par leur férocité sont renfermés dans des cabanons formant une ménagerie d’une architecture élégante, l. Ceux d’une foree ou d’une grandeur gigantesque, tels que les éléphans, les girafes et les bisons, habitent une rotonde m, entourée d’une énorme palissade; enfin, ceux d’une humeur douce et paisible, tels que les gazelles, les antilopes et autres ruminans, sont logés dans des petites cabanes pittoresques (pl. 85 , 86, 87), placées au milieu de petits parcs de verdure où ils ont la liberté de se promener et d’aller brouter l’herbe fraîche. Les oiseaux de proie sont logés dans des volières semblables à des cabanons n, et les autres dans une élégante volière, p.

Toute la ligne de bâtimens bordant la rue de Seine, est occupée par les employés et les professeurs. De ce côté se trouvent l’administration et le cabinet de botanique q , et un amphithéâtre poiir les dissections anatomiques, j.

Depuis i, i, jusqu’en u, u, est un espace de terrain ayant du mouvement et formant une espèce de petite montagne divisée en deux,mamelons. T'ous deux sont plantés en arbres yerts et en conifères formant une riche collection. Les allées, irrégulières, sont tracées dans l’ancien genre du labyrinthe, tuais une seule partie, dont la principale entrée se voit eu fl) porte ce nom.

Les allées de ce labyrinthe tournent en colimaçon autour d’une butte conique très-élevée, au sommet de laquelle est un belvédère (pl. loi, fig. 4), d’où l’on découvre plus de la moitié de Paris.

On voit, par le plan que nous avons donné et par cette courte explication, que le jardin des Plantes de Paris n’est pas proprement un jardin de botanique, mais bien un établissement consacré à l’étude de toutes les sciences naturelles, Il n’appartient qu’à des gouvernemens de fonder de tels établissemens.

Une école de botanique, purement et simplement, peut se rencontrer dans le jardin public d’une ville, ou même dans celui d’un riche particulier. Elle exige plusieurs conditions : \° du mouvement dans le terrain, aflnd’avoir des expositions chaudes et naturellement abritées, et d’autres au eon- Iraire exposées au nord , pour quelques arbres résineux et autres. 2“ de l’eau courante, si l’on veut réunir une riche

collection de plantes aquatiques, ce qui serait d’autant plus agréable, d’autant plus utile, que les vues des botanistes ne se sont pas encore tournées de ce côté là si nous en jugeons | par le jardin des Plantes de Paris, et par tout ce que nous avons vu ailleurs. A la rigueur, si on n’avait pas un courant d’eau à sa disposition, on pourrait encore cultiver la plus grande partie des plantes aquatiques dans des bassins où l’eau ne se renouvellerait que lentement par l’effet des pluies, pourvu qu’elle ne soit pas sujette à se corrompre pendant les chaleurs de l’été. 3 * Un sol fertile, à proximité d’une forêt où l’on peut se procurer de la terre de bruyères. Il serait aussi à désirer que le sol du jardin fut normal, c’est-à-dire d’une terre franche et pure, parce qu’il serait plus aisé de faire des composts selon le besoin particulier de chaque végétal, et selon des calculs chimiques raisonnés.

Il ne resterait plus , si l’on avait tout cela, qu’à combiner savamment son plan en raison' des expositions nécessaires à chaque genre de plantes, de manière à ce que chacun de ces genres, placé dans les circonstances les plus favorables à sa végétation , le fut aussi dans l’ordre du système de classification adopté, au moins autant que cela est possible. Nous n’avons pas besoin d’indiquer la grande commodité que les étudians trouveraient dans ce genre d’arrangement.

L’ordre est la principale chose dans un système de botanique inventé pour faire retrouver aisément au milieu de cinquante ou soixante mille espèces connues, l’espèce que l’on veut étudier. Cet ordre ne peut se trouver que dans une classification méthodique, régulière et symétrique. Suivez donc dans votre composition cette indication de la science; classez symétriquement vos cultures dans l’ordre des systèmes botaniques; que votre jardin soit un grand herbier naturel où la place occupée par tin végétal me fera reconnaître de suite, mon Linnce ou mou Jussieu à la main, la place qu' doit occuper le végétal que je cherche, quelle que soit h famille ou l’ordre auquel il appartient. Si je suis obligé de demander à un jardinier où je trouverai un genre eu quil' tant celui qui vient de m’occuper, votre plan est manquci votre composition vicieuse est mal combinée.

Mais le climat et d’autres nécessités de culture vous foC' ceront à vous écarter de la stricte classification des auteurSi car vous ne pourrez faire croître en pleine terre les caciier*

de la zone torride à côté des groseillers qui se suspendent aux rochers de nos froides Alpes, et la plante Innnhle et herbacée se perdrait au pied de l’arbre élevé avec lequel elle a nue analogie générique. Pour parer à ces inconvéniens, établissez dans vos cultures ces grandes divisions que la nature répudie, mais que l’art et la nécessité autorisent. Etablissez dans vos plantations la section des plantes herbacées et celles des végétaux ligneux; réunissez dans une autre les espèces qui exigent la serre chaude, dans une quatrième celles qui ne peuvent ..vivre que dans une serre tempérée, dans une cinquième celles qui végètent dans les ondes. Etablissez même des subdivisions s’il le faut, mais ne le faites que lorsque ce sera rigoureusement nécessaire.

Il faut être minutieux dans l’application de cette règle, car sans cela votre collection botanique deviendra un véritable fouillis dans lequel vous-mêmes finirez par ne plus pouvoir vous retrouver.

S vni.

JARniS DE NF-nECrifÈi

Ici l’on ne cultive que la collection utile des plantes médicinales, croissant en pleine terre dans nos climats, et y acqniérant les qualités qui les ont fait entrer dans le nombre des corps trop nombreux formant ce que l’on appelle la matière médicale.

Il faut dans ce genre de jardin établir le même ordre, la même régularité que dans une collection botanique, et surtout placer les étiquettes avec beaucoup de soin pour éviter de funestes erreurs. Du reste sa composition n’offre rien de particulier.

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