‹ Nouveau manuel complet de l'architecte des jardins ou L'art de les composer et de les décorerChapitre 82 sur 134 · Nous donnons ce nom à ces petites corn · texte numérisé non relu

Nous donnons ce nom à ces petites corn

positions souvent gracieuses, toujours pittoresques, composées de lattes , de baguettes de châtaignier, et quelquefois de gros bois recouvert de son écorce, dont on forme de jolis dessins en les entrelaçant ou les combinant avec art.

Ou se sert de ces sortes d’ouvrages pour former des berceaux ei des barrières dont on entoure les petites scènes partielles, tels qu’une basse-cour, une cabane et un petit parc pour des animaux paisibles, etc. etc.

Ün peut combiner ces barrières de manière à former mille figures élégantes, gracieuses, bizarres, ou même de genre. Nous avons donné dans les planches 70, 71, 72 et 78, ciuquante-et-«Q modèle? des plu» agréablement' combinés.’

5 , Les serres.

Ces constructions, à la fois utiles et agréables, peuvent entrer en convenance avec tous les genres de jardins; seulement, dan-, le paysager, il faut les motiver par une apparence de fabrique, si elles se trouvent placées hors de la dépendance dn lleuriste ou même du potager de l’habitation. C’est ainsi que les serres, pl. 75, fig. i, et pl. 79, fig. 4, figureront des monumens gothiques; celles de la planche 78, fig. 1, 2 et 3, des pavillons ou autres constructions de divers caractères.

Les serres se divisent en 1° serres chaudes, 2° serres tempérées, 3“ orangeries. '

Les serres chaudes sont consacrées à la culture des végétaux originaires des contrées brûlantes de la terre, et les plantes que l’on y renferme n’en sortent en aucune saison. . Ces serres sont chauffées avec des couches, des tannées et des fourneaux. Elles Sont entièrement vitrées, ou au moins en dessus et du côté du midi.

Il n’est guère possible de leur donner un autre caractère que celui qui leur est propre et qui indique leur destination; mais on peut mettre leur architecture en harmonie avec toutes les compositions symétriques ou mixtes.

La planche 75, fig. 2 , représente une serre chaude demi-circulaire, adossée à un monument d’une architecture riche et élégante. Elle convient à la décoration d’un jardin ' fleuriste oû mixie, accompagnant une maison bourgeoise.

On en volt une analogue dans le jafdlrt botanique de Louvain»

La planche 76, fig. r, en représenle une autre, fort élégante, adossée à l’aile d’un château ou d’une maison bourgeoise, et dans laquelle on peut pénétrer par une porte donnant dans un salon de l’halntation. Comme dans la précédente, sa monture est entièrement en fer. On en voit le modèle en Angleterre, chez M, Russel, où elle a été bâtie par l’architecte Bayley, de Londres.

Nous ne connaissons à Pans qu’un seul exemple de serre qui communique avec les appartemens, et nous l’avons vu dans le manifique jardin de M. Boursault.

La fig. 2, de la même i)lanche 76, représente trois serres chaudes, destinées à trois genres dilTérens de cultures, adossées contre l’aile d’un bâtiment. La serre a, placée en face du midi, sera consacrée à protéger des plantes tropicales} la serre b, au couchant, renfermera une collection de plantes grasses; la serre c, regardant l’orient, servira à la culture des ananas. Nous n’avons pas besoin de dire que nous »e spécifions ces trois genres de culture que par supposition et pour exemple. Ce qu’il y a de remarquable dans ces trais serres, c’est qu’elles jouissent toutes du soleil du midi, et qu’elles peuvent se chauffer à la vapeur à l’aide d’un seul {ourneau.

La planche 77 représente quatre superbes serres chaudes à montures de fer. La première, fig. i, se voit chez M. Loi diges, piès de Londi-es. Klle a 120 pieds de longueur, 20 pieds de largeur, et 18 de hauteur. La fig. 2 représente une double sen-e du jardin de la société d’horlicuilure de Londres. Le côté a r egarde le midi, et sert à la culture des plantes équatoriales. Les ouvertures f, c, servent à retirer les 'leux lumiers des couches et à en faire passer de plus chauds, sans être oblige d’ouvrir la serre et d’exposer les plantes à des coups d’air, ou seulement à renouveler l’air en les ou- 'cant quand la température le permet. Le côté ô, séparé de autre par un mur qui divise lu serre en deux dans toute sa otigueur, est exposé au nord. Il sert à cultiver les plantes * clicates de terre de bruyère, qui craignent à la fois l’excès du chaud , du froid , et qui aiment l’ombre. Cette partie de serre n’est jamais cliituffèe qu’au qiême degré qu’une oran-

( aSa )

La fig. 3 , de la même planche, représente une serre chaude à ananas, construite dans les mêmes principes que la précédente, chez sir André Kuigt, président de la société d’horticulture de Londres.

