‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 125 sur 169 · DES POILS ET DES GLANDES · texte numérisé non relu

DES POILS ET DES GLANDES

Les poils, qui souvent paraissent remplir des fonctions analogues à celles des stomates, se trouvent comme eux aussi sur les différentes parties de la plante ; mais c'est principalement sur les feuilles et à leur face inférieure qu'ils sont plus abondans ; c'est là surtout que, pendant la période d'activité de la végétation , on les voit remplis d'air, tandis que ceux des corolles, des étamines et des pistils sont , au contraire, remplis de sucs végétaux soumis au mouvement de rotation. A la vérité , on peut bien supposer qu'avaut l'entier développement de la feuille, lorsqu'elle est encore dans le bourgeon , ses poils sont remplis de sucs en mouvement , et cela est même très probable ; mais on n'est pas moins en droit d'en conclure que les fonctions des poils de la feuille, sont différentes de celles des poils de la fleur. Ces poils sont , daus tous les cas , formés d'une ou de plusieurs cellules végétales alongées. Les poils formés par une seule cellule s'observent dans un très grand nombre de végétaux : la cellule qui les forme est soudée au point de rencontre de plusieurs des cellules de l'épiderme , qui paraissent entourer sa base; ou bien elle est elle même une des cellules de la couche superficielle, extraordinairement alongée. La membrane de cette cellule est ordinairement lisse, niais souvent aussi elle est finement striée ou granulée, ou même hérissée d'aspérités, comme on le voit sur les poils de la bourrache et plusieurs autres borraginces. Nous avons représenté, dans la figure 16 de la planche XXVI, la partie inférieure d'un poil de violette, dont la surface est élégamment ornée de grauules oblongs diaphanes, disposés avec unesorle.de régularité. Ces granules sont simplement des épaississemens de la membrane de la cellule, comme on en voit dans une foule d'autres circonstances, et ce ne sont point du tout des granules élémentaires , ou des germes de cellules , ou des indices de cellulosite.

Les poils de l'ortie sont simples à l'extrémité, mais, leur

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base est portée par une saillie glanduleuse qui sécrète la liqueur brûlante versée par le poil dans la piqûre qu'il a faite.

Les poils composés peuvent être formés d'une simple série de cellules, dont le calibre est égal en debors ; tels sont les poils articulés ou cloisonnés de beaucoup de labiées (Brunella) , de caryophyllées et d'autres plantes ; ou bien avec un renflement au milieu de chaque cellule et un étranglement à chaque articulation : tels sont les poils moniliformes de la Belle-de-nuit , etc.

D'autres poils composés consistent en une réunion de poils simples autour d'un même point, comme dans les poils en étoiles des cistinées, des malvacées, et particulièrement dans ceux du platane, que nous avons représentés dans la planche XIII , figure 6 , parce que ces poils, excessivement nombreux à la surface des jeunes feuilles , sont bientôt enlevés par les vents et transportés au loin, de sorte que, dans le cours des observations microscopiques ; on est exposé à rencontrer de tels poils sur le porte-objet.

On a des poils rameux très élégans sur les feuilles de la corbeille-d'or (Myssum saxatile); ils résultent de la réunion d'un grand nombre de poils simples sur différens points d'un poil principal servant de tige et sur les poils qui en sont comme les rameaux. On en voit aussi de semblables sur la Turritis wrna et sur d'autres crucifères , ainsi que sur la lavande , le marrube , etc.

Quelques poils composés présentent une structure toute particulière , tels sont ceux des Elœagnus, dont les poils coinposans sont soudés latéralement , de manière à composer un écusson plus ou moins frangé au bord.

Les poils trifurqués de la Cap sella bursa-pastoris paraissent bien composés de trois poils réunis autour d'un point ; les poils en navette ou à deux pointés, comme ceux des Malpighia et du boublon , seront aussi composés de deux cellules; mais les singuliers poils de la giroflée jaune ( Cheirantus cheiri) repré» sentes dans la planche XX , fig. 4 , paraissent bien consister en une seule cellule implantée au milieu d'un cercle de cellules de Tépiderme et excessivement alongée parallèlement à la surface de la feuille. La membrane de ce poil est hérissée d'aspérités sur quatre ou cinq rangs.

Il y a des poils qui , au lieu de présenter des cellules isolées

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sont eux-mêmes des amas de tissu cellulaire , et font ainsi le passage aux véritables glandes végétales. Ainsi les poils en massue de la Fraxinelle (Dictamnus albus) peuvent être regardés comme des glandes pédicellées tout aussi bien que comme des poils composés, Cependant beaucoup de poils ainsi composés d'un amas conique de tissu cellulaire, se terminent par une ou plusieurs cellules simples , pointues , et doivent être nommés de véritables poils.

Des amas d'un tissu cellulaire plus serré, engagés dans l'épaisseur des feuilles, des pétioles et du calice , ou formant des petits tubercules saillans à la surface de ces parties, ou encore portés à l'extrémité du pédicule celluleux , sont ce qu'on nomme les glandes ; mais ni leurs fonctions ni leur structure ne permettent de les assimiler aux glandes des animaux. En effet, les fonctions de sécrétion sont exercées chez les végétaux par la paroi même de toutes les cellules et parleur enduit inucilagineux ; par conséquent, ce sont toutes les cellules vivantes qui, chez les végétaux jouent le rôle des glandes animales , et les glandes végétales au contraire , ne sont que bien rarement formées de cellules exerçant actuellement une action sécrétoire dont le produit serait versé au dehors ; ces glandes sont souvent des organes avortés ou des poils très courts. Cependant on peut citer les glandes pédicellées des pédoncules et des calices de certaines roses , celles des Drosera, les poils mêmes de certaines Géraniacées, ceux du Cicer, etc., comme étant de vrais organes de sécrétion.

Quant aux cavités ou utricules remplies d'huile essentielle qu'on observe dans les feuilles des mille-pertuis , des myrtacées , des orangers, etc., dans Tépicarpe des oranges, etc., et qu'on a nommé aussi des glandes , ce sont les réservoirs du produit sécrété par le tissu cellulaire très dense qui les entoure; et souvent même ces réservoirs sont desimpies lacunes formées dans le tissu cellulaire par l'accumulation du produit.

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