‹ Nouveau manuel complet de l'architecte des jardins ou L'art de les composer et de les décorerChapitre 8 sur 134 · Jardin de. mcdeciiie · texte numérisé non relu

Jardin de. mcdeciiie

8 ». Jardin public.

9". Promenade publique.

10°. Jardin de palais.

II”. Jardin français.

12”. Parterre.

iS”. Symélrique-pilloresques..

14”. Ferme ornée.

i 5 ”. Parc.

16°. Bosquet.

17°. Potager fruitier.

18”. Potager fleuriste.

19”. Potager pittoresque.

20”. Pavsager-verger.

Nous allons exquisser rapidement les caractères spécifiques de ces différens jardins, avant d’établir les principes sur lesquels on doit les établir.

1. Le verger est entièrement consacré à la culture des arbres fruitiers. Lorsqu’il ne se compose que de seuls pommiers plantés en quinconce ou en échiquier, quelques personnes lui donnent le nom de Normandie. Il s’allie très-bien avec les compositions de jardins paysagers, pourvu qu’on le place près d’une fabrique d’habitation.

2. Le potager bourgeois est simplement une culture de légumes pour la consommation journalière d’une famille. Il peut également figurer dans un jardin paysager s’il se trouve placé à côté d’une fabrique d’habitation comme la maison d’un garde, d’un pêcheur, etc.

3 . Le potager maraîcher est un établissement marchand consacré à la culture des légumes et des primeurs que l’on porte au marché. Ici l’agrément est toujours sacrifié à l’utile, et a peine y soufl're-t-on qu’une fleur, une touffe de violette, s’y empare d’une place qui pourrait être occupée par une laitue. Dans les environs de Paris, ces sortes de jardins portent le nom de marais , parce que les premiers furent sans doute établis sur l’emplacement de marais desséchés.

4 . établissement marchand est un jardin où l’on élève des végétaux de toutes les natures, de tous les pays, pour les livrer aux amateurs lorsqu’ils sont assez forts pour supporter la transplantation. Nous en avons de très-beaux modèles à Paris, parmi lesquels on remarque ceux de MM. Noisette et Gels.

5 . La pépinière publique est un établissement entretenu aux frais des gouvernemeus qui s’intéressent à la riche.sse de leur pays, et par consétiuent aux progrès de l’agriculture. On essaie d’y naturaliser des végétaux exotiques, qui pourraient devenir utiles à nos cultures d’arbres fruitiers et à la prospérité de nos forêts.

Jusqu’à [)résent il s’est glissé tant d’abus dans l’administration de ces établissemens, qu’on n’en a pas retiré la moindre utilité. Aussi, le gouvernement actuel paraît-il tout disposé à y renoncer, du moins si nous en jugeons par la pépinière du Luxembourg, en 1 riche depuis quatre ans.

6 . L'école de botanique est consacrée à offrir à l’étude tjes individus vivans de toutes les espèces de végétaux. Nou^

ne nous étendrons pas sur rutililé de tels élabllssemens ; I il nous suffira de dire, pour le faire suffisamment comprendre, que l’Amérique doit ses immenses plantations de café à quelqius arbrisseaux de cette espèce qui lui furent envoyés du jardin des Plantes de Paris.

7. Le jardin de médecine sert à la fois à l’étude des plantes , médicinales et à fournir gratis aux hôpitaux et aux pauvres

les remèdes produits des plantes indigènes ou naturalisées. Il devrait y avoir un jardin public de médecine dans toutes les villes de France.

8. Le jardin public n’est rien autre chose qu’une promenade embellie par la culture de fleurs, d’arbrisseaux rares, par des gazons , des fontaines, des statues et quelquefois des fabriques. Le jardin du Luxembourg et eelui desTuilerics en sont des modèles superbes.

9. promenade publique diffère du précédent par sa plantation , qui ne consiste guères qu’en arbres destinés à procurer de l’ombrage aux promeneurs. Si quelquefois on y place quelques tapis de gazons, on les entoure d’une défense pour assurer leur conservation.

10. IllQ jardin de palais ne diffère du jardin public que parce qu’il est fermé au peuple. Quelquefois il est plus riche en cultures exotiques, en eaux jaillissantes, en marbres et en bronzes. Les jardins de Versailles en fournissent un modèle unique en Europe.

11. Le jardin français accompagne, dans les villes, les hôtels des gens riches. Sa distribution géométrique, son extrême propreté, ses allées sablées, quelques marbres de prix, la fraîcheur de ses gazons, font le principal mérite de ces compositions sans points de vue et d’un espace borné.