La fig. 4 représente une magnifique serre à dôme, que l’on voit chez M. J.-R. Beaumont, à Bretton Hall, en Angleterre. Le dôme est soutenu intérieurement par un rang circulaire de colonnes légères. La serre a 66 pieds de diamètre, et 40 pieds d’élévation, mais comme elle est isolée et que la lumière n’y est réfléchie par aucun abri, on ne peut guère y maintenir la chaleur qu’au degré d’une serre tempérée.

Jusqu’ici les serres cliaudes que nous avons montrées sont en fer cintré, formant la voûte, et nous ne pensons pas qu’il en existe encore de semblables à Paris. Ce sont cependant les plus élégantes, et celles qui conviennent le mieux aux grandes et riches compositions. Néanmoins, il en est d’autres qui peuvent encore y figurer avantageusement.

Dans la planche 76, fig. 3 , nous montrons la coupe et l’intérieur d’une de ces serres chaudes à vitreaux cintrés.

Dans un fleuriste élégant, en France, nous n’avons encore vu figurer que des serres-chaudes à panneaux de bois. Les plus élégantes se composent de deux rangs de panneaux, pl. 75, fig. 3 , dont le premier a, peu incliné, a trois ou quatre pieds de hauteur, et porte les grands panneaux b. On pratique quelquefois au sommet de la serre une galerie pit- ' torcsque c, servant à faciliter l’entretien des verres, leur propreté, le placement des paillassons, etc.

La fig. 5 de la même planche représente une serre chaude à ananas, composée de deux rangs de panneaux comme b précédente, mais le rang inférieur a est placé dans une , position verticale.

La fig. 4 offre une antre serre chaude dont les deux rangs de panneaux a, ô, ont la même inclinaison.

Les conditions essentielles qu’un architecte doit toujours avoir présent dans la construction d’une serre chaude, sont 1“ qu’elle soit à exposition aussi chaude que possible et tournée au midi; 2° qu’elle ait autant de lumière que possible; 3 “ qu’on puisse en renouveler l’air à volonté ; 4 ° qu’elle soit très-sècbe à l’intérieur; 5 ° que les fourneaux soient calculés de manière à pouvoir y faire monter et y maintenir la '

clialeur pendant les plus grands froids, à aS degrés Réau* mur, au moins, pendant le jour, et entre i 5 et 20 pendant la nuit.

Les serres tempérées ne diffèrent des serres chaudes que par la température plus basse, qu’on maintient entre 8 et 1 5 degrés pendant l’hiver, et parce qu’on y cultive des plantes croissant dans des pays chauds, mais en deçà et en delà des tropiqties, d’où il résulte qu’elles peuvent passer l’été en plein air à la latitude de Paris.

La serre tempérée étant libre pendant une grande partie de la belle saison , peut alors se métamorphoser en une agréable salle de danse, en un cabinet de repos, un salon de lecture, ou une salle à manger. Il sera donc bien de lui donner un caractère en harmonie avec une scène, et alors on pourra en faire un salon gothique, pl. 75, lig. i; ou chinois, planche 79, figure i ; ou turc, même planche, figure 2. L’essentiel est de lui donner autant de lumière que possible.

Du reste, ainsi que toutes les sen'es, elle demande, à la chaleur près, les conditions de sécheresse et d’air que nous avons dit pour les serres chaudes. Dans la planche 75, fig. 6 , nous en figurons une à voûte cintrée , dont on voit plusieurs modèles en Angleterre.

Voraiigerie est une serre tempérée où les végétaux ne restent que pendant la saison des gelées et n’ont besoin, pour s’y conserver, que d’être dans une température entre O et 5 degrés du thermomètre de Réaumur. Comme la plupart des plantes d’orangerie perdent leurs feuilles pendant l’hiver, la lumière leur est généralement moins indispensable qu’aux autres, mais cependant il faut qu’elles en aient, et plus on leur en donnera mieux ce sera. On placera donc l’orangerie dans une fabrique sans panneaux, mais où des fenêtres grandes et nombreuses se trouveront naturellement motivées.

Dans le jardin pittoresque d’un palais, ce sera la composition chinoise, pl. 78, fig. r, et la rotonde placée au milieu de la façade, étant entièrement vitrée, pourra devenir One serre chaude ou tempérée, ou, pl. 79, fig- 4 j un monument gothique, dont les deux côtés a, a, pourront être otilisés si l’on veut en bibliothèque ou autre chose.

