PREPARATION DES OBJETS
qui revient au même , dans les couches de débris et de petites conferves , qui recouvrent les pierres et les plantes submergées. Si l'on transporte sur le porte-objet , un peu de cet enduit végétal et limoneux , on est certain d'y trouver de nombreux organismes microscopiques. Beaucoup d'autres nagent librement dans le liquide , il faut donc les pécher dans cet océan qu'ils habitent ; pour cela , on se sert avantageusement d'un tube de verre ouvert aux deux bouts, qu'on plonge verticalement , en tenant le doigt appuyé sur l'extrémité supérieure. L'air enfermé dans le tube, empêche l'eau d'y pénétrer ; mais si, après avoir amené l'extrémité inférieure du tube dans l'endroit jugé le plus convenable , en regardant avec une loupe ou même à l'œil nu ; si , disons-nous , on soulève le doigt, l'air s échappe chassé par l'eau , qui s'élance tout à-conp , entraînant les animalcules. Comme la plupart des infusoires nageans sont conduits près de la paroi , soit en se portant vers la lumière , soit eu s'y arrêtant pour chercher leur nourriture parmi les corpuscules et les végétaux adhérens , comme d'ail * leurs un grand nombre de diatomées et de desmidiées viennent s'y fixer naturellement , de même que les infusoires stationnâmes, vorticelliens. stentor, anthophyse, actinophrvs, etc., je préfère racler cette paroi avec une plume taillée par le dos en manière de cure-oreille ou de petite cuiller ; mais dans ce cas encore , on doit préalablement explorer la paroi du flacon , en regardant tout autour avec une forte loupe. Quand les infusoires sont peu nombreux dans un liquide , c'est par hasard qu'on réussit à les pêcher; on pourrait cependant, pour les grosses espèces comme pour les systolides , rendre leur capture plus facile, en filtrant le liquide, et en recueillant les dernières portions restées sur le filtre. Les infusions proprement dites , contiennent ordinairement une si prodigieuse quantité d'animalcules , que la plus petite goutte en contient plus qu'il n'en faut pour l'observation , et qu'on est quelquefois obligé de l'étendre avec de l'eau pure.
Les infusions se préparent tout simplement , en mettant dans un bocal de l'eau et une petite quantité d'une'substance végétale ou animale ; du pain, de la farine, du foin, du chêne vis ou du poivre écrasé, des insectes, de la chair, etc. Au bout de quelques jours, si la température est assez élevée , on voit souvent le liquide rempli d'infusoires tellement nombreux, qu'ils
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forment des nuages blanchâtres; mais tant de circonstances peu- > vent influer sur le développement des infusoires, qu'on n'est jamais sûr d'obtenir exactement un même résultat : la facile décomposition des substances , ou la putréfaction 9 par exemple, la proportion de l'eau à la substance mise en infusion, la qualité de l'eau , et surtout la qualité de la substance infusée , le libre accès de l'air à la surface, l'exposition à la lumière, et les variations de température, etc., sont autant de conditions qu'on n'est pas maître de reproduire exactement semblables, et de là résultent des différences notables dans la manifestation delà vie des infusoires. Il faut toutefois se rappeler qu'on ne trouve ainsi qu'un petit nombre d'espèces de ces animalcules , trente ou cinquante peut-être ; et encore dix , tout auplus % sont pourvues de cils vitratifs et faciles à étudier, avec un grossissement de 100 à 3oo diamètres, en raison de leurs dimensions , dépassant un vingtième de millimètre.
Les animalcules microscopiques sont ordinairement assez diaphanes pour qu on puisse étudier leur structure par transparence , en faisant seulement varier la distance de l'objectif , afin de distinguer successivement ce qui appartient à la face supérieure ou à la face inférieure , ou à l'intérieur de leurs corps. Si on les enferme entre des plaques de verre mince , ils peuvent se trouver comprimés de plus en plus à mesure que l'eau s'évapore , et le. résultat de cette compression est de montrer mieux encore leur structure , et plus tard la manière dont ils se décomposent en cessant de vivre. Si la pression de la lame de verre ne suffit pas , on l'augmente par le moyen du compresseur, ou bien en appuyant légèrement avec la pointe d'une aiguille. Si, au contraire, on veut empêcher l'effet de cette pression et conserver les animalcules vivans t il faut placer en même tems sur le porte-objet, dans la goutte de liquide , quelques filamens de conferves , ou des fibres de chanvre ou des brios de laine , ou un morceau de cheveu , ou tout autre filament qu'on aura sous la main , ou un petit fragment de lame de verre , suivant l'épaisseur qu'on veut réserver pour le. libre mouvement des animalcules.
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