‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 117 sur 169 · DU BOIS DES EXOGÈNES · texte numérisé non relu

DU BOIS DES EXOGÈNES

Le bols se compose ordinairement d'un certain nombre de faisceaux distincts disposés symétriquement autour de la moelle , et séparés les uns des autres par des lames de tissu cellulaire qui semblent être des prolongement de la moelle , et que, pour celte raison , on nomme les rayons médullaires. Chaque faisceau, d'abord de forme presque cylindrique , plus ou moins comprimé dans le sens des rayons médullaires , devient plus tard , quand son développement est complet , un secteur de cylindre ou un prisme très comprimé comme < un coin , ayant son arête tournée vers la moelle , chacun de ces faisceaux i d'ailleurs , à mesure qu'il s'accroît vers l'extérieur , se subdivise par l'apparition successive de nouvelles, lames ver* ticales qu'on nomme aussi des rayons médullaires , quoiqu'elles ne partent pas de la moelle. De sorte que , si le nombre des rayons médullaires primitifs était d'abord de six , comme il arrive dans beaucoup déjeunes tiges , il devient, après quelques années , beaucoup plus considérable vers l'extérieur seulement , sans que la disposition des parties centrales ait changé.

Chaque faisceau ligneux présente, vers la moelle, un groupe de vaisseaux spiraux ou trachées, accompagnés de cellules alongées; l'ensemble des groupes de trachées de tous les faisceaux ligneux , constitue ce qu'on nomme Fétui médullaire, qui évidemment est interrompu par chacun des rayons médullaires. Ce n'est que là qu'on trouve des trachées dans la tige, et les trachées qu'on retrouve ensuite dans les nervures des feuilles et des parties de la fleur , ainsi que dans les filets des étamines, dans les cordons placentaires etc., ne peuvent être considérées comme étant la continuation directe de ces

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trachées de l'étui médullaire , puisque les bourgeons adventifs et les rameaux qui eu proviennent ne peuvent avoir de connexion qu'avec les couches ligneuses formées par le cambiuni à la même époque, ou tout au plus avec les rayons médullaires , que ne traversent jamais les trachées. Aussi l'étui médullaire ne peut-il avoir réellement tonte l'importance que lui ont attribuée les botanistes , pour qui les trachées sont essentiellement les vaisseaux aérifères on respiratoires ; ce cercle de trachées a dû , saus doute , remplir d'importantes fonctions de nutrition , en servant seul au mouvement de la sève , à l'époque où la moelle était encore herbacée et remplie dé sucs , et quand les autres vaisseaux n'étaient pas encore formés; mais quand , plus tard , les trachées de l'étui médullaire sont vues remplies d'air f c'est que leur rôle physiologique est déjà fini.

Chacun des faisceaux ligneux ou fibro-vasculaires , en allant de dedans en dehors, uréseute des vaisseaux de diverse structure f ponctués , ou rayés etc. , entremêlés avec des cellules alongées de prosenchyme et de pleurenchyme , ou disséminées dans un amas de ces tissus ligneux qui, vers l'extérieur , se montrent de plus en plusabondans, et enfin se montrent seuls et sans vaisseaux de cette sorte, à l'extrémité, qui formera plus tard un faisceau distinct appartenant au liber» Dès le début , on reconnaît déjà entre cette portion termiuale toute fibreuse et la partie moyenne du faisceau , une zone plus molle, d'une structure plus indéterminée, annonçant rendrait où se fera plus tard la séparation du bois et du liber, et l'intercallation des couches nouvelles de l'un et de l'autre. Pendant le cours de la première aunée, de nouvelles cellules ligneuses alongées, se sont produites, entremêlées de quelques vaisseaux , dans cette zone molle indéterminée , pour augmenter le faisceau fibro-vasculaire qui , restant toujours simple , atteint ainsi un certain degré de développement ; au commencement de la seeonde année , à l'instant du mouvement de la sève , il se produit , dans l'épaisseur même du faisceau , à l'endroit delà couche indéterminée dont nous venons de parler, une couchede substance molle , amorphe, mais susceptible de s'organiser promptement, et qu'on nomme le cambium. Cette substance , d'aspect mucilagineux et qu'on voit aisément au priiitems , entre Pécorcc et le bois des arbres , sépare de plus.

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en plus le faisceau fibro-vasculaire précédemment formé , de son extrémité toute fibreuse , qui désormais appartiendra à l'écorce, puis cette substance elle-même s'organisant ou prenant la forme de cellules alongées, lesquelles peuvent çà et là devenir des vaisseaux, augmente d'un, côté la portion centrale du faisceau , celle qu'on nomme plus spécialement le bois, et de l'autre t ajoute une nouvelle couche fibreuse de liber à celle qu'elle a séparée du faisceau primitif.

