DE LA FIBRE NERVEUSE
La substance nerveuse a été soumise, dans ces derniers rems, à l'observation microscopique, et a fourni des résultats fort curieux à .plusieurs micrographes , et notamment à M. Ehrenberg. On distingue dans cette substance , des fibres cylindriques uniformes , creuses et remplies d'un liquide transparent, et d'autres fibres beaucoup plus déliées, présentant des renflemens ovoïdes ou fusiformes, espacés d'une ou plusieurs fois leur longueur , lesquels renflemens d'ailleurs , sont manifestement susceptibles de se gonfler de plus en plus par le contact de l'eau. Il est bien vrai que cette dernière sorte de libre avec ses renflemens , ne se voit que dans la substance blanche du cerveau et dans les nerfs de l'ouïe, de la vision , tandis que les fibres cylindriques à parois épaisses et sans renflement , se voient exclusivement dans les nerfs du mouvement , et encore dans ces nerfs à une certaine distance du centre nerveux ; car , à leur sortie du cerveau , ils présentent encore un mélange des deux sortes de fibres. Mais il est permis de penser que la différence observée tient surtout à l'altération éprouvée au contact de l'eau , par les fibres dont la surface extérieure est plus perméable et moins consistante. En effet , nous ne connaissons nullement l'état des fibres nerveuses du cerveau dans l'état de vie ; nous les voyons déjà altérées , et par la cessation de la vie et par l'action mécanique de l'instrument tranchant employé pour les séparer , et par l'action chimique de l'eau ; et , comme d'un autre côté , nous voyons bien positivement les renflemens des fibres se multiplier et distendre dans l'eau , et leurs fragmens le gonfler en forme de globules et de disques irrégulièrement lobés et renfermant d'autres disques résultant de la condensation de la matière pulpeuse gonflée et modifiée par l'eau , nous sommes conduits à penser que , dans l'état de vie , la fibre du cerveau est sans renflemens.
Pour étudier la fibre du cerveau, on enlève successivement, avec un rasoir mouillé, des tranches aussi minces que possible, en entamant peu à peu le cerveau d'un animal nouvellement tué, jusqu'à ce qu'on obtienne sur la lame du rasoir une tranche convenable et convenablement soutenue par l'eau environnante; on fait alors glisser avec précaution cette tranche de cerveau sur la plaque de verre du porte-objet, et on la recouvre d'une lame mince de verre , en ajoutant de l'eau si c'est nécessaire , et en évitant de comprimer trop fortement. En cherchant ensuite avec le microscope , on trouve des endroits où les fibres à renflement se montrent en faisceaux réguliers, et l'on reconnaît aussi qu'elles se continuent avec des fibres sans renflemens. Les figures 7 et 8 de la planche X représentent ces deux états de la fibre du cerveau d'un moineau , après et avant l'action de l'eau ; les figures 9 et 12 montrent aussi les diverses modifications que le contact de l'eau fait éprouver à la substance nerveuse du cochon d'Inde et du moineau ; les fig. 10 et 11 représentent une portion de la rétine du cochon d'Inde et de la grenouille; les petites baguettes parallèles dont est formée cette expansion nerveuse sont également susceptibles de se gonfler et de se changer en disques rebordés, par l'action de l'eau, comme on le voit dans la figure 10. Dans la figure 14, on a représenté les vésicules et les disques simples ou multiples, provenant de l'action de l'eau sur la substance nerveuse de la carpe.
La figure r 3 , enfin, représente une portion du nerf ophthalmique de la souris , dont les fibres , épaisses de 0,0046 à o,oo5 , ont été gonflées à l'extrémité par le contact de l'eau , et ont ainsi donné lieu à la formation de plusieurs disques à double bord.