‹ Nouveau manuel complet de l'architecte des jardins ou L'art de les composer et de les décorerChapitre 5 sur 134 · XXV · texte numérisé non relu

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tout l’édifice, La seule inspection de la figure 3, a, vous fera suffisamment connaître la forme de ces lances, faites avec des bâtons de 2“»,3o centira. (7 pieds) de longueur, et environ 14 centimètres (5 pouces) de circonférence. Le talon i> sert a l’enfoncer dans la terre au moyen d’un maillet. A 1 extrémité supérieure est un piton c, et un peu plus bas un crochet e; à la base est également un crochet a, pour recevoir le piton a anneau c.

On aura, pour former les traverses d’en haut/, et celles d’en bas g’, douze bâtons moins gros, n’ayant pas plus de 9 a 10 centim. (4 à 4 pouces) de circonférence, dont la longueur sera égale à celle d’une face de l’hexagone, cest-a*dire d environ I mètre ip (4 pieds ip), moins l'épaisseur des lances et des pitons. Chacun de ces douze bâtons se termine à ses deux extrémités par un piton à anneau, comme en c, fortifié par une virole en fer.

Les six bâtons dë la toiture (Fig. 3 li) seront longs de 1^70 à i“8o (5 pieds à 5 pieds 1/2), un peu plus ou un peu moins, selon que l’on voudra que le toit soit plus ou moins incliné. Leur grosseur sera égale à celle des bâtons de traverse. A une extrémité ils porteront un piton à crochet en forme d’anneau ouvert d (Fig. 3) ; et l’autre extrémité se terminera en pointe ferrée. Au-dessous de cette pointe sera une solide virole en fer, portant d’un côté, à droite, un piton <à anneau i, et de l’autre côté un crochet mobile comme en o. Les crochets se passent dans les anneaux, comme on le voit en r, r, de la figure 4, où la toiture toute montée est vue en dessus à vol d’oiseau. Pour consolider encore cette légère charpente, on a une boule en bois, cerclée en tôle (Fig. 2, s), percée inférieurement de six trous dans lesquels viennent s’insérer les six pointes des bâtons. Cette boule porte elle-même, à sa partie supérieure, une pointe qui sert à soutenir un ornement quelconque, comme par exemple celui t de la figure 1.

La charpente montée, il ne reste plus qu’à lui mettre sa robe et sa coiffe pour avoir un joli pavillon. On commence par lui mettre sa robei», v, pièce de grosse toile, peinte à 1 huile en façon de mur de brique ou de marbre, comme une décorat’ion de théâtre. Cette pièce a pour hauteur la hauteur des lances, et pour longueur, celle de la circonférence de 1 Jiexagone. Ses deux extrémités sont échancfées de manière à former, lorsqu’elles sont rapprochées, la porte^. On les agraffe en Z entre eux et au bâton, au moyen de petits crochets

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l'ioiit les liàtons sont garnis, coiiiiue Jaus les tiguies 2 et i, ou tout siu([)leiueiit avec des morceaux de lacet de lii. On eu fait autant au bas de la porte, eu /), 7. Vous concevez qu’au moyen de la peinture, vous pouvez avoir une porte beaucoup plus élégante que celle de la figure ci-dessus. Il en sera de méme des fenêtres a;,a:, qui seront coupées à jour dans la . toile.

Quant à la coiffe u, u, u, elle doit être en forte toile cirée, sur laquelle vous pouvez peindre, à volonté, de l’ardoise, des tuiles, ou même du chaume, si vous voulez donner à votre ^ pavillon une apparence rustique. Dans uii jardin du genre.* fantastique, coinnie était autrefois celui deStuttgard, un * promeneur serait singulièrement surpris de trouver dans un lieu qu’H avait vu désert une demi-heure avant, une charmante petite maison, et sa surprise augmenterait surtout, d’une manière fort agréable, s’il y trouvait aussi bonne figure d’hôte et uii gai déjeuner.

Dans une scène quelconque, il n’est pas jusqu’aux plus • petites choses qui ne doivent, s’harmoniser avec lé caractère du sujet principal. C’est ainsi que les deux chaises que nous 1 eprésentons, PL 100 \ns, fuj-, 5 et 6, ajipartieiiueut également au jardin de la maison boiirgebise et aux scènes cham- ))êlres. Celle de la figure G surtout est légère, gracieuse, et d’une forme aussi élégante que le permet ce genre de décoration.

Les Jtux. Depuis que l’on à compris l’utilité hygiénique des exercices du corps, il est peu de jardins qui ne possèdent line petite arène ouverte aux exercices gymnastiques, et le progrès vers lequel notre siècle marche si ra|iidenient s’est fait remarquer jusque dans les machines employées à la fois (lour le plaisir et pour le dévelojipemeut des forces chez les jeunes gens. ' !

r,a figure 2, de la planche 8i bis,reprcsenle la balançoire la plus simple de toutes, consistant eu une corde solide, attachée ordinairement à deux troncs d’arbres, dans un parc; on y a seulement ajouté la sellette u, munie d’un luarclie j'ied fait avec un morceau de corde b. La figure 2 représente une sellette plus élégante.

