DES ÉTAMINES
Le troisième verticille de la fleur complète est formé par les étamines ou organes mâles , qui se composent du support ou filet f sorte de petite colonne ordinairement blanche, traversée par un faispeau fibro-vasculaire , dans lequel les trachées sont surtout bien visibles , et de l'anthère , sac rempli de pollen , qu'on a voulu considérer comme représentant le limbe d'une feuille dont le filet serait le pétiole (i).
Uanthère présente le plus souvent deux loges longitudinales s'ouvrant soit au sommet , soit dans une partie plus ou moins considérable de leur longueur , sur le côté , et placées symétriquement à droite et à gauche d'une lame intermédiaire qui semble être le prolongement du filet , et qu'on nomme le connectif. Dans certaines plantes , les deux loges de l'anthère sont séparées par un connectif très élargi ; dans d'autres, au contraire, ces deux loges sont très rapprochées.
L'anthère est formée par plusieurs couches de tissu cellulaire fort différentes les uues des autres ; la couche externe ressemble à l'épiderme des feuilles et des pétales ; elle présente même des stomates chez certaines plantes. Les couches moyennes sont formées de cellules de plus en plus lâches , en
(i) Les filets des Opuntia, des Berberis et de quelques antres plantes jouissent d'une irritabilité très prononcée, et se contractent ou se rapprochent du pistil quand on les touche. Il y aurait donc à faire , sur leur structure, les mêmes observations que sur les pétioles des feuilles de sensitive.
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allant vers l'intérieur , et enfin la couche interne , ou les couches internes , (endothèque (endotkecium ) sont formées de cellules dont la paroi est épaissie suivant des lignes transverf es ou rayonnantes , symétriques ou spirales ; les intervalles plus minces finissent par être résorbés ou dissous , et les épaississemens restant seuls comme des fibres élastiques , se rompent d'un côté et s'étalent avec force de l'autre côté , comme autant de ressorts dont l'effort simultané fait ouvrir l'anthère et lance au dehors le pollen avec plus ou moins de force.
Nous avons représenté dans la planche XXIV , fig. 3,4, ix et i3 , plusieurs exemples de cette structure fibreuse des cellules du tissu intérieur des anthères , qui a été l'objet d'un travail spécial de M. Purkinje , en x83o. Les figures 3 et 4 c, montrent les cellules de l'anthère du Centranthus rider, à différens états ; en 4 c , on voit encore la membrane mince qui réunit les épaississemens : dans la figure 3 , ont voit les cellules ouvertes et étalées par suite de la disparition de la membrane mince intermédiaire , et de la rupture des épaississemens , qui restent seuls comme des rayons partant de la plaque dorsale de la cellule.
Dans la figure 1 3 , les cellules de l'anthère du liseron ( Convolvulus arvensis ) sont encore en place , formant la paroi interne de celte anthère. Elles ont des épaississemens en forme d'arceaux parallèles transverses , réunis par une membrane mince , laquelle va plus tard disparaître.
Dans la figure 1 3 , les cellules de l'anthère du plantain se montrent isolées et en quelque sorte décomposées ; les épaississemens de leur membrane restant seuls retenus en place par quelques soudures ou par quelques restes de la portion mince et destructible de cette membrane.
On conçoit que, dans les différens points de l'intérieur d'une môme anthère , et aux diverses époques de leur développement , ces cellules peuvent présenter une forme et une structure différentes , au moins en apparence , à plus forte raison si elles ne se présentent pas par la même face à l'observateur ; mais , en y regardant avec attention , on finira toujours par reconnaître leur vraie structure en rapport avec le mode de formation que nous avons indiqué ; c'est-à-dire , les épaississemens suivant des lignes déterminées , quelque variées que paraissent les cellules dans les anthères des divers genres de
du pollen. n3g
plantes , on y pourra également reconnaître un mode de structure analogue.