La portion centrale ou ligneuse du faisceau, d'abord plus riche en vaisseaux près du centre, était devenue plus compacte vers l'extérieur , en continuant de s'accroître pendant la première année , la seconde couche ligneuse qui va se former pendant la seconde année se développera de la même manière : d'abord très poreuse en raison du plus grand nombre de vaisseaux qu'elle contient, puis devenant plus compacte vers l'extérieur, à mesure que le nombre des vaisseaux diminue. Or , chaque année amenant la formation d'une nouvelle couche sembla!/ e à l'extérieur de chaque faisceau , la coupe transversale d'une tige d'exogène doit offrir autant de zones concentriques que cette tige a d'années de croissance , et chaque zone doit être plus poreuse vers l'intérieur , dans la portion formée la première, où les vaisseaux sont plus abondans, plus compacte vers l'extérieur où les vaisseaux , beaucoup moins nombreux , finissent même par disparaître ; mais en même tems aussi , les cellules alongées du tissu ligneux , formées plus lentement pendant la dernière période de la végétation annuelle, ont leurs parois plus épaisses, d'où résulte souvent une teinte différente pour cette partie externe de chaque couche.

Rayons médullaires.

Un faisceau ligneux ou fibro-vasculaire , en raison de son accroissement par superposition de nouvelles cellules , à sa face externe qui fait ainsi partie d'un cylindre successivement plus grand , finit par devenir trop épais ; le camblum produit alors vers le milieu de l'épaisseur de ce faisceau , une lame de cellules transversalement alongées, tout-à-fait semblable aux rayons médullaires primitifs , mais sans qu'on aperçoive aucune relation entre ce nouveau rayon médullaire et les précédens , ni de ce rayon avec la moelle , et même sans qu'on

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puisse apercevoir précisément la raison de sa formation ; car cette lame ne se produit point uniformément dans toute la hauteur du faisceau : non seulement elle est interrompue, mais encore les différentes pièces d'un rayon médullaire secondaire ne se trouvent pas exactement dans le même plan , ou entre les mêmes rangées de cellules on fibres ligneuses , qui se trouvent par là plus ou moius déviées et comme nattées. C'est même cette irrégularité dans la disposition des rayons médullaires , et l'entrecroissement des fibres ligneuses autour de ces lames inégales , qui augmente la ténacité de certains bois , et les empêche de se fendre aussi facilement que ceux qui , comme le châtaignier par exemple , ont des rayons médullaires en larges lames très étendues , et , qui comme le bois de vigne, se fendent même spontanément.

Puisque la couche uniforme de cambium, entre le liber et le bois, peut produire indifféremment sur un point ou sur J autre , parmi les cellules ligneuses de la surface du bois , une nouvelle lame celluleuse qui sera un nouveau rayon médullaire , on conçoit aussi comment ce cambium lui-même , s'épanchant de chaque côté , a pu servir en même tems à l'accroissement des rayons médullaires précédemment formés , lesquels, en raison de la direction horizontale de leurs cellules , pourraient seuls recevoir des sucs nourriciers de la moelle , s'ils communiquaient avec elle et si elle-même en contenait pour leur en fournir; mais ils ne pourraient nullement recevoir, ainsi que les parties fibreuses, ce cambium , produit de l'élaboration de la sève dans les bourgeons et dans les parties vertes du végétal , et par conséquentdescendant du haut vers le bas, entre le bois et le liber, ainsi que le prouvent de nombreux faits de physiologie végétale. Ainsi , bien loin d'admettre , comme plusieurs botanistes , que les rayons médullaires établissent une communication essentielle entre la moelle et l'écorce, et que c'est à eux seulement qu'est due la production des bourgeons adventifs ou des racines sur la tranche des boutures , nous pensons qu'ils n'ont même pas la faculté de se prolonger eux-mêmes , et que c'est le cambium seul , formé entre le bois et le liber de chaque faisceau , qui ne peut s'épancher autre part que dans les intervalles des faisceaux , à l'extrémité des rayons médul-

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laires , pour produire soit les bourgeons adventifs , soit les radicelles adventives.

tes rayons médullaires varient dans les dtfférens bois , non seulement par l'étendue et par la multiplicité ou le rapprochement de leurs lames , mais aussi par le nombre des couches de cellules dont ils sont formés ; ainsi dans les conifères ( pl. XXI , fig. 5 ) ce sont des lames formées d'un simple rang de cellules quadrangulaires alongées; dans d'autres bois, chaque lame est formée de plusieurs couches de cellules régulièrement juxta-posées ; dans le bois de vigne ( pl. XIX , et XX ) , on compte trois , quatre ou cinq séries de cellules qui , vues dans la coupe transverse , sont rectangulaires et régulièrement alignées , et qui , dans une coupe parallèle à l'écorce , se montrent au contraire irrégulièrement entassées comme les moëllons d'une muraille. Ces rayons , très épais , s'étendent sur une longueur assez considérable des tiges ou des entrenœuds , et rendent ce bois susceptible de se fendre spontanément.