I,c,s deux balançoires {firj, G et 4) ne diffèrent en rien de celle de la planclie 82, si ce n’est que les cordes sont rempla- | cet's par de longues tiges de fer attachées, au moyeh d'an-

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iieaux qui passent dans de solides crochets, comme on le voit en a, a.

La bascule {fig.2), beaucoup moins élégante que celle de la planche 82, a cependant sur elle un avantage précieux, celui de cotlter moins cher. Son arbre est entaillé de plusieurs crans, en a, ce qui fait qu’on peut facilement l’avancer ou le reculer sur son axe en lame de couteau , afin de Télablir l’équilibre, quand à une de ses extrémités il porte une personne plus pesante que de l’autre. Lorsqu’on a trouvé ainsi le cran convenable, on fermé sur l’axe la crémaillère mcJnle c, et on la maintient fermée au moyen d’un crochet ; d et d, sont des selles de femmes, sur lesquelles elles sont assises; c, e, sont des selles d’hommes,' sur lesquelles ils sont à califourchon : ces selles se placent et dé[)lacent à volonté.

r.a grande balançoire à roue est représentée/îy. 2. Les quatre faïUeuil.s que portent les bras solides d, d, sont suspendus chacun à un essieu mobile, a, par deux tiges de. fer, d’où il résulte que lorsque les bras tournent comme les ailes d’un moulin, l’essieu tourne aussi, et les tiges de fer, ainsi que les fauteuils, restent toujours dans une position à peu près verticale, grâce à la loi de la gravitation des corps pesants. Dans telle position que se trouvent les bras, les fauteuils restent toujours suspendus comme on le voit dans cette gravilre. Nous n’avons pas besoin de dire que les deux branches qui forment chaque bras doivent être suffisamment écartées l’une de l'autre pour laisser une large place au fauteuil et aux deux personnes qui sont dedans, quand, arrive au sommet de la roue, le fauteuil passe entre les deux branches. Les bras sont très-solidement fixés à l’axe delà roue, de manière à tourner avec cet axe, ou grand essieu; celui-ci doit être en fer, très-solide, et tourner facilement dans les trous des deux' potences i, i. Le grand essieu se prolonge en dehors d’une des potences, et porte à son extrémité une lanterne à fuseaux O, entre lesquels s’engrènent les dents d’une roue à pignons, comme on le voit dans la gravure. I.a roue dentée se trouve placée horizontalement sur un long pivot p, soutenu solidement dans le haut jiar l’anneau n, dont la tige tient fermement à la potence dans laquelle elle est implantée. I.a base du pivot porte eu bas dans un cr<Tpaud ni, dans lequel il doit tourner avec la plus grande facilité.

Pour mettre la machine en mouvement, un homme sai.sit la traverse r, et la poussant devant lui en tournant autour

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du grand pivot, il fait tourner la roue à dents o, et par conséquent la lanterne et l’essieu e, e, qui entraîne les bras dans sou mouvement. Les personnes qui craignent le mal de mer ne doivent se hasarder qu’avec prudènce à monter dans cette balançoire.

La figure 7 représente un pavillon chinois qui recouvre une autre sorte de balançoire allemande dont je me suis emparé avec empressement, parce que, non-seulement c’est un jeu très-amusant pour les jeunes gens, mais encore une véritable machine orthopédique pour redresser chez tous les jeunes gens, une taille qui aurait de la tendance à dévier d’un côté ou de l’autre, et, en même temps à augmenter beaucoup la force musculaire des bras et du torse. — a, a, a, a, sont quatre perches très-élastiques, fixées par leur gros bout c, ( , dans un sommier épais, très-solide, attaché à la charpente de la toiture du pavillon. Du boufde chaque perche, en a, a, part une tringle de fer e, e, qui vient s’accrocher à la selle/; ces tringles doivent être attachées à leurs deux extrémités de manière à conserver leur mobilité au moyen de croche^ passés dans des anneaux. La figure g représente une sellette pour femme.

Lorsqu’une personne est sur la selle, les perches a, a se. courbent, et la sellette baisse en raison de lu pesanteur de la personne , qui saisit les deux cordons et les tire à elle. Son corps se trouvant alors allégé d’une somme de pesanteur égale à la force de traction, les perches, grâce à leur élasticité, se redressent avec force et enlèvent la selle et la personne qui est dessus, jusqu’à une certaine hauteur. En répétant plusieurs fois de suite et alternativement la traction et le laisseraller des cordons, il en résulte un mouvement perpendiculaire de va-et-vient qui a beaucoup d’analogie avec celui de la bascule, mais qui est plus rapide et plus doux. Pour développer une grande force musculaire dans les bras, cette machine me paraît très-préférable aux barres qu’emploient les professeurs de gymnastitiue.

