‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 21 sur 169 · DE LA CAMERA LUCIDA , OU CUAMBRE CLAIRE · texte numérisé non relu

DE LA CAMERA LUCIDA , OU CUAMBRE CLAIRE

Par opposition avec la chambre obscure •, dans laquelle on pourrait calquer les images des objets extérieurs, peintes par les rayons concentrés an foyer d'une lentille, on a nommé chambre claire ou caméra lucida , un petit appareil réflecteur destiné à transporter optiquement une image sur le papier à dessin. L'œil peut alors voir à la fois cette image plus ou moins vive , et le crayon avec lequel la main va calquer en quelque sorte cette image apparente, qui n'existe que dans l'œil de l'observateur, et non sur une surface, comme celles de la chambre obscure.

Wollaston est l'inventeur de la caméra lucida , qui se compose d'un prisme quadrangulaire (pl. II ,fig. 1 1 ) ABCD, dont un des angles A est droit ; l'angle opposé C est obtus , et les deux autres sont aigus. Une des faces A B de l'angle droit étant tournée vers un objet m, reçoit perpendiculairement les rayons qui en viennent , et qui éprouvent à l'intérieur du prisme, deux réflexions complètes sur les faces B C et CD qu'ils rencontrent très obliquement. Après la seconde réflexion , ces rayons sortant perpendiculairement par la face A D , sont reçus par Tœil placé tellement près du bord D , qu'il peut recevoir en même tems , dans une moitié environ de l'ouverture de la pupille , des rayons venant directement d'un papier blanc EF. L'image de l'objet m se trouve donc transportée sur le même papier en n , par l'effet de la double réflexion qu'ont subie , dans l'intérieur du prisme, les rayons avant d'entrer dans l'œil; par conséquent le crayon G, vu directement, peut suivre sur le papier tous les contours et les détails de l'image n vue

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par double reflexion dans le prolongement des rayons deux fois réfléchis.

Cette caméra Ittcida , destinée particulièrement aux dessinateurs , qui s'en servent pour prendre plus rapidement et plus exactement une vue d'un paysage ou d'un monument , avait des inconvéniens notables, et dont le principal tient à la difiiculté qu'on éprouve à tenir constamment l'œil à la même distance des bords du prisme.

M Amici apporta donc un perfectionnement important , en remplaçant le prisme quadrangulaire unique de Wollaston par une combiuaison d'un prisme triangulaire ABC {fig. 1 3, pl. II) avec une plaque de verre DE, à faces parallèles; on conçoit, en effet, qu'alors les rayons partant du point m et réfléchis dans l'intérieur du prisme sur la face B C, puis réfléchis une seconde fois en p par la plaque de verre D E, se confondent avec les rayons partant du papier sur lequel on dessine eu // , et traversant aussi la plaque de verre en p , sans que l'œil O soit aussi rigoureusement assujetti à rester à la même place.

L'une ou l'autre de ces çamera lucida eût pu être adaptée an microscope horizontal , dans lequel les rayons sont reçu* par l'œil comme s'ils venaient d'un objet situé à une certaine distance ; mais on a dù préférer encore une autre combinaison spécialement appliquée au microscope par M. Amici et encore perfectionnée par M. Ch. Chevalier pour les instrument de sa composition. Cette caméra lucida, représentée dans la planche I , figure i S , se compose d'un miroir d'acier poli MM, percé au centre d'une ouverture ronde, plus petite que la pupille de l'œil, qui reçoit, par cette ouverture, les rayons arrivant dans l'axe du microscope, en même tems qu'il reçoit aussi une certaine quantité de rayons réfléchis par la face inclinée du miroir. Ce miroir est supporté d'une manière quelconque devant l'oculaire o du microscope, et incliné suffisamment vers le bas , pour pouvoir réfléchir les rayons venant du papier w t sur lequel on dessine, et déjà réfléchis une première fois ((ans l'intérieur du prisme A BC. par sa base AC.

Ainsi , comme avec les précédentes caméra lucida , l'image de l'objet et celle du papier et du crayon qui suit les '.on tours de cette image sur le papier, se trouvent super- ^psçeft; mais ici l'image fournie par le microscope, et qui est

OU CHAMBRE CLAfKÉ. 4*

l'équivalent de l'objet lui-même , n'a point été déplacée ou» transportée dans le sens vertical ; c'est l'image du papier et du crayon qui se trouve au contraire transportée dans le sens, horizontal ou dans le prolongement de l'axe du microscope , ce qui revient toujours au même résultat , quoiqu'il semble qu'on ait devant les yeux , dans le microscope , l'image d'une main dessinant , au lieu de voir sa propre main superposée à l'image qu'on veut copier , comme dans les autres caméra la ci da. De là résultent deux avantages très grands ; l'un c'est que l'image de l'objet arrivant directement à l'œil sans avoir subi préalablement une réflexion , reste plus vive el plus nette, et couscquemraent plus facile à copier, tandis que l'image du papier et du crayon , réfléchie deux fois, devient beaucoup plus faible, ce qui n'a pas autant d'inconvénient que pour l'image à copier, et ce qui , d'ailleurs, peut être compensé en éclairant plus vivement le papier ou moins vivement le champ du microscope; l'autre avantage, c'est que l'on reste dans la même position que pour les observations , en regardant horizontalement , au lieu de se déplacer pour regarder perpendiculairement en bas, comme avec les autres caméra lucida.

Cependant on emploie fréquemment aussi un petit appareil fort simple, qui a précisément les inconvéniens dont celte caméra lucida est exempte, c'est le miroir de Sœmmering, que l'on réunit quelquefois sous le même nom de caméra lucide , quoique le principe de sa construction et de son emploi soit tout différent. C'est un petit miroir rond d'acier poli M , plus étroit que la pupille , ayant deux millimètres environ , et tenu par uue petite lige métallique B C D(/>/. II, fig. 14) visà-vis l'oculaire du microscope A A , incliné de 45 degrés , de manière à réfléchir vers l'œil situé en O les rayons arrivant dans l'axe de l'instrument. Or ce miroir étant plus étroit que la pupille , l'œil doit recevoir en même tems tout autour de ce miroir, des rayons venant directement du papier situé en n et du crayon servant à suivre les coutours de l'image , qui vue dans le prolongement des rayons réfléchis O M , parait véritablement être appliquée sur le papier /#. L'image de l'objet soumis au microscope et qu'il s'agit de calquer sur le papier jt est sans doute affaiblie par l'absorption qu'elle subit en se réfléchissant sur le miroir de métal M ; il faudra donc , si on ne peut augmenter l'intensité de la lumière illuminante , dans

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