‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 32 sur 169 · ILLUSIONS PRODUITES FAR DES OBJETS ETRANGERS. S · texte numérisé non relu

ILLUSIONS PRODUITES FAR DES OBJETS ETRANGERS. S

Illusions produites par des objets étrangers ou imprévus,

Les poussières et les corps légers, en se déposant sur les objets qu'on soumet à l'observation , ou sur l'eau qui sert à les humecter , ou sur la lame de verre , présentent souvent dans le champ du microscope des parcelles ou des objets toutà-fait imprévus : ce sont surtout les débris de nos vêtemens et des meubles dont nous nous servons , de nos livres , de nos papiers , des parcelles détachées incessamment de notrepropre corps ; et accidentellement les débris des animaux ou des végétaux qui nous entourent. Ainsi on verra plus fréquemment des brins de laine, reconnaissables à la couleur qu'ils ont reçue de la teinture, des fibres de chanvre, de lin et de coton provenant de notre linge et de nos papiers , des barbnles de plumes d'oie détachés de la plume de nos lits , de nos coussins , des écailles de notre épiderme et même de l'épithélium de notre bouche, surtout si nous avons humecté avec la salive les objets à étudier , des granules de graisse qui s'écrasent facilement entre les plaques de verre et qui , vraisemblablement détachés de notre peau par le frottement, ont flotté dans l'atmosphère avec oVautres poussières etc.

Plus rarement on voit en été dans le champ du microscope, des poils, des duvets de différens végétaux, ceux du platane par exemple, transportés dans les airs et pouvant embarrasser beaucoup l'observateur qui leur supposerait une autre origine. En même 1ems aussi des écailles de papillon, et des spores de plantes cryptogames sont apportés par les vents sous le microscope.

Si l'on observe des objets plongés dans l'eau ou dans un autre liquide, entre des plaques de verre, on est exposé en commençant, à prendre pour quelque chose d'extraordinaire les bulles d'air qui se trouvent emprisonnées, et parfois aplaties et singulièrement lobées, quand elles ont pénétré entre des fila mens, entre des brins de conferves par exemple. Il arrive même, souvent, que si les bulles d'air sont volumineuses, et si la température vient à changer, la lame da verre supérieure se couvre par dessous de très petites gouttelettes ayant une apparence de régularité qui pourrait faire croire qu'on a sous les yeux un lissu organique. Quant aux bulles d'air assez petites pour conserver la forme globuleuse , on les reconnaîtra , comme

DU MOUVEMENT BROWNIEN

nous l'avons dit pins haut , à leur cercle noir et à leur centre clair, quand on rapproche l'objectif du microscope.

Une autre cause d'erreur provient de l'évaporation de l'eau contenue entre les lames de verre; le liquide alors, se retire peu à peu, suivant une ligne courbe, concave, qu'on voit s'avancer en travers du champ , poussant devant elle tous les petits corps flot tans.

Il faut mentionner aussi comme pouvant causer quelques méprises , les cristaux de sulfate de chaux , de sulfate de potasse ou des autres sels contenus dans l'eau dont on se sert, et qui se forment souvent dans l'eau même, par suite de l'évaporation de cette eau sur le porte-objet.

La condensation de la vapeur sur le porte-objet donne lieu à des apparences assez remarquables dans le microscope ; si la plaque de verre était parfaitement nette, toutes les gouttelettes de vapeur garderaient une forme circulaire; mais il en •est rarement ainsi , et res gouttelettes sont alongces et disposés en séries dans le sens suivant lequel on a essuvé ou frotté le verre ; si en outre les doigts ont été appliqués sur «cette plaque , leur trace imperceptible d'abord se trouve nettemeut indiquée par la condensation de la vapeur. lia dessiccation des substances soumises au microscope produit un autre genre d'apparences contre lesquelles on doit être en garde : qu'un liquide gommeux ou albumineux se dessèche sur une plaque de verre , on voit dans le résidu une foule de fentes et de fêlures diversement entre-croisées et comme anastomosées , qui ont été prises pour des vaisseaux par quelques anciens raicrographes.

Page 1