‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 39 sur 169 · DISSECTION DES OBJETS · texte numérisé non relu

DISSECTION DES OBJETS

morceaux de bambou ou de ce jonc flexible qui sert pour battre les habits. L'aiguille enfoncée avec force dans un des vaisseaux rectiligues du centre de ces joncs v se trouve assez solidement fixée, et dans une direction convenable.

Les parties trop résistantes pour être ainsi déchirées par les aiguillés de dissection, doivent être coupées par le scalpel ou par les ciseaux. S'il s'agit du tégument d'un ver, d'une petite ascaride ou d'une anguillule , on se sert d'un petit scalpel à tranchant arqué ou relevé vers l'extrémité ; ou tâche de saisir l'animal entre le scalpel et la lame de verre , en s'aidant d'une aiguille avec la main gauche , puis en balançant et en inclinant l'instrument , on arrive à ne tenir que le tégument seul , pincé longitudinalement; il ne s'agit plus alors que d'appuyer d'arrière en avant , en relevant le manche du scalpel , pour détacher la bande de tégument qu'on tenait pincée. Quand l'ouverture ainsi pratiquée est suffisamment grande , on prend les aiguilles , pour faire sortir et développer les organes intérieurs. On coupera de la même manière les tégumens cornes des très petits insectes.

Sî le ver ou l'insecte à disséquer est un peu plus volumineux; si , par exemple un filaire a près d'un millimètre de diamètre , on peut fendre les tégumens avec de petits ciseaux , ou mieux svec le microtôme de M. Straus-Durkeim (i).

Les tissus compactes , ou présentant un certain degré de consistance dans toute leur masse , doivent être divisés en lames ou en tranches minces , pour être soumis au microscope. Les uns mous comme les glandes , les nerfs , le cerveau, le parenchyme des fruits, etc. se divisent ainsi au moyen d'une lame de rasoir ou de scalpel bien affilé , en ayant soin d'humecter abondamment la substance à diviser et l'instrument , ou même en opérant sous l'eau , et en étalant ensuite dans une goutte d'eau , sur le porte objet , la tranche mince restée adhérente à l'instrument tranchant. Si la substance à diviser est plus consistante , comme le liège , les bois tendres , les graines farineuses , les fruits secs , les tégumens des animaux , etc. , on

(i) Le microtôme, ainsi nommé par M. Strans , est construit sur le principe des forces du tondeur : les deux lames coupantes très petites et très aiguës terminent deux tiges plates d'acier qui sont articulées à charnière à Vextrémitc , et sont maintenues par une vis portant deux écrous , de manière v V«voir que deux ou trois millimètres de jeu.

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