Pans les jardins moins riches, l’orangerie sera très-bien

a «^3 de genre, planche 78, figure

A 1 orangerie appartient le genre de composition que noui avons nommeyart/w d’hiver, et dont nous avons déjà parlé. On peut foire un jardin d’hiver en voûte cintrée, comme nous représentons une serre tempérée, pl. 75. fie. 6- ou d une architecture élégante ; ou tout simplement comme celui de M Noisette pl. 74, fig. x. s’il he s’agit d’accompagne^ qu une maison bourgeoise. * ° |

Le jardin d'hiver, qui communique toujours à un appartement de 1 habitation, est destiné, pendant que la terre esl couverte de frimas, à fournir une promenade charmante, dans une température douce et au milieu de la verdure et des fleurs du printemps.

d’hiver, quel que soit le genre de son architecture, doit etre assez grand pour fournir une promenade aisée, dans une allee au moins, et il sera parfait si on peut y mo tiver un banc sous un berceau de camellia eu fleur, commi nous le figurons en «, dans le plan, fig. 2. Dans une grand, composition on ferait très-bien, à l’imitation de M. Bour sault, de 1 enrichir de statues et de jets d’eau

Mais l’indispensable est de le défoncer à trois pieds di dn° erï"'’’/?' terre, et de la remplacer pa.

X enm ’Tr ““ P‘-éparée à cel

effe^, comme nous le figurons dans la coupe de la fig. i, ci

l’n.ne^î^ 7' Z" Z consacrée i

en fuuts et en fleurs. Pour qu’elle conserve mieux sa cha-

iTZ’ Z couches, on est

assez dans 1 habitude de 1 enterrer presque jusqu’au niveau ÿs panneaux, comme on le voit en û fig. 3,’pl no.

chaleur, pour indiquer le nlaee ^ passcr, quand on nc

d J. le! arrive souvent

dans les autres serres.

d/iLlît;;!','’ “‘f ““ -i» '» compélenc.

pôlipér P“* “S"''- <!» dans le jariil

Du chauffage des serres.

Les serres se chauffent au charbon, au bois, à la Vapeur, fit au moyen des couches.

La houille ou charbon de terre sera employée à cet usage quand on ne pourra pas faire autrement, car sa vapeur est extrêmement contraire aux plantes. Si l’on était cependant forcé de s’en servir, on distribuerait les fourneaux comme nous le dirons pour le bois.

Le cliauffage par le moyen des couches étant une simple Wanutention de culture, nous ne devons pas nous en occuper ici, parce que cela concerne la pratique du jardinier. Il Uous reste donc à nous occuper des chauffages au bois et à la vapeur.

I® Du fourneau. Il doit être d’une grandeur proportionnée a celle des serres qu’il doit chauffer. Sa gueule sera toujours placée hors de la serre, afin qu’aucune fumée ne puisse atteindre les plantes. En cas de nécessité absolue, on peut la placer en plein air ; mais ceci offre tant d’inconvéniens qu’il faut, toutes les fois qu’on le pourra, la placer dans un fiabinet ou tambour fermé, placé à l’entrée de la serre.

Ce tambour offre encore un avantage, celui de pouvoir s’introduire dans la serre, pendant les plus grands froids de I hiver, sans exposer les plantes à un coup d’air, car on a te soin de fermer la porte du tambour, avant d’ouvrir celle ^e la serre.

Le fourneau est en maçonnerie de terre et de briques. 1*0111’ perdre moins de chaleur, son corps entier est dans la ®6tTe, et l’ouverture de la gueule seulement, dans le tambour.

Les tuyaux de chaleur sont en fonte ou en terre, mais fieux en terre sont généralement plus estimés que ceux en onte. A partir du fourneau, ils passent sous un des sentiers U® la serre, comme on le voit pl. 75, fig. 4 et 5 , ou contre Un des murs, où ils sont agriffés avec des crampons de fer fil du plâtre, à la place indiquée pl. 75, fig. 3 , et pl. 79, “S’ 3 , Après avoir longé le mur dans toute sa longueur, ils i^oat ressortira l’autre extrémité, où ils décrivent un coude,

teu dedans ou en deHors, pour porter la fumée à une certaine nauteur, afin qu’elle ne puisse pas être incommode.

Quelquefois une serre est trop grande pour pouvoir être chauffée avec un seul fourneau. Dans ce cas on en construit deux ou meme davantage, disposés de manière à ce que la chaleur se repande le plus également possible.