12. Le parterre est entièrement cultivé en fleurs, et si quelques arbrisseaux de pleine terie s’y montrent, ils sont toujours choisis dans les espèces qui s’élèvent peu, et qui sont remarquables par l’élégance de leur feuillage et l’éclat de leurs fleurs. C’est dans le parterre que l’on cultive ces belles collections d’œillets, d’oreilles-d’ours, de jacinthes, de tulipes et de narcisses, qui font l’amour des florimanes et l’étonnement des personnes même les plus indifférentes.

Le parterre, malgré ses plates bandes, ses corbeilles et ses allées symétriques, peut figurer dans tous les jardins d’agrément, au moins comme épisode.

1 3 . Le jardin syméirique-pitloresijiie est un grand. tal)leaii composé de deux plans et de deux couleurs, mis; bout à:bout quoique de genre toul à fait différens. Une partie, faisant façade avec un château ou un palais, se développe majestueusement en jardin symétrique t les parties cachées sur les côtés sont plantées en jardins paysagers ou pittoresques. Tels sont les jardins du cliâleau de Versailles; tel est le bizarre jardin

: des Plantes à Paris. L’Allemagne fourmille, de ce genre de composition. ;

14. La ferme ornée sera pour nous- un domaine oùd’on aura ennobli l’agriculture en la parant de tous les charmes d’une nature poétique. La ferme ornée sera la réalité d’une églogue de Virgile et d’une idylle de Gcssner.

1 5 . Le parc est proprement ce que l’on appelle le jardin chinois ou anglais. C’est dans ce genre de composition que les rochers, les cascades, les ruines, les temples, les kiosques, et toutes les fabriques en général, se montreront au milieu des scènes pittoresques préparées par le caractère des sites. La condition essentielle du parc est d’étre assez grand pour que les scènes, qu’il ne faut pas trop multiplier, n’aient ])as l’air d’avoir été entassées avec une maladroite profusion.

16. Le bosquet est encore un jardin paysager, mais borné à un petit espace et composé d’une scène unique et simple. Son but est de procurer un peu d’ombrage et la riante vue de la verdure. Quelquefois il se borne à un simple gazon entouré de quelques massifs de verdure dans laquelle sont cachés deux ou trois berceaux. Celle compo.silion convient aux jardins d’une petite étendue, 11 ne souffre aucune fabrique ■ pittoresque sans un but très-ostensible d’utilité.

17. Le potager-fruitier est le plus commun des jardins ( plantés par des personnes d’une médiocre fortune. Il consiste en planches et carrés de légumes, entourés de platebandes garnies d’arbres fruitiers en éventail, en quenouilles ou en pyramides; ses murs de clôture sont tapissés d’espaliers

et de treilles.

18. IjC potager-fleuriste. Le môme que le .précédent, mais auquel on a joint un petit parterre uniquement consacré à la culture de quelques Heurs plus remarquables par leur odeur et l’éclat de leur corolle que par leur rareté. Auprès d’une maison bourgeoise, dans un espace ne dépassant pas un

arpent, le polager-flenrisle et le bosquet sont les seules compositions convenables.

19. Le potager-pUtoresque ne se rencontre guère que dans les environs de Paris. On Je reconnaît à ses berceaux de lilas de treillage, de clématite, à ses tonnelles de vigne, à ces vide-boii teilles affectant la forme d’un pavillon ou d’une cbaumière. Il accompagne les maisons de campagnes de la banlieue, et appartient le plus souvent à des négocians retirés. Quoique proscrit, ou au moins dédaigné par les auteui s, il n’en a pas moins ses agrémeps. Son premier mérite est'la propreté; le second, très-rgel, est le peu de frais qu’exigent sa création et son entretien,

20. Le pajsager-xerger est uïie composition dans laquelle on s est efforcé de réunir l’utile à un jardin paysager. Les massifs en sont composés, en grande partie, d’arbres fruitiers, au milieu desquels s’élèvent, pour jeter de la diversité quelques arbres exotiques remarquables parleur port ou leur feuillage. Je ne connais qu’un exemple de ce genre de jardin, et cependant il peut offrir des scènes tout aussi pittoresques qu un autre planté seulement avec des arbres d’ornement.

■ Un habile architecte de jardin: produirait, j’en suis certain, autant d effet en combinant le port et le feuillage de divers larbres fruitiers, que ceux d’espèces moins utiles. L’amandier, le pécher, le neflier, les poiriers et pommiers, les pruniers, cerisiers et abricotiers, les noyers, noisetiers et mitres, offrent assez de diversités pour prêter une grande niarge a d heureuses combinaisoas. ^ °

Avant de traiter de la composition des genres de iardins que nous venons de mentionner, il.est indispensable de détailler les travaux préparatoires qui conviennent à tous. C’est aussi ce que nous allons faire dans le Chapitre suivant.

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