‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 111 sur 169 · D ES VAISSEAUX PROPRES DES VAISSEAUX DU LATEX OU · texte numérisé non relu

D ES VAISSEAUX PROPRES DES VAISSEAUX DU LATEX OU

LATEXIFÈRES.

Depuis long-tems on a voulu nommer vaisseaux propres les tubes ou réservoirs contenant , dans les divers végétaux , les sucs laiteux ou résineux ou gomroeux qui leur sont propres: on confondait ainsi les réservoirs d'un produit sécrété ne participant plus à la vie , et les vaisseaux destinés à la circulation d'un suc nourricier déjà élaboré, mais devant encore servir à la nutrition des divers organes ; c'est-à-dire les vaisseaux du latex % que son importance a fait nommer aussi le suc vital. Or, Jes réservoirs du suc propre, comme les vaisseaux du latex, sont les uns et les autres formés par la réunion de cellules élémen-

VAISSEAUX PROPRJ&S , ETC. I()3

taires , à parois minces , transparentes ; la seule différence c'est que , dans ceux-ci , les sucs contenus se meuvent et subissent une véritable circulation , tandis que dans ceux-là le contenu reste immobile , et soustrait , momentanément au moins, à l'action de la vie.

Les vaisseaux du latex et la circulation dont ils sont le siège ont été particulièrement étudiés et décrits (i) par M. Schultz de Berlin , qui , pour avoir voulu exagérer les résultats de son travail , en a diminué l'importance et la valeur réelle. Ainsi , comme nous l'avons dit déjà en parlant de la rotation des sucs ou de la circulation intra cellulaire, cet auteur a voulu assimiler complètement les courans anastomosés dans Tintérieur des cellules des poils de campanules et de Iradescantia, aux courans qu'on voit par transparence dans l'épaisseur des feuilles de pavot, de chélidoine , de laitron, des stipules de iîguier , etc ; supposant ainsi que ces courans de l'intérieur des cellules auraient lieu dans des petits vaisseaux qui traverseraient , on ne sait comment , les parois si distinctes de ces cellules. Or M. Schulz, en assimilant ensuite les vaisseaux de latex dans les feuilles et dans l'écorce , avec ces vaisseaux imaginaires de l'intérieur des cellules, a donné le droit à beaucoup d'observateurs consciencieux , de douter de la réalité de ce qu'il donne comme le reseau isolé des vaisseaux latexifères. Nul doute assurément qu'il n'ait isolé un tel réseau par la macération du liber ou des parties vertes , etc. , mais nulle preuve non plus que ce soient là réellement les vaisseaux dans lesquels circulait le latex pendant la vie de la plante. D'au» tant plus encore que , tout en représentant des vaisseaux isolés avec des parois très épaisses , l'auteur est forcé de dire que , dans la plante vivante ou simplement fraîche , l'extrême transparence de ces vaisseaux , et unecontractilité prodigieuse et dont on n'a aucune preuve directe , les dérobent à la vue, aussitôt qu'ils ne sont plus goutlés par le latex. Les propriétés singulières de vitalité et de motilité, que cet auteur est d'ailleurs forcé d'attribuer au latex pour expliquer sa circulation , qui se continue même dans des pièces détachées de la plante , comme les stipules de figuier , les sépales caducs

(») Mémoires de l'Académie de» sciences Savans étrangers. — Nova acta natnrae curiosorum , t. ig.supp. 1841.

iq4 vaisseaux des plantes.

des alsinées , etc., rendent bien difficile d'ajouter entièrement foi à ses assertions.

Nous avons vu quelque chose d'analogue au prétendu réseau des latexifères de M. Schultz , mais nous pensons que c'est un réseau de libres ligneuses du liber; de même que M. de Mirbel (i) , en suivant M. fcchultz, a voulu regarder tout le réseau du liber des dicotylédones comme exclusivement formé de vaisseaux latexifères. Nous avons bien vu sous le microscope la circulation du latex dans les parties vivantes des végétaux à suc jaune ou laiteux , mais sans qu'il nous fût possible , en aucun cas, de distinguer les parois propres des canaux quelconques dans lesquels se mouvait ce liquide. Aussi, d'après ces observations , faites sur les plantes vivantes , et qui sont vraisemblablement aussi complètes que toute autre observation sur ce phénomène , aurions-nous été tentés de croire que la circulation du latex a lieu simplement dans les méats intercellulaires, si M. Schultz n'avait vu directement les vaisseaux mêmes du latex dans des coupes longitudinales de la tige d'une Euphorbe charnue ( Euphorbia purpurea ).

Quoiqu'il en soit de la nature de ces vaisseaux , et quoique M. Decaisne , en représentant isolé un tout petit fragment de lalexifère , le seul qu'il ait vu ainsi dans son anatomie de la garance, donne une apparente confirmation aux idées de M. Schultz , nous pensons que le sujet est resté presque entier pour les recherches futures des phytotoinistes et des micrographes.

La circulation du latex pouvant être vue directement dans les feuilles et dans toutes les parties vertes des végétaux , c'est là aussi qu'on doit chercher les latexifères; il est bien vraisemblable qu'ils font partie des faisceaux ligneux des monocotylédones, puisqu'on les a vus le long de ces faisceaux dans la tige des alismacées ; on peut également admettre qu'ils sont en grand nombre dans l'écorce des dicotylédones ; mais rien ne prouve que ce soient réellement y comme M. Schultz et M. de Mirbel l'ont dit , les tubes nombreux à parois épaisses qui constituent la majeure partie du liber. D'après la manière de voir de ces auteurs , on devrait les trouver dans la couche

(i) Aunales des science» naturelles, « ser.Bot

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