FIBRE LIGNEUSE
Dans toutes les tiges des végétaux , on trouve un tissu cellulaire formé de cellules étroites , alongées , à parois ordinairement épaisses , constituant des faisceaux minces destinés à leur donner delà solidité et de la flexibilité ; ce tissu particulier a reçu le nom de prosenchyme , quand les cellules alongées se terminent par des faces obliques ; et , quand les cellules sont fusiformes , très amincies aux extrémités , par lesquelles elles sont contiguës ou soudées sur une grande longueur , on nomme le tissu pleurenchyme ; dans ce cas aussi , on a proposé de nommer ces cellules fusiformes des clostres. Dans tous les cas, ces faisceaux de cellules étroites se rattachent au parenchyme proprement dit , par des nuances insensibles , et prennent le nom de fibres ligneuses , quand elles ont acquis un certain degré de solidité par suite de l'épaississement de leurs parois. Il faut bien remarquer d'ailleurs, qu'il se forme aussi des fibres ligneuses par l'incrustation ou le remplissage des méats intercellulaires ; ces fibres , en se séparant , emportent donc une portion des parois des quatre cellules contiguës ; on les trouve particulièrement à la surface des tiges herbacées et dans les écorces.
Les faisceaux de cellules alongées, ou de prosenchyme, se trouvent même dans Taxe des végétaux cellulaires , tels que le sphagnum (/?/. XXVII, fig. n et 3} et les autres mousses ; mais c'est surtout dans les végétaux vasculaires qu'on les trouve , soit dans les tiges , soit dans l'écorce , dans les pétioles et les nervures des feuilles , dans les pédoncules et dans les diverses parties des fleurs; ces faisceaux sont quelquefois isolés au milieu du parenchyme , ou immédiatement sous l'é- Jderme ; plus souvent ils accompagnent ou entourent des vaisseaux plus ou moins nombreux , avec ou sans faisceaux de
COKTEHU DES CELLULf S*
pleurenchyroe, et constituent ainsi les faisceaux fibro-vasculai* res, qui sont disséminés ou diversement groupés dans la tige des monocotylédones et de certaines dicotylédones , et se prolongent en se subdivisant jusque daus les feuilles. Dans les dicotylédones frutescentes, au contraire, le tissu ligneux se compose des mêmes élémeus distribués en couches concentriques , formées séparément chaque année , en même tems qu'une couche correspondante de l'écorce interne ou du liber. Ce qu'on nomme liber , se compose aussi de fibres ligneuses de diverses sortes , et de vaisseaux différens de ceux du bois, destinés à la circulation du latex ou suc vital. Ces mêmes vaisseaux du latex se retrouvent aussi , d'ailleurs , dans les faisceaux tibro-vasculaires des monocotylédones.
Les cellules du parenchyme ont ordinairement leurs parois uniformément transparentes, quoique incrustées intérieurement par une substance un peu différente de la membrane primitive de la cellule ; mais souvent aussi , ces cellules alongées du prosenchyroe , ont leur paroi ponctuée, ou en apparence percée de petits trous de communication avec les cellules voisines : ces trous ou pores deviennent quelquefois des fentes ou des raies , et les cellules ne diffèrent alors de certains vaisseaux ponctués ou ra)és, que par leur moindre longueur ou par la permanence des cloisons de leurs extrémités (/;/. XX , fig. 1, 3 ); on voit souvent, sur une coupe longitudinale passant par le milieu de ces cellules, les perforations des cloisons de deux cellules contiguës, qui se correspondent, et paraissent établir une communication cutre elles.
Les cellules fusiformes du pleurenchvme , excepté dans le bois des conifères, n'ont point de pores et de perforations, maison voit sou vent, dans certains bois d'amentacées, par exemple , leur paroi marquée de quelques stries fines très obliques ; elles semblent donc faire alors le passage aux vaisseaux spiraux.
Les cellules alongées du tissu ligneux des conifères , qu'on a voulu nommer des vaisseaux , ont en même tems des fibres spirales nombreuses très obliques et des pores latéraux d'une structure fort remarquable, qu'on a nommés des disques, parce que , en effet , ils paraissent entourés d'un ou deux cercles concentriques , qui sont un effet de réfraction produit par un amincissement correspondant de la paroi dans cet endroit. Les parois latérales en contact de deux cellules contî-