Les cellules des rayons médullaires , vues dans une coupe horizontale ( pl. XIX et XXI ) , sont généralement rectant angulaires , à parois percées de trous qui semblent établir réellement des communications , soit entre elles , soit avec les cellules contiguës du tissu ligneux.

Vues dans une coupe verticale passant par l'axe ou suivant la direction même des rayons médullaires , ces cellules sont encore le plus souvent rectangulaires ( pl. XIX , fig. 7, pL XXI , fig. 6 ) , plus ou moins alongées , et présentent aussi de nombreuses perforations dans leurs parois; mais, dans une coupe parallèle à l'écorce , les cellules paraîtront presque toujours arrondies ou irrégulièrement polygonales. Elles sont remplies de fécule ou de matière verte , de même que les cellules de la moelle pendant la période de végétation ou de vitalité ; mais elles n'ont véritablement aucun autre rapport avec les cellules de la moelle , dont les parois sont toujours plus dilatées, plus minces, et presque sans perforations. D'ailleurs, l'examen du bois des conifères révèle dans les cellules des rayons médullaires certains détails de structure qui manquent tout-à- fait aux cellules de la moelle , et qui se trouvent , au contraire , dans les cellules tubuleuses et alongées du bois. k&9{ pl XXI , fig. 1, m ) , tandis que les cellules tubuleuses

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sont striées, de gauche à droite, sur leur paroi antérieure, les cellules transverses des rayons médullaires ont leurs stries dirigées à angle droit , de sorte que , si on les supposait dans la même position , elles seraient pareillement striées , et comme , en outre , leur diamètre est aussi le même , on ne peut s'empêcher de voir là une analogie remarquable ; cepeudant on observe une grande différence de longueur entre les deux sortes de cellules, et iTaulre parties pores de communication des rayons médullaires avec les cellules tubuleuses du bois, forment des disques plus petits et plus multipliés, et ne correspondent point à des cavités lenticulaires dans l'épaisseur des cloisons , comme les pores de communication entre les cellules ligneuses.

Bois des conifères.

Ce que nous avons dit à plusieurs reprises (voyez pages i85 et 19a) sur les divers élémens de structure du bois des conifères , suffit pour montrer combien ce bois diffère de celui des autres dicotylédones; il est également formé de faisceaux ligneux séparés par des rayons médullaires , et s'accroissant chaque année par l'addition d'une nouvelle couche annuelle , plus poreuse en dedans , plus compacte et plus colorée en dehors ; mais cette différence de densité , comme on le voit dans la coupe transverse de la figure 6 , planche XXI , tient seulement à ce que les cellules b , plus rapidement formées pendant que la végétation était plus active au printems , ont conservé leurs parois plus minces , tandis que , au contraire , les cellules a formées plus tard et beaucoup plus lentement , se sont épaissies considérablement par le dépôt de substances incrustantes, en couches distinctes , à l'intérieur. Ainsi , ce ne sont pas des vaisseaux plus ou moins nombreux , comme dans les autres bois de dicotylédones , qui rendent le bois des conifères plus ou moins poreux dans les diverses parties de chaque couche annuelle. Cette absence de vaisseaux dans l'épaisseur même des couches ligneuses , a fait croire que les cellules alongées de ce tissu sont toutes des vaisseaux , et , véritablement , il n'y a pas de différence entre ces cellules et des vaisseaux ; car les unes et les autres sont également formés de portions de tubes qui s'ajoutent bout à bout suivant une facette oblique {pl. XXI,yfc. 7 , p.) , et qm peuvent former un tube continu

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quand la cloison correspondant à cette facette vient à être résorbée ou détruite spontanément.

Si Ton voulait établir une comparaison entre les cellules des rayons médullaires et celles du tissu ligneux des conifères, il resterait encore à expliquer comment et pourquoi les premières tournant sur elles-mêmes d'un quart de tour , sont venues dans une position exactement perpendiculaire à celle des secondes, et comment, seules elles ont dû contenir la fécule et les autres produits de sécrétion.

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