TIGE DES VÉGÉTAUX
Les poils fins dont sont hérissées les radicelles des jeunes plantes, laissent voir, presque toujours, assez distinctement le mouvement de rotation des sucs cellulaires, pourvu que la température soit assez élevée et que la végétation soit bien vigoureuse. Meyen, ayant fait germer entre des tissus humides , diverses graines , à constaté ce phénomène dans les poils radicellaires des renoncules, de la fève , des Ipomea , des cucurbitacés , des balsamines, etc. Enfin , pour compléter ces indications, nous devons mentionner la circulation qui a été vue dans les cellules de l'endosperme , de la graine des ceratopbyiles (i) , où les courons semblent se diriger de l'embryon vers la chalaze.
Les fibres radicellaires des Marchanda montrent aussi la circulation des sucs cellulaires , mais seulement quand ce suc contient quelques particules flottantes. Cette observation, d'ailleurs, doit s'appliquer à tous les autres végétaux , dans lesquels la rotation pourrait bien avoir lieu dans un liquide limpide sans qu'on s'en aperçût , jusqu'à ce que des parcelles de l'enduit mucilagineux ou des globules quelconques vinssent en accuser la réalité.
On a prétendu expliquer ce mouvement intra-cellulaire , par un effet de dilatation des liquides provenant de réchauffement inégal des parois, et, en effet, on a produit une circulation en apparence semblable dans un tube de verre fermé contenant de l'eau chargée de particules flottantes, lorsqu'on réchauffait même très faiblement d'un seul côté; mais la coexistence des courans dirigés en sens opposé dans des cellules contiguës , ainsi que la bifurcation et la subdivision de ces courans , ou leur direction spirale, ne peuvent nullement se concilier avec ce mode d'explication.