. à la vapeur, quoique assez nouvellement

importe dAngleterre en France, est tellement avantageux qui! se répand avec une grande rapidité, mais, chose sin - 1 guliere, plus généralement dans les ateliers pour le chauffaae des appartemens, que chez les jardiniers. I

Les avantages qu’offre ce genre de chauffage sont incontestables et nombreux. Non-seulement il y a économie de Lois, mais encore l’expérience a prouvé que la chaleur moite -de la vapeur convient beaucoup mieux: aux plantes que la chaleur seche d un poêle. Au potager de Versailles, il faut une heure pour que les tuyaux à vapeur répandent dans la serre une chaleur sensible, mais elle dure plus long-temps, Lnhn, un des premiers avantages de celte méthode est de pouvoir chauffer à la fois ou séparément, au moyen d’un robinet, plusieurs serres avec le même appareil, fiîssent-elles a une grande distance les unes des autres. Il a été prouvé, par lai^hitecte anglais M. Bayley, que la chaleur avait le : même degre d intensité aussi loin que la vapeur pouvait s’étendre dans un tuyau, sans se condenser, et qu’ainsi on pourrait la conduire à 1600 mètres de distance pour le chauffage d une serre. « Dans l’établissement de M. Loddiges, dit « cet architecte, les tuyaux à vapeur comprennent l’espace « dun raille, ou 1609 mètres de longueur. Chez M. Gray,

« la vapeur est conduite sous terre, le long de la rampe •* d une colline, à une distance de plus de 5 oo pieds. » Plu* loin le même auteur ajoute ; « Les avantages attaehés à ce " “ . ® chauffage sont, économie de combustible et fa- « cihte de service des serres. M. Loddiges avait précédem- ' « ment à entretenir 38 feux qui, comme ceux desserres

- chaudes en Hollande, devaient être alimentés plusieurs fois

- dans les nuits d’hiver. Aujourd’hui il lui suffit d’un seul « feu, qui exige un approvisionnement de 120 mesures de

• charbon désulfuré ( ou coke), et il lui reste la plupart dn i « temps une grande quantité de ce charbon pour l’année > *« suivante, >» *

Les personnes qui désireraient s’instruire à fond sur cette intéressante matière, peuvent consulter une petite brochure intitulée Traité sur le chauffage des serres et des habitalions, au moyen d’appareils à la vapeur, traduit de 1 anglais de

^La'planche 74, Cg- 3 , 4 , représente nn termosiphon on appareil à l’eau chaude, dans le genre de ceux qui sont employés au potager de Versailles. Ici c’est avec de 1 eau et non avec sa vapeur que l’on chauffe les serres. ^ ^

La fig. 3 représente la chaudière qui doit etre en cuivre ou en fonte, et qui contient depuis un arrosoir d eau jusqu a

un tonneau. . .

Cette chaudière est à double parois, fig. 4 , et reçoit 1 eau par le tuyau a que l’on bouche avec un tampon de bois. On fait du feu sous la chaudière c, c; l’eau chauffée a un certain degré passe par le tuyau d,d-, parcourt avec lui toute la serre, et rentre dans la chaudière par le tuyau e, e, ce qu elle fait aisément, parce que celle du bas n’étant pas aussi chaude que celle du haut, n’est pas dans un état de dilatation assez grand pour la repousser. Par ce moyeu, leau est dans un état continuel de circulation, et revient acquérir dans la chaudière la chaleur qu’elle a perdue en la répandant dans la

Cet appareil, comme l’expérience l’a démontré, ne peut pas remplacer la vapeur, car son effet, bien moins considérable, n’a même pas pu suffire seul pour garantir les serres pendant les fortes gelées; mais nous croyons qu’avec le même appareil, en remplaçant le tampon de bois a par une soupape de sûreté, et en ne remplissant d'eau la chaudière que jusqu ou nous indiquons en o, 0, on obtiendrait, avec la vapeur figurée en i, les mêmes effets qu’avec un appareil plus compliqué et par conséquent beaucoup plus dispendieux.

Quoi qu’il en soit, nous donnons, pl. 80 , la figure dun appareil (fig. i) servant à chauffer les serres a primeurs, chez M. Stephen Grey, près de Londres. La fig. 2 nous offre la coupe d’une chaudière double : a , tuyau a vapeur ; c,c, trou aux cendres; d, rf, chaudières; e,e, soupape de sûreté; /, tuyau commun aux deux chaudières, portant la vapeur dans le tuyau de conduite a. La fig. 3 représente une autre chaudière; a, tuyau par lequel l’eau condensée est évacuée; b, tuyau pourvoyeur; c, robinet. La fig. 4 représente

les luyattx de conduile : ils sont en fonte et ont quatre pouces de diamelre. Quelques-uns sont un peu courbas a T angles très-ouverts, d’au-

:Éi§!=r£t;SS

vissrciir l’oi..- pins dedélails, à l'nn-

Page 1