‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 112 sur 169 · ASCENSION DE LA SEVE · texte numérisé non relu

ASCENSION DE LA SEVE

On distingue dans les végétaux vi vans trois sortes de circulations bien différentes, quant à leur mode de manifestation et quant à leurs résultats, niais pourtant dérivant toutes trois du même principe -.c'est-à-dire produites par l'action vitale de l'enduit vivant , des cellules ou des vaisseaux , sur le liquide contenu, lequel n'est lui-même, en certains cas, que de l'eau tenant en dissolution une très petite quantité de sels et de substances organiques.

La circulation la plus importante est celle de la sève, qui s'élève, surtout au printems, par les vaisseaux ou même aussi par les méats intercellulaires du bois des dicotylédones ou des faisceaux ligneux des monocotylédones , pendant toute la période de végétation, et qui redescend par Técorce, ou bien qui vient, à l'état de cambium, s'organiser entre le bois et l'écorce des dicotylédones , tandis que chez les monocotylédones , elle s'infiltre dans le tissu cellulaire dont elle augmente la masse en même tems qu'elle y produit de nouveaux faisceaux ligneux. Ce mouvement de la sève ascendante ou descendante, quoique très puissant, ne se prête pas à l'observation directe; sa lenteur le dérobe à notre vue armée du microscope ; ses résultats seuls se manifestent avec une grande évidence et se prêtent à une foule d expérimentations qui ne sont pas de notre ressort ; à moins toutefois qu'on ne veuille soumettre au microscope des jeunes tiges, des feuilles ou des fleurs auxquelles on a fait absorber des substances colorées, par l'effet des forces vitales, en plongeant dans un liquide coloré l'extrémité inférieure de ces plantes, coupées à l'instant de leur végétation la plus vigoureuse. La substance colorante , supposée dissoute , s'élève dans les vaisseaux spiraux , et souveut aussi dans les faisceaux ligneux qui

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les entourent, ou dans les méats intercellulaires, d'où il résulte que les nervures les plus délicates d'une fleur de jacinthe, par exemple , sont co'orées artificiellement , et peuvent être étudiées plus facilement à l'aide du microscope.

La sève elle même pourra donner lieu à des observations microscopiques importantes, si l'on veut détermiuer la nature des substances dissoutes. En effet, les sels , le sucre et la niannite , pourront être reconnus par leur forme cristalline et par leur action sur la lumière poralisée , si une goutte de sève s'est évaporée lentement entre deux lames de verre. On s'assurera ainsi de la différence qui existe entre la sève ascendante beaucoup plus aqueuse , puisée dans le sol parles raciues et la sève descendante , qui a subi une élaboration plus ou moins complète dans les feuilles, par l'action de l'atmosphère , de la chaleur et de la lumière.

Il faut mentionner aussi , en passant , une observation de M. Amici (r), qui a vu la sève ascendante de la vigne, dont l'écoulement est si abondant par l'extrémité des branches coupées au printems , déposer sur j'écorce un amas roussâtre de fila mens cloisonnés simples ou rameux. Ces filamens, qui se forment également dans la sève exposée à l'air et au soleil , sont simplement des thallus on mycélium de mucédinées , et non , comme le croyait cet auteur, une matière organique servant à l'accroissement de la vigne.

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