DES ANIMAUX ARTICULÉS. 12J
presque autant que le pédoncule, le contour de chaque côté se renfle d'abord puis se rapproche de manière à produire lu forme d'un coeur qui serait terminé par une languette frangée à l'extrémité, daus l'espèce que nous considérons (pl. VII, fig. 6 ) ; mais, dans beaucoup d'autres espèces , les plumules sont rétrécies en forme de fer de flèche ou même de bandelettealongée. Les stries de la surface, au nombre de i5 à 3o, partent de tout le bord postérieur , et , après s'être plus ou moins infléchies suivant le contour général, elles se rapprochent toutes vers la pointe et viennent se confondre dans un espace granulé moins transparent, au milieu delà bandelette frangée ; entre les stries, la membrane de chaque face de Vécaille est inégalement soulevée de manière à former un canal noduleux ou ridé , dans lequel l'air est contenu : on a donc bien ici encore une écaille composée d'une double membrane soudée sur son contour , mais le sac qui eu résulte est d'une forme si singulière et les appendices frangés, ainsi que le globule du pédoncule différent tellement de ce que montrent les antres écailles , qu'on a peine à concevoir tout d'abord leur analogie.
Les lépismes ou forbicines et les podures ont des écailles de plusieurs sortes, parmi lesquelles il s'en trouve d'alongées en forme de long poil dentelé ou plumeux ; quelques-unes de ces écailles (pl. XII, fig. 17 ), beaucoup plus minces que les autres, sont presque arrondies ou réniformes, larges de 0,0 r, finement striées avec une régularité si grande qu'elles reflètent, la lumière avec les teintes les plus brillantes du spectre solaire. Les stries, au nombre de 5i environ, sont hérissées de petites pointes également espacées qui, daus l'ensemble des stries, présentent une disposition quinconciaîe d'où résulte l'apparence de stries secondaires obliques en deux ou trois sens différens , et un peu arquées près du bord postérieur. On reconnaît bien d'ailleurs que ces écailles si délicates et si propres à servir de test-objet , sont formées d'une double membrane comme celles des lépidoptères et des coléoptères.
Les poils de la plupart des insectes, et des larves ou des chenilles, sont creux, et conséquejnment ils peuvent être comparés aux écailles vésiculeuses de diverses sortes dont nous venons de parler; d'autant mieux encore que , sur certains enreulionites comme aussi sur la larve du dermestc , on voit
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tous les passages entre les écailles en sac ovoïde aplati, et le long poil en bandelette striée.
On peut même encore rapporter à ce mode de structure les poils plumeux des abeilles et des araignées, celui par exemple de la lycose (pl. IX, fig. 5 ); la plupart des poils de la larve d'anlhrèue ( pl. IX, fig. 6 ) ont cette même structure : aussi ce sont des tubes terminés à leur base par un pédoncule creux qui s'implante dans une petite gaine sur le tégument , et ils sont hérissés partout de petites aspérités plus ou moins saillantes , ou de petites» épines ou de poils très fins et très serrés. Mais cette larve d'anthrène possède une autre sorte de poils d'une structure tout-à-fait extraordinaire, formant des houppes particulières. Ils sont raides , cassans et composés d'une tige noueuse, articulée, ayant à chacun de ses nœuds un verticille de quatre épines ou saillies obliquement dirigées en haut ; les saillies du dernier nœud sont plus larges et prolongées en lobes recourbés vers Taxe, puis au-delà de ce dernier nœud, la tige prolongée se termine par un appendice assez volumineux proportionnellement , ayant un peu la forme d'un fer de hallebarde à quatre tranchans , mais , en réalité , construit sur le même type que l'ensemble du dernier nœud supposé plus développé, et placé en sens inverse (pl. IX, fig 7 ). Il faut remarquer toutefois que l'insecte parfait ( antlircnus musœorum ) est simplement revêtu d'écaillés analogues à celles des curculioni- 1es(/?/. XI fig. 4 ).
Les poils subulés et tordus de la leptura viridis ( pl. XI , fig. 14 bis ) ne peuvent point non plus être rapportés au type général des écailles.
Il eu faut dire autant des poils de l'antenne moyenne du cancer mœnas (pl. XI %fig* i5 ) , qui sont noduleux et entourés de côtes saillantes plus nombreuses que les appendices des poils noueux de la larve d'anthrène , avec lesquels ils ont une certaine analogie.
Les poils d'un autre crustacé ( portunus pubcr ) sont hérissés comme ceux des araignées; mais les maia sont revêtues d'une couche de petites écailles épaisses et presque polygonales (pl. XI , fig. 6) présentant en dessous (a) des stries rayounanles à partir du point d'attache , et en dessus (b) des zones divergeant du centre , croisées par des stries régulières qui partent du bord antérieur.
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