AYERTïSSEiîENT,

h. y a quelques années que le libraire, M. Audot, me pria de faire un texte h un faisceau de gravures qu’il vendait, autant que je peux m’en souvenir, sous le titre cVhssai sur la Composilion et COrnement des^ Jardins. Déjà depuis long-temps j’avais l’intention d’écrire sur cette matière, et je profitai avec empressement de l’occasion qui s’ofïrait pour établir des règles dont je cherchais la base dans la nature, pour émettre des idées que je croyais utiles au perfeclionnéinent d’un art que j’aimais. J’en profitai encore pour sonder le public sur la manière dont il recevrait mes innovations, je dois l’avouer, afin de juger l\ coup sur si plus lard je pourrais donner un plus grand développement à mes idées.

Mais je rencontrai, dans la roule que je m’étais tracée, un obstacle insurmontable, malgré ma bonne volonté et celle du libraireéditeur ; cet obstacle gissait dans le cadre même de l’ouvrage, tracé d’une manière définitive et invariable par les gravures faites sur un plan et dans un ordre dont je ne pouvais pas m’écarter. Il a donc fallu me plier h la circonstance, et, souvent, donner la gêne h mes idées, dénaturer mes opinions, pour ne

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pas tomber en contradiclion avec des gravures qui, loin de servir à l’éclaircissement de mon texte, étaient elles-mêmes une sorte de texte que mon manuscrit devait éclaircir.

Il eut été un moyen de laisser à mes opinions, sur cette intéressante matière, un champ libre et vaste h parcourir. Cet unique moyen eut consisté h faire un choix de nouveaux dessins plus en harmonie avec les principes que je voulais établir, à les faire graver et h briser les planches faites; mais cela était-il praticabJef iNon, et en voici la raison fort aisée h concevoir. Il aurait fallu ajouter è la somme considérable des dépenses à faire, la somme déjà très-forte des dépenses faites, ce qui eût exorbitamment fait monter le prix de l’ouvra-e et 1 eût mis hors de la portée de beaucoup de lecteurs. Outre cela, une nouvelle collection de dessins aurait retardé la publication du livre peut-être de plusieurs années. La chose n étant pas faisable, je renvoyai à une époque P us favorable la publication cornplette des règles et des principes que j’ayals intention de développer; je suivis de point en point les intentions de l’éditeur, chose quelquefois malheureuse pour les auteurs, mais à laquelle ils sont trop souvent forcés de s’assujettir.

J’étais alors rédacteur du Bon Jardinier:

et, ainsi que l’éditeur, je ne regardais le traité de la Composition et de l’Ornement des Jardins que comme une sorte d’appendice 5 cet ouvrage. ,)& pensais naturellement que plus

tard je trouverais l’occasion de publier un ouvrage comme je l’entendais sur cette matière, et je me mis dès-lors à collectionner dans les champs, dans les jardins et partout oii je pouvais le faire, des points de vue, desmonumens, des plans, des fabriques de tous genres, et en un mot tout ce qui entrait dans mes projets.

Déjà mon album se remplissait lorsque des circonstances particulières rompirent mes relations avec M. Audot.

Devenu dès-lors étranger h la rédaction du Bon Jardinier; ayant par conséquent beaucoup plus de temps à consacrer à mes goûts, je le mis h profit pour augmenter mon album et l’enrichir de tous les objets qui me paraissaient dignes de figurer dans un grand ouvrage sur les jardins.

Je visais h un but, ordinairement fort difficile è atteindre; je voulais faire un ouvrage aussi complet que possible, et qui, cependant, ne fût pas d’un prix trop élevé, afin d’être h la portée de tous les amateurs. Une découverte récente, la gravure sur acier, fournissant le moyen de tirer un nombre considérable d’exemplaires, vint, par un heureux hasard, favoriser mon projet.

Mais il restait encore un écueil à surmonter, celui de trouver un graveur qui voulût bien s identifier avec mes pensées, au point de renoncer h S 071 faire pour rendre l’esprit de mes dessins tel que je l’y avais mis et sans interprétation. Les gens versés dans les arts'compren-

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drout aisément celte difficulté et l’importance que je devais attacher à la voir vaincue, il m importait que telle planche fût entièrement terminée, telle autre à demi, et que,telle autre encore n’offrît que de simples traits, etc., etc., afin que tout fût en harmonie avec mon texte, dans lequel devaient aussi se trouver des tableaux finis h côté de légères esquisses.

J’ai eu la hardiesse, pour atteindre ce but qui me paraissait important, d’entreprendre moi seul la gravure de mes 120 planches, et Je courage de la terminer après deux ans d’un travail opiniâtre.

L’ouvrage que j’offre aujourd’hui au public est donc le fruit de longs efforts et le résultat de tous mes moyens. Je souhaite que les amateurs l’accueillent avec la même indulgence que mes autres ouvrages, et je me croirais suffisamment récompensé des peines que je me suis données pour le rendre le plus complet qu’il soit possible.

L’AIIT

DE

COMPOSER ET DECORER

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