‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 145 sur 169 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DBS DIATOMÉES OU BACILLARlÉfeS.

Les Diatomées ou Bacillariées devront , à plusieurs égards , attirer l'attention de l'observateur au microscope, car leur structure est si élégante ët si régulière, qu'en voyant leur image amplifiée 3oo à 5oo fois , on croit avoir sous les yeux quelque produit parfait de l'art du graveur ou du ciseleur ; leur enveloppe , d'ailleurs , n'est pas moins remarquable par sa composition que par sa forme extérieure ; car c'est une coque solide et cassante, d'une matière siliceuse, transparente comme le cristal ; aussi , cette enveloppe peut-elle résister uon seulement à la putréfaction , mais même à la combustion et à l'action destructive du tems, de sorte que, dans la vase des marais, et dans le dépôt terreux des tourbières, on trouve des myriades de coques ou carapaces siliceuses de Diatomées , qui ont

DES DIATOMEES OU BACILLARIEES. 2gt

cessé de vivre depuis des milliers d'années. Diverses couches terreuses de Técorce du globe renferment les débris de ces mêmes êtres dont l'existence a du. précéder les dernières périodes géologiques. Ce sont eux qu'on a nommés mal à propos des infusoires fossiles. Un autre motif enfin de l'admiration que doivent exciter les Diatomées, c'est le mouvement spontané assez vif dont plusieurs espèces sont douées , sans qu'on puisse seulement soupçonner comment s'effectue ce mouvement.

Ainsi beaucoup de ces petits êtres , que leur forme en navette ou en nacelle a fait nommer Navicules , se meuvent consomment d'abord dans un sens, puis dans l'autre sens , en oscillant un peu et en inclinant à droite ou à gauche , comme pour éviter les obstacles. Les plus grands de ces petits êtres ont cinq à sept dixièmes de millimètre, et , de même que les plus petits qui sont aussi les plus vifs , ils ne montrent absolument aucun organe ou appendice extérieur pouvant servir à la locomotion ; on croit bien voir une sorte de halo ou d'auréole plus brillante autour des deux extrémités de la navicute, comme s'il y avait une rangée de très petits cils vibratiles , mais les corpuscules flottant dans le liquide, comme par exemple , les parcelles de carmin , qui dénotent si clairement l'existence des cils vibratiles à la surface des infusoires ou des autres animaux , ne montrent rien de tel sur le contour des navicuîes. C'est donc tout-à-fait gratuitement que certains observateurs ont pu admettre une rangée de cils de chaque côté du corps de ces petits êtres. C'est avec tout aussi peu de fondement que M. Ehrenberg, partant de la supposition que certains renflemens de l'enveloppe siliceuse seraient des ouvertures circulaires , a admis que par ces ouvertures , il sort un ou plusieurs prolongemens mous, variables, d'une transparence parfaite, servant à ramper comme le pied des mollusques gastéropodes. Ce cju'il y a de bien certain, c'est que, non plus que beaucoup d'autres observateurs , nous n'avons pu voir aucune cause extérieure ou intérieure de ce mouvement encore inexplicable pour le moment ; nous n'avons même pu voir aucun mouvement apparent dans la substance colorée de l'intérieur, quoique pourtant cette substance doive se déplacer lentement. Nous n'avons vu enfin ni mouvement brownien pour des granules intérieures, ni circulation ou mouvement de liquides contrôla paroi